Retour sur la Draft 2016 : Pas une grande cuvée!

A l’approche de l’édition 2026 (du 11 au 13 juillet à Philadelphie), c’est un exercice qu’on aime bien sur The Strike Out : regarder dans le rétroviseur et faire un point dix ans après une Draft. Car les joueurs sélectionnés à la sortie du lycée ou après leur passage à la fac sont alors âgés de 28 à 32 ans et dans leur prime. Si la plupart du temps, les premiers noms cités par le commish sont bien installés en MLB dix ans après, on ne peut pas en dire de même de notre cuvée 2016. Spoiler : ça pique les yeux. Il faut regarder plus loin dans le tableau pour trouver des réussites. Et cela illustre bien l’immense difficulté que représente ce gap entre baseball amateur et professionnel.

Né en Californie, Mickey Moniak fait sa formation au lycée à domicile, à Carlsbad, au nord de San Diego. Joueur de champ extérieur, il réalise une excellente 4e et dernière saison avec des stats de .476 de moyenne, .961 de slugging, 40 points marqués et 46 points produits en 29 matchs. Il reçoit les prestigieux trophées de Baseball America High School Player of the Year et Gatorade California Baseball Player of the Year. Il signe une lettre d’engagement avec la célèbre fac de UCLA mais est donc choisi par les Philadelphia Phillies avec le premier choix de la Draft 2016. Moniak est le 5e joueur originaire de San Diego à recevoir cet honneur après Adrian Gonzalez (2000), Matt Bush (2004), Stephen Strasburg (2009) et Brady Aiken (2014). Dix jours après la Draft, il s’engage avec les Phillies pour un contrat d’un peu plus de 6 millions de dollars.

La hype est bien réelle autour du garçon de 18 ans qui fait ses débuts professionnels dans la foulée de sa Draft, avec une certaine réussite : .284/.340/.409 ; 27 runs ; 11 doubles ; 4 triples ; 28 RBI ; 10 stolen bases en 176 at bats en Rookie League. Le magazine de référence Baseball America le classe 17e meilleur prospect du pays, 19e pour MLB Pipeline. Engouement réitéré à l’issue de la saison 2017 que Moniak passe en Class A (.236/.284/.341 ; 6 triples ; 5HR ; 44 RBI ; 11SB en 123 matchs). Baseball America le nomme meilleur défenseur de sa Draft, 2e meilleur frappeur (derrière Nick Senzel, choisi en 2e position par les Reds), le 2e meilleur lycéen/pro (derrière Bo Bichette, choisi au 2e tour) et voit en lui le lycéen de sa Draft qui arrivera le premier en MLB.

Il rejoue au même niveau en 2019 avec des stats en hausse (.270/.304/.383 ; 28 doubles ; 5HR, 55 RBI) en un peu moins de matchs (114). Après avoir participé à son premier Spring Training avec les Phillies, il est promu en Double A (.252/.303/.439 ; 63 runs ; 28 doubles ; 13 triples ; 11HR ; 67 RBI ; 15SB), dispute le All-Star Game de la Eastern League avant d’être sélectionné pour la Arizona Fall League en fin de saison. Contrairement aux prédictions de BA, Moniak n’est pas le premier lycéen drafté en 2016 à jouer en MLB puisque Bichette avait été appelé dès ce mois de juillet 2019.

Le covid provoque l’annulation de la saison 2020 en Minor League et ralentit la progression de Moniak. A 22 ans, il reçoit quand même la confiance de sa franchise en étant appelé dans le roster de MLB le 16 septembre. Deux jours plus tard, il frappe son premier hit en carrière. Le premier d’une très longue carrière…

Une carrière qui repart en Minors en 2021 après des perfs très décevantes avec les Phillies (16SO en 33AB, pour seulement 3 hits). Il évolue donc en Triple A et propose une bonne saison même s’il y a quand même un gros paquet de strikeouts qui continuent de soulever des doutes sur notre First pick. Après cette longue formation, bien plus longue que beaucoup l’avaient imaginé, 2022 doit être SA saison. Il est projeté comme le champ-centre titulaire des Phillies après un excellent Spring Training. Mais patatra, il est blessé (fracture de la main) sur un hit by pitch lors du dernier match de préparation!

