Coup d’oeil dans le rétro : la Draft 2010

La Draft 2020 vient tout juste d’avoir lieu mais elle n’a compté que cinq tours, la faute à la pandémie de coronavirus qui a annulé la saison universitaire et les championnats de Minor League et considérablement réduit les revenus des franchises. Quel que soit le nombre de joueurs sélectionnés lors de cette grande foire aux espoirs, la même question se pose chaque année : que deviendront-ils? Des cracks et futurs stars? Des joueurs solides et durables? Des busts? Comme nous l’avions fait ici l’an dernier pour la Draft 2009, on se replonge une décennie en arrière pour voir qui étaient les espoirs du baseball en juin 2010 et surtout ce qu’ils sont aujourd’hui?

draft 2010

Ils ont confirmé 

  • Bryce Harper (#1 Washington Nationals, auj. Philadelphia Phillies)

Il était le numéro 1 tout désigné de cette Draft, un an après avoir fait la couverture de Sports Illustrated à l’âge de 16 ans… Choisi par les Washington Nationals – qui s’offraient là leur deuxième first pick consécutif après Stephen Strasburg – l’adolescent surdoué avait négocié son contrat jusque dans les dernières heures du dernier jour autorisé, avec l’aide de son agent Scott Boras (déjà!). Montant de la transaction : 9,9 millions de $, record pour un joueur de position. Promu en MLB à l’âge de 19 ans, vainqueur du trophée de Rookie de l’année (2012), puis de celui de NL MVP (2015), le champ droit a été sélectionné six fois au All-Star Game en sept ans sous le maillot des Nats… Un palmarès individuel impressionnant et qui lui permet d’assumer encore aujourd’hui cette étiquette de numéro 1 de Draft.

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Harper accueilli à DC par Ryan « Mr Nationals » Zimmerman / Crédits DR

Pourtant le joueur est très clivant, bien souvent qualifié d’arrogant. Une image qui lui colle à la peau et qui ne s’est pas arrangée après la signature de son énorme contrat avec les Phillies au printemps 2019 (330M$ sur 13 ans, #merciBoras). Du talent, Harper n’en manque pas, mais ce qui lui manque pour faire taire ses détracteurs c’est la réussite collective. Avec Washington, il n’a jamais dépassé le stade des Division Series, manquant d’impact et n’endossant jamais ce rôle de leader qui aurait pu faire basculer le destin de sa franchise. Comme un symbole, c’est depuis son canapé qu’il a regardé ses anciens coéquipiers soulever le trophée des World Series un soir d’octobre dernier.

  • Manny Machado (#3 Baltimore Orioles, auj. San Diego Padres)

Machado aurait très bien pu atterrir à Pittsburgh le soir de la Draft 2010 car il y avait beaucoup d’incertitudes quant au choix du front office des Pirates entre lui et Jameson Taillon. Les Pirates ont misé sur le jeune lanceur et Machado a donc atterri logiquement à Baltimore avec le 3e pick. Ce lycéen évoluant en shortstop et frappeur puissant originaire du sud de la Floride… les comparaisons avec un certain Alex Rodriguez n’ont pas manqué à l’époque, il cochait même toutes les cases jusqu’à changer de position et passer en 3e base, comme son aîné.

Un premier contrat de plus de 5 millions de $, des débuts en MLB avant d’avoir 20 ans, un bâton impressionnant et une défense qui l’était tout autant, Manny n’a pas manqué ses premières années dans la Ligue. Mais si sa défense est encore au-dessus de la moyenne, sa carrière semble ralentir depuis trois ans : payant d’abord les mauvais résultats des Orioles puis ne profitant pas de ce trade de mi-saison aux Dodgers pour remporter le titre, avant de signer un contrat max dans une équipe des Padres certes prometteuse mais encore loin de jouer le titre. Mais à bientôt 28 ans (il les aura en juillet), Machado reste en pleine force de l’âge. Comme Harper (né en cette même année 1992), il lui faut gagner collectivement pour être apprécié encore plus à sa juste valeur.

  • Chris Sale (#13 Chicago White Sox, auj. Boston Red Sox)

Il aurait dû être le choix logique en n°4 derrière Harper, Taillon et Machado après une démonstration de domination lors de la Ligue d’été de Cape Cod en 2009, mais Chris Sale a glissé jusqu’au 13e rang le soir de la Draft 2010. La faute à un physique très particulier : cette grande tige (1m98 aujourd’hui pour seulement 81 kilos), effrayait les scouts qui avaient du mal à voir le lanceur de l’Université de Florida Gulf Coast se faire une place dans une rotation. Les White Sox ont pris le « risque » mais ne lui ont pas offert plus que le minimum prévu dans la grille salariale de la MLB (1,65M$). Son passage en Minor League après sa draft va durer… 7 semaines, 11 matchs et 10.1IP en Class A+ et Triple A avant d’être promu chez les Grands!

Force du bullpen de Chicago en 2010 et 2011, il passe ensuite starter et s’offre sept sélections consécutives au All-Star Game avant entre-temps son transfert chez les Red Sox (lire ici notre article consacré à la reconstruction des White Sox). Champion 2018, il n’a toujours pas décroché le fameux Graal du Cy Young au grand dam de notre J-Sé (à lire ici). Sa carrière a pris un coup d’arrêt l’an dernier avec des douleurs au coude qui ont débouché sur une opération Tommy John cet hiver. Il est attendu sur les terrains en 2021.

