Focus sur les nouveaux managers (Partie II) : “La postseason et vite, sinon ça va barder!”

Deuxième volet de note série d’articles sur les nouveaux Managers de MLB, avec quatre hommes aux profils on ne peut plus hétérogènes et tous avec un objectif commun et avoué : tenter de qualifier leur équipe pour la postseason dans une division qui semble destinée à leur échapper. Trois anciens receveurs, sept titres de World Series en tant que Joueurs ou Managers, deux légendes du management, un jeune retraité actif et un quasi-anonyme : penchons-nous donc sans plus tarder sur les cas de Jayce Tingler (Padres), David Ross (Cubs), Joe Maddon (Angels) et Joe Girardi (Phillies)

Tingler

Jayce Tingler – Padres

Les Padres ont terminé 2019 avec le troisième pire bilan de National League, ont terminé derniers de NL West 3 fois fois en quatre ans, n’ont pas obtenu 80 victoires en saison régulière depuis 2010, et viennent d’embaucher un manager au CV plutôt minimal pour prendre le relais de Rod Barajas. Barajas, qui avait lui-même pris l’intérim d’Andy Green, viré en septembre dernier après trois saisons que l’on qualifiera de constantes dans la médiocrité. De là à dire qu’il ne faut rien attendre des Friars cette saison, il n’y a qu’un pas…

La situation :

…que je ne franchirai pas ! Car si le tableau statistique est quelque peu sinistre, voire apocalyptique, la réalité du clubhouse californien est tout autre, avec deux superstars en devenir – Fernando Tatis Jr. sur le diamant et Chris Paddack sur la butte – en attendant l’arrivée de McKenzie Gore, troisième pick de la draft 2017, prospect #5 de MLB (meilleur lanceur) et attendu au niveau majeur cette saison. Les Padres ont également patiemment assemblé les pièces d’un puzzle de très haut niveau, Tommy Pham rejoignant cet hiver une équipe qui avait déjà attiré Eric Hosmer et Manny Machado depuis 2017, et créé l’un des bullpens les plus denses des Majors en termes de qualité et de quantité, renforcé notamment par l’arrivée d’Emilio Pagan en provenance des Rays il y a quelques jours. Ajoutez-y le farm system le plus fourni des Majors avec 6 Top 100 prospects, et vous avez un tableau quasi-idyllique… Restera juste à régler le souci – non négligeable – de la rotation !

Texas Tingler
Tingler a passé les quatorze dernières saisons dans l’organisation des Texas Rangers

Le Manager :

Contrairement à ses nouveaux confrères que nous présenterons ci-dessous, Jayce Tingler n’a aucun réel fait d’armes à faire valoir, que ce soit en tant que joueur (il joua trois saisons en tant que receveur dans les farms systems des Blue Jays et des Rangers, atteignant le niveau AA) ou en tant que coach : il a occupé plusieurs postes pour les Rangers dont manager en Ligue Dominicaine, bench coach par intérim, coordinateur du développement des joueurs ou encore Assistant General Manager. Malgré ce manque d’expérience, il fut considéré en 2019 pour les postes de Manager vacants aux Twins et aux Rangers, avant donc de rejoindre A.J. Preller, un autre ancien Assistant GM des Rangers, chez les Padres.

Cette nomination ne fait pas l’unanimité auprès des fans et des suiveurs des Padres: certains considèrent que la nomination de Tingler est une manœuvre de Preller pour garder le contrôle, d’autres regrettant le manque d’expérience de leur nouveau manager, alors que Ron Washington, double vainqueur du Pennant d’American League en 2010 et 2011 était l’autre finaliste, Le General Manager se veut rassurant. Lui qui avait déjà tenté d’embaucher Tingler en 2015 pour rejoindre le staff d’Andy Green, voit en Tingler l’homme idéal pour le poste, par la combinaison d’une personnalité positive, d’un véritable instinct pour le baseball et d’une connaissance approfondie des analytics.

