Zach McKinstry, de 1001e joueur drafté à héros inattendu des Dodgers

En ce début de saison, les Dodgers dominent déjà la NL West. Rien de surprenant pour l’équipe championne en titre. Mais ce qui est surprenant, c’est le nom qui domine l’attaque de la franchise de LA. Car oui ce n’est ni Mookie Betts, le MVP 2018 et héros du titre ou Cody Bellinger mais bien un joueur sélectionné au 33e tour de la draft 2016, un certain Zach McKinstry

Sorti de nulle part, Zach McKinstry est le héros de ce début de saison chez les Dodgers. Photo : Mark J. Terrill / Associated Press

A l’heure ou j’écris ces lignes, un joueur des Dodgers est 6e, à égalité, au nombre de points produits avec 10. Jusque là rien d’étonnant quand on connait la formidable force de frappe de la franchise de LA. Mais si je vous dit que ce n’est ni Bellinger, ni Betts ou même Turner, c’est là qu’on se rend compte à quel point cette équipe est effrayante. Car oui messieurs, dames, ce joueur n’est autre que Zach McKinstry. Si ce ne nom ne vous dit rien, c’est tout à fait normal. A la base, c’est juste un rookie qui aurait eu un rôle de remplaçant, et qui aurait enchainé les allers-retours entre la triple A et le roster MLB pour venir garnier le banc au gré des blessures.

Oui mais voilà: Cody Bellinger a rejoint la liste des blessés, forçant Dave Roberts à faire appel à McKinstry. Et ce dernier a immédiatement répondu présent. Si bien que les Dodgers peuvent désormais même se payer le luxe de faire souffler Betts pour faire jouer McKinstry. Du load management en somme, une mesure en vogue du côté de LA ces temps-ci. Mais ce qui est fou, c’est qu’on doit se dire que même en l’absence de ces deux stars, la franchise continue de bien performer. En partie grâce à McKinstry qui fait plus que colmater les brèches, il s’impose comme l’une des armes principales de l’équipe championne en titre. En effet, nous sommes le 12 avril et il culmine à .321 à la batte avec 2 HR et 10 RBI à la clé.  

Zach McKinstry est un véritable couteau suisse capable d’évoluer 2e Base, Arrêt Court, Champ Droit et champ gauche. Photo : DR

Une folie quand on sait que Zach McKinstry a été drafté au 33e tour de la draft 2016. Soit le 1001e joueur de sa cuvée. Il faut d’ailleurs en profiter pour souligner le talent du scouting department des Dodgers qui continue de nous éblouir avec ses trouvailles et ses choix aux fils des années. Donc grand coup de chapeau au directeur du scouting des Dodgers, Billy Gasparino qui a réussit l’exploit de voir 11 joueurs de sa draft 2016 accéder à la MLB (Dustin May, Will Smith, Gavin Lux entre autres). Et c’est pour ça que les Dodgers sont craints et surement détestés en ce moment. C’est grâce ou à cause, en fonction de votre équipe de cœur, à cette faculté de fournir en continu des talents via ses ligues mineures pour insuffler un vent de fraicheur à son panel de stars.

Ils sont tellement sereins dans cette capacité qu’ils se sont permis le luxe de ne pas prolonger Kiké Hernandez, pourtant un des joueurs préférés des fans mais surtout l’un des meilleurs couteaux suisses de la ligue car ils avaient le même mais avec un contrat rookie. Et c’est aussi pour ça, qu’au contraire des Cubs ou des Red Sox, la franchise de LA ne semble pas inquiète par ce que redoutent toutes les équipes dominantes, la fin de cycle.

Cet homme c’est donc Zach McKinstry qui a été sélectionné, on le répète au 33e tour de la draft de l’université de Central Michigan. Evidemment, comme le raconte le journaliste Ken Rosenthal, les Dodgers le découvrent par hasard lorsque le scout des Dodgers assigné à la région, Trey Magnusson s’en va regarder un des coéquipiers de McKinstry, un certain Nick Deeg. Et qui pour la petite histoire, sera drafté lors de la même cuvée 2016 que McKinstry, au 30e tour sans jamais parvenir à dépasser le niveau du A Ball. « Je suis parti à la recherche d’un lanceur gaucher, je suis revenu avec un arrêt-court » avoue Magnusson dans des propos relayés par le journaliste Ken Gurnick.

« Je me rappelle regarder ce joueur tout maigre, tout fin qui a tout suite attrapé mon regard. Il était tout de même athletique, il bougeait bien avec des pas rapides » se rémémore le scout qui, en 2016, entamait sa 2e année chez les Dodgers. « Mais en regardant mes notes, jamais de ma vie je me suis dit qu’il frapperait 19 HR (NDLR : son record en carrière lors de saison en ligues mineures en 2019). Je ne pensais pas qu’il aurait une telle puissance. Ce que je me souviens en revanche c’est que c’était un jeune super sympa mais une fois entré sur le terrain, il se transformait et jouait avec la rage au ventre et avec cette mentalité de vouloir absolument vous battre. »

Il lui faudra au moins ça à McKinstry car, pour beaucoup d’observateurs, sa faible puissance à la batte l’empêcherait d’etre drafté, du moins en 2016. En effet, à l’époque McKinstry entame sa 2e année à l’Université de Central Michigan, un cursus de 4 ans. Et beaucoup de scouts sont donc passés à côté en étant persuadé que le natif de Toledo, Ohio allait retourner à la Fac pour sa 3e année. Pas Magnusson qui fait ses recherches et demande à un de ses collègues de venir faire une 2e vérification. Marty Lamb vient repérer le jeune McKinstry lors des Mid-American Conference tournament, soit les phases finales du baseball universitaire. Pourtant malgré une saison terminée avec une moyenne de .325 ainsi que 26 RBI et 12 bases volées, les Dodgers gardent des doutes sur le jeune joueur. Que ce soit au niveau de son physique ou de sa volonté de continuer l’université. C’est pourquoi près de 1000 joueurs seront sélectionnés avant McKinstry durant la draft 2016, avant que les Dodgers ne prennent le risque. Au final au 33e tour, ça ne peut être que bénéfique pour la franchise. Il signera pour un bonus de 100 000 dollars et mettra 4 ans à se renforcer physiquement, à améliorer son swing et à s’entrainer à plusieurs postes dans les ligues mineures des Dodgers. Un choix payant donc pour LA qui s’est donc trouvé une nouvelle corde à son arc déjà plutôt efficace mais surtout un beau message adressé à la MLB qui veut réduire le nombre de tours de draft dans le futur.

En effet pour 2021, il n’y aura plus que 20 tours pour cette cuvée et ce nombre sera encore discuté lors des prochaines négociations du CBA. Par exemple et comme le souligne Ken Rosenthal, un joueur qui serait dans la lignée de McKinstry à la draft 2021, ne sera pas drafté et sera plutôt signé en tant qu’  « undrafted free agent » et sera éligible à une prime à la signature de seulement 20 000 dollars contre 100 000 pour McKinstry en 2016. Dans ce cas là , le joueur préféra surement retourner à l’Université et retenter sa chance plus tard. Et cela nous empêchera de revivre ce genre de belles histoires comme seul le Baseball peut nous en offrir.


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