  • Yasmani Grandal (#12 Cincinnati Reds, auj. Chicago White Sox)

Un des plus gros talents de la Draft 2007 au sortir de ses années lycées, Grandal avait finalement été retenu très loin (27e tour) car les franchises pressentaient son envie de jouer à l’université. Il a donc complété ses trois années à l’Université de Miami avant de connaître les joies de la grande loterie. Sélectionné avec le 12e choix, bien signé par les Reds (3,2 millions $ garantis + 2 millions en bonus) avec qui il ne va pourtant jamais jouer en MLB, ce catcheur aux gros talents offensifs (c’est plutôt rare) a mis du temps à s’établir durablement dans la Ligue.

Il aura fallu attendre son arrivée chez les Dodgers en 2015 pour devenir All-Star (2e sélection l’an dernier avec les Brewers). Il a confirmé ses aptitudes de puissance (jamais moins de 22HR depuis 2015) et s’appuie sur un bon physique à un poste pourtant très exigeant (140 puis 153 matchs ces deux dernières saisons). Son bras reste son point faible (seulement 27% de caught-stealing l’an dernier) mais il est l’un des (le?) meilleur joueur global à son poste, récompensé par la signature d’un beau contrat avec les White Sox cet hiver. Il reste sur cinq participations consécutives en postseason… le peuple de Chicago souhaite qu’il poursuive sa série.

  • Christian Yelich (#23 Florida Marlins, auj. Milwaukee Brewers)
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Cette carte vaut très cher aujourd’hui! / Crédits DR.

J’ai hésité à mettre ce monsieur dans la catégorie « Ils ont surpris leur monde » mais vu que l’on est encore dans une sélection au premier tour je n’ai pas osé. Mais 23e choix seulement pour celui qui s’affirme depuis deux ans comme l’une des superstars de la Ligue! Comme Harper ou Machado, Yelich est un « Drafted out of high-school ». A la différence de ces deux-là, il restait des questions au moment de la Draft sur son potentiel de puissance et aussi sur son jeu défensif en 1B. Le gamin dominait quand même la concurrence sur le circuit californien et les Marlins l’ont sélectionné et offert un contrat de 1,7 millions de dollars (les Phillies étaient persuadés de récupérer Yelich avec leur 27e choix). Repositionné en champ extérieur, il lui a fallu moins de 3 ans pour se hisser en MLB. Après trois premières saisons solides défensivement (Gold Glove en 2014) et offensivement (AVG .288 ; puis .284 et .300 entre 2013-2015) mais sans puissance comme l’avait prédit les scouts (respectivement 4 ; 9 et 7 HR), il explose littéralement en 2016 (.298/.376/.483 ; 21HR et 98RBI) et décroche son premier Silver Slugger Award. Yelich dit tenir cette approche différente au bâton de Barry Bonds, instructeur chez les Marlins.  Après une nouvelle saison solide en 2017, son idole de jeunesse Derek Jeter l’envoie à Milwaukee dans le cadre de la grande opération de nettoyage/reboot/tanking du patron des Marlins.

Après la Californie et la Floride, on aurait pu croire au coup de froid pour l’outfielder dans le Wisconsin mais il prend au contraire une autre dimension et domine individuellement la saison 2018 : All-Star, Silver Slugger, meilleur AVG, SLG, OPS et TB de National League (+36HR et 110RBI) ce qui lui vaut en toute logique le trophée de MVP. Pas de relâchement en 2019 avec cette nouvelle campagne de feu : meilleur AVG et OBP de NL ; meilleur SLG et OPS de MLB ; 44HR et bien sûr All-Star… Il échoue dans la conquête d’un 2e trophée de MVP consécutif après une blessure au genou qui le prive de la fin de saison et des play-offs. Très engagé socialement en Californie notamment après les gigantesques incendies et la tuerie de Thousand Oaks, encore dernièrement à Milwaukee pendant la pandémie, Christian Yelich est un joueur très apprécié dans la Ligue, l’un de ses golden boy. Il a signé cet hiver un contrat longue durée pour rester chez les Brewers (jusqu’en 2028 et option mutuelle pour 2029).

Mentions honorables : Mike Foltynewicz (#19 Houston Astros, auj. Atlanta Braves) ; Aaron Sanchez (#34 Toronto Blue Jays, auj. Houston Astros) ; Taijuan Walker (#43 Seattle Mariners) ; Nick Castellanos (#44 Detroit Tigers, auj. Cincinnati Reds) ; Andrelton Simmons (2e tour Atlanta Braves, auj. Los Angeles Angels).

Ils ont surpris leur monde

  • J.T Realmuto (3e tour Florida Marlins, auj. Philadelphia Phillies)

Les scouts et le front office des Marlins ont fait un super boulot pour cette Draft 2010 puisqu’en plus de signer Yelich au 1er tour, ils s’étaient offerts J.T Realmuto au 3e! Six autres joueurs draftés par la franchise floridienne en ce jour de juin ont aussi atteint les Majeurs! Pour en revenir au jeune shorstop… oui vous avez bien lu… à l’époque J.T brillait sans ses protections : 88 hits et 119RBIs en 42 matchs pour son année senior au lycée (meilleurs chiffres du pays). En plus de ses prouesses batte en main, le gamin est aussi le quaterback star de son lycée Carl Albert HS, vainqueur du plus prestigieux titre de champion de l’Etat de l’Oklahoma (5-A football title). Agé de 19 ans et 3 mois au moment de la Draft, Realmuto est donc signé par les Marlins pour 600 000 dollars et replacé immédiatement au poste de receveur grâce à ses qualités athlétiques.