Après plusieurs semaines d’arrêt puis de matchs de reprise à différents niveau du Farm System, Moniak est de retour en MLB. Il obtient une cinquantaine d’at-bats mais sans rien montrer : une moyenne de .130 avec 19K, une présence sur base à moins de .200 et un slugging de .150. Pas le niveau attendu/espéré pour un First Pick… et l’aventure avec les Phillies se terminent en août. Moniak est envoyé aux LA Angels, avec un prospect, en échange du lanceur Noah Syndergaard. La page est tournée, le constat d’échec est assumé.

Ce trade représente un retour en Californie pour notre espoir déchu. Il réalise 5 premières sorties encouragentes avec 4 hits dont 2HR… avant de se blesser dès le 6 août. Il se prend la balle sur le doigt en tentant un amorti. Il manque un mois de compétition pour revenir sur le terrain le 9 septembre… avant d’être victime d’un hit by pitch le 28. Fin d’une saison qui devait être celle de l’éclosion et qui se termine avec des stats horribles : .170 de moyenne (3HR) et 8 RBI en 37 matchs.

On espère un reset pour 2023 mais Moniak la commence en Triple A. Des prestations encourageantes (.308/.355/.580/.940 en 33 matchs) lui valent d’être appelé en MLB à la mi-mai. Ses 113 strikeouts en 85 matchs ne sont pas très chouettes mais, il trouve – enfin – un peu de régularité avec 14HR et 45 RBI, une moyenne de .280. Un slugging proche des .500 et un OPS à .800. Allez cette fois c’est bon c’est lancé… ou pas… Car malgré une confiance du coaching staff des Angels (124 matchs), Moniak signe une slashline ultra décevante :.219/.266/.380 ;14HR ; 49 RBI. On apprendra plus tard qu’il a joué une bonne partie de la saison avec des tendinites répétées à la cheville. Le 25 mars 2025, à l’issue du Spring Training et juste avant l’Opening Day, Mickey est libéré par les Angels.

Le 26 mars, les Colorado Rockies offrent un mini contrat à un peu plus d’1 million de dollars à Moniak. Comme un clin d’oeil à une trajectoire cabossée, c’est à Philadelphie, face aux Phillies, que le joueur fait ses débuts sous ses nouvelles couleurs le 3 avril. Et on peut enfin parler d’une bonne première saison en MLB. Bien sûr pas au niveau des cadors de la Ligue mais dans la moyenne. Et quand on connait la difficulté de se faire un nom dans cette Ligue c’est déjà pas mal. 21 homeruns, 68RBI en 135 matchs avec un OPS convaincant de .917 à partir du mois de mai. De quoi convaincre la franchise du Colorado aux résultats catas. Ce manque de pression pour les joueurs, ce relative anonymat c’est peut-être justement ça qu’il fallait à Moniak pour enfin exploser.

Il se voit offrir un contrat de 4 millions pour la saison 2026. On s’inquiète de son absence à l’Opening Day mais on ne va pas s’inquiéter longtemps. Car son mois d’avril (à partir de ses débuts le 3) sont superbes : une moyenne de .315 avec pas moins de 8 HR! On s’inquiète de nouveau le 12 mai quand il percute un mur au PNC Park de Pittsburgh lors d’une action défensive. Ses matchs suivants sont compliqués (2 sur 23) avant qu’il ne soit placé sur la liste des blessés à cause de douleurs à la cheville. Mickey Moniak est maintenant de retour.

Dans une équipe qui gagne plus de matchs que la saison dernière (pas trop compliqué me diriez-vous) mais qui n’a aucune ambition à court terme, Mickey Moniak semble enfin s’épanouir en MLB à l’âge de 28 ans. Il n’y a pas d’âge pour vivre son rêve, c’est un peu la leçon que nous apprend notre ancien futur prodige.

On l’a vu, notre premier choix de Draft n’a pas eu la carrière MLB qu’on lui prédisait. Pas plus de réussite (et même moins) pour le numéro 2 Nick Senzel, sélectionné par les Reds à l’issue de son cursus à la fac de Tennessee. Le consensus faisait vraiment de lui le meilleur joueur universitaire de cette cuvée. Pas d’hésitation donc pour le front office de Cincinnati quand il voit les Phillies choisir Moniak. Un contrat de plus de 6 millions de dollars scelle le deal.

