Pitchers, le top 10 de la postseason / Partie II

A-t-on souvenir d’un plateau de lanceurs aussi relevé pour une postseason. Alors que l’on se prépare au grand festival d’Octobre et aux nuits blanches devant MLB TV, alors que nous cherchons déjà à déterminer quelle sera LA rencontre « Frissons » de ce Final Bracket, un coup d’œil aux forces en présence sur le monticule donne le vertige. Après vous avoir présenté six lanceurs exceptionnels, un par équipe, nous nous intéresserons ici aux quatre pitchers qui ont dominé la saison 2017 de la tête et des épaules. Aujourd’hui place aux lanceurs classés à la 4e et 3e place de notre classement. Nous reviendrons sur leur parcours en 2017, leur carrière en saison régulière et en postseason, et leur premier start lors de ce mois d’Octobre.

 

Résumé de l’épisode précédent (et résultat lors du premier match) :

10 – Jon Gray – Défaite face aux Arizona Diamondbacks lors du Wild Card Game de National League. Gray a concédé 7 Hits et 4 Runs en seulement 1.1 manche lancée dans un match complètement fou. ERA : 27.00 – Rockies 8, D-backs 11

9 – Ervin Santana – Non-décision face aux New York Yankees lors du Wild Card Game d’American League. Santana aura duré deux manches pour 4 runs concédés dont 2 Home Runs. ERA : 18.00 – Twins 4, Yankees 8

8 – Luis Severino – Non-décision face aux Minnesota Twins lors du Wild Card Game d’American League. Severino n’aura obtenu qu’un out, concédant 3 runs dont 2 Home Runs. ERA: 81.00 – Yankees 8, Twins 4

7 – Jake Arrieta – En délicatesse avec sa cuisse, Jake Arrieta n’a pas encore lancé lors des Division Series. Il devrait néanmoins lancer le Game 4 des Cubs face aux Nationals.

6 – Zack Greinke – Non-décision face aux Colorado Rockies lors du Wild Card Game de National League. Greinke a concédé 6 hits et 4 runs en 3.2 manches lancées. ERA 9.82 – D-backs 11, Rockies 8

5 – Justin Verlander – Victoire face aux Boston Red Sox lors du Match 1 d’ALDS. Verlander a lancé six manches solides pour 6 hits et 2 runs concédés. ERA 3.00 – Astros 8, Red Sox 2

Comme vous le voyez, victoire ou défaite à la clé, ça ne s’est pas forcément bien passé pour nos lanceurs stars en ce début de postseason. Et la décision d’attendre la première sortie des quatre As pour agrémenter leur bilan de saison régulière a rendu des résultats plutôt… intéressants ! Que fait-on dans ce cas de figure ? On garde le format original ? On change tout ? Finalement j’ai décidé de partir sur le format prévu, avec pour chacun de nos héros une mise à jour suite à la première sortie – tumultueuse – de cette postseason.

Les 4 As de la saison 2017:

4 – Chris Sale

C’est devenu une bien triste habitude pour Chris Sale, depuis ses débuts dans les Ligues Majeures. Le lanceur Floridien est un lanceur surdoué, un virtuose, peut-être le meilleur bras de sa génération quand il est au sommet de sa forme… Oui mais voilà, bon an mal an, Sale a pris l’habitude de gâcher une saison aux confins de la perfection avec un ou deux mois indignes de son niveau. Et malheureusement pour lui, cette année comme en 2016, la chute de tension est intervenue au plus mauvais moment, en plein rush final vers la fin de saison, en plein dans la course au mois d’Octobre. Surtout, elle est tombée alors que son unique adversaire pour le titre de Cy Young d’American League, Corey Kluber, enchaînait les performances phénoménales.

