L’ Abécédaire de la saison 2017 : Partie II [N-Z]

De Jose Altuve à Ryan Zimmerman, ils ont fait l’année 2017 dans le petit monde de la MLB. Retours de flamme, éclosion au plus haut niveau, parcours inattendus, promesses futures et anecdotes : nous vous proposons aujourd’hui un petit retour alphabétique et non-exhaustif sur les hommes et équipes qui nous ont fait rêver ces derniers mois. Dans cette seconde partie, nous vous parlerons de frappeurs surpuissants, d’une légende enfin récompensée et d’un Come Back que l’on n’attendait plus : N to Z !

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N comme No-hitter

Comme en 2016 avec Arrieta, il n’y a eu qu’un seul no-hitter en 2017 (sept pour rappel en 2015). Le 3 juin dernier, ce no-hitter a été l’œuvre d’Edinson Volquez, pitcher des Miami Marlins. Il s’agissait du 296e dans l’histoire de la MLB. Lors de la victoire 3-0 contre les DBacks, le droitier dominicain a eu besoin de 98 pitches pour 10K et 2BB. Moins de 100 pitches pour un « complete-game shutout » c’est ce que l’on appelle une « Maddux » (du nom du grand Greg Maddux bien évidemment). Moins de 100 pitches pour un no-hitter, c’est seulement la 10e fois que cela arrive (depuis que cette stat du nombre de lancers est intégrée). Le dernier lanceur à avoir fait un combo no-hitter + Maddux, c’est un autre Marlin : Henderson Alvarez lors du dernier match de la saison 2013.

Volquez… Alvarez… Ce sont au total 6 pitchers de la franchise floridienne qui ont réalisé un no-hitter dans leur carrière. Il y avait aussi eu Al Leiter (1996), Kevin Brown (1997), A.J. Burnett (2001) et Anibal Sanchez (2006).  Aucun club n’a dans ses rangs autant de pitchers qui ont lancé un no-hitter que les Marlins depuis la naissance de la franchise en 1993.

A 33 ans au moment de son chef d’oeuvre (34 ans depuis), Volquez a réalisé l’exploit lors sa 13e saison professionnelle. Une performance à haute charge émotionnelle, puisque le Domicain a dédié sa perf à deux lanceurs décédés quelques mois auparavant dans des accidents : Jose Fernandez, l’ace des Marlins, et Yordano Ventura, son ami et ancien coéquipier chez les Royals. Ce dernier aurait eu 26 ans en ce 3 juin, jour du no-hitter de Volquez, clairement un habitué des exploits émouvants puisque l’on se souvient de son énorme Game 1 des World Series 2015, quelques heures après avoir appris le décès de son père.

La performance rare de Volquez est d’autant plus remarquable qu’avant ce match face aux DBacks, il affichait un bilan de 1 victoires et 7 défaites, ERA de 4.44 et WHIP de 1.576. Il concédait 5.3 walks/9 manches. La saison précédente sous le maillot de KC, Volquez a concédé 113 earned runs, un « record » en MLB. Enfin, la sortie de Volquez ce 3 juin aurait pu tourner court car il est entré en collision avec le premier batteur d’Arizona sur la première base dès la première manche! Boitillant, Volquez est retourné sur le monticule pour le résultat que l’on sait…

O comme Otani (ou Ohtani, on ne sait plus trop)

Si le feuilleton Shohei Otani défraie la chronique dans le monde du baseball depuis quelques semaines, il a débuté depuis bien longtemps (nous vous en parlions en Avril dernier). Tout le monde espérait déjà le voir briller durant la World Baseball Classic en mars dernier, comme un préambule à son arrivée dans les Majeures. Hélas, une blessure priva la compétition de son talent.

La saison avançant, le marché des transferts approchant, le cas Otani a été de plus en plus dans la lumière. Bien plus que le marché des free agents, relativement modeste en grands noms. Otani, le Babe Ruth japonais, capable de frapper des homeruns après avoir lancé à 160 km/h, avait tout pour prendre entièrement la place médiatique dans cette intersaison.