 

Défi et Objectifs :

Un risque mesuré donc, tant les deux hommes se connaissent bien, mais un risque tout de même pour A.J. Preller et Tingler, qui débuteront la saison 2020 avec une épée de Damoclès bien calée au-dessus de leurs têtes. Le président exécutif des Padres, Ron Fowler, fut très clair au terme de la saison 2019 : « les têtes vont tomber, y compris la mienne » si les résultats ne s’améliorent en 2020. L’objectif est clair, atteindre au minimum les 50% de victoires, et aller chercher si possible une qualification pour les playoffs via une Wild Card (les Dodgers devraient encore une fois être intouchables pour le titre de Division).

Après tout, les Padres affichaient un bilan de 45-45 au moment du All-Star Game, emmenés par un Tatis Jr. irrésistible jusqu’à sa blessure, et malgré une rotation correcte mais sans plus (qui retrouvera Garrett Richards, remis de son opération Tommy John, en 2020), ils peuvent bien garder ce rythme sur une saison entière. De la capacité de Tingler à motiver et utiliser ses superstars, naissantes ou établies, viendra celle à remplir cette mission, finalement pas si impossible pour les Faithful Friars…

La décla… AJ Preller (General Manager, Padres)

« C’est un coach qui fait des différences, il a la capacité à rendre les gens meilleurs. Il aime être sur le terrain, il apporte une énergie et une passion uniques (…). Il fait de l’entrainement un plaisir pour les joueurs, et il les rend meilleurs en même temps. »

David Ross

David Ross – Cubs

On avait quitté David Ross, souriant et triomphant après son « jubilé », un Home Run et une victoire avec les Cubs dans le Game 7 des World Series 2016. On le retrouve un peu plus de trois ans plus tard dans le dugout de ces mêmes Cubbies, prêt à prendre la succession de son ancien mentor, Joe Maddon, sans aucune expérience de coach mais avec l’expérience de 15 saisons derrière le marbre au plus haut niveau et deux victoires en World Series. L’homme providentiel pour relancer des Cubbies en perte de vitesse ?

La situation :

Ce n’est pas le talent qui manque aux Cubs, avec une rotation toujours – sur le papier au moins – parmi les meilleures de National League, une ossature qui contient encore plusieurs vainqueurs des World Series 2016 et – en Rizzo, Bryant et Baez – trois MVPs en puissance. Mais depuis leur titre suprême, les Cubbies ont semblé s’essouffler progressivement, jusqu’à une saison 2019 où ils ont échoué, pour la première fois depuis 2014, à se qualifier pour le moindre match de postseason.

En coulisse, le courant ne passait plus aussi bien entre Joe Maddon et Theo Epstein, pour des raisons « de philosophie » selon le nouveau Manager des Angels, qui s’était vu imposer des coachs et une stratégie qu’il n’avait pas forcément choisis la saison dernière.

Epstein a repris la main, et en a profité pour attirer l’un de ses chouchous, « Grandpa Rossy », qu’il avait recruté en 2008 à Boston et en 2014 avec les Cubs. La mission est claire : mettre à profit sa science du jeu, son influence auprès du roster et son autorité naturelle pour mettre en place le plan conçu par Epstein, reprendre la main face aux Cardinals et aux Brewers, vainqueurs de la Division NL Central ces deux dernières saisons, et retourner le plus vite possible en postseason.

 

Le Manager :

En quinze année dans les Ligues Majeures sous le maillot de sept franchises différentes, David Ross n’a connu qu’une seule saison à plus de 100 matchs. Se contentant le plus souvent d’un poste de remplaçant, mais brillant surtout par sa présence, son influence dans les dugouts et les clubhouses qu’il a fréquentés. Il est connu aussi pour ce sourire qui a fait de lui un héros populaire après les World Series et l’a vu s’offrir une longue tournée de fin de carrière entre les plateaux de Saturday Night Live et ceux de Danse avec les Stars, avant de prendre un rôle de consultant chez ESPN.

