Ces joueurs sont payés des fortunes pour ne pas jouer

Les contrats mirifiques accordés à certains joueurs de MLB n’ont pas d’équivalence dans les autres sports US. L’absence de plafond salarial et la plus grande longévité des baseballeurs au haut niveau expliquent pourquoi les grands noms de la ligue comme Robinson Cano puissent s’engager avec les Mariners pour 10 ans avec un salaire annuel de 25 millions de dollars. Des termes hallucinants, à la limite du raisonnable qui peuvent virer au fiasco. En voici quelques exemples…

Dans la catégorie « payés pour jouer dans une autre équipe », les lauréats sont…

Josh Hamilton, 35 ans (125 millions $ / 5 ans, 2013-2017)

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Son parcours 

  • 2007 : Cincinnati Reds
  • 2008-2012 : Texas Rangers
  • 2013-2014 : Los Angeles Angels
  • 2015-… : Texas Rangers

Probablement l’un des plus grands fiascos de ces dernières années. Au terme d’une grande saison 2012 avec les Rangers (43 HRs , 128 RBIs) où il a décroché une cinquième participation consécutive au All Star Game, le MVP 2010 se présente à la « free agency ». Les Angels se ruent sur l’occasion et lui font signer un contrat de 125 millions de dollars pour cinq ans. Jamais dans la cité des anges, Hamilton n’arrivera à retrouver son niveau d’antan, sa moyenne au bâton en 2013 (.250) est la plus faible depuis le début de sa carrière et il n’aura réussi à frapper que 21 home-run. Une première saison ressentie comme un échec pour celui qui représentait beaucoup d’espoir, et les choses ne vont pas aller en s’arrangeant. En 2014, plusieurs blessures dont une au pouce, ne lui ont pas permis de disputer plus de 89 parties, durant celles-ci il n’aura jamais éclaboussé Los Angeles de son talent. Pire, il réalise de piètres performances en postseason où il termine avec un catastrophique 0-13 lors de la série contre Kansas. Les fans commencent à s’en prendre à lui, la rupture est entamée. Elle sera définitivement consommée lors de l’intersaison 2014-2015, après une nouvelle opération, cette fois-ci à l’épaule gauche, il avoue spontanément avoir rechuté dans son addiction à la drogue. La MLB juge que ses aveux ne peuvent pas être passibles d’une suspension, ce qui sous-entend que les Angels devront continuer à le payer. En haute sphère, c’est la goutte d’eau qui fait déborder le vase, après les aveux de Hamilton, les gros bonnets de la franchise décident de retirer tous les produits dérivés portant le nom du joueur de leurs boutiques et songent à l’échanger. Problème : il lui reste trois ans de contrats, évalués à 80 millions de dollars. Un transfert est arrangé avec son ancienne équipe du Texas où il a connu ses plus grandes gloires. Les détails de l’arrangement sont les suivants :

  1. Josh Hamilton doit renoncer à 12 millions de dollars prévus sur son contrat pour compenser l’avantage qu’il aura de jouer dans le Texas, un Etat qui ne perçoit pas d’impôt sur le revenu.
  2. Texas paiera 7 millions sur 3 ans pour le joueur, Los Angeles devra s’acquitter des près de 60 millions restants.

Depuis 2015 donc, les Angels paient Josh Hamilton 20 millions de dollars par an pour le voir évoluer chez leurs rivaux de division. Pour la première année de son retour à Texas, Hamilton débute sur la liste des blessés et malgré quelques résurgences n’arrivera à convaincre personne. A la suite d’une blessure au genou qui nécessite une opération -sa troisième en 9 mois- Hamilton ne jouera pas le moindre match en 2016. Aujourd’hui, son avenir dans le baseball est plus que jamais mis en doute, quoiqu’il en soit, il continuera à percevoir son salaire jusqu’en 2017.