Surtout qu’avec un contrat de Ligues Mineures au bout du chemin, les franchises MLB ne risquent pas grand-chose en cas d’échec et qu’en cas de succès, le joueur renvoie directement au mythe ultime du joueur de baseball parfait, lanceur foudroyant et frappeur de puissance, que seul Babe Ruth a su incarner en MLB. Mais les exploits récents, sur la butte et dans la boîte, de MadBum, Bartolo Colon, Noah Syndergaard ou Goro Shigeno rappellent sans cesse à notre souvenir ce graal du joueur complet. Otani est une aubaine sportive, médiatique, marketing. On comprend que tant d’équipes souhaitent s’attacher ses services. À l’heure où ces lignes sont écrites, sept équipes sont encore en lice pour l’engager, Môssieur Otani s’étant permis le luxe de refuser les glorieux Yankees, pourtant désignés comme favoris. De peur de vivre dans l’ombre de Judge ?

P comme Postseason

On a déjà parlé des joueurs ou des équipes qui ont marqué le mois d’octobre, également du record de HR frappés en World Series, mais il fallait revenir plus globalement sur cette postseason 2017. Elle nous a réservé son lot de surprises, d’émotions, de retournements de situations, de héros improbables, de stars qui passent à côté… bref de tout ce qu’il faut pour nous faire vibrer.

Le feu d’artifice a commencé dès les matchs de Wild Card. Si, sur la forme, certains s’interrogent encore sur le réel motif de leur création (money money), sur le fond il faut reconnaître que ces matchs à élimination directe amènent sans conteste un plus et donnent souvent le ton des semaines à suivre. Et cette année on a été gâté avec en amuse-bouche un Twins @ Yankees que l’on imaginait déséquilibré. Sauf que Severino, lanceur-révélation de la saison (3e du vote AL Cy Young), ne finissait même pas la première manche sous les assauts adverses. Heureusement pour NY, un HR de Didi Gregorius pour remettre les deux équipes à égalité allait lancer la folle postseason des Yankees.

Le lendemain, c’est la folle poursuite des Rockies dans le NL Wild Card qui a fait sensation : rapidement menés 6-0 par les DBacks, les joueurs de Denver revenaient à 5-6 puis 7-8 avant qu’un triple (!!!) du lanceur de relève d’Arizona Archie Bradley ne mette fin au suspense.

Si les Dbacks n’ont pas pesé lourds face aux Dodgers en NLDS, les Yankees restaient sur leur lancée pour réaliser LE biggest upset de cette postseason : sortir les Indians, équipe en pleine confiance après son record de victoires consécutives (lire « I comme Indians»), au Game 5 à Cleveland, avec le AL CY Young sur le monticule (Corey Kluber), et après avoir perdu les deux premiers matchs de la série. Pas de mauvaise surprise en revanche pour les Astros, tranquilles vainqueurs des Red Sox en 4 matchs mais là encore avec son lot de moments fous : les 3 HR de Altuve au Game 1, les 6 points de Boston dans la 7e manche du Game 3 et l’improbable affrontement Verlander-Sale en relève (oui oui en relève) du Game 4 !

La DS la plus indécise, ce fut le duel entre les Cubs champions en titre et les Nationals excellents en saison régulière mais toujours décevants en postseason… et confirmation de la malédiction sur la capitale : les Nats ont perdu une série alors que ses deux lanceurs superstars, Strasburg et Scherzer, ont emmené un no-hitter jusqu’en 6e manche (Game 1) et 7e manche (Game 3), avant de voir le bullpen perdre ces deux matchs. Les Harper, Murphy, Rendon ou Zimmerman ont été loin de leur niveau offensif habituel et Chicago a su au contraire utiliser son expérience de 2016 pour passer l’obstacle.

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Hernandez a frappé 11 HR en saison régulière mais 3 dans le même match en NLCS! / Crédit USA Today.

Mais en NLCS, l’obstacle des Dodgers était trop haut pour les Cubs. Une série marquée surtout par la perf d’Enrique Hernandez, auteur comme Altuve un peu plus tôt dans le mois, d’un match à 3 HR (au Game 5) pour envoyer LA à ses premières World Series depuis 1988. En ALCS, les Yankees font figure d’épouvantails face aux Astros favoris. Comme face aux Indians, NY plonge dans un trou 0-2 avant de compter sur la magie du Yankee Stadium pour remonter à 2-2 et même mener 3-2 pour se retrouver à un match de la finale : improbable pour une équipe que personne n’imaginait en postseason quelques mois auparavant. Mais dans cette série, les équipes auront remporté tous leurs matchs à domicile et ce sont les Astros qui terminaient le boulot au Minute Maid Park dans les Games 6 et 7.

