Le Duel TSO #3 : Yadier Molina vs Buster Posey

Voici la 3e édition du « Duel TSO » ! Le principe est très simple, deux joueurs, deux postes similaires ou deux légendes, lequel choisissez-vous pour être dans votre équipe ? Le Duel peut opposer des stars retraitées ou en activité. Des jeunes pousses aux dents longues comme de vieux loups des mers ou encore des Cy Young à des MVP des World Series, tous ont un point commun : ce sont des icônes de ce jeu. Après la bataille de NY, et celle des Cy Young 2019, place au troisième duel by TSO : Yadier Molina vs. Buster Posey, les deux meilleurs catchers de leur génération.

J-Sé Gray : Yadier Molina

La fratrie Molina est exceptionnelle. Les deux premiers frères, Bengie et José, ont tous deux été joueurs MLB, tous deux receveurs et tous deux ont remporté une ou deux bagues de champion en plus de deux Gold Glove pour Bengie. Oui la famille a un palmarès long comme le bras. Mais si le nom « Molina » est aujourd’hui connu de Puerto Rico aux quatre coins des Etats-Unis en passant évidemment par St. Louis c’est surtout pour le petit dernier, « Yadi ». Le plus jeune des frères Molina n’est pas seulement le meilleur catcher de la famille. Il est tout simplement l’un des meilleurs backstops dans l’histoire ce sport.

Le nonuple All-Star et Gold Glove, 3e catcher le plus récompensé de l’histoire derrière Rodriguez (13) et Bench (10), est selon moi la référence absolue derrière le marbre. Personne, je ne dis bien personne, peut se targuer d’avoir une meilleure défense que Yadier Molina au catch. Il est un exemple, un guide, un mentor pour chaque joueur souhaitant s’accroupir derrière la plaque. Ce qu’a fait Molina pour le baseball est légendaire. Et je pèse mes mots.

On parle ici d’un joueur qui va démarrer en 2020 sa 17e saison en Major, toutes au sein de l’organisation des Cards, l’une des franchises les plus mythiques de ce sport. Une performance incroyable qui va lui permettre d’égaler un certain Bob Gibson (1965-75) pour revenir à une unité de Jesse Haines (1920-37) et cinq du record de franchise détenu par Stan Musial (22 entre 41-44 et 46-63), tous légendes du baseball, Hall of Famer et first ballot. C’est à cette table-là que s’assiéra Yadier Molina, une fois sa carrière achevée. Parmi les leaders historiques de la franchise aux 11 titres mondiaux, Molina se classe 4e aux matchs disputés (1983), 7e en hits (1963), 4e en doubles (379), 9e en RBI (916) et 1e en sacrifices flies (70). Aucun doute, il est LE visage des 20 dernières années à St. Louis.

Drafté au 4e tour 2000 par les « RedBirds », Molina est devenu le filet de sécurité d’une franchise durant l’une de ses plus glorieuses ères (2 World Series et 4 Pennant NL en dix ans). Il fut le premier Cards à jouer dans quatre World Series depuis 1946, une éternité. Sa longévité dans un poste exigeant à la fois physiquement et mentalement est hors-norme. Au nombre de matchs joués au marbre, il se range 7e catcher de l’histoire. Ses 13 434 putouts font de lui le numéro deux all-time derrière Rodriguez. Son pourcentage de retrait sur tentative de vol (40.2 % en carrière) est la meilleure marque parmi les receveurs en activité. Il a été le pire cauchemar des coureurs à quatre reprises : receveur numéro 1 au taux de retrait en 2005, 07, 10 et 2014. En 2005, il retire même jusqu’à 64.1 % des coureurs. Une marque record, jamais vu en MLB depuis… 1957 ! Aujourd’hui encore, cette statistique tient toujours comme étant la marque référence sur une saison depuis les années 50.

