Preview 2022 – Minnesota Twins : A quoi jouent les Twins ?

Au sortir d’une saison 2021 désastreuse, on s’attendait à ce que les Minnesota Twins sortent le bulldozer et se mettent immédiatement en mode reconstruction. Quelques mois plus tard, ce n’est pas le cas mais il est difficile de trouver une ligne directrice au projet du GM Thad Levine. Alors : les Twins filent-ils vers les playoffs ou droit dans le mur ?

La Saison 2021

101 victoires et une première place en AL Central en 2019, 36 victoires et une première place en AL Central en 2020. Malgré leur bilan pathétique en postseason au 21e siècle (Les Twins restent sur 18 défaites et neuf séries perdues de rang), on se disait que ce n’était que partie remise, que la montée en puissance des Twins ces dernières années allait leur permettre de tirer leur épingle du jeu.

On les voyait disputer la première place de division aux White Sox, ou à défaut se placer dans la course à la Wild Card en profitant de la faiblesse relative de leur division… Las, les Twins ne purent profiter de la faiblesse de leur division tant ils en furent la malheureuse illustration.

Plombés par les blessures et les mauvaises performances individuelles, les Twins étaient déjà hors course à la Trade Deadline. Tandis que José Berrios (Blue Jays), Nelson Cruz (Rays) et J.A. Happ (Cardinals) s’échappaient, Kenta Maeda et le closer Trevor Rogers partaient finir leur saison à l’infirmerie, lieu de villégiature favori de Byron Buxton quand il n’aligne pas des performances de MVP en puissance sur le terrain.

Seul rayon de soleil dans la saison des Twins, la Bomba Squad, et cette capacité de sa lineup à sortir la balle de l’aire de jeu. Photo : DR

On reparlera de Buxton un peu plus loin, tant il a impressionné de ses quelques semaines de présence en début et fin de saison. Comme toujours serais-je tenté de dire, si seulement son corps pouvait tenir le coup… Pour le reste du lineup, les Twins comptaient une fois de plus sur la puissance et pas grand-chose d’autre : 17emes de MLB à la moyenne, 14emes au nombre de points marqués mais cinquièmes au nombre de Home Runs, la Bomba Squad s’est offert un dernier galop avant la dissolution : 33 bombes pour Jorge Polanco, 30 pour Miguel Sano, 26 pour Josh Donaldson, 19 pour Cruz, Buxton et Kepler (en 61 et 85 matchs respectivement pour les deux premiers), le plan était simple et sans trop de finesse.

Le roster était complété par la paire Andrelton Simmons – Luis Arraez dans le côté gauche de l’infield, aussi précise défensivement qu’inconséquente au bâton malgré la bonne mais peu productive moyenne au bâton du second (.294, .357, .376) tandis que Mitch Garver et Ryan Jeffers se partageaient les responsabilités au catch sans que l’un ou l’autre ne prenne un avantage véritablement significatif. A noter enfin, les arrivées dans le Show d’Alex Kirilloff et Trevor Larnach, prospects 1 et 3 des Twins avant la saison, qui n’ont pas spécialement brillé mais on pu enchainer du temps de jeu (60 matchs pour Kirilloff avant une blessure au poignet  qui a terminé sa saison, 79 pour Larnach, appelé au mois de Mai et renvoyé en Triple-A a la mi-août) en vue de la saison 2022.

Le top prospect des Twins, Alex Kirilloff a fait ses grands débuts en MLB lors de la saison 2021. Photo : Getty Images

Mais si le bilan du lineup peut se résumer en « bien mais pas top », c’est une toute autre histoire pour le pitching staff. On savait le bullpen des Twins un peu léger après les départs combinés de Sergio Romo, Trevor May et Tyler Clippard entre autres. Avec un ERA collectif de 4.39 pour la relève (20e en MLB), il n’y a pas eu de surprise… si ce n’est l’effondrement total du closer Alex Colome au cours d’un mois d’avril ou il affichait un bilan cataclysmique avec trois défaites et trois sabotages pour un ERA de 8.31 en seulement 9.2 manches lancées.

Il s’est ensuite repris sans pour autant atteindre son niveau de la saison 2020, remplacé au poste de Closer par Hansel Robles, lui aussi décevant (44 IP, 4.91, 10/12 SV) jusqu’à son trade à Boston, avant que Taylor Rogers (40.1 IP, 3.35, 9SV/13) ne récupère le poste après l’avoir perdu en 2020. A noter aussi le bon travail de Caleb Thielbar (64 IP, 3.23), Tyler Duffey (62.1 IP, 3.18) ou encore Jorge Alcala (59.2 IP, 3.92) pour manger des innings et compenser les absence de la rotation

Car si l’on attendait un bullpen un peu faiblard, on pouvait, à raison, attendre de belles choses de la part de la rotation. Que nenni ! Entre contre-performances, blessures et trades en cours de saison, les starters des Twins (5.18) finissent avec le 25e ERA des Majors, le 13e d’American League devançant seulement les Rangers et les Orioles.

Encore une fois, José Berrios a été à la hauteur pour les Twins … avant de se faire trade à Toronto. Photo : Getty Images

Satisfaction de la saison cote starters, Jose Berrios et Michael Pineda affichent respectivement un ERA de 3.48 pour 121.2 manches lancées et un ERA de 3.72 pour 106.1 manches. Un nombre réduit d’innings dû au trade Berrios et à une litanie de blessures pour Pineda. Bailey Ober (20 GS, 92.1 IP, 3-3, 4.16), rookie appelé en mai, s’en sortait plutôt bien dans un contexte difficile tandis que Kenta Maeda, même avant sa blessure, avait du mal à convaincre (106.1 IP, 4.66, 6-5).

Mais que dire des lanceurs vétérans sensés apporter force et stabilité à la rotation : J.A. Happ lançait 98.1 manches pour un ERA de 6.77 avant d’être tradé ; Matt Shoemaker faisait encore pire avec un ERA de 7.28 en une cinquantaine de manches avant d’être DFA puis libéré par la franchise.

Et voila comment les Twins, avec une attaque tout juste moyenne et un pitching surprenant de médiocrité, sont passés de contender à mollusque rampant dans les bas-fonds de l’American League. Et maintenant ?

La Saison 2022

Et maintenant ? Et bien on ne sait pas trop. Avant le lockout, les Twins ont offert une extension de contrat de 7 ans (et $100 millions) à Byron Buxton : une affaire en or si il arrive à jouer quelques saisons entière, un coup (de millions) dans l’eau sinon. Ils ont également signé pour un an le lanceur Dylan Bundy, qui cherchera une fois de plus à se relancer après une saison galère chez les Angels. Mais sinon, rien.

Et puis, le lockout s’est terminé et, en deux jours, les Twins ont opéré un petit manège assez surprenant, pour ne pas dire incompréhensible : ils ont tout d’abord envoyé leur talentueux receveur Mitch Garver aux Rangers en échange du polyvalent et excellent défenseur Isiah Kiner-Falefa. Ça se tient.

Le nouveau receveur des Twins, Gary Sanchez qui est arrivé dans un trade avec les Yankees. Photo : Staff AP sports

Ce dernier restera dans la légende de la franchise puisque dans la foulée, ils ont envoyé ce même IKH en compagnie de Josh Donaldson (et son gros contrat) chez les Yankees en échange de Gio Urshela et Gary Sanchez…  Un receveur et un 3B dans chaque sens au final, si l’on exclut les quelques prospects qui ont garni ces échanges, mais difficile de voir la valeur ajoutée de ces trades pour les Twins, si ce n’est d’avoir pu se débarrasser du salaire de Donaldson.


Le même jour, les Twins ont également envoyé leur premier pick de la dernière draft (Chase Petty, Pick 26) pour recruter Sonny Gray. Un move que l’on peut comprendre pour une équipe qui veut s’estimer compétitive cette cette saison. Mais est-ce vraiment le cas ?

Outre Sonny Gray, ace en puissance mais aux performances en dent de scie depuis le début de sa carrière, le reste de la rotation se compose pour le moment de Dylan Bundy, Bailey Ober, Joe Ryan et Randy Dobnak. Même si un renfort supplémentaire (Frankie Montas ?) est espéré du côté de Target Field, cela semble bien léger pour exister, même dans la torpeur de l’AL Central, et bien plus encore lors d’une éventuelle postseason.

Même topo dans le bullpen, ou le seul Jharel Cotton vient renforcer une unité de relève qui a perdu Alex Colome, et qui sera une fois encore menée par Taylor Rogers. Un bullpen (avec Duffey, Alcala, Thielbar) qui rentre aisément dans la catégorie « pas pire », mais en aucun cas un bullpen de contender.

Et c’est la même chose au niveau du lineup : Là encore, il y a des joueurs de qualité, là encore il y a  du potentiel, mais il ne semble pas y avoir de réel équilibre dans la construction de l’effectif. L’infield, composé de Gary Sanchez (C), Miguel Sano, Luis Arraez, Jorge Polanco et Gio Urshela, est une surprenante collection de « Wannabe » et de « Could have Been » avec un fil rouge de puissance (sauf pour Arraez) et d’irrégularité chronique.

L’outfield appartient à Byron Buxton, le facteur X de cette équipe et le roi du champ centre, qui partagera le champ extérieur avec Max Kepler à droite et le jeune Trevor Larnach à gauche . Si Buxton a toutes les qualités d’une Méga-Star, Kepler a, un peu comme Polanco et Sano, celles pour se faire une place comme un très bon joueur de MLB.

Mais là encore, c’est la régularité qui manque et une saison 2019 de très bonne facture (OPS+ de 123 et 20e place au MVP) n’occulte pas le fait qu’a 28 ans, il reste un simple joueur moyen bon de Ligues Majeures. On attendra de voir à l’œuvre Larnach et Alex Kirilloff (DH), mais difficile de les voir s’épanouir dans un lineup qui inquiète de toutes la manières possibles.

C’est souvent quand l’on ne comprend pas un plan qu’il s’avère absolument génial alors écoutez, je vais souhaiter aux Twins une saison heureuse et pleine de succès et qu’ils me fassent mentir. Mais j’ai quand même vraiment l’impression qu’ils ont perdu un an dans ce qui devrait d’ores et déjà être une reconstruction en profondeur…

La Star : Byron Buxton

Ça fait deux trois fois depuis le début de cet article que je vous parle de Byron Buxton alors parlons-en, de Byron Buxton. Il est l’un de ces MVPs de verre qui semblent émerger de plus en plus ces dernières saisons. Comme Trout, comme Tatis Jr., comme Acuña Jr., il brille de mille feux et s’éteint avant que l’été ne lui sourie.

Il fut encore une fois, en 2021, l’énigme et la frustration majeure de ce roster. Il a tout de même réussi à accumuler 4.5 WAR avec 19 Home Runs, une slash-line de .306/.358/.647, et un OPS+ de 171, en seulement 61 matchs disputés principalement en avril et septembre. Dommage, la saison de 60 match était un an plus tôt, il en a joué 39.

Joueur de contact capable de faire parler sa – relative – puissance, bon coureur de base il est également doté d’une qualité défensive hors norme à son poste de center-fielder : ses 10 runs défensifs sauvés la saison dernière sont la quatrième meilleure performance au poste en American League sur la saison entière. Pas mal quand tu n’as joué que 40% des matchs…

Gold Glove en 2017 lors de sa seule saison à plus de 100 matchs, deux fois dans le Top 20 du MVP (2018 et 2020), Byron Buxton reste un talent incroyable et les Twins en sont conscients, eux qui viennent de lui offrir un contrat de 7 ans et 100 millions de dollars. Mais le temps passe pour le joueur qui, à 27 ans et en sept saisons de MLB, n’a pas encore disputé 500 matchs de Big League.

Il est et restera l’un des plus grands casse-têtes offerts aux joueurs de Fantasy, une source d’euphorie et de désespoir continue pour les fans des Twins, et un point d’interrogation constant pour les observateurs : verra-t-on un jour tout le potentiel de Byron Buxton s’exprimer sur une saison complète ?

Le Joueur à Suivre : Bailey Ober

J’aurais pu vous parler d’Austin Martin, le top prospect des Twins, récupéré l’été dernier dans le trade de Berios aux Blue Jays. Center Fielder ou Shortstop, il est possible qu’on le voie très bientôt dans les Ligues Majeures et il serait judicieux de garder un œil sur lui.

Entré sur la pointe des pieds en MLB, Bailey Ober pourrait être la bonne surprise du pitching staff des Twins grâce à son controle magistral. Photo : AP Photo/Jim Mone

Mais je vais plutôt vous parler du jeune lanceur Bailey Ober, entré discrètement dans la rotation des Twins au mois de mai 2021, et qui a plutôt bien tiré son épingle du jeu malgré le contexte en terminant la saison avec un ERA de 4.16 en 20 matchs débutes, 92 manches au compteur, un ERA+ de 102 et un SO/9 de 9.4 (96 SO).

Drafté au 23e tour par les Dodgers en 2016 puis au 12e par les Twins en 2017, il a rejoint les Minnesota et a fait son bonhomme de chemin sans se poser de question dans les Minor Leagues, passant tous les échelons sans trop de mal pour un ERA de 2.41 (et un SO/9 de 11.1 tout de même) quatre saisons.

Sur sa demi-saison dans les Majors, il ne s‘est pas spécialement illustré par sa puissance, avec une rapide qui touche les 92% en moyenne, mais plutôt par un contrôle absolu de sa zone de strike (5.05 SO/W) et par une bonne utilisation de ses lancers secondaires, notamment un changeup dévastateur.

Si le futur des Twins à court terme, semble bien incertain,  Bailey Ober pourrait être la bonne surprise qui donnera du baume au cœur aux fans de Minneapolis ces prochains mois.

Le Prono

On a beau essayer, il y a du talent dans cette équipe, des virtuoses et des revanchards, des puissants et des malins, quelques jeunes qui montent, mais difficile de voir comment les Twins pourraient lutter avec les White Sox cette saison, et ils pourraient bien, rapidement, se faire avaler pour de bon par les Tigers et les Royals.

Alors certes, il y a une énorme flopée de bons prospects (cinq dans le top 100 MLB, tous attendus à partir de 2022), et c’est peut-être ce qui pousse le Front Office des Twins à ne pas entamer une reconstruction pour le