Faut-il vraiment revenir sur ces World Series complètement dingues avec des Games 2 et 5 déjà rentrés dans l’histoire? Les Dodgers se dirigeaient tranquillement vers une avance de 2 matchs à 0 en menant 3-2 dans la 9e manche au G2 avec leur imbattable Kenley Jansen sur le monticule quand les Astros ont décidé d’offrir une improbable fin de partie : 6 HR frappés au total par les deux équipes en 9e manche et en extra-inning !!! Nouveau record historique en MLB. En 11e manche, Springer se lançait dans sa quête du trophée de World Series en MVP pour offrir la victoire aux siens, grâce à une longue balle bien sûr.

Après des matchs 3 et 4 un peu plus calmes et une série à égalité 2 partout, le G5 allait encore offrir un scénario à éviter pour les supporters cardiaques. La star de LA, Clayton Kershaw, offrait un avantage de 4-0 puis 7-4 à son équipe, mais les frappeurs fous de Houston répondaient à chaque fois pour prendre à leur tour l’avantage 12-9 avant la 9e manche. Et là ce fut au tour des Dodgers de renverser la situation : un 2-run HR de Puig puis un 2-out RBI single de Taylor envoyaient les deux équipes en extra-inning (et oui encore !). Bregman offrait la victoire aux Astros en 10e manche face à un Jansen qui concédait là sa première défaite en carrière en postseason. On imaginait un Game 7 complètement dingue mais c’est finalement sereinement que les Houston Astros se sont offert le premier titre de leur histoire.

Q comme Quotidien

Doucement, tout doucement, le Baseball se fait une petite place aux cotés des autres Sports US Majeurs dans le paysage sportif et audiovisuel français. Nous avons ainsi été ravis de voir le Quotidien de Yann Barthes s’intéresser quelques minutes au Wild Card Game d’American League au début du mois d’Octobre.

Un reportage sur le ton de l’humour, qui capture plutôt bien quelques-unes des particularités de notre sport favori, coté terrain comme coté tribunes, et surtout un coup de projecteur sur un sport qui se trouve, lentement, un public et une base de pratiquants solides dans l’hexagone.

 

Voir le « Mercredi Transpi » consacré (presque entièrement) au Wild Card Game d’American League

Alors que beIN SPORTS continue d’offrir une couverture de la saison régulière à ses abonnés, dans un engagement qui se veut sur la durée comme nous le confiait Benjamin Bernard il y a quelques mois, et que l’organisation des Jeux Olympiques 2024 a été confiée à Paris – entre Tokyo 2020 et Los Angeles 2028, deux Olympiades sur des véritables terres de Baseball – vous êtes de plus en plus nombreux en France à vous intéresser aux exploits d’Altuve, Stanton, Trout ou Arenado.

Et on ne peut que souhaiter que l’intérêt médiatique et public continue de s’accroitre pour un sport qui a la curieuse manie de capturer rapidement l’imagination et l’esprit de ceux qui auront pris le temps de se plonger dans le « Fabulous Ball Game ».

Plus on est de fous…

R comme Rookie (of the year)

Comment ne pas parler de cette saison absolument ahurissante des rookies Aaron Judge et Cody Bellinger. On parle ici de la meilleure paire de rookies de l’histoire, tout simplement. Chez les Yankees, le « Judge » a tout connu avec New-York. Si le géant a séduit dans un premier temps ses fans obtenant ainsi sa propre « Judge’s Chamber’s » dans l’enceinte du Yankee Stadium, c’est toute l’Amérique qui est tombée sous le charme du #99 des Bronx Bombers. Leader d’AL au nombre de runs (128), walks (127 record pour un Rookie) et posant une slash line XXL .284/.422/.627, Aaron Judge a aussi tout bonnement mené l’AL au nombre de HR avec 52 longues balles. Du jamais vu pour un rookie dépassant ainsi les 49 « dingers » de Mark McGwire en 87. « Season for the ages » comme disent les « Ricains ».

