Après 2 mois de compétition, TSO fait le point sur la saison

Sous cette température plus qu’estivale, j’en avais presque perdu la notion du temps. Non, non, nous ne sommes pas encore en juillet ou en août. La saison est encore loin d’être terminée, mais pourtant, après deux mois de compétition, il y a déjà des tendances fortes qui se dégagent. J’ai donc décidé de vous livrer mes coups de cœur (en vert) mais aussi mes avertissements (en rouge). Alors, d’accord ? Pas d’accord ?

Vous l’avez vu, nous avons déjà décidé de parler du retour au premier plan des Rays (si vous ne l’avez pas lu, c’est par ici), mais en NL, il y a aussi une équipe qui est bien solide sur ses appuis, à faire frémir la plus ocre des terres battues : les Braves d’Atlanta. En 2025, l’équipe a été foudroyée par une série de blessures et a terminé avec un pitoyable 76-86. On se demandait si le club n’arrivait pas à une fin de cycle. Mais sous la houlette du nouveau manager Walt Weiss, ATL renaît de ses cendres. Meilleur bilan de la MLB (au moment où j’écris ces lignes, avec 39-19) et deuxième meilleur différentiel de points (+108). Il faut dire que Matt Olson vit peut-être sa meilleure saison en carrière avec déjà 15 HR et 44 RBI. Il est bien secondé par un autre joueur qui vit une saison exceptionnelle, Michael Harris II, qui claque 13 HR et 36 RBI à 30 % au bâton. Il est déjà largement en avance sur ses moyennes et pourrait exploser ses records en carrière. Sur le monticule, Chris Sale continue de cimenter son buste à Cooperstown et affiche 2.01 d’ERA en 67 manches et 80 strikeouts. Depuis son arrivée chez les Braves en 2024, il est juste injouable. Et je ne suis pas loin de penser qu’il pourrait entrer au Hall of Fame avec la casquette de la franchise d’Atlanta. Comme du côté offensif, à côté de la star, il y a le lieutenant que l’on n’attendait pas. Sur la butte, c’est Bryce Elder qui affole les compteurs : 2.50 d’ERA en 12 rencontres et 61 K en 72 manches. Enfin, pour terminer avec le dernier binôme, en relève, Raisel Iglesias et la recrue Robert Suarez sont écœurants pour terminer les rencontres. Et l’équipe réalise tout cela avec les absences d’Acuña, Strider ou Baldwin. J’ai l’impression que les Dodgers ont un sérieux prétendant qui s’avance.

Comme les Braves face aux Dodgers, Paul Skenes a trouvé un adversaire à sa taille pour la ceinture du meilleur lanceur de NL. Pour sa 2e saison, Jacob Misiorowski des Brewers s’affirme pourtant comme l’un des meilleurs pitchers de la National League, voire de la MLB. Il faut dire que le natif du Missouri lance des missiles predator à chaque fastball. Des balles (ultra)rapides flashées à plus de 100 MPH (160 km/h) et allant même titiller les 104 mph (167 km/h). Le record est détenu par Aroldis Chapman avec 105,8 mph (170 km/h). Mais parvenir à lancer aussi vite sans sacrifier son contrôle, c’est là la performance du jeune joueur. Après 11 rencontres, il affiche 1,83 d’ERA en 64 manches pour 100 strikeouts et seulement 19 BB. Sa sélection au All-Star game la saison dernière après seulement quelques apparitions avait fait lever les sourcils ; cette année, s’il était le starter de la NL, cela ne ferait sourciller personne. Bien au contraire.

Je ne sais pas vous, mais j’ai rarement vu autant de jeunes joueurs performer dans le Show ! Entre jeunes joueurs qui éclaboussent la MLB et jeunes rookies qui n’ont rien à envier, la MLB se frotte les mains. On a vu les performances de Misiorowski, mais on peut aussi penser à Chase Burns des Reds (1,96 d’ERA) qui, lui aussi, lors de sa 2e saison, affiche un talent d’ace. De l’autre côté, en AL, il y a des jeunes lanceurs comme Cam Schlitter (1,50 d’ERA, 81 K) qui font la même impression. Sa saison rookie n’était pas un coup de chance, et les Yankees tiennent leur ace du futur.

Comme d’habitude à Cleveland, on nous sort des lanceurs de prestige : Gavin Williams confirme son talent (3,07 d’ERA en 76,1 manches et 88 K) tandis que Parker Messick fait figure de favori au titre de rookie de l’année (2,24 d’ERA). Enfin, Trey Yesavage a fait son retour à la compétition et impressionne déjà (2,25 d’ERA et 35 K en 32 manches).