Son Spring Training 2019 est super convaincant et on l’imagine gagner le poste de titulaire au champ centre (comme Moniak) pour l’Opening Day… mais les Reds choisisse Scott Schebler (Scott qui?). Nick patiente en Minors jusqu’à début mai où il est enfin appelé pour ses débuts MLB. Il réalise alors un bon mois avec 4HR, 12RBI, 12BB et une moyenne de .279. Le 12 septembre, il rejoint la liste des blessés… ce qui va devenir un évènement récurrent dans sa carrière. Seulement 23 matchs (sur 60) en 2020 et 36 sur 162 en 2021. C’est un peu mieux en 2022 et 2023 mais la barre des 100 matchs est tout juste franchie chaque saison. Avec des stats loin de celles attendues pour un prospect comme lui. Les Reds ne lui proposent pas de nouveau contrat fin 2023, Senzel s’engage avec les Nationals. On espère/attend un rebond mais patatra le 28 mars, juste avant le début de saison, il est victime d’une fracture du pouce. Il ne joue que 64 matchs avec DC avant d’être libéré, rebond raté. Direction Chicago à l’été 2024 pour une pige non concluante de 10 jours avec les White Sox (3 pour 30). Senzel met sa carrière MLB sur pause pour rejoindre la Mexican League et dispute 6 bons matchs avec les Tecolotes de los Dos Laredos (.591, 3HR et 10RBI). Une pause MLB très courte puisque dès le 25 avril, Senzel obtient un Minor League contrat avec les Dodgers. Il se partage la saison entre Double et Triple A (.252, 12HR, 66RBI). Il débute la saison 2026 de nouveau sous les couleurs des Comets d’Oklahoma City mais est libéré le 11 mai. Il quitte de nouveau la MLB pour rejoindre une ligue indépendente, la Atlantic League of Professional Baseball, avec l’équipe des Lexington Legends. Senzel vient de fêter ses 31 ans en cette fin juin.

On ne va pas faire un par un tous les joueurs de ce premier tour de la Draft 2016 mais soyons honnêtes : qui a déjà entendu parler de Riley Pint (#4, Rockies), Jason Groome (#12, Red Sox), Matt Thaiss (#16, Angels), T.J Zeuch (#21, Blue Jays), Delvin Perez (#23, Cardinals), Hudson Sanchez (#24, Padres) ou Zack Burdi (#26, White Sox). Seuls quelques noms émergent : A.J Puk (#6, Athletics), Cal Quantrill (#8, Padres), Josh Lowe (#13, Rays), Alex Kirilloff (#15, Twins) ou Gavin Lux (#20, Dodgers)

Intéressons-nous quand même au cas Kyle Lewis (outfielder comme Moniak et Senzel), choisi en 11e position par les Seattle Mariners sur la saison de son excellente saison junior à la fac de Mercer (.395/.535/.731, 20HR et 72 RBI) récompensée par de multiples trophées (All-American selection, Baseball America‘s 2016 College Player of the Year et 2016 Golden Spikes Award qui récompense le meilleur joueur amateur du pays). Il fait ses débuts MLB le 10 septembre 2019 et s’offre même un homerun face à Trevor Bauer, starter des Reds. Lewis frappe aussi un homerun dans chacun de ses deux matchs suivants, devenant ainsi le 2e joueur de l’histoire avec 3HR pour ses 3 premiers matchs MLB (après Trevor Story chez les Rockies). Son petit mois dans la Ligue est une vraie réussite : .268/.293/.592, 6HR et 13 RBI en 71 at bats. La hype est énorme pour 2020 mais l’échantillon sera finalement réduit à cause du covid. Lewis repart quand même avec le trophée de Rookie de l’année en American League (.262/.364/.437, 11HR, 28 RBI en 206AB). Il succède au palmarès de sa franchise à un certain Ichiro Suzuki, sacré en 2001.