Mais pour obtenir la 4e paire de rookies de l’histoire à obtenir le sacre à l’unanimité (30 votes, 30 premières places) il faut par évidence être deux. Et c’est un membre des Dodgers qui a mis la National League a genoux. Après Seager l’an passé, voilà que Los Angeles obtient un 2e ROY consécutif grâce à Cody Bellinger, le 18e de son histoire. Soit 9 de plus que toute autre franchise MLB. Mais peu importe dans le fond, ce que l’on retiendra surtout ce sont les 39 HR envoyés par le gamin de l’Arizona qui en font là aussi un record pour un rookie en National League. Des records à la pelle donc pour les deux garçons qui ont, à eux-deux, braqué la moitié des trophées mensuels de ‘meilleur rookie’ (4 pour Judge, 2 pour Bellinger) remis cette saison. C’est dire. 2017 fût bien aussi une année de rookies.

S comme Stanton, Giancarlo

On a parlé un peu plus haut d’Edinson Volquez (N comme No-hitter). Un autre joueur des Marlins s’est illustré cette saison… et de quelle manière! Giancarlo Stanton a tout simplement dominé la MLB en nombre de HR (59, 9e plus gros total de l’histoire) et de RBIs (132, record de la franchise), et signé le meilleur slugging % de la NL (.631). Le tout accompagné d’une moyenne de .281 ; OBP .376 et 123 points inscrits. De quoi lui valoir le trophée prestigieux de NL MVP (une première pour la franchise) même s’il ne l’emporte que par deux points d’écart dans le vote face au vétéran des Reds de Cincinnati, Joey Votto.

C’est au cœur de l’été que Stanton a signé des perfs ahurissantes : 12 HR en juillet et 18 en août (!!!). Ce mois-là, le Marlin a comptabilisé 37 RBIs en 109 AB pour une OPS stratosphérique de 1.332. A noter que Stanton a frappé 47 de ses 59 HR en frappant n°2 dans l’alignement.

La puissance du natif de Californie n’a pas été révélée au grand jour en 2017. Il n’a jamais frappé moins de 24 HR par saison depuis ses débuts en 2011. Avec 37, il était déjà le numéro 1 en National League en 2014 (Nelson Cruz des Mariners en avait frappé 40 en AL pour s’emparer du trophée). En 2014 et en 2017 justement, Stanton a logiquement décroché le Silver Slugger Award. En 2016, il a aussi remporté le Home-Run Derby du All-Star Game.

Après sa splendide année 2017, Giancarlo Stanton a été désigné « NL Outstanding Player » par ses pairs lors de la cérémonie des Players Choice Awards. Il a été préféré au duo des Rockies, Charlie Blackmon et Nolan Arenado. Il avait également remporté ce trophée en 2014. En novembre de cette même année, les Marlins prolongaient le contrat de Stanton pour 13 ans à 325 millions de dollars! Le plus gros contrat jamais signé dans le monde du sport professionnel américain (tous sports confondus). Le deal inclut une no-trade clause et Stanton peut se retirer du contrat passés ses 30 ans. Il est au coeur de fortes discussions pour cette intersaison car les nouveaux proprios des Marlins (Derek Jeter and co.) veulent tout réorganiser.

Mention honorable : S comme Springer, George

MVP des World Series… Faut-il en écrire plus? (Pour en lire plus, ça se passe ici).

T comme Twins

Après une année 2016 désastreuse, sanctionnée par un bilan cataclysmique de 59 victoires pour 103 défaites, les Minnesota Twins ont totalement renversé la vapeur en 2017, remportant 85 matchs en 2017 pour s’offrir une participation au Wild Card face aux New York Yankees.

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Plus que la défaite, les Twins et leur « Manager of the Year », Paul Molitor, voudront s’inspirer de la manière dont ils ont réussi à prendre et conserver le strapontin pour la postseason à partir de la fin Juillet, menés notamment par un remarquable Brian Dozier (.271, 34 HR, 93 RBI, 30 2B, 16 SB) , leader d’un effectif jeune et hautement séduisant.

Avec les Rosario, Sano, Polanco, Buxton et autres Kepler dans leurs rangs, les Twins ont un batting lineup taillé pour devenir de véritables outsiders en American League et, après six saisons de transition, le Front Office semble avoir finalement décidé de passer la vitesse supérieure… notamment en partant à la recherche d’un véritable As pour accompagner Ervin Santana au sommet de la rotation.