Cette image, David Ross a tenu à la briser dès sa prise de fonction à la tête des Cubbies : « Je pense qu’il y a une fausse idée sur le gentil Grandpa Rossy (…). Mais ce n’est pas moi dans le dugout, même si j’aimerais bien être ce gars-là. Je suis un gars qui a beaucoup d’attentes quand j’arrive au travail. Je suis très professionnel, et je veux du professionnalisme. Et sur ces aspects – faire les efforts, prendre ses responsabilités – je n’ai pas peur d’avoir les conversations difficiles (…).

De retour dans un vestiaire où il n’inspire que le respect, et bien plus encore pour ceux qui ont partagé avec lui l’aventure des World Series 2016, David Ross aura un roster entièrement acquis à sa cause. La seule question en suspens est celle de la capacité de l’ancien receveur à gérer la pression des Big Leagues sur un plan tactique, lui que l’on connait finalement que dans les rôles de joueur modèle et de meneur d’hommes.

Défis et Objectifs :

Cette capacité à se montrer au niveau tactiquement, dans son approche du jeu, ses choix au niveau du pitching, ses lineups, sont la véritable inconnue. Lui qui n’a pas la moindre expérience dans une position de coach, pourra-t-il compenser ce manque par sa vaste expérience sur le terrain et dans le dugout ? L’exemple récent d’Aaron Boone, qui a lui aussi connu le parcours joueur-consultant-Manager sans passer par la case coaching, semble aller dans ce sens. À David Ross de jouer, et de montrer que lui aussi peut se mettre immédiatement dans la peau d’un Big League Manager.

Dans une National League Central plus dense que jamais, où quatre équipes peuvent potentiellement prétendre au titre de Division (pauvres Pirates), et à l’heure ou le voisin du sud de la ville se réveille et se montre enfin ambitieux, David Ross sait cependant qu’il n’aura pas le droit à l’erreur : tout autre résultat qu’une qualification pour la posteason, par un titre de Division ou une Wild Card, sera vu comme un nouvel échec pour les Cubbies, et par extension comme une remise en cause de la légitimité de David Ross pour une position de Manager à ce niveau.

La Decla… Theo Epstein (General Manager, Chicago Cubs) :

« David a cette capacité unique à être dur avec les gars. Il est très direct, il peut toucher immédiatement le cœur du problème. C’est difficile d’échapper à quoi que ce soit avec lui, car il saura toujours vous mettre devant vos responsabilités. Et en même temps, il a ce magnétisme et cette personnalité qui font que les joueurs veulent être autour de lui. »

Lire aussi : Focus sur les nouveaux managers (Partie I) : « On est venu ici pour souffrir, OK? »

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Joe Maddon – Angels

Quand l’entraineur le plus influent de sa génération vient rejoindre – probablement – le meilleur joueur de baseball de l’ère moderne, on ne peut que s’attendre à des étincelles et des feux d’artifice… Et puis on se souvient que cette union se fera au sein de la franchise des Angels, l’une des déceptions perpétuelles de l’univers des Big Leagues depuis le début des années 2000. Mike Trout va-t-il enfin pouvoir prouver sa valeur dans les grands rendez-vous d’Octobre ?

La situation :

En tout cas, le triple MVP pense avoir montré suffisamment de patience et, après avoir signé une extension de contrat record (12 ans, $426.5m), il a annoncé la couleur : les Angels doivent se donner, et lui donner, les moyens de jouer les playoffs et le titre. Quelques mois plus tard, Joe Maddon débarquait à Anaheim pour mener à bien ce projet, arrivant à la tête d’un effectif riche, et talentueux. Avec les signatures de Teheran et Bundy pour renforcer la rotation et accompagner Shohei Ohtani, et surtout celle du Champion du Monde Anthony Rendon pour garnir le line-up, l’arrivée de Maddon n’a pas révolutionné le roster des Angels, mais elle a coïncidé avec un message fort relayé par le GM Billy Eppler : les Angels sont enfin ambitieux, et ils feront tout pour profiter des malheurs des Houston Astros, et venir les déloger de la tête de l’AL West.