 

PS Sale Template

Malgré ce net ralentissement dans les performances comme dans les résultats (il garde tout de même un bilan de 4-4 entre aout et septembre), Chris Sale en termine quand même avec une feuille de stats assez spectaculaire sur la saison : 17-8, 2.90 et surtout 308 retraits sur prises, un record en MLB cette saison qui mérite d’être mis en perspective :

  • Meilleur total de Strikeouts en American League depuis Pedro Martinez (1999, 313)
  • Meilleur total de Strikeouts en MLB depuis Randy Jonhson et Curt Schilling (2002, 334 et 316)
  • Depuis 2002, seul Clayton Kershaw avait dépassé les 300 K’s sur une saison (2015, 301)

Le genre de compagnie qui vous classe un lanceur. Pourtant, un peu à l’image du susnommé, Curt Schilling, lanceur légendaire qui n’a curieusement jamais remporté le moindre Cy Young Award, Chris Sale souffre encore et toujours de la concurrence, au cœur d’une génération de lanceurs exceptionnelle.
Chris Sale a la puissance et le contrôle des plus grands. Un coup d’œil aux lignes de statistiques montre notamment qu’il accumule, 214.2 manches lancées cette saison, des chiffres de Walks et de Strikeout ébouriffants : Chris Sale lance 12.93 strikeouts pour seulement 1.81 Walk par 9 manches lancées…   Des chiffres de closer (pour comparaison, son coéquipier aux Red Sox et l’un des meilleurs closers du circuit, Craig Kimbrel, affiche un bilan de 16.43 K/9 et 1.83 BB/9) qui témoignent bien de sa maîtrise générale, tout au long de la saison.

Chris Sale Whiff
Swiiiiing and a Miss… Fastball, haut de zone, Tarif maison

Sa capacité à enchainer les Strikeouts sur une combinaison éprouvée et pourtant toujours aussi fonctionnelle (Fastball tout en haut de la zone, Slider en bas de zone, le plus souvent plein centre) illustrent à la perfection cette maitrise de l’espace. Elles sont aussi sa limite, tant son arsenal de lancers et sa stratégie sont prévisibles, malgré la quasi-perfection de leur exécution. Son Changeup (.260 BAA) n’a pas le mordant de ses deux lancers principaux ni l’effet d’une arme d’appoint , et c’est peut-être dans ce domaine que Sale doit axer son travail de fond pour devenir le meilleur lanceur du circuit : trouver un troisième lancer pour lui permettre de rivaliser avec les Courbes de Kershaw (0.146 BAA) et Kluber (0.108 BAA) ou encore la redoutable Cutter de Scherzer (0.071 BAA, 16 Strikes en 62 utilisations en 2017 !).

En postseason

Jusqu’à cette semaine, Chris Sale n’avait aucun historique en postseason, son ancienne franchise des Chicago White Sox n’ayant pas réussi à se qualifier pour les playoffs depuis 2008. On attendait donc de voir ce qu’il en serait, dans un duel d’as face à Justin Verlander et ses Houston Astros. Et ce qu’on a vu ne restera pas un grand souvenir pour le lanceur star des Red Sox.

BoxSale
Baptême du feu difficile pour Chris Sale en postseason

Visiblement pas dans son assiette, Chris Sale a concédé 7 runs (dont trois Home Runs) en cinq manches lancées, voyant notamment filer au-dessus de sa tête deux des trois bombes de José Altuve. Il aura bien entendu récupéré le « L » dans un Match 1 dominé de la tête et des épaules (8-2) par les Houston Astros. Après la seconde victoire des Texans, sur le même score de 8-2, Boston rentre en Nouvelle-Angleterre, et il semble peu probable que l’as des Red Sox n’ait une chance de se racheter lors d’un hypothétique Game 5 au Minute Maid Park. Mais sait-on jamais.

3 – Max Scherzer

Soyons très clairs. Est-ce que Max Scherzer aurait dominé tout le reste de la MLB en termes de victoires s’il avait été soutenu toute la saison par un bullpen compétent et une attaque sur courant continu ? La réponse est oui, oui, et encore oui. Rien n’illustre mieux ce handicap de début de saison que cette défaite injuste face aux Miami Marlins le 21 Juin: Scherzer avait emmené un no-hitter dans la huitième manche, avant de craquer et de perdre le match, faute d’étincelle offensive (les Nationals menaient alors 1-0), faute surtout d’un bullpen crédible pour terminer le match. C’est d’ailleurs tout sauf un hasard si Scherzer (6-1, 3.24 depuis le All Star Game), comme son coéquipier Stephen Strasburg (6-1, 0.86 !), ont enchaîné les victoires en deuxième partie de saison, une fois réglée la question des trois dernières manches avec les arrivées de Madson, Doolitle et Kintzler dans la capitale américaine.