Molina
9 Gold Glove, 4 Platinum Glove, 2 Wilson Defensive Players of the Year, « Yadi » a enfilé les prix récompensant les meilleurs défenseurs comme des perles durant 16 ans / CP Bill Greenblatt

Alors oui, Molina n’affiche pas les statistiques offensives d’un Posey, je le concède. Malgré tout, il n’est pas non plus un piètre attaquant. Il tape en carrière pour .282 avec 4 saisons dans le top 10, se classe 6e joueur en activité au nombre de hits, 11e en doubles et se range tranquillement dans le top 20 RBI. Il a d’ailleurs reçu le Silver Slugger (meilleur frappeur) en 2013, réussissant par la même occasion un doublé Bâton d’Argent – Gant d’Or la même année extrêmement rare en National League.

Avec 155 shutout en carrière, le puertoricain démontre une nouvelle fois qu’il est le meilleur quand il s’agit de défendre. Seuls des Yogi Berra (184), Gary Carter (168) ou Carlton Fisk (157) font mieux dans le baseball moderne. Enfin son influence sur le cours d’un match est merveilleusement bien répartie entre son impact défensif (25 dWAR, 2e joueur en activité, 19e All-Time) et offensif (27.2 oWAR) là où un Buster Posey va surtout être un monstre offensif (36.8 oWAR) au détriment de la défensive (10.1 dWAR).

« Quand il aura terminé et pris sa retraite, il sera probablement le meilleur receveur qui ait jamais joué à ce jeu ».

Bien que je partage totalement ce point de vue, la phrase n’est pas de moi. Non les mots ont été prononcés l’été dernier par Albert Pujols, triple MVP et icône des Cards, lors de son retour au Busch Stadium.

Si même les légendes le disent alors… 😉

Vladimir Renteria : Buster Posey

Devoir faire un choix entre Posey et Molina n’est pas la décision la plus facile à prendre. Si l’on devait résumer simplement ce duel, on pourrait dire que le Card est un meilleur défenseur et le Giant un meilleur attaquant. Les deux iront au Hall of Fame et laisseront une empreinte indélébile sur l’histoire du baseball et s’inscriront dans la même lignée que les Yogi Berra et Johnny Bench. Deux légendes vivantes donc, mais Posey a selon moi, une longueur d’avance sur l’ensemble de leurs riches carrières. D’abord en remportant le titre de MVP de la NL en 2012, Posey a mis fin a une disette de 40 ans. Avant Posey, le dernier receveur de la NL à recevoir cet honneur était Johnny Bench en 1972.

Posey a remporté le prix en faisant ce que les receveurs ne font presque jamais : être en tête de la ligue à la batte. Deux ans après avoir remporté le titre de rookie de l’année en National League, il a frappé .336 avec 24 home runs et 103 RBI. Ces trois stats sont les meilleurs de sa carrière à ce jour. Mais Posey n’a pas été en reste pendant le reste de ces cinq années. Il a frappé .309 et a fait une moyenne de 19 home runs et 88 RBI par an de 2012 à 2016. Il a disputé au moins 146 matchs au cours de chacune de ces saisons, terminant parmi les 20 premiers du vote des MVP de la NL tous les cinq ans. L’arrivée de Posey dans les rangs californiens a marqué le début de l’ère des championnats à San Francisco, qui a culminé avec un trio de titres de World Series en 2010, 2012 et 2014. Posey s’est rapidement imposé comme la pierre angulaire et le visage de la franchise des Giants.

Même si Posey a enregistré 2.502 apparitions à la plaque de moins que Molina, ses totaux de HR et de walk sont comparables. Son OPS de carrière est supérieur de 88 points et son OPS+ (ajusté en fonction de la league et du stade) est supérieur de 30 points. Son CV comprend également six sélections All-Star, quatre Silver Slugger Awards, un Gold Glove Award et le titre de batteur de NL. Les 961 départs de Posey derrière le marbre sont les plus nombreux de l’histoire des Giants, et il se classe parmi les 10 premiers dans plusieurs catégories offensives de l’ère San Francisco, notamment la moyenne à la batte (.302), les parties jouées (1 258), les coups sûrs (1 380), les doubles (270) et les RBI (673).