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Avant d’être un receveur All-Star en MLB, J.T était le quaterback star de son lycée (ballon en main) / Crédits DR.

Il débute sa carrière en 2014 avec une poignée de matchs avant de s’imposer vraiment comme titulaire à l’âge de 26 ans en 2017. Il a donc mis du temps à éclore mais est désormais en progression constante, il est un excellent batteur-défenseur et s’est offert en 2018 et 2019 ses deux premières sélections au All-Star Game + deux Silver Slugger Awards. La saison dernière, il a aussi ajouté un Gold Glove à son palmarès individuel, sous le maillot des Phillies… puisque comme son camarade de Draft, Yelich, Realmuto a été tradé par ses dirigeants dans l’opération de nettoyage/reboot/tanking. Il arrivera à la fin de son contrat cet hiver et aura donc à choisir où il poursuivra sa carrière.

  • James Paxton (4e tour Seattle Mariners, auj. NY Yankees)

Le chemin du lanceur canadien vers la MLB ne s’est pas vraiment fait en ligne droite. Sélectionné par les Blue Jays à la Draft 2009 avec le 37e choix, les deux parties n’avaient pas réussi à se mettre d’accord et le jeune homme était alors décidé à terminer son cursus à l’Université de Kentucky. Mais pour une raison qui reste mystérieuse (vengeance?), le président du club de Toronto, Paul Beeston, avait déclaré dans la presse qu’il avait été en discussions directes avec l’agent du jeune joueur (un certain Scott Boras) ce qui est une violation du règlement NCAA. Contraint de s’expliquer devant un comité universitaire, Paxton décide alors de quitter Kentucky pour s’engager dans une ligue indépendante (American Association) en espérant rester dans l’oeil des scouts. Mais son niveau de jeu n’est pas le même et il glisse au 4e tour de la Draft suivante en 2010 jusqu’au choix des Mariners. Sentant quand même un gros potentiel, ces derniers lui offrent un contrat de 942 500$ soit l’équivalent d’une fin de premier tour.

Les débuts de Paxton en Minor League mais aussi en MLB à partir de 2013 sont plutôt prometteurs malgré un léger manque de contrôle dans ses lancers. Mais ce sont les blessures qui vont lui coûter de nombreux starts. Sous le maillot des Mariners (jusqu’en 2018), le Canadien n’a jamais dépassé les 28 starts sur une saison. Il en a effectué 29 la saison dernière chez les Yankees et il aurait dû manquer les premiers mois de cette saison 2020 à cause d’une opération au dos cet hiver. Encore assez irrégulier, surtout dans ses débuts de matchs, Paxton est aussi capable du meilleur comme en témoignent son no-hitter en 2018 sur le terrain des Blue Jays – beau pied de nez – et son Match 5 des ALCS 2019.

  • Jacob deGrom (9e tour New York Mets)
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Ce shortstop est le parfait sosie d’un double Cy Young… / Crédits DR.

Une statuette de Rookie de l’année, deux Cy Young Awards en National League, trois sélections au All-Star Game… l’armoire à trophées de Jacob deGrom est plutôt bien garnie (voir ici notre Duel face à Verlander). Pas mal pour un lanceur sélectionné au 9e (!!!!) tour. Il faut dire que le jeune floridien évoluait au poste de SS (tiens comme Realmuto) jusqu’à sa deuxième année à Stetson University où il s’est essayé au monticule. C’était en 2009. Pour sa troisième année (junior year), il commence la saison closer avant d’intégrer la rotation dans les dernières semaines menant à la Draft, sans aucun doute la raison pour laquelle il n’a pas été Drafté plus haut. Heureusement, il gagne en exposition en affrontant le big pitching prospect floridien : Chris Sale. S’il perd ses deux starts face à lui, deGrom trouve quand même le moyen de lui frapper un HR, son seul d’ailleurs pendant ses années de fac! Lors du tournoi de la Atlantic Sun Conference, c’est son physique plus que sa performance (ERA 4.48 ; 56K en 82.1IP) qui retient l’attention du département scouting des Mets. Le club du Queens le signe pour la somme qui parait dérisoire aujourd’hui de 95 000$.

Après seulement 4 starts et 6 matchs au total avec Kingsport en Rookie League, deGrom est arrêté et envoyé sur le billard pour la fameuse opération Tommy John. Il ne retrouve le terrain qu’en 2012 mais commence à se faire un nom dans l’organigramme des Mets (19 starts en Class A et Class A+; 9-3 ; ERA 2.43 ; 96K en 111.1IP). Il enchaîne en 2013 avec 26 starts sur trois niveaux, de A+ à Triple A, avant de faire ses débuts en MLB en mai 2014 à l’âge de 26 ans. Une éclosion tardive mais quand on voit le résultat aujourd’hui, on ne peut que saluer le choix des Mets qui se sont trouvés là leur super Ace. Dommage que les résultats collectifs n’aient pas encore payés, à l’exception d’un parcours jusqu’aux World Series 2015 : 4 starts en postseason pour 3 victoires et 1 défaite mais cette défaite c’était justement en finale face aux Royals. Une sortie manquée avec 6 hits ; 4 ER ; 2K ; 3BB en 5IP. Jusque là plutôt épargné par les blessures contrairement à son coéquipier et camarade de Draft, Noah Syndergaard (voir plus loin), deGrom – 31 ans – a encore quelques belles années devant lui.