Les Angels auront payé en 2017 près de 95 millions de dollars pour un joueur qui n’aura disputé que 240 matchs sous leur couleur, frappé 31 HRs et aura eu une moyenne de .255 au bâton.

José Reyes, 33 ans (106 millions $/6 ans, 2012-2017)

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Son parcours 

  • 2003-2011 : New York Mets
  • 2012 : Miami Marlins
  • 2013- juillet 2015 : Toronto Blue Jays
  • juillet 2015-2016 : Colorado Rockies

C’est le dernier cas qui a fait grand bruit dans le monde MLB. Le shortstop 4 fois All-Star a été désigné pour assignation par les Rockies, le 15 juin dernier. Par cet acte, Colorado a sciemment décidé de laisser filer le joueur dans une autre équipe tout en continuant à lui donner 40 millions de dollars sur deux ans. Mais comment en est-on arrivé là ?

Après 8 huit ans de très bons et loyaux services auprès des Mets, José Reyes se présente à la « free agency » à la suite de la saison 2011. Lors de cette dernière, il a remporté le titre de « batting champion » (soit le joueur de la ligue avec la plus grande moyenne au bâton), et pour la quatrième fois de sa carrière a terminé leader de la NL en terme de triples. Ses excellentes performances, lui ont permis de décrocher un contrat de 6 ans pour un montant total de 106 millions de dollars avec les Marlins. Sa première saison en Floride est très satisfaisante mais il est échangé avec cinq de ses coéquipiers à Toronto à l’aube de 2013. Son contrat est donc désormais à la charge des Blue Jays qui doivent se passer du joueur pendant près de trois mois à cause d’une blessure. Dans cette moitié de saison 2013 et en 2014, il assurera une moyenne au bâton très correcte mais sa puissance et sa vitesse commencent à disparaître peu à peu. En conséquence, les triples et bases volées, pour celui qui dominé cette dernière catégorie entre 2005 et 2007 se font de plus en plus rares. Il ratera le début de l’année 2015 à la suite d’une nouvelle blessure et sera échangé le 27 juillet de cette même saison à Colorado avec 3 autres de ses collègues contre Tulowitzki. En 47 matchs avec les Rockies, il ne totalisera que 2 triples et ne volera que 8 bases, pire sa moyenne au bâton descendra dans les abîmes avec un .259 indigne du niveau du SS. A la suite de cet échange, le contrat de Reyes doit être assumé par Colorado jusqu’en 2017 (22 millions de $ par an). Oui mais voilà, l’ancien Mets ne jouera plus un match avec les Rockies. Cette décision a été prise à la suite de faits de violences conjugales qui ont impliqué le joueur lors de l’intersaison 2015-2016. Comme le règlement de la MLB le prévoit, le SS a été suspendu pour les 51 premiers matchs de la saison 2016 pour ces faits. Pour Colorado, un tel agissement de la part d’un de leur joueur est inacceptable, alors ils l’ont désigné pour assignation. Cette décision forcera dans tous les cas Colorado à payer les 40 millions de dollars restant sur son salaire alors qu’il évoluera ailleurs. Si une équipe MLB se porte acquéreur du joueur, elle n’aura qu’à lui payer le salaire minimum soit 507,500$ par an. Le très large complément sera à la charge des Rockies, qui peuvent cependant compter sur leur rookie Trevor Story au poste de SS.

En tout, José Reyes aura coûté en 2017, 46 millions de dollars à Colorado pour 47 matchs disputés avec les Rockies, une moyenne de .259 au bâton, 8 bases volées, 2 triples et 3 HRs.