Avec un peu de densité qualitative dans un line-up qui ne pouvait vraiment compter, en 2017,  que sur le talent de ses titulaires, un véritable as sur la butte et quelques renforts pour stabiliser le bullpen, les Twins ont tout en main pour s’affirmer à moyen terme (jusqu’à l’éclosion des White Sox) comme le seul adversaire des Indians en American League, et comme une franchise sur laquelle compter pour les postseasons à venir.

U comme Ultime :

Il possède l’un des plus beaux pedigrees du Baseball moderne. Rookie of the Year 1999 (!), neuf fois All Star, auteur d’une performance record lors de la postseason 2004 avec les Astros (8 Home Runs). Deux saisons plus tard, après quelques petites galères, il frappera 41 Home Runs pour les Mets lors de la saison 2006, et enchainera lors des Playoffs, jusqu’à ce moment qui, on l’a longtemps pensé, devait devenir le moment clé de sa carrière :

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La Curveball d’Adam Wainwright était si parfaite, un moment de magie noire pour le dernier Out d’un Game 7 de Championship Series…

Beltran restera cinq années de plus chez des Mets en déclin constant, avant de prendre la route, manquant chaque fois de peu la récompense suprême. Un an trop tôt ou trop tard chez les Giants en 2011, un an trop tard (tout court) chez les Cardinals en 2012. Puis les Yankees, au creux de la vague. Puis puis les Rangers, si proches et si loin de leur Graal… Et puis, en Décembre 2016, Carlos Beltran a fait le court voyage d’Arlington à Houston pour rejoindre les Astros. Dix mois plus tard, le quadragénaire de Porto-Rico accomplissait enfin son rêve.

Après 20 saisons dans les Majors, 2586 matchs disputés, 2725 Hits, 435 Home Runs et 1587 RBIs, Carlos Beltran a finalement obtenu sa bague de champion le 1er Novembre 2017, lors du Match 7 des World Series face aux Dodgers. Son Ultime match de MLB, puisqu’il annonçait sa retraite quelques jours plus tard.

Salut l’Artiste, et a dans quelques années au Hall of Fame !

Ils ont aussi pris leur retraite lors de la saison 2017:

Bronson Arroyo (SP, 419 matchs), Ryan Vogelsong (SP, 289 matchs), Jered Weaver (SP, 331 matchs), Jeremy Guthrie (SP, 306 matchs), Jeff Francoeur (OF, 1480 matchs), Nick Swisher (RF/1B, 1527 matches)

V comme Votto, Joey

Tout s’est joué à deux points, un souffle pour que Joey Votto n’empoche son deuxième titre de MVP cette saison, sept ans après le premier. Au final, les 59 Home Runs de Giancarlo Stanton (voir plus haut) auront eu raison de l’incroyable régularité du métronome de Cincinnati. Pour autant, Votto sort une fois encore grandi d’une nouvelle saison parfaitement calamiteuse pour les Reds.

Comme toujours, Votto a fait du Votto. Il a joué tous les matchs, mène les majeures en termes d’OBP (.454) et de Walks obtenus (134), mène la National League à l’OPS/OPS+ (1.032 / 168 , seul Mike Trout et Aaron Judge ont fait mieux en MLB), et il a retrouvé la puissance qui lui a permis de remporter le titre de MVP en 2010 (Il a dépassé les 30 HR deux fois, en 2010 (37) et 2017 (36)).

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Un retour de flamme du notamment à sa capacité constante à sentir la balle mieux que n’importe quel autre Major Leaguer, et a un ajustement continu de son swing sur les dernières saisons, durant lesquelles il a graduellement abaissé la position de son corps et de ses bras pour retrouver le niveau de puissance désiré.

A 33 ans, celui que Kris Bryant considère comme « le meilleur joueur de tous les temps », rien que ça, a encore de belles années devant lui, et il ne fait aucun doute que son talent devrait lui ouvrir à terme les portes du Hall of Fame. Pourtant, à le voir briller chez des Reds qui s’acharnent saison après saison à ne pas progresser, on se prend à rêver de la carrière qu’il aurait pu avoir dans une franchise en ordre de marche.