  • Whit Merrifield (9e tour Kansas City Royals)

Whit Merrifield c’est l’exemple type du joueur pourtant exposé aux yeux des scouts de tout le pays pendant ses années lycées et universitaires et qui est pourtant passé sous les radars. Enfant de Caroline du Sud, il va y effectuer toute sa scolarité, à University of SC, une place forte du baseball au niveau national il évolue dans la meilleure conférence donc sous les projecteurs. Au printemps 2010, quelques jours avant la Draft, c’est lui qui signe le hit victorieux, un walk-off single, en 11e match pour offrir à sa fac la victoire lors des College World Series, là encore devant les caméras… et pourtant il faudra attendre le 9e tour pour entendre son nom lors de la grande sélection. Il signe pour 100 000 dollars avec les Royals et débute alors une carrière pro plutôt quelconque en Ligues Mineures. Il grimpe doucement les échelons jusqu’à passer une saison complète en Double A en 2013, une autre entre la Double A et la Triple A en 2014 et une autre complète en Triple A en 2015, il n’est donc pas de la victoire en World Series.

C’est à l’âge avancé de 27 ans qu’il fait ses débuts en MLB en deuxième base ou outfield en milieu de la saison 2016. La saison suivante, il termine meilleur voleur de base de MLB avec 34, performance qu’il renouvelle en 2018 avec 45. En 2018, il s’offre aussi le plus gros total de hits de la Ligue : 192. C’est donc la régularité qui caractérise Whit plutôt que le flashy.  En 2019 et donc à 30 ans, Merrifield décroche sa première sélection au All-Star Game avant de terminer leader de MLB dans plusieurs catégories : 162 matchs (c’est à dire tous ceux de la régulière) ; 681 at-bats ; 206 hits ; 10 triples. Un vrai joueur de l’ombre qui a sans doute atteint son plafond mais qui pourrait garder cette régularité sur plusieurs années. Sans faire de bruit, il a la 14e WAR de sa promotion.

  • Joc Pederson (11e tour Los Angeles Dodgers)

Star de son lycée de Palo Alto (Californie) à la fois dans l’équipe de baseball (dans le Top 100 des prospects après son année senior) et de football (position de wide receiver), Pederson semble vraiment décider à rejoindre USC (University of Southern California). Les franchises de MLB passent donc sur son nom pendant plusieurs jours de Draft jusqu’à ce que les Dodgers le sélectionnent au 11e tour. Est-ce le fait de pouvoir rester dans sa Californie chérie ou le gros chèque proposé (600 000$, l’équivalent d’un 2e tour)?  Mais Pederson renonce à l’Université et commence ses classes dans le farm-system des Dodgers.

Il se distingue d’abord et avant tout par sa puissance puisqu’il signe 11, 18 puis 22HR entre 2011 et 2013 de Rookie A à Double A. En 2014, en Triple A, Joc s’en offre même 33 en 121 matchs, mais signe aussi un beau pourcentage de présence sur base (.435). Il débute alors en MLB pour une dizaine de matchs. C’est l’année suivante qu’il intègre définitivement The Show et est même sélectionné pour son premier All-Star Game (à ce jour le seul) pour son année rookie. Si sa puissance ne se dément pas (123HR en carrière), il a parfois limité son jeu à cela avec des moyennes justement très moyennes (AVG .249et OBP .339 en 2019). Pour un 11e tour de Draft, sa carrière est évidemment au-delà des espérances mais il peut faire encore mieux.

  • Adam Eaton (19e tour Arizona DBacks, auj. Washington Nationals)

Du 19e tour de la Draft à une bague de champion… C’est le parcours en 10 ans du joueur de champ extérieur originaire de l’Ohio. Après un parcours plutôt anonyme au lycée, Adam Eaton s’engage à la fac dans son Etat natal (Miami University of Ohio, pas en NCAA Division I). Très rapide avec son petit gabarit, il est positionné en numéro 3 dans le lineup ce qui ne le met pas vraiment en valeur, car la puissance n’a jamais été son fort. Il lui faut donc attendre 571 choix avant d’entendre son nom en juin 2010. Choisi par les DBacks, il signe un contrat de 35 000 dollars plutôt que de terminer son cursus. Les scouts n’avaient pas été impressionné par son parcours universitaire, mais le front office de la franchise de l’Arizona se frotte les mains quand le garçon signe un très beau .385 de moyenne pour sa première saison pro au sein de la Rookie Pioneer League (meilleure moyenne de la Ligue). Eaton rejoint la MLB dès 2012 pour occuper n’importe lequel des postes d’outfield quand un titulaire a besoin d’un jour off. Ces deux premières saisons se limitent à 22 puis 66 matchs.