PS Scherzer Template
Mad Max termine tout de même la saison avec un bilan de 16 victoires pour 6 défaites, un ERA de 2.52 (2nd de NL, 3e de MLB), 268 strikeouts au compteur (1er de NL, 2nd de MLB), un WHIP minuscule de 0.90 (1er de NL, 2nd de MLB) et pas moins de 22 Quality Starts (6+ IP et moins de 3 points concédés) en 31 départs (1er en National League). En d’autres termes, comme Sale l’est à Kluber en AL, Scherzer semble la seule alternative imaginable à Clayton Kershaw pour le titre de Cy Young de National League (même le closer de LA, Kenley Jansen, pourrait venir s’immiscer sur le podium).

Métronome absolue, Scherzer s’offre une moyenne au bâton contre lui (BAA) de .178 sur la saison 2017. Aucun lanceur ayant lancé plus de 5.1 manches dans les Ligues Majeures cette saison n’a fait mieux ! A titre de comparaison :

BAA

Une petite dernière pour le plaisir ? En 2017, Max Scherzer a obtenu un Strikeout face à 268 des 780 batteurs qui se sont présentés à lui. Un taux de réussite de 34.4%, soit un tout petit peu plus d’un batteur sur 3. Un succès du notamment à la précision diabolique de sa balle rapide, et à sa capacité à distribuer tout son arsenal de pitch, à sa guise, tout autour de la zone de strike. Son 2000e « K » en carrière, face à Nomar Mazara (Rangers), est un bel exemple du genre.

Surtout, il possède une variété de lancers quasi-inégalée sans qu’aucun d’entre eux ne soit un véritable point faible. Tandis qu’un Chris Sale (voir plus haut) ne peut s’appuyer que sur trois lancers, dont un largement inférieur aux deux autres, Max Scherzer en maîtrise cinq (ou même six) à la perfection.

Et que l’on parle de sa Fastball (à 2 ou 4 coutures), de son Changeup, de sa Slider, de sa Courbe ou de sa redoutable Cutter, aucun de ses lancers ne lui coûte plus de .219 en termes de moyenne contre lui:

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source : baseballsavant.mlb.com

Mais pour toute sa gloire et ses récompenses individuelles, Max Scherzer reste encore et toujours à la recherche de la victoire ultime. A 33 ans, et dans une équipe des Nationals qui pourrait bien voir arriver sa fin de cycle dans les deux saisons à venir, le natif de St Louis n’a plus une seconde à perdre.

En postseason

La carrière de Max Scherzer en postseason est une histoire qui s’écrit, malheureusement, principalement à la lumière des rendez-vous manqués. S’il aborde les playoffs 2017 avec un bilan parfaitement à l’équilibre (4-4, 3.74), le détail des matchs disputés raconte une autre histoire, avec notamment trois défaites qui auront scellé le sort des siens dans les ALCS 2011 (Défaite 5-15 face aux Rangers, 2.1 IP, 6 ER, les Rangers gagnent les Séries 4-2) et 2013 (Défaite 2-5 face aux Red Sox, 6.1 IP, 3 ER, les Red Sox gagnent les Séries 4-2). Il aura également concédé 3 des 4 runs des Giants lors de la dernière défaite des Tigers face aux Giants dans les World Series 2012.

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Max Scherzer sera-t-il capable de faire – enfin – la différence dans un match crucial de postseason?

L’an dernier, il avait lancé deux matchs lors des NLDS face aux Los Angeles Dodgers, s’inclinant (3-4 ; 6.0 IP, 4 ER) dans le Match 1 face à Clayton Kershaw, avant d’obtenir une non-décision dans le match 5 décisif, perdu sur le même score de 3-4.
Chat noir ? A voir… Max Scherzer, légèrement blessé à la cuisse lors du dernier match de la saison régulière lancera ce lundi le Match 3 des Nationals face aux Cubs. En espérant que sa jambe tienne le coup, et avec pour mission de ramener un point crucial pour garantir, dans le pire des cas, un Match 5 décisif à Washington en fin de semaine.

A suivre…

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