Si Messick fait partie des favoris pour le titre de rookie de l’année, il a un sacré client en face : le Japonais des White Sox, Munetaka Murakami. Un des plus gros frappeurs du championnat nippon a été snobé par 29 équipes de MLB, et c’est bien la franchise du sud de Chicago qui en a profité pour récupérer le joueur de 26 ans. Et il semble qu’il ait pris à cœur de faire taire ses détracteurs. Il a frappé le plus de HR par un rookie avant juin dans l’ère moderne du baseball (20 HR), 2e plus gros total de HR et de RBI au moment où l’on se parle. Tout simplement inarrêtable. Son explosion permet aux White Sox de faire quasiment jeu égal avec les Guardians en tête de l’AL Central, et il pourrait porter Chicago jusqu’aux playoffs. Alors oui, il y a des strikeouts en quantité, mais il parvient à faire avaler la pilule en affichant pas mal de buts sur balles (44). Il se pourrait bien que les White Sox aient trouvé autour de qui fonder leur attaque.

Après toutes ces belles performances, place maintenant aux coups durs de ce début de saison.

Si les Braves ont su réagir après l’avalanche de blessures en 2025, au Texas, « everything is bigger », et Houston cherche toujours la solution. Les blessures continuent de tomber chez les Astros et le club est en train de céder sous ce poids. L’infirmerie texane a déjà vu passer Carlos Correa, Yainer Diaz, Hunter Brown, Jeremy Peña, Josh Hader, José Altuve, Jake Meyers, etc. Si bien qu’on peut se demander si l’endroit le plus agréable de Houston ne serait pas l’infirmerie du Daikin Park. Après avoir raté les playoffs pour la première fois depuis 2017, les Astros se dirigent tout droit vers un back-to-back d’un genre nouveau dans l’histoire récente de la franchise. Avec 26 victoires et 33 défaites, le club végète à une triste 4e place de l’AL West. Et on peut se demander si Houston ne sera pas en mode vide-dressing cet été. À moins que le club ne réagisse, comme il est en train de le faire récemment (7-3 sur ses 10 derniers matchs) avec un pitching qui s’est amélioré suite à la titularisation de Christian Vázquez (4,13 d’ERA depuis qu’il donne les consignes).

Au moins, les fans des Mets peuvent se consoler avec les Knicks. Les deux franchises se ressemblent et, après des années de disette, le Madison Square Garden va pouvoir revibrer avec des finales, et récompenser ces fans qui ont tant souffert. Chez les Mets, on aimerait bien vivre les mêmes sensations, et on y a cru. Plus grosse masse salariale de la MLB, la franchise du Queens pouvait y croire avec des Devin Williams, Bo Bichette, Freddy Peralta et Juan Soto. Pourtant, à l’image de l’équipe de basket, les stars et les billets ne font pas tout. Le premier peine à retrouver son niveau affiché chez les Brewers et est le summum de l’irrégularité. Le deuxième n’est que l’ombre de lui-même tandis que Peralta fait tout juste le travail. Enfin, Juan Soto est le seul qui semble au niveau, mais le poids de ses coéquipiers est bien trop lourd à porter. Afin d’éviter une période de disette digne de leurs concitoyens à la balle orange, les Mets devraient s’inspirer de la version 2026 des Knicks et tenter de construire autour de joueurs du cru et de la ville. Le petit AJ Ewing, qui a un nom prédestiné pour New York, est l’une des satisfactions et un rayon d’espoir (.268, 1 HR, 6 RBI, 4 SB en 56 AB). Le club pourrait envisager de miser sur la jeunesse en se séparant de Peralta, par exemple, contre des prospects, et refaire sa rotation autour de McLean et Tong.

Peut-être le meilleur lanceur depuis 2023 (2 Cy Young consécutifs en 2024 et 2025), Tarik Skubal pouvait s’avancer dans sa dernière année de contrat très sereinement. Que ce soit à Détroit, mais plus certainement ailleurs, il allait devenir le lanceur le mieux payé de la planète et peut-être lutter pour une bague, voire devenir le premier lanceur de l’histoire de l’AL à remporter 3 fois de suite le Cy Young. Oui mais voilà : une vilaine blessure au coude l’écarte des terrains depuis le 29 avril. Et même si l’opération visant à nettoyer son coude s’est bien passée et qu’on annonce un retour cette saison, ce n’est jamais bon signe. Surtout pour un lanceur ayant déjà expérimenté une opération de Tommy John. On espère qu’il reviendra à son meilleur niveau.

Sur 15 équipes engagées en AL, seules 4 affichent un bilan plus que positif. Félicitations donc aux Rays, aux Yankees, aux Guardians et… aux White Sox, qui relèvent un peu le niveau d’une American League à l’agonie. En AL West, par exemple, Seattle est pour le moment en tête avec un bilan à 50 %. Annoncés comme des favoris avant la saison, Boston n’est talonné que par les Angels et les Tigers pour le pire bilan d’AL. Tandis que les Astros, les Royals et les Orioles déçoivent grandement. À contrario, en NL, la NL Central, par exemple, fait la fierté de la MLB avec ses 5 équipes en positif. La comparaison fait mal.


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