Il franchit un cap en 2014 avec 123 matchs, sous le maillot des White Sox où il a été transféré l’hiver précédent. Sa vitesse est toujours son point fort et il signe 10 triples, plus gros total de la Ligue, avec une moyenne au bâton de .300. Pendant le Spring Training 2015, il signe une prolongation de contrat de 5 ans (+2 en option) à Chicago pour la somme très raisonnable de 23,5 millions de $. Après deux bonnes saisons, le voilà qui refait ses valises contre son gré! Sa direction le transfère à Washington en échange de trois lanceurs prospects dont Lucas Giolito et Reynaldo Lopez. Les Nats pensent réaliser un gros coup en ajoutant cette pièce à leur équipe candidate au titre… mais la machine s’enraye et une succession de blessures limite Eaton à 118 matchs en deux saisons chez les Nats qui, peut-être, regrettent leur trade car leur joueur atteint la barre des 30 ans quand leurs deux anciens lanceurs s’installent dans la rotation des White Sox (certes pas encore pour le meilleur). Mais tous les doutes sont balayés en 2019 : Eaton prend possession du champ droit laissé vacant par le départ de Harper, est enfin épargné par les blessures (151 matchs) et dispute sa première postseason. S’il passe à côté des séries face aux Brewers, Dodgers et Cardinals, il est en revanche indispensable face aux Astros en World Series : .320/.433/.560 ; 2HR ; 6RBI ; 4BB et seulement 2K en 7 matchs. Si le front office de D.C a du regarder avec envie la superbe saison de Giolito (14-9, sélection au ASG), il peut se dire aussi que sans ce sacrifice, il n’y aurait peut-être pas eu de titre et de parade à Washington l’automne dernier!

  • Kevin Kiermaier (31e tour Tampa Bay Rays)

Allons encore plus gratter dans les profondeurs de cette Draft 2010, jusqu’au 31e tour (!) pour découvrir un nom qui aujourd’hui s’affiche au palmarès de la MLB avec 3 Gold Gloves. Son premier trophée d’importance remonte au printemps 2009 : MVP des College World Series, mais en Division II. Il conduit sa fac de Parkland, Illinois au titre, et pense poursuivre sa carrière universitaire à Purdue. C’est donc sans grand espoir de le signer que les Rays le sélectionnent très très bas dans la Draft malgré les belles aptitudes que les scouts ont noté chez lui : vitesse et jeu défensif en champ extérieur. Bien heureux de cette opportunité, il abandonne son projet et rejoint le club floridien pour 75 000 dollars.

Il dispute un seul match en MLB en 2013 puis une centaine en 2014. En 2015 et 2016, ses moyennes offensives restent en-dessous de la moyenne mais ses performances défensives sont elles assez exceptionnelles, elles lui permettent de décrocher ses deux premiers GG (avec pourtant seulement 105 matchs disputés en 2016). S’il a décroché un troisième GG la saison dernière, sa production batte en main a plongé (.228/.278/.398). Il doit rebondir pour conserver une place dans le roster des Rays, mais même si ce plafond a déjà été atteint, le garçon a fait bien mieux que toutes les prédictions.

Mentions honorables : Eddie Rosario (4e tour Minnesota Twins) ; Tommy Kahnle (5e tour New York Yankees) ; Corey Dickerson (8e tour Colorado Rockies, auj. Miami Marlins) ; Kole Calhoun (8e tour Los Angeles Angels of Anaheim, auj. Arizona DBacks) ; Robbie Ray (12e tour Washington Nationals, auj. Arizona DBacks).

Ils ont été/sont poursuivis par un chat noir

  • Jameson Taillon (#2 Pittsburgh Pirates)

Une fastball et une curveball dévastatrices, un diamant brut sur le monticule qui faisait fantasmer toutes les franchises de MLB en juin 2010, à l’exception des Nationals qui ne pouvaient pas passer à côté du phénomène Harper avec le premier choix. Le lanceur de 18 ans, né en Floride de parents canadiens et texan d’adoption, est comparé pendant ses années lycées à un autre lanceur phénomène texan, Josh Beckett, sélectionné avec le 2e choix de la Draft 99 par les Marlins. Les comparaisons continuent le soir de la Draft puisque Taillon est choisi en numéro 2 par les Pirates. Il signe alors pour la somme faramineuse pour un gamin de son âge et surtout qui évolue à cette position si spéciale : 6,5 millions $. 23 starts en 2011, 26 starts en 2012, 25 starts en 2013… les débuts pros de Taillon en Minor League sont prometteurs avec beaucoup de K et peu de HR concédés. Au printemps de cette même année 2013, il se fait une place dans le roster de Team Canada pour la World Baseball Classic. A 21 ans, il en est le plus jeune membre. Il concède 2 points (1ER), concède 1BB mais réalise 3K dans le choc face aux USA alors qu’il n’a pas encore évolué au-dessus de la Double A. Taillon progresse aux côtés d’un autre big prospect des Pirates, un certain Gerrit Cole!

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Taillon, pas encore en MLB mais déjà avec Team Canada à la WBC en 2013 / Crédits DR