Pour le mettre dans les meilleures conditions possibles, Billy Eppler et le front office des Angels ont aussi donné à Joe Maddon les coudées franches pour remodeler un coaching staff à sa convenance, lui qui avait peu apprécié que Theo Epstein lui impose plusieurs membres de staff la saison dernière (voir : David Ross). Si le plus gros du staff des Angels restera en place, Maddon a été rejoint par trois anciens membres de son staff chez les Cubs (John Mallee, assistant hitting coach ; Brian Butterfield, 3B Coach ; Tim Buss, QA Coach) ainsi que par Mickey Callaway, qui rebondit à son poste préféré de pitching coach après une expérience en demi-teinte en tant que Manager des Mets. De quoi travailler sereinement et efficacement.

Le Manager

Tout a été dit sur Joe Maddon, et son parcours en tant que coach, des Los Angeles Angels où il avait abandonné ses rêves de Big Leagues pour embrasser une carrière de coach, remportant ses premières World Series en 2002 dans le staff de Mike Scioscia, aux Los Angeles Angels où il revient 14 ans plus tard, après avoir managé les Tampa Bay Rays et les Chicago Cubs, emmenant les deux équipes jusqu’en World Series, et les remportant avec les Cubbies pour briser la fameuse malédiction de Billy Goat.

Mais s’il a réussi à placer les Rays sur une carte de l’Amérique du baseball et briser la plus vieille malédiction de l’histoire des sport US, c’est son héritage qui interpelle tout particulièrement, alors même que sa carrière semble encore loin de son crépuscule : parmi les 29 autres Managers de Major League pour 2020, deux ont fait partie avec lui de la garde rapprochée de Mike Scioscia à Anaheim entre 2000 et 2006 (Bud Black, Rockies ; Ron Roenicke, Red Sox), trois ont été coachs en MLB sous ses ordres (Derek Shelton, Pirates ; Dave Martinez, Nationals ; Brandon Hyde, Orioles), et trois ont joué pour lui (Rocco Baldelli, Twins ; Gabe Kapler, Giants ; David Ross, Cubs). Charlie Montoyo, enfin, a passé vingt ans dans l’organisation de Tampa Bay avant de prendre le rôle de Manager chez les Toronto Blue Jays.

Tout sauf un hasard, car Joe Maddon personnifie le style de management devenu la préférence de tous les GM’s. Il fut le premier Manager à trouver la juste balance entre une compréhension approfondie des Analytics et un management à taille humaine, laisser les chiffres, créer un cadre propice, laisser l’instinct forcer les décisions et surtout, pour reprendre les mots de Maddon lui-même : « Don’t ever permit the pressure to exceed the pleasure. » (« Ne laissez jamais la pression prendre le dessus sur le plaisir »), un mantra parfaitement exécuté par David Martinez chez les Nationals, avec les résultats que l’on sait.

Reste à transposer cette mentalité et cette approche au roster des Angels pour la saison prochaine. Et avec un leader comme Mike Trout et des lieutenants tels que Rendon, Simmons, Upton ou encore Pujols, il a toutes les cartes dans son roster pour apporter aux Angels l’énergie et l’enthousiasme nécessaires pour déplacer des montagnes.

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Mike Trout est déjà le roi : Joe Maddon peut-il faire de lui une Légende ?

Défi et Objectifs :

Pour arriver à ses fins et permettre aux Angels de retrouver la postseason, et plus encore, Joe Maddon va devoir redynamiser un clubhouse qui semble traumatisé par la défaite et par son incapacité chronique à se surpasser dans les moments importants. Mais il arrive également dans une franchise profondément marquée par la mort de Tyler Skaggs l’été dernier et par la série de dysfonctionnements internes qui ont permis l’overdose du lanceur californien. Alors que l’enquête se poursuit, le club risque de vivre la saison 2020 sous un nuage morose de suspicion et de grief, et Joe Maddon devra trouver les moyens de garder ses joueurs concentrés sur le sportif.