Martin Keuchel : Buster Posey

J’ai bien écouté, ce qu’a dit Jsé et personne ici ne retire le fait que Molina est un receveur exceptionnel. Il sera sans soucis au Hall of Fame. On aurait pu également ajouter Joe Mauer dans ce duel tant la légende des Twins a marqué ce sport. Et Buster Posey n’a rien à envier à ces deux noms. Sélectionné en 5e position de la draft 2008 par les Giants, il débute en MLB dès la saison 2009. Avant d’exploser en 2010 et de remporter le titre de Rookie de l’année. Car oui, chez Buster Posey, l’armoire à trophée est plutôt imposante. Outre ce titre de Rookie de l’année, il y a un MVP glané en 2012, 6 all-star, un batting title, un Hank Aaron trophy (récompensant le meilleur attaquant de chaque ligue) et 4 silver slugger. Des titres inatteignable pour Molina, même s’il est plus que respectable offensivement. En 11 années de carrière le numéro 28 affiche une moyenne au bâton assez incroyable de .302 avec 140 HR et 673 RBI.  Alors oui défensivement Posey est un peu en difficulté par rapport à son aîné de Saint-Louis, mais il y a tout de même un gold  glove accroché au dessus de sa cheminée et une réputation de très bon framer. L’autre défaut de Posey serait sa longévité et sa propension à manquer des matchs. Et depuis 2 ans, on sent qu’il commence à approcher de la pente descendante. Mais quand on a autant porté une franchise sur ses épaules pendant une décennie, on ne peut pas lui en vouloir. Surtout quand on voit l’état de l’équipe actuellement.

C’est en tout cas un superbe duel entre ces deux monstres et on ne peut que se réjouir du fait qu’on vive dans une époque avec tant de receveurs hors norme. Et on le voit récemment, un excellent receveur est très difficile à obtenir. Ce poste si important est pourtant un peu dénigré, en effet il n’y a que 18 receveurs au temple de la renommé. Pire depuis 1961, seuls 5 receveurs ont pu entrer au panthéon des joueurs (Mike Piazza, Johnny Bench, Carlton Fisk, Gary Carter et Ivan Rodriguez). A eux 5, ils comptent 4 Bagues de World Series, Buster Posey, lui en a 3 à lui seul. Et c’est là sans doute où le receveur des Giants explose la concurrence. Il n’a perdu qu’une série de playoffs en carrière face aux Cubs Historiques de 2016 lors des NLDS. Sinon il n’y a que des séries victorieuses. Surtout et c’est assez exceptionnel, il aura reçu l’intégralité des lancers lors des 3 epopées gagnantes en postseason (2010/2012 et 2014). Un exploit comme l’a dit Jsé en vu de la demande physique et mentale de ce poste. Enfin malgré des joueurs comme Lincecum ou Bumganer ont été impactant mais Buster Posey est le visage de la franchise la plus victorieuse de la décennie et une des meilleures dynastie de l’histoire. Ça vous place un bonhomme. Pour conclure je terminerais avec une stat qui commence à s’imposer de plus en plus dans la tête des votants c’est la WAR. Yadier Molina est à 40.1 en carrière tandis que Buster Posey en est à 41.8 avec 5 saisons de moins. Sachant que les deux légendes Yogi Berra et Joe Torre affichent respectivement 59.4 et 57.6

Verdict : 2-1  Buster Posey !

Et vous, quel joueur choisissez vous entre Yadier Molina (St. Louis Cardinals) et Buster Posey (San Francisco Giants) ? Répondez dans les commentaires ou sur nos réseaux sociaux ! 


Une réflexion sur “Le Duel TSO #3 : Yadier Molina vs Buster Posey

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