La carrière du Canadien connait un premier coup d’arrêt en avril 2014 quand il doit subir une opération Tommy John qui lui fait manquer toute la saison. Attendu sur le monticule pendant la saison 2015, il reste finalement à l’infirmerie à cause d’une hernie. Deux saisons de perdu… et enfin un retour sur les terrains en 2016 avec les Indians d’Indianapolis en Triple A. Après 10 starts, il est enfin convoqué en MLB. Pour son premier match, il est opposé à son camarade de draft, Noah Syndergaard. Il lance 6 manches, concède 6 hits et 3 points pour une non-décision. Renvoyé en Triple A après le match, il retrouve The Show peu après pour remplacer dans la rotation son copain Cole, blessé. Son 2e start se déroule également face aux Mets et il se révèle au grand public avec un no-hitter emmené jusqu’en 7e manche. Cette performance lui vaut de rester en MLB pour la fin de saison. Au total, ses 18 starts sont plutôt une réussite : 5-4 ; ERA 3.38 ; 85K en 104.IP. Au Spring Training 2017, il gagne sa place dans la rotation. En mai, il révèle souffrir d’un cancer des testicules et subit une opération avant de retrouver sa place dès le mois suivant. Il réalise 25 starts sur la saison pour un bilan de 8-7 et une ERA de 4.44 (125K en 133IP). En 2018, il connait enfin une saison sans blessure et ça se voit dans ses performances : 14-10 ; ERA 3.20 ; 179K en 191IP ; une WAR de 5. Mais les ennuis recommencent en 2019 quand sa saison se résume à 7 starts en raison de nouvelles douleurs au coude. En août, il subit une deuxième opération Tommy John et manquera la saison 2020. Souhaitons à Jameson de revenir en bonne santé. Il peut être l’un des As de cette Ligue quand son physique lui fiche la paix.

  • Matt Harvey (#7 New York Mets, auj. Oakland A’s en contrat non garanti)

Un des gros prospects à sa sortie du lycée au printemps 2007, Harvey est seulement choisi au 3e tour par les Angels car il a laissé entendre qu’il aimerait poursuivre sa carrière à l’université. C’est effectivement ce qu’il fait en rejoignant North Carolina. Releveur au cours de sa deuxième année, il connait des problèmes de vélocité lors de la prestigieuse Cape Cod League. Il change alors sa motion et retrouve des pointes à 97mph pour son année junior qui le conduisent tout droit au premier tour de la Draft 2010. Il est sélectionné par les Mets avec le 7e choix et signe pour plus de 2,5 millions $. Harvey ne va lancer qu’une seule saison complète en Minor League en 2011 (26 starts en A+ et AA ; 13-4 ; ERA 3.32 ; 156K en 135.2IP!). Sa slider commence à faire des miracles en Triple A début 2012 avant que les Mets ne l’appellent pour son premier start en juillet : il sort une perf monstrueuse avec 11K en 5.1IP et la victoire à la clé. 10 starts et une ERA de 2.73 pour sa première saison en MLB le conduisent directement dans la rotation pour la suivante. Machine à strike, il gagne sa place pour le All-Star Game qui se joue à domicile pour lui à City Field. Le 7 août, il réalise son premier complete game sans concéder de point mais le 26 août, il est placé sur la liste de blessés à cause de douleurs au coude. Issue inéluctable : opération Tommy John et une saison 2014 à venir blanche.

De retour en 2015, The Dark Knight – comme il est désormais surnommé – alterne le très bon et le moins bon. Son agent et la direction des Mets s’opposent via les médias quant à la gestion des manches que doit lancer Harvey en régulière et dans la perspective des playoffs. Le lanceur met un terme à la polémique et, apaisé, il gagne ses deux starts contre les Dodgers en NLDS puis les Cubs en NLCS. Les Mets se présentent en World Series face aux Royals, battus en finale la saison précédente. Lanceur partant du Game 1, Harvey est crédité d’une non-décision (3ER en 6IP) lors d’un match que son équipe perd en 14 manches. Menés 3-1, les Mets sont au pied du mur dans le Game 5 qui sera à la fois le plus grand et le plus cruel de la carrière de Harvey. Les New-Yorkais mènent 2-0 en début de 9e manche grâce la super prestation de leur starter. Il insiste auprès de son manager pour terminer la rencontre alors qu’il a déjà dépassé les 100 lancers. Il concède un BB sur le premier batteur puis un RBI double de Hosmer qui permet aux Royals d’inscrire leur premier point. Ce même Hosmer marque le point égalisateur une fois que Jeurys Familia a remplacé Harvey sur le monticule et les Mets ne s’en remettront jamais. Ils vont concéder 5 points en 12e manche et voir les Royals soulever le trophée. Les deux saisons suivantes seront une alternance de quelques bonnes sorties, mais surtout de mauvaises et de multiples blessures (épaule, cage thoracique, omoplate…) qui le limitent à 17 et 18 starts pour une ERA de 4.86 et 6.70. En 2017, il est même suspendu trois matchs par son club pour violation du règlement intérieur. Sa saison 2018 ne se présente pas au mieux non plus : après 4 starts et une ERA de 6.00, il est envoyé dans le bullpen. Frustré par son nouveau rôle, il refuse de parler à la presse. Le divorce est consommé début mai quand le lanceur refuse d’être envoyé en Minor League. Il est tradé dans la foulée aux Reds avec qui il fait 24 starts et semble retrouver un niveau intéressant : 111K en 128IP. Pour 2019, il signe un contrat de 1 an et 11 millions avec les Angels mais c’est un échec : une ERA de 7.50 après 48IP et un passage sur la liste des blessés pour des douleurs au dos. Réactivé le 13 juillet, il est finalement libéré le 21 par le club californien. On ne sait pas encore si on va revoir The Dark Knight sur un terrain de MLB alors qu’il n’a 31 ans. Des rumeurs l’envoient en Corée ou au Japon.

