World Series : Houston Astros, première !

56 ans. 56 ans après la création du club, les Astros peuvent enfin soulever le trophée des World Series. Après des années de galères, des désillusions et un ouragan dramatique , Houston peut enfin savourer son premier titre de MLB. Le succès d’une ville, d’une franchise et d’hommes.

Premier titre dans l’histoire des Houston Astros, 56 ans après la création du club.(Photo : AP Photo | David J. Phillip)

La fête a été délirante dans les rues de Houston. Le bitume recouvert de blanc et d’orange aux couleurs de ses champions. Des parkings pleins à craquer, non pas de voitures, mais de supporters venus s’accouder pour célébrer la victoire des Astros lors des World Series.

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Car oui c’est un événement. Houston n’a pas souvent connu cette liesse. En effet, il n’y a eu que 4 titres dans les sports majeurs pour les équipes de la ville : Les Rockets d’Olajuwon, en 1994 et 95, et les Oilers, en football américain, en 1960 et 1961. Et puis c’est tout. Etonnant pour la 4e cité du pays en termes d’habitants. Cependant depuis le 1er novembre, Houston peut enfin s’enorgueillir d’un titre en MLB. Mais également faire la fierté du Texas, puisque c’est le premier titre en baseball pour l’un des plus grands états du pays. Car oui, les Rangers d’Arlington ne sont jamais parvenus à s’emparer du précieux sésame. Un événement, donc, dans l’état qui clame qu’ « Everything is bigger in Texas ». Du coup pour faire honneur à cette devise le gouverneur a décidé de faire du 5 Novembre, le « Houston Astros Day ». Mais si la fête a été si grandiose, c’est aussi car la ville a beaucoup souffert cette année, à cause de l’ouragan Harvey. Ce dernier a frappé le Texas durant le mois d’aout et particulièrement la région de Houston. La ville a même été engloutie sous les eaux. Si la victoire des Astros est si importante, c’est aussi parce qu’elle est venue récompenser la ville et apporter du réconfort à ses habitants. Alors oui il y avait de quoi faire la fête.

En mission, les joueurs des Astros se sont donc imposés lors d’un duel épique face aux Dodgers. Une victoire 4-3 face au club de LA, et un titre qui vient récompenser une franchise, longtemps raillée.

Started From The bottom … Now we’re here

Car le chemin qui a mené à ce titre n’a pas été un long fleuve tranquille. Bien sûr le club a connu des périodes fastes : La bande à Nolan Ryan 1980 et 87 (avec des joueurs comme José Cruz, JR Richard ou encore Cesar Cedeno) et bien sûr les Killers B’s (Biggio, Bagwell puis Berkman) entre 1997 et 2005. Avec en point d’orgue, cette seule autre participation aux World Series en 2005. Une série qui ne restera pas dans les annales puisque les Whites Sox balaieront 4-0 l’équipe Texane. Mais Houston a surtout connu des heures difficiles. Avec notamment cette période entre 2011 et 2013 où l’équipe va perdre 324 rencontres, soit le 3e pire bilan de tous les temps sur une période de 3 ans. Une période compliquée mais indispensable pour le propriétaire Jim Crane et son nouveau GM Jeff Luhnow. Lors du rachat du club, Crane trouve une franchise à bout de souffle, il décide alors de tout changer et de tout reconstruire.

Luhnow and Crane
Jeff Luhnow (à g.), le Général Manager, et Jim Crane (à d.) le propriétaire ont accepté de passer par des temps difficiles pour atteindre un but : gagner les World Series. Photo: Karen Warren, Houston Chronicle

C’est l’heure du « Rebuilding » et du « Tanking ». 3 saisons à plus de 100 défaites, pour au final reconstruire son farm system lors des drafts (Correa, Bregman, McCullers notamment) et des échanges (Devenski). Une stratégie critiquée par les observateurs mais plutôt bien comprise par les fans. Mais force est de constater que les deux dernières équipes des World Series (Cubs et Astros) sont deux équipes qui ont pratiqué cette stratégie.

Durant la postseason 2017, Houston va disposer de 3 équipes légendaires (Red Sox, Yankees et Dodgers) qui pratiquent plutôt Pay-To-Win, c’est-à-dire qu’elles comptent plus sur les achats que sur leur farm system. Et aussi par la même occasion, les 3 plus gros budgerts de MLB. (Même s’il est vrai que c’est en train de changer, notamment avec les Baby Bombers).

Le succès du farm system

Justement, c’est aussi pour cela que cette équipe a autant fédéré à Houston. Outre le fait de ne jamais rien lâcher, de sortir des records en multitude, ce qui caractérise cette équipe de Houston est le fait que la majorité de ses stars sont issues du farm system de l’équipe. Springer, Correa, Altuve, Bregman, Keuchel ont été draftés par Houston avant de faire leurs chemins vers les étoiles et la lumière de la MLB. Altuve et Keuchel étaient même présents lors de la pire saison de l’Histoire des Astros en 2013, avec 111 défaites.

Altuve est l’un des derniers membres du club à avoir connu la saison à 111 défaites du club (2013). Photo by Bob Levey/Getty Images

Le 2e Base, qui a longtemps été le seul rayon de soleil de cette équipe, a subi la même ascension que son équipe pour devenir l’un des meilleurs joueurs de la ligue. Il devrait même s’imposer dans la course au MVP. Une superbe histoire pour un joueur qui a été signé pour 15 000 dollars après avoir été refusé par le club lors de son premier test. Pareil pour Dallas Keuchel, lanceur à peine au-dessus de la moyenne, il a pu rester dans l’effectif malgré des résultats très moyens grâce à la mauvaise période du club. Il a ainsi eu le temps d’appréhender le haut-niveau et de prendre confiance en lui pour devenir, en 2015, le CY Young de la Ligue américaine, et l’ace de cette équipe. On peut aussi parler de George Springer, sélectionné lors du premier tour en 2012, et qui est devenu le moteur et l’âme de l’équipe. Celui qui a réussi à outrepasser son problème de bégaiement (et qui en a fait un combat hors du terrain), s’est exprimé devant l’Amérique entière avec le trophée de MVP des finales entre ses mains.

On peut enfin parler de Carlos Correa, sélectionné en première position de la draft 2012, à la surprise générale, et un MVP en puissance. Alors qu’il a terminé sa 3e saison en MLB, il frappe déjà en position de cleanup et il est comparé à Alex Rodriguez. On pourrait aussi parler de Bregman et de McCullers mais l’histoire est la même. Cette victoire des Astros est une victoire de la franchise qui a su passer par une période compliquée pour ensuite prospérer et qui malgré l’omniprésence des statistiques dans le Front-office, a aussi su faire confiance à ses joueurs.

Maintenant le plus dur reste à venir. C’est-à-dire digérer ce titre, car on l’a vu avec les Cubs cette saison, ce n’est pas toujours facile de repartir l’année d’après. Il va aussi falloir trouver un nouveau leader puisque Carlos Beltran, leader incontesté dans le vestiaire et qui met lui aussi la main sur la première bague, après plus de 20 ans de carrière, va s’en aller. Alex Cora, le bench coach de l’équipe est parti du côté de Boston pour prendre la casquette de Manager. Il va aussi falloir se renforcer notamment dans le bullpen. Enfin bref de nombreux défis attendent cette équipe, mais pour le moment, place aux célébrations. La ville, la franchise et ces hommes l’ont bien mérités.

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