Carl Crafword, 34 ans  ( 142 millions $/7 ans, 2011-2017)

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Son parcours :

  • 2002-2010 : Tampa Bay Devil Rays/Rays
  • 2011-2012 : Boston Red Sox
  • 2013-2016 : Los Angeles Dodgers

Une nouvelle catastrophe made in Red Sox même si cette fois-ci ils ont réussi à ne pas trop en payer les frais. Après neuf années avec Tampa, où il a décroché 4 participations au ASG et a terminé autant de fois meilleur voleur de bases il file en « free agency ». Jackpot pour lui puisqu’il signe pour 7 ans un contrat d’une valeur de 142 millions de dollars avec Boston. Après deux saisons très moyennes dont une dernière année 2012 marquée par une très grosse blessure, il se déclare en dépression à Boston où il considère l’environnement comme toxique. Il est envoyé dans un trade monstrueux à la fin août 2012 avec trois de ses coéquipiers (Beckett, Gonzalez et Punto) aux Dodgers. L’accord prévoit aussi que les Red Sox donnent 11 millions d’euros à Los Angeles pour couvrir une partie des salaires -très copieux- des joueurs échangés. Dont Carl Crawford. Au moment du « trade », il lui reste 5 ans de contrat et 100 millions de dollars à recevoir. Même si elles sont marquées par les blessures, ses deux premières années dans la cité des anges sont plutôt très réussies. Mais l’accumulation des pépins physiques, l’âge avançant commence à peser et lorsqu’en 2016 il rate près de 4 mois de compétition à la suite d’une blessure abdominale, on commence à se poser des questions chez les Dodgers. Naturellement, ses performances sont de moins en moins bonnes, et en 2016 après 85 passages à la batte, il affiche une moyenne consternante à .185. Crawford devient un boulet, surtout que la franchise regorge de talents qui ont bien envie de chiper le spot de l’ancien Rays dans le roster. Ni une, ni deux, les Dodgers ont décidé de virer l’outfielder le 13 juin alors qu’il reste approximativement 35 millions de dollars à lui offrir jusqu’en 2017. Le joueur serait actuellement en contact avec les Tampa Bay Rays, pour tenter un retour sur la terre de ses premiers exploits. Comme pour Reyes, si les Rays venaient à le signer ils devront s’acquitter seulement du montant du salaire minimum de la ligue, les Dodgers prenant le reste.

D’ici 2017, Los Angeles aura versé en tout 100 millions de dollars, pour 320 matchs (soit à peine deux saisons complètes) une moyenne de .278 à la batte, 99 RBIs, 18 HRs et 48 bases volées.

Dans la catégorie « payés pour cirer le banc », les lauréats sont…

Rusney Castillo (72.5 millions $/7 ans, 2014-2020)

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Son parcours

  • 2014-… : Boston Red Sox

Rusney Castillo fait partie d’une longue liste d’erreurs de casting commises par les Red Sox ces dernières années. Après avoir fui Cuba, l’outfielder signe en août 2014 un contrat massif à Boston, puisqu’il empochera 72.5 millions de dollars sur 7 ans. Au moment de la signature, le cubain possède de très solides références dans son pays et s’est fait un nom lors des compétitions internationales. Pourtant, depuis son arrivée on se demande bien si ce n’est pas son frère qui a été engagé. Après 10 matchs très prometteurs en 2014 (voir vidéo ci-dessous), le Cubain a très largement déçu en 2015 où il affiche une moyenne au bâton de .253 et seulement 5 HRs en une moitié de saison. Un constat qui fait tâche pour celui qui était présenté comme un slugger de premier ordre. Barré par la concurrence, il ne se présente que 8 fois sur le marbre cette année, avant d’être rétrogradé en Minors. Boston annonce ne pas vouloir se débarrasser du joueur pour l’instant mais attend de voir de nets progrès pour le faire évoluer à nouveau dans les Majors. Le problème c’est que le joueur à 28 ans et qu’il ne doit plus trop tarder pour faire ses preuves. Dans le meilleur des cas il se révèle enfin au plus haut niveau, dans le pire les Red Sox vont devoir traîner un boulet à plus de 12 millions de dollars l’année jusqu’en 2020.