  • Noah Syndergaard (#38 Toronto Blue Jays, auj. NY Mets)

Drafté beaucoup plus haut que son coéquipier Jacob deGrom (voir « Ils ont surpris leur monde »), Noah Syndergaard a tout pour être le deuxième super Ace de cette équipe des Mets. Tout? Sauf le physique! Sur la touche pour cette saison 2020 en raison d’une opération Tommy John, Thor – comme il est surnommé – n’en est pas à sa première blessure au grand dam cette fois de notre Bastien national. En cinq saisons dans la Ligue, il n’a dépassé que deux fois la barre des 30 matchs (en 2016 et 2019). La saison dernière reste d’ailleurs sa plus mauvaise en carrière, certes celle pendant laquelle il a le plus lancé (197.2IP) mais avec des résultats très décevants au sein d’une équipe très décevante : ERA 4.28 et 94 points mérités (plus gros total en NL). Quand il est bien dans ses baskets, le grand blond peut aussi être d’une domination diabolique (2 complete game dont 1 shutout en 2018).

Thor le Texan a été choisi par les Toronto Blue Jays en 38e place lors de cette Draft 2010, dans le cadre du tour compensatoire (supplemental round). Il sortait tout juste d’une exceptionnelle saison avec son lycée (play-offs du Texas niveau 4-A). Signé pour 600 000 $, il montre beaucoup de promesses dans le farm-system canadien (13 matchs entre les niveaux Rookies, A- et A en 2011 avec une ERA de 1.83 ; et surtout 27 matchs en A en 2012 avec une ERA de 2.60). Toronto fait l’erreur d’envoyer son espoir chez les Mets à l’hiver 2012 en échange de R.A Dickey. Certes, le vétéran reste sur une improbable saison à 33 starts et une knuckleball dévastatrice pour ses adversaires… mais en 2013 il va fêter ses 38 ans quand Syndergaard n’en a que 21! Aux Mets, la bonne affaire.

Ils ont disparu (ou presque)

  • Christian Colon (#4 Kansas City Royals, auj. Cincinnati Reds)
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Cette carte vaut sans doute beaucoup moins cher / Crédits DR.

Shortstop portoricain, Colon est lycéen en Californie quand les scouts s’intéressent à lui. Ils le comparent bien souvent à Dustin Pedroia pour des gabarits similaires mais aussi des aptitudes similaires : un bon swing et une coordination main-yeux au-dessus de la moyenne. Retenu à la Draft 2007 par les Padres au 10e tour, il s’engage avec la fac de California State. Sa cote ne fait que grimper pendant ses trois ans de college baseball et il est sélectionné au 4e rang par les Royals qui le signent pour 2,75 millions $ et le  repositionnent en 2e base. Le garçon fait ses classes dans le farm-system et, s’il est très difficile à éliminer au marbre, reste un joueur moyen dans toutes les catégories. Il obtient une promotion en MLB en 2014 mais ne parvient pas à se faire une place. Ses apparitions sont très limitées dans les mois suivants même s’il est quand même de la partie pour la victoire en World Series en 2015. Il est même l’auteur du hit qui fait entrer le point de la victoire dans la 12e manche du Game 5. En 2017, il est tradé à Miami sans plus de succès avec seulement 38AB en MLB puis une saison 2018 passée uniquement en Triple A. L’an dernier, il a fait huit apparitions avec les Reds mais c’est tout. Il n’est pas le premier gros prospect à ne pas avoir réussi à se faire une place dans ce monde impitoyable qu’est la Big League.

  • Delino DeShields (#8 Houston Astros, auj. Texas Rangers)

DeShields a plus d’apparitions en MLB que Colon mais n’a pas vraiment connu plus de réussite. Homonyme de son père, Major Leaguer pendant 13 saisons, le garçon est un grand espoir dès ses années lycées : rapide à la fois batte en main et à la course, il tape dans l’oeil des Astros qui lui offre plus de 2 millions $ après l’avoir retenu 8e de la Draft 2010. Mais son excellent swing se volatilise au moment de jouer chez les pros. Son manque d’agressivité et d’investissement pourraient aussi expliquer pourquoi les Astros ne l’ont pas lancé dans le grand bain ni protégé de la Rule 5 draft. Il est alors récupéré par les Rangers qui lui donnent sa chance en 2015. En cinq ans, il a disputé 539 matchs avec la franchise texane qui en a fait en quelque sorte son premier remplaçant mais il n’a jamais réussi à mettre à profit cette confiance avec des moyennes en carrière de .246/.326/.342 ; pour un total de 18HR et 126RBI. Il n’est pas facile de rentrer en MLB et encore moins d’y rester. DeShields a passé ces obstacles, à lui d’enfin donner du relief à son parcours de MLBer. Il aura simplement 28 ans en août donc encore une chance.

  • Michael Choice (#10 Oakland A’s, auj. Colorado Rockies en contrat non garanti)

C’est après un cursus de quatre ans à University of Texas at Arlington que Choice se présente à la Draft 2010. Il est considéré par les scouts comme le meilleur slugger de sa classe d’âge. Il combine puissance et patience et est retenu au 10e rang par les A’s. Un peu comme pour DeShields (outfielder lui aussi), les qualités que tout le monde lui prêtent se désintègrent au contact du monde professionnel. Un parcours quelconque en Minor League avant d’être appelé pour 9 matchs en MLB en 2013. La saison suivante, il retrouve son Texas natal pour seulement 87 apparitions au total en 2014 et 2015 mais est incapable de trouver son rythme dans la boite (46 hits), il fait ses adieux (provisoires ou définitifs?) à la MLB. Après une saison 2016 avec la Triple A des Indians, il enchaîne en 2017 avec des piges en Minors chez les Orioles et les Brewers avant de rejoindre la KBO, la Ligue pro Coréenne, puis la Ligue Mexicaine où il évoluait l’an dernier avec enfin un peu de réussite. Son avenir se dessine pour le moment loin des terrains de MLB.

