[Postseason] Dodgers, une fin à la Hollywood ?

Cette nuit les Dodgers entameront leur sixième postseason consécutive face aux Diamondbacks de l’Arizona dans un Dodger Stadium habitué des joutes irrespirables d’automne. Avec une 8e participation en 11 ans, L.A. veut enfin mettre un terme à sa malédiction en play-offs à l’image d’un Clayton Kershaw toujours injouable en saison régulière et si humain une fois venu le mois d’octobre. Mais les Dodgers ont cette fois toutes les armes pour aller au bout et ramener un titre qui leur échappe depuis 1988. Après un exercice 2017 exceptionnel ponctué par 104 victoires et le meilleur bilan de MLB, Los Angeles possèdera en conséquence, quoi qu’il arrive, l’avantage du terrain jusqu’aux World Series. Présentation des forces en présence sous le soleil californien.

Pour leur soixantième saison dans la Cité des Anges, la franchise californienne a balayé la concurrence comme on souffle ses bougies d’anniversaire. Une année historique pour la bande à Roberts qui aurait pu venir s’inscrire dans les bouquins d’histoire sans ce passage à vide brutal rencontré à la fin de l’été. Mais ce que l’on retiendra de cette cuvée 2017, c’est sans aucun doute cette impression d’invisibilité laissée par les Dodgers pendant plus de trois mois. Soit une demi-saison entière à tutoyer les nuages, remportant ainsi près de 8 matchs sur 10 pendant près de 90 rencontres. Surréaliste.

La Saison Régulière

Vous l’aurez compris, L.A a dominé de la tête et des épaules la National League, jusqu’à cette dernière ligne droite plus chaotique. De la mi-mai à la fin août, « Los Doyers » ont remporté 69 victoires sur un total de 87 matchs. Un ratio surhumain de 79,3 % de victoires pendant plus de la moitié de saison. Quand on sait que la meilleure saison régulière de tous les temps, établie par les Mariners (116 victoires), affiche un ratio à 71,6 %, on comprend mieux à quelle hauteur ont survolé les coéquipiers de Clayton Kershaw en 2017.

À tel point que l’étiquette de « best team ever » est vite venue se coller dans le dos des Bleus et Blancs. Sans pousser ce débat (sans fin) plus loin, une certitude : 2017 restera dans les mémoires pour le jeu proposé par les Dodgers. Une équipe soudée, ultra complète et qui devient injouable lorsqu’elle déroule son baseball. Avec un 5e sacre en National League West consécutif, L.A devient seulement la 6e franchise depuis 50 ans à afficher une telle régularité. Un résultat qui s’explique d’abord par une rotation XXL.

Clayton Kershaw, toujours plus haut

Disons-le tout de suite. En 2017 Kershaw a encore régalé la planète.  Véritable fer de lance d’une rotation taillée pour tout démolir, CK devrait une fois de plus être tout proche d’un 4e Cy Young en fin de saison.

Mais à la différence de l’an dernier où l’ace était orphelin d’un Zack Greinke parti plus à l’est dans l’Arizona, Clayton Kershaw semble cette année libéré d’une pression. Et ce grâce à l’explosion au plus haut niveau d’Alex Wood, véritable numéro 2. Du haut de ses 16 victoires, Woodman s’invite dans la cour des grands et ramène Los Angeles quelques années en arrière aux bons souvenirs du duo magique Kershaw-Greinke.

À maintenant 29 ans, CK doit aller chercher cette fameuse bague qui lui manque tant. Et pour l’aider dans cette mission, le board a fait les choses en grand cet été en récupérant sur le gong Yu Darvish lors de la trade deadline. La superstar japonaise complète une rotation de feu qui affiche le meilleur ERA des majeurs en ce qui concerne les starters (3.39). Avec le bullpen, L.A. se classe 2e de toute la MLB avec un ERA à 3.38 juste derrière les Indians et leur enclos de folie qui permet à Cleveland d’être leader avec une moyenne à 3.30.

Et quand on sait que Rick Honeycutt, le pitching coach, possède également un expérimenté Rich Hill, 37 ans et une ligne de stats ultra propre à 12-8, 3.32 ERA, sous le coude, on se dit que ce pitching staff va être très dur à aller chercher. Avec ‘The Monster’, Hyun-Jin Ryu, en spot 5, « The Boys in Blue » déboulent en play-offs avec des pitchers capables d’aller jouer le titre sans s’essouffler dans une série en 7. Les cinq garçons peuvent clairement démarrer un Game 7 capital. En octobre, la rotation est primordiale pour espérer jouer le sacre mondial et L.A. possède bien cette force collective indispensable pour voir loin.