Ce qu’on imagine comme le début d’une belle et longue carrière MLB se transforme en fait en pic alors que Lewis n’a que 25 ans. En juin 2021, il se blesse gravement au genou et manque la fin de saison. En mai 2022, il se prend une balle dans la tête sur un hit by pitch d’un lanceur des Astros et passe de longues semaines en protocole commotion avant de rejouer. Mais son retour est plus que compliqué car ses douleurs au genou reviennent. Lewis termine la saison en Triple A. En novembre, les Mariners envoient leur ex-pépite chez les DBacks en échange de l’outfielder Cooper Hummel (Cooper qui?). Il ne dispute que 16 matchs avec la franchise du désert en 2023. Fin de contrat et fin de carrière MLB pour celui qui était un de mes chouchous absolus à ses débuts dans la Ligue. Kyle Lewis est retourné depuis dans son état d’origine, la Géorgie, où il a fondé le Rocket Baseball Club à Atlanta, un club de jeunes (il coache lui-même les 12U) où sont mises en avant les valeurs de famille, communauté, éducation et travail. Une autre voie pour s’épanouir dans le baseball.

14 joueurs sélectionnés en 2016 comptent à ce jour au moins une sélection au All-Star Game, mais aucun n’avait été retenus avant le 30e choix :

  • Cole Ragans, tour compensatoire (30e choix). Sélectionné par les Texas Rangers à la sortie du lycée, le lanceur est envoyé dans un trade aux Royals en juin 2023. Il explose en 2024 avec plus de 200K sur la saison et une 4e place au vote CY Young de l’American League.

  • Will Smith, tour compensatoire (32e choix). Sélectionné par les LA Dodgers après son cursus à Louisville, le catcheur y évolue toujours et a été l’un des héros des World Series 2025 avec 6 RBI et 2HR, dont celui décisif de la 11e manche du Match 7. Triple champion MLB, triple All-Star et deux fois médaillés avec Team USA dans la World Baseball Classic.
  • Bryan Reynolds, 2e tour (59e choix). Sélectionné par les San Francisco Giants après son passage par les facs de Tennessee et Vanderbilt. L’outfielder est un des meilleurs prospects MLB quand il est envoyé aux Pittsburgh Pirates en janvier 2018 en échange d’Andrew McCutchen. Double All-Star en 2021 et 2024. Il est aussi le premier joueur de la franchise a signé un contrat à plus de 100 millions de dollars (prolongation de 8 ans en 2023).

  • Pete Alonso, 2e tour (64e choix). Sélectionné par les New York Mets à la sortie de Florida. Il est dans le roster de l’Opening Day 2019, saison à l’issue de laquelle il décroche le trophée de Rookie de l’année en NL avec au passage le record de Homeruns pour un rookie (53). Cinq fois All-Star, double vainqueur du HR Derby (2019 et 2021), « Polar Bear » est devenu la saison dernière le recordman de homeruns sous le maillot des Mets qu’il a quitté dans la foulée pour rejoindre les Baltimore Orioles.
  • Bo Bichette, 2e tour (66e choix). Sélectionné par les Toronto Blue Jays après le lycée. Fils de l’ancien MLBer Dante, Bo (qui doit son prénom à Bo Jackson), il grimpe les échelons des Mineures aux côtés d’un autre grand espoir de la franchise canadienne, Vladdy Guerrero. Il débute dans le Show en 2019. Hits leader sur les saisons 2021 et 2022 (mais souvent critiqué pour sa défense), il est sélectionné dans la MLB Second Team en 2025. Absent sur blessure pendant le run de playoffs, le shortstop revient pour les World Series au poste inédit pour lui de 2e base. Il pense être le héros du Match 7 avec un HR sur Ohtani. En fin de contrat, il prend un gros chèque des Mets l’hiver dernier.

  • Sean Murphy, 3e tour (83e choix). Sélectionné par les Oakland Athletics. Lui aussi débute en MLB en 2019. En 2021, il décroche le Gold Glove pour sa position de catcher. Un an plus tard, il fait partie d’un trade à trois équipes et atterri chez les Atlanta Braves. Première sélection, titulaire, au ASG en juillet 2023. Depuis, il a fait de nombreux passages sur la liste des blessés.

  • Austin Hays, 3e tour (91e choix). Sélectionné par les Baltimore Orioles. Natif de Floride, c’est dans cet état que Hays fait son cursus universitaire (d’abord à Seminole State College puis à Jacksonville). Ascension fulgurante dans le Farm System des Orioles avec des débuts MLB en septembre 2017, ce qui en fait le premier de notre cuvée à rejoindre la Grande Ligue. L’apprentissage sera difficile avec une saison entière en Minors en 2018. Hays connait sa meilleure saison et sa sélection All-Star en 2023. Depuis, il a joué sous les couleurs des Phillies, Reds et White Sox.