Qu’elle soit acquise dans la force de son âge ou, comme celle de Carlos Beltran, dans un dernier souffle triomphal, on ne peut qu’espérer qu’un jour, la carrière exemplaire de Joey Votto sera couronnée par la plus belle des récompenses, une bague de champion, même s’il doit pour cela quitter sa franchise de toujours..

W comme Wood, Alex

A 26 ans, celui que l’on surnomme « Woodman » a explosé au plus haut niveau et dans l’un des marchés les plus exposés des Majeurs : Los Angeles. Alex Wood a ravi les fans des Dodgers tout au long de la saison, ne perdant son premier match que fin juillet après 4 mois de compétition. Un exploit lui permettant de rentrer directement dans les livres d’histoires.

Le natif de Charlotte n’a pas brillé sur une demi-saison uniquement, puisqu’il termine la saison avec 16 victoires pour 3 petites défaites. En National League, seuls trois pitchers ont fait mieux. Quant à son ERA ? Ridicule tout simplement avec 2.72 points concédés par rencontre. Si son nombre de manches lancées avait été légèrement supérieur il rentrerait, là encore, directement à la 4e place de la NL derrière le trio du Cy Young (MadMax, CK, Strasburg). De quoi vous classer le bonhomme qui aura réussi l’improbable exploit de ramener les partisans des Dodgers aux belles années du duo Kershaw-Greinke. Et ne vous y trompez pas. Le numéro 57 a bien séduit plus loin que la Californie de ses fans. En atteste sa première présence au All-Star Game ou encore cette récompense obtenue en mai (pitcher du mois).

X comme Mets (et Matt Harvey)

X comme Mets ? Vous délirez The Strike Out !

Pas du tout. Ce X fait référence à l’affaire du sextoy quand les Mets ont tweeté une photo de Matt Harvey dans les vestiaires avec en arrière plan (c’est traître les arrières plans !) un sextoy dans le casier de Kevin Plawecki, l’un des receveurs de l’équipe. Un des nombreux couacs du début de saison qui ont plombé l’année de l’autre équipe de la Grosse pomme.

Et Matt Harvey a été le symbole de cette triste saison. Imaginez que, deux ans avant, les noms de Matt Harvey, Jacob DeGrom, Noah Syndergaard ou encore Yoenis Cespedes faisaient rêver du côté du Citi Field. On voyait déjà les Mets prendre un titre de World Series dans les deux ou trois ans. Aujourd’hui, on a plutôt l’impression que les Mets ont raté leur chance… tout comme Harvey.

Déjà malheureux modèle pour sextoy, Matt Harvey a été suspendu trois matchs pour avoir déserté un match en mai après avoir attrapé une migraine suite à une partie de golf. Un phénomène médical bien connu évidemment… Une affaire qui arrivait dans un contexte sportif difficile pour l’équipe et pour le lanceur lui-même. Revenant d’une opération Tommy John et auteur d’un très mauvais début de saison, Matt Harvey est le symbole des Mets version 2017 (5-7, 6.70 ERA), eux qui ont enchaîné les blessures et les performances moyennes ou irrégulières de certains piliers de l’équipe, sans compter l’affaire de violences conjugales de Jeurys Familia (15 matchs de suspension) pendant l’intersaison.

Les Mets ont fini à l’avant-dernière place de leur division (70-92), loin de leurs attentes. Plus grave, ils ont surtout donné l’impression d’avoir laissé passer leur chance de gagner les World Series à court terme. Au contraire de l’avenir rayonnant qui se prépare du côté du Bronx, dans la vraie équipe de New York, les Yankees !

Y comme Yankees

Une année de reconstruction. C’était une année de reconstruction ! En gros, on visait modestement à jouer au meilleur baseball possible avec une équipe rajeunie, à donner de l’expérience à Aaron Judge, Gary Sanchez, Greg Bird ou Luis Severino avant de se fixer des attentes de victoires finales dans quelques années. Même la postseason n’était pas un objectif gravé dans le marbre. Et nombre d’observateurs avisés annonçaient des Yankees au fin fond de la division Est de l’Américaine, loin des Red Sox. Sauf que les Bronx Bombers, où plutôt les Baby Bombers, en ont décidé autrement.