Pablo Sandoval, 29 ans (95 millions $/5 ans, 2015-2019)

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Son parcours

  • 2008-2014 : San Francisco Giants
  • 2015-…  : Boston Red Sox

Encore un joueur des Red Sox, encore une grossière erreur. Il faut dire que son contrat signé en tant qu’agent libre à la fin de la saison 2014 en avait laissé pantois plus d’un. 95 millions de dollars sur 5 pour un joueur plutôt versatile, c’était un pari osé. Pari perdu ! Auteur d’une saison 2015 très décevante avec un batting average de .245 et 10 HRs (jamais il n’avait fait aussi faible), il a été mis sur la touche pour 2016. A ce jour, il ne s’est présenté que 6 fois à la batte pour aucun hit. Avec les performances correctes de Travis Shaw à son poste on a du mal à envisager l’avenir de Sandoval à Boston, qui, à 29 ans a encore des cartes à jouer ailleurs. Dans tous les cas les Red Sox vont devoir s’encombrer d’un contrat monstrueux puisqu’ils devront verser encore près de 70 millions de dollars jusqu’en 2019 à un joueur qui n’aura eu aucun rendement. Probablement, chercheront-ils à l’échanger pour réussir à faire endosser quelques millions à sa nouvelle équipe, mais quel désastre !

Dans la catégorie « payé jusqu’en 2035 alors que tu es à la retraite depuis 2001 », le lauréat est…

Bobby Bonilla, 53 ans (29.8$/25 ans , 2011-2035) 

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Si vous ne connaissez pas cette histoire, vous allez vous régaler. C’est probablement la plus hallucinante du sport professionnel. Pour ceux qui ne savent pas Bobby Bonilla était un très bon joueur, 6 fois All-Star et vainqueur des World Series avec Florida en 1997. Il a joué en MLB entre 1986 et 2011 et est passé par huit équipes différentes dont les Mets. Oui, les Mets qui sont à l’origine du plus gros running gag dans le monde du baseball. En 1999, il signe à New York, 4 années après en être parti. Les choses se passent mal, il n’évolue pas vraiment à son niveau et lorsque le coach, Bobby Valentine, le voit jouer aux cartes juste après une élimination en playoff contre les Braves, le club décide de le licencier alors qu’il lui reste encore 1 an de contrat évalué à 5.9 millions de dollars (ce qui à cette époque là représentait une vraie somme !). Plutôt que toucher l’argent immédiatement, Bonilla demande à ses agents de proposer un deal aux Mets.

  • Les Mets ne lui verseront rien jusqu’en 2011
  • A partir de 2011 il recevra ces 5.9 millions d’euros répartis sur 25 annualités avec un taux d’intérêt annuel de 8% soit pour être concret 1.19 millions pendant 25 ans jusqu’en 2035, ce qui fait 29.8 millions au total.

Mais pourquoi Diable, les Mets ont accepté de lui payer près de 30 millions au lieu des 6 prévus ? Tout simplement parce que la propriétaire des Mets Fred Wilpon était un grand ami de … Bernard Madoff ! A ce moment-là, l’escroc promettait des taux de profit complètement faux supérieur à 10%, alors Wilpon s’est dit qu’en différant les paiements de Bonilla et en confiant les 6 millions qu’il avait mis de côté à Madoff, l’affaire sera très vite rentabilisée. Oui mais non ! Quelques années plus tard l’escroquerie de Madoff est révélée, Wilpon perd à titre personnel près de 700 millions d’euros et donc un million par an pour Bonilla depuis 2011.

Le 1er juillet de chaque année est synonyme pour Bonilla de l’arrivée d’un très gros chèque et cet événement ne manque pas d’amuser la planète MLB. Lorsqu’il a reçu son premier million en 2011, il avait 48 ans, lorsqu’il encaissera les derniers il en aura 72. Quand il recevra son chèque ce 1er juillet il sera plus payé que la moitié des joueurs des Mets et que Syndegaard et Matz confondus.

Fantastique, n’est-ce pas ?

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