  • Zac Gallen, 3e tour (106e choix). Sélectionné par les St. Louis Cardinals. Le lanceur à lunettes a fait sa formation chez les Tar Heels de North Carolina avant d’être drafté. A l’hiver, il rejoint les Marlins dans un trade avec Sandy Alcantara contre Marcell Ozuna. Il fait ses débuts MLB le 20 juin 2019 (6K et 1ER en 5 manches) et est de nouveau drafté 10 jours plus tard. Direction l’Arizona en échange de Jazz Chisholm. Depuis, il est l’ancre de la rotation des DBacks avec une participation aux World Series en 2023, sa meilleure saison à ce jour (All-Star et 3e au vote NL Cy Young).
  • Corbin Burns, 4e tour (111e choix). Sélectionné par les Milwaukee Brewers. Des débuts MLB en 2018 dans le rôle de releveur, avant d’être installé dans la rotation en 2019 mais sans réussite. Il faudra attendre la saison écourtée de 2020 pour son éclosion dans le Show avec une 6e place au Cy Young. Burnes décroche le trophée la saison suivante plus une sélection au ASG (ERA et K leader, All-MLB First Team) après des perfs exceptionnelles : 40K sur ses 4 premiers starts, 58K avant de concéder un walk, no-hitter combiné… En février 2024, il est envoyé dans un trade aux Orioles avec qui il s’offre une 4e sélection de suite au ASG. Il rejoint les DBacks la saison suivante mais sa saison est écourtée en juillet : opération Tommy John. On attend son retour sur les terrains.

  • Shane Bieber, 4e tour (122e choix). sélectionné par les Cleveland Indians/Guardians. Un bel exemple de la formation au pitching de l’organisation des Indians/Guardians. Bieber s’est installée dans le gratin de la MLB dès ses débuts en 2018. Il connait une saison 2020 (écourtée) parfaite avec un Cy Young Award, une Triple Couronne (ERA, et win leader), un Gold-Glove, une sélection dans la All-MLB First Team. Deux sélections au ASG (2019 et 2021). En avril 2024, il remporte ses deux premiers starts sans concéder le moindre point avec 20K en 12IP mais sa saison s’arrête immédiatement. Opération Tommy John. Alors qu’il est en phase de reprise, Cleveland l’envoie aux Blue Jays à l’été 2025. Il participe à son retour au run jusqu’aux World Series. Lanceur victorieux du Match 4, il entre en relève dans le Match 7 et concède ce qui sera le HR victorieux de Will Smith.

  • Tony Gonsolin, 9e tour (281e choix). Sélectionné par les Los Angeles Dodgers. Le lanceur californien fait ses premières apparitions sous le maillot angelino en 2019 et se fait une vraie place dans l’effectif en 2020 avec notamment plusieurs manches lancées en World Series. Il décroche la 4e place au vote du Rookie de l’année. Il s’installe comme l’un des piliers du bullpen (ASG 2022) mais de blesse en août 2023. Il revient d’une opération Tommy John en 2025 avant d’être de nouveau placé sur la liste des blessés et manquer le run vers un 2e titre. Libéré par les Dodgers, il est aujourd’hui sans club.

  • Santiago Espinal, 10e tour (290e choix). Sélectionné par les Boston Red Sox. L’infielder dominicain a été transféré aux Blue Jays pendant sa formation en Minors. Il a débuté en MLB avec la franchise canadienne en 2020. Il décroche sa seule sélection au ASG, à ce jour, en 2022. Depuis, Espinal a joué avec les Reds et les Dodgers.

  • Zach McKinstry, 33e tour (1001e choix). Sélectionné par les Los Angeles Dodgers. Nous avions consacré un article à cette improbable saison 2021 de McKinstry chez les Dodgers, c’est à relire ici.

  • David Bednar, 35e tour (1044e choix). Sélectionné par les San Diego Padres. Un All-Star sélectionné au-delà du 1 000e choix de Draft il n’y en a pas énormément. Alors félicitons le lanceur! Après un début pro dans le farm system des Padres, il fait partie du trade de Joe Musgrove à San Diego et rejoint donc les Pirates de Pittsburgh (sa ville natale) en 2021. Il obtient un petit vote pour le Rookie de l’année avant de s’offrir 2 étoiles en 2022 et 2023. Il sera d’ailleurs le leader en saves de la saison 2023. Depuis juillet 2025, il évolue aux Yankees.