  • Deck McGuire (#11 Toronto Blue Jays, auj. sans club)

Après trois ans passés à l’université (Georgia Institute of Technology), McGuire se présente à la Draft comme l’un des bras les plus sûrs. Il est même considéré par beaucoup comme le lanceur qui a le plus de marge de progression devant lui. Et pourtant, celui qui est aujourd’hui trentenaire n’affiche que 51 manches en MLB entre 2017 et 2019 pour les Reds, les Blue Jays et les Angels. Signé pour 2 millions $ par les Blue Jays, le lanceur droitier grimpe assez facilement jusqu’en AA où il semble là atteindre son plafond. Les trades qui vont suivre ne lui permettront jamais de se faire une place. Il s’essaye lui aussi à la KBO et s’offre un no-hitter en avril dernier sous le maillot des Samsung Lions avec 13K. Finalement libéré, il avait signé en février dernier un contrat non garanti avec les Rays qui l’ont finalement coupé il y a quelques jours en raison de l’incertitude sur la saison 2020.

  • Jake Skole (#15 Texas Rangers)

Lors de la Draft 2009, les Rangers n’étaient pas parvenus à signer leur pick de 1er tour, Matt Purke, et avaient récupéré un pick de compensation pour la Draft 2010. Le choix s’est alors porté sur Skole, jeune champ extérieur, mais seulement capable de disputer neuf matchs dans son année senior de lycée en raison de blessures. Les deux parties se mettent d’accord financièrement et son parcours débute dans le farm-system. Le garçon ne parviendra pas à dépasser la Double A en sept saisons pros. En 2017, il quitte le système pour rejoindre University of Georgia pour reprendre ses études mais aussi jouer au… football américain!

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Après son passage en MiLB, Skole s’est tourné vers le foot US / Crédits DR.
  • Hayden Simpson (#16 Chicago Cubs)

Pas classé parmi les 200 meilleurs prospects de Baseball America avant la Draft, Simpson est sans aucun doute LA surprise du premier tour de cette Draft 2010 et peut-être même des premiers tours des drafts de ces dix dernières années selon les observateurs. Lanceur en Division II avec l’Université de Southern Arkansas, il est signé par les Cubs mais contracte peu de temps après la mononucléose, ce qui repousse ses débuts en pro à 2011. Sa ERA tourne autour des 6.00 et il ne dépasse pas le niveau High Class A avant d’être coupé et de rejoindre la Frontier League (Ligue indépendante) pour un an avant de stopper sa carrière.

  • Josh Sale (#17 Tampa Bay Rays)

Un autre Sale dans la Draft 2010 mais pas vraiment le même destin. Josh est un excellent batteur pour son lycée dans l’Etat de Washington. Drafté au milieu du premier tour, il débute en Rookie League en 2011, grimpe en Class A en 2012 mais ensuite se distingue hors du terrain plutôt que sur le terrain. Il connait plusieurs suspensions d’abord pour dopage puis après un incident avec une prostituée. Il tente un retour en 2014, les Rays lui donnent sa chance en Class A+ avant de le couper définitivement (AVG .238 en 90 matchs et trois saisons pro).

  • Kaleb Cowart (#18 LA Angels of Anaheim, auj. Yankees en contrat non garanti)

Lanceur et joueur de position, star de son lycée en Géorgie, Cowart reçoit le trophée « Gatorade national high school player of the year », le plus prestigieux de cette classe d’âge. Si les scouts le préfèrent sur le monticule, lui veut jouer tous les jours et s’entend avec les Angels pour la coquette somme de 2,3 millions $ (8e plus gros total du premier tour) et une place dans l’infield. Son coup de batte ne fait pas merveille en Minor League, pas plus en MLB quand il est promu (pour la première fois en 2015). En 171 matchs au plus haut niveau (en cinq saisons), il affiche un pauvre .176 de moyenne. L’an dernier, les Angels ont tenté de relancer sa carrière de lanceur en faisant de Cowart un two-way player en Double A et Triple A, mais sans réussite (ERA 10.19 en 17 apparitions et 17.2IP).

  • Cito Culver (#32 New York Yankees)

Né dans l’Etat de New York, Culver vit sans doute le rêve de sa vie en juin 2010 quand il est drafté par les Yankees à la sortie du lycée où il évoluait au poste de shortstop. Les scouts new-yorkais suivaient le garçon depuis quelques temps, même si aux yeux des autres franchises, il a été drafté un peu haut. Culver sait qu’il ne sera pas le successeur du futur retraité Derek Jeter car les coachs des Yankees le repositionnent en 2e ou 3e base en Minor League. Gant plutôt sûr mais batte douteuse, le garçon ne s’impose pas dans le système new-yorkais. Chance lui est pourtant laissée, jusqu’en Triple A. Mais en 2018, il quitte les Yankees pour les Marlins de son idole Jeter… sans parvenir non plus à  franchir la dernière étape. Culver n’a à ce jour jamais joué en MLB (AVG .231 en MiLB). En 2019, il rejoint la Canadian-American Association (Ligue indépendante) avec toujours des moyennes trop tendres pour espérer se faire une place au soleil.

Publié dans MLB

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