Côté sportif, justement, si le pitching staff des Angels reste encore quelque peu limité, le potentiel est là pour se mêler à une course à la Wild Card qui s’annonce très ouverte. Et ce sera sans aucun doute la mission que Bill Eppler donnera à Joe Maddon au moment d’aborder l’Opening Day… en attendant peut-être de renforcer le roster avec un véritable as et de se présenter comme un contender en puissance dès la saison prochaine.

La Décla… Joe Maddon (himself)

« C’est ainsi que tout se résume : les Données contre l’Art. L’art étant les battements de cœur, les données étant les chiffres, les maths, etc. Je crois qu’il y a un équilibre à trouver ici. Vous pouvez utiliser les deux à votre avantage et vous ne devez jamais, jamais tenter de les dissocier, de tomber dans le tout-analytique ou le tout-émotion. Parce que vous perdrez. Vous ne serez pas la meilleure version de vous-même. Vous ne le serez pas. »

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Joe Girardi – Phillies

Notre dernier candidat fait partie d’un club très fermé, celui des 20 personnes dans l’histoire de la MLB à avoir gagné au moins une bague en tant que joueur et une en tant que Manager. Pourtant, malgré ses quatre titres glanés avec les Yankees (trois en tant que receveur en 1996,98 et 99, un en tant que Manager donc, en 2009), Girardi projette une image un peu particulière : il n’est pas Joe Torre. Et s’il a mené le « Core Four » des Yankees à son ultime titre, il restera comme l’homme qui a accompagné leur déclin, vécu les années sombre des Bronx Bombers, et finalement quitté la franchise alors qu’elle se réveillait enfin… Une question de timing… Deux saisons plus tard, le voici à Philadelphie, à la tête d’un effectif tout aussi revanchard que lui, dans ce qui ressemble à un véritable Moment de Vérité.

La situation :

Revanchards, les Philadelphia Phillies ont toutes les raisons de l’être, et l’on se doit d’espérer qu’ils le sont, au vu de l’investissement consenti depuis deux ans, et particulièrement en 2019, pour faire de la franchise un contender. Que les Phillies n’aient pas réussi à devancer les Braves ou les Nationals est une chose, mais terminer avec un bilan de 81-81 quand le front office s’est démené pour recruter Bryce Harper, Jean Segura, J.T. Realmuto ou encore Andrew McCutchen pour renforcer un effectif que l’on voyait déjà comme étant en train de monter en puissance, cela semble quasi-criminel.

Si beaucoup ont du mal à croire que Gabe Kapler ait pu trouver un nouveau poste aussi rapidement après l’échec de 2019, les Phillies n’ont pas le temps pour ces considérations, et ils veulent voir en Girardi l’homme qui leur permettra de retrouver enfin les play-offs, eux qui n’ont connu que la saison régulière depuis 2011. Pour ce faire, Girardi peut compter sur deux nouveaux renforts de choix : Didi Gregorius, dont il a fait un véritable taulier des Yankees entre 2015 et 2017, et Zack Wheeler, l’un des lanceurs les plus sous-cotés de la Ligue, dont la régularité viendra accompagner le talent brut de Nola, l’expérience d’Arrieta et les fulgurances occasionnelles de Velasquez.

Dans une NL East incroyablement dense en termes de qualité (hormis les Marlins), cela suffira-t-il à aller chercher une place d’honneur, une Wild Card, un titre de division ? Bryce Harper deviendra-t-il à nouveau un MVP en puissance ? McCutchen et Arrieta ont-ils encore une saison de All Star dans les jambes (et les bras, respectivement) ? Tout cela est parfaitement plausible, à condition que le successeur de Gabe Kapler soit un véritable Top Coach !

Le Manager :

Alors, Joe Girardi est-il ceTop Coa ch peu aidé par le temps et la fortune, ou un coach moyen qui a boosté une carrière principalement médiocre en surfant sur l’héritage de Joe Torre ? Le Met qui sommeille en moi voudrait bien détruire l’héritage de Girardi, mais la raison me pousse à me diriger  plutôt dans la direction de la première solution.