L’arme Jansen

Et si les starters de L.A effraient les frappeurs dans la batter’s box, il y en a un autre qui sort sa plus belle saison dans l’enclos des relievers. A 29 ans, Kenleyfornia, comme le surnomment les fans des Dodgers, confirme son exercice 2016 exceptionnel qui lui avait valu une première sélection au All-Star Game et le prix Trevor Hoffman de Reliever de l’année (1.83 ERA et 47 saves). En 2017, Kenley Jansen semble encore plus précis, plus méthodique, plus chirurgical et n’offre que très peu de déchet dans son jeu. Un seul blown save en 42 situations, un ERA ridicule à 1.32 et déjà 109 strikeouts en 68 manches, font du natif de Curaçao l’un des meilleurs closers des Majors. Son nouveau contrat signé en début d’année lui assure 80 M$ sur 5 ans. Un joueur libéré dans sa tête avec la confiance de sa direction en prime.

Ainsi Jansen a pu se concentrer uniquement sur son baseball pour un résultat extraordinaire. Un pari gagnant pour des Dodgers qui n’avaient plus qu’à récolter leur moisson. En atteste cette incroyable série de 51 strikeouts envoyés par le closer avant de concéder son premier walk de l’année fin juin face aux Rockies. Quand on sait que la précédente marque record était de 35 (Wainwright 2013), on comprend mieux la perf’. C’est dire la confiance acquise par Jansen durant l’intersaison. Une confiance qu’il doit maintenant amener dans ses bagages en play-offs, lorsque l’air deviendra irrespirable en 9e manche.

Un nom, un phénomène : Bellinger

2017 aura confirmé une tendance, Le ROY est bel et bien une tradition de retour sur la côte ouest. Dans une franchise ayant braqué 17 fois ce trophée (record MLB), la disette longue de 20 ans (96-2016) commençait à faire tâche pour une équipe ayant sorti cinq ROY consécutifs au début des 90’s (Karros 92, Piazza 93, Mondesí 94, Nomo 95 et Hollandsworth 96). Et après Corey Seager en 2016, Los Angeles a renoué avec ses fondamentaux en sortant une nouvelle pépite de sa mine : Cody Bellinger.

Gamin de l’Arizona, Cody est élevé dès le biberon au baseball puisqu’il est le fils de l’ex joueur des Yankees Clay Bellinger. En 2016, il claque 26 HR et 71 RBI dans les minors faisant de lui un top 10 « prospect MLB ». Et Lorsqu’il est appelé en avril, pour pallier aux blessures de Pederson et Hernández en outfield, Dave Roberts lui explique alors qu’il ne compte sur lui que pour une durée de 10 jours. Début mai, 4 HR et 7 RBI plus tard, Bellinger est conservé pour pallier à une nouvelle blessure, celle d’Adrian Gonzalez. Plein de culot et sans pression, le numéro 35 des Dodgers frappe de nouveau 5 HR et 15 RBI en dix jours incitant le board de L.A. à le conserver dans le 40-Man Roster.

Un choix judicieux puisque « Codylove » a fait péter le record de HR pour un rookie des Dodgers détenu par Mike Piazza et ses 35 « dingers » en 93. 24 ans plus tard, Bellinger efface même une autre marque encore plus ancienne. Celle co-détenue par Wally Berger des Boston Braves (1930) et Frank Robinson des Cincinnati Reds (1956) qui avaient tous deux frappés 38 HR, un record jusque-là inégalé par un rookie en National League.

Au final, le numéro 35 des Dodgers termine avec 39 HR et 97 RBI faisant de son bâton, une arme majeure de la saison exceptionnelle des Dodgers et leurs 104 victoires. Une première pour la franchise depuis 64 ans !

En résumé

J’avais fait personnellement des Dodgers mon favori à l’orée de la saison 2017 et même si la série noire de 16 défaites en 17 rencontres à cheval entre fin août et mi-septembre peut inciter à une certaine réserve, je maintiens mon pronostic. L.A. possède un réservoir de talents à tous les étages et l’arrivée en aout de Curtis Granderson dans l’outfield contre du cash comble, à mon sens, la dernière faiblesse, toute relative, du groupe.

La zone d’ombre vient donc de cette fin de saison terrible où « The Blue Crew » s’est incliné 4 fois de rang pour la première fois depuis… un an et demi et le mois de mai 2016. Une stat anodine et pourtant tellement révélatrice de la constance affichée dans les résultats par les hommes de Dave Roberts.

Finalement Los Angeles reste une incroyable machine dotée de la meilleure défense de National League avec 580 runs concédés. Avec une attaque incroyablement homogène (six joueurs au-dessus des 20 HR), une défense effroyablement efficace avec le premier DER (Ratio d’efficacité Défensive, 704.) des Majors et une rotation All-Star, les Dodgers font figure d’épouvantail. À eux d’assumer ce statut pour ramener une couronne qui manque à L.A depuis près de 30 ans. Une éternité pour le plus gros marché de l’Ouest. 2017 restera quoi qu’il arrive dans les mémoires pour cette saison régulière. Mais à l’heure où les feuilles tombent des arbres, Los Angeles rêve tout haut d’une fin plus ensoleillée, plus festive, plus dorée. Une fin à la Hollywood en somme…

 

J-Sé Gray « In Billy Beane we trust »

 

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