Une autre particularité des drafts MLB c’est la sélection de joueurs qui finalement ne signent pas de contrat avec la franchise. Soit pour des raisons salariales quand les deux parties ne s’entendent pas sur le montant ; mais dans la plupart des cas il s’agit de lycéens – choisis généralement assez loin – qui préfèrent rejoindre l’université plutôt que de plonger dans le monde pro à 18 ans. Pour les plus talentueux d’entre eux, c’est un bon choix car ils se retrouvent très hauts dans leurs deuxièmes drafts. Illustration avec ces quelques noms sortis du chapeau en 2016 puis en 2019.

  • Nick Lodolo, choisi au 1er tour (41e choix, « competitive blance pick ») par les Pittsburgh Pirates ; puis au 1er tour (7e) par les Cincinnati Reds. Un exemple finalement assez rare d’un double drafté au premier tour! En 2016, Lodolo n’a pas trouvé d’accord avec les Pirates et a choisi de rejoindre Texas Christian University, pour qui il avait signé une lettre d’engagement avant la Draft. Après trois années à la fac réussies, il s’offre un beau chèque grâce à sa sélection de 2019 (5,4M$). Il n’a pas encore vraiment explosé en MLB en raison de nombreuses blessures depuis ses débuts en 2022.

  • Graham Ashcraft, choisi au 12e tour par les Los Angeles Dodgers ; puis au 6e tour par le Cincinnati Reds.

  • Spencer Steer, choisi au 29e tour par les Cleveland Indians/Guardians ; puis au 3e tour par les Minnesota Twins.

  • George Kirby, choisi au 32e tour par les New York Mets ; puis au 1er tour (20e) par les Seattle Mariners. Il termine 6e au vote de Rookie de l’année en 2022 et connait sa première sélection au ASG l’année suivante avec une 8e place au Cy Young Award.

  • Shea Langeliers, choisi au 34e tour par les Toronto Blue Jays ; puis au 1er tour (9e) par les Atlanta Braves. Je prends le pari d’une première sélection au ASG dans quelques jours, tant il réalise une première moitié de saison exceptionnelle avec les Athletics.

  • J.J Bleday, choisi au 39e tour par les San Diego Padres ; puis au 1er tour (4e) par les Miami Marlins.

  • Adley Rutschman, choisi au 40e tour par les Seattle Mariners ; puis au 1er tour (1er) par les Baltimore Orioles. Le catcher est l’exemple même de la réussite de la formation universitaire. Puisque sous le maillot des beavers d’Oregon qu’il rejoint en juin 2016, il devient l’un des meilleurs joueurs du pays, s’offre le titre NCAA en 2018 et est choisi numéro 1 de la Draft 2019 avec pour couronner le tout le plus haut contrat jamais signé (8,1 millions de $). Il débute en MLB en 2022, termine 2e au vote de Rookie de l’année et confirme en 2023 avec une sélection au All-Star Game, une place dans la All-MLB First Team et un Silver Slugger Award. Deuxième étoile en 2024 mais depuis c’est beaucoup plus compiqué avec pas mal de blessures et une équipe des Orioles que l’on attendait tout en haut avec ses jeunes pépites (Rutschman, Henderson, Holiday, Mayo…) qui ne décollent pas.
  • Brent Rooker a lui été choisi au 38e tour par les Minnesota Twins alors qu’il était déjà à l’université mais n’avait pas signé de contrat ; il est re-drafté l’année suivante par ces mêmes Twins au 1er tour (35e). Pas mal baladé dans des trades avec des courts passages chez les Padres et Royals, il atterri aux Athletics en 2023 où il peut enfin exposer son talent. Cela lui vaut deux sélections au All-Star Game en 2023 et 2025, et un Silver Slugger award en 2024 pour le poste de DH.

On le voit à travers tous ces exemples, la Draft n’est absolument pas un aboutissement mais une étape de plus sur la route de la MLB pour tous ces joueurs qui rêvent de briller sous les projecteurs.

Publié dans MLB

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