Apres avoir obtenu le titre de Manager of the Year pour avoir maintenu à flot (78-84) des Florida Marlins dont la masse salariale (15M$) était inférieure aux salaires de plusieurs joueurs des Majors, Girardi a attendu son tour pour prendre en main des Yankees vieillissants et en perte de vitesse. Là où Torre, le manager Old School, n’avait plus la recette dans un univers « pollué » par les analytics, Girardi l’ingénieur a su offrir un mix d’autorité et de compréhension des chiffres pour exploiter une dernière fois le talent des Jeter, Posada, Pettite, Rivera, écraser la saison régulière (103-59) puis la postseason (3-0, 4-2, 4-2) et offrir aux Yankees leur premier titre depuis 2000.

Mais cette victoire, assurée sous l’impulsion d’un Core Four âgé de 35 à 40 ans, était surtout le chant du cygne d’une époque dorée pour les Yankees, et le début de la galère pour Girardi. Comment reconstruire quand tu n’as d’autre choix que d’attendre le départ des héros historiques? en effet, c’est avec le départ de Derek Jeter, en 2014, que la page pourra enfin se tourner. Trois ans plus tard, le Yankee Stadium assistera à l’éclosion d’un nouveau phénomène, Aaron Judge, accompagné du surpuissant receveur Gary Sanchez, du nouvel as du Bronx Luis Severino, et de toute une génération de Baby Bombers qui enflammeront New York, feront tomber Cleveland et passeront à un coup de poub deux doigts de retrouver les World Series, ne s’inclinant que dans le Match 7 face aux Houston Astros…. Joe Girardi, l’architecte de cette renaissance, se verra indiquer la sortie quelques jours plus tard, au terme de son contrat. Il n’aura jamais affiché un bilan négatif en 10 saisons, aura toujours maintenu le navire à flot, mais l’exigence au pays des Yankees est plus grande que partout ailleurs…

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Joe Girardi peut-il permettre à Bryce de redevenir Harper?

Défis et Objectifs :

Chez les Phillies, on vit pour revivre la fin des années 2000, le titre 2008, les exploits de Cole Hamels et Ryan Howard… On vit surtout pour retrouver le parfum de la posteason, qui échappe a la franchise de Pennsylvanie depuis huit saisons maintenant, et les investissements consentis par le Front Office sont à la hauteur des attentes du public du Citizens Bank Park : la fenêtre de tir est ouverte, et le peuple réclame des frissons, des moments inoubliables, et que tout cela se passe en Octobre, dans des matchs qui comptent vraiment.

C’est cette expérience que Joe Girardi doit venir transmettre à ses nouveaux protégés, lui qui a connu six qualifications en postseason en tant que Manager, trois Championship Series et des World Series victorieuses, lui qui a travaillé en tant que joueur, coach et manager avec quelques-uns des plus grands noms de l’histoire du baseball… Même dans une division qui se jouera au couteau avec les Braves (double tenant de la NL East), les Nationals, vainqueurs des dernières World Series et les Mets, comme toujours aussi dangereux qu’imprévisibles, Joe Girardi est prévenu : toute saison qui ne se soldera pas par un voyage en postseason sera vu comme une saison ratée. Et il est bien placé pour le savoir : le baseball ne pardonne rien.

La décla… Matt Klentak (GM, Phillies)

« Au fil du processus de recrutement, à force de parler avec des gens qui ont connu Joe lors de son passage chez les Yankees, les Marlins, et pendant sa carrière de joueur, j’ai été frappé par le nombre de personnes qui m’ont dit quelle incroyable personne, coéquipier et travailleur il est. Ce sont des qualités que nous cherchons en n’importe quel employé, mais particulièrement pour un Manager de Ligues Majeures. C’est quelque chose qui a fait la différence, clairement. »


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