Emmenés par un Aaron Judge en mode MVP (c’est lui, le seul, le vrai!), les Yankees ont de suite imposé leur style tout en puissance. Malgré cela, presque tout le monde les voyait plonger à un moment ou à un autre, en raison notamment d’une rotation incertaine (Pineda se blessant, Ma-kun offrant le meilleur comme le catastrophique, CC en fin de course). Pourtant, CC Sabathia, qu’on pensait quasiment mort pour le baseball, a su porter l’équipe, le jeune Luis Severino a terminé troisième au trophée Cy Young, Masahiro Tanaka est redevenu un superbe lanceur après le All-Star Game et le bullpen a été merveilleux pour soutenir les partants dans leurs périodes de doute.

Même Judge a résisté à la pression du mois d’août où il accumulait les strikeouts, les Yankees plongeant avec lui. Or, Judge comme les Pinstripes sont revenus en septembre pour coller les Red Sox, échouant à rien de remporter le titre de division. Cette saison 2017 aura permis de relancer une rivalry un peu éteinte ces dernières années.

En postseason, les Yankees ont su se défaire des favoris de Cleveland puis ont poussé les Astros à un match 7. Certes, l’aventure s’est terminée en ALCS mais les Yankees ont offert une trèsbelle saison à leurs fans et ont démontré qu’ils avaient une équipe en reconstruction capable d’aller chercher le titre. Alors, qu’est-ce que cela va être quand l’équipe sera construite ?!

Avec les éclosions attendues de Clint Frazier, Gleyber Torres, Justus Sheffield, Tyler Austin, Blake Rutherford, Miguel Andujar ou encore Chance Adams, les Yankees peuvent espérer un avenir rayonnant. D’ailleurs, les Yankees ont obtenu le meilleur ratio victoire/défaite de toutes les franchises MLB en ligues mineures, avec sept de leurs huit équipes de minors en postseason et quatre en finale. Sûrement le meilleur farm-system de la MLB depuis que celui des Braves a été amputé de 13 joueurs devenus agents libres, pour non respect des règles de recrutement.

L’Evil Empire a toujours ses dollars mais aussi une vraie stratégie de formation. De quoi effrayer la concurrence !

Z comme Zimmerman, Ryan

Il faut bien l’avouer, beaucoup d’observateurs (et j’en fait partie) pensaient à l’entame de cette saison qu’elle marquerait le crépuscule de Zim. Pourtant encore jeune (32 ans au first pitch 2017), le first base des Washington Nationals payait plusieurs saisons marquées par des blessures : seulement 61 matchs disputés en 2014, 95 en 2015, 115 en 2016. Joueur historique de DC car présent depuis l’implantation de la franchise dans la capitale en 2005 (en provenance de Montréal), il signait ses plus mauvaises moyennes en carrière la saison dernière : .218 / .272 / .370 ; OPS de .642 et 46 RBIs seulement (contre 73 en 2015 avec 20 matchs de moins).

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Ryan Zimmerman élu « Comeback player of the year » / Crédit MLBPA.

Quand Zim a signé 11 HR et 29 RBIs sur le mois inaugural de la saison 2017 (AVG .420 et OPS 1.344), le débat a été de savoir : chant du cygne ou renaissance. Ne faisons pas durer le suspens plus longtemps, ce sera la deuxième option puisque Ryan Zimmerman a tout simplement été élu « Comeback player of the year » par les autres joueurs de MLB. Alors bien sûr le rythme s’est ralenti par la suite avant un dernier feu d’artifice en septembre (7 HR, 20 RBIs), mais Zim a été tout simplement incroyable en 2017 et on vous en parlait dès le mois de juillet (ici). Des stats finales de .303 / .358 / .573 ; OPS .931 ; 36 HR ; 108 RBIs plus une place de titulaire au All-Star Game. Le seul bémol c’est une postseason ratée alors que les Nats n’avaient jamais paru aussi forts pour enfin se hisser en NLCS avec des artilleurs comme Harper, Murphy, Rendon… et ces aces Scherzer et Strasburg. Lors de la série de 5 matchs face aux Cubs, Zim n’a frappé que 3 Hits, 1 HR pour 4 petits RBIs, AVG .150 et OBP .227. Sous contrat jusqu’en 2021 à Washington, Zimmerman a encore une petite chance de briller en playoffs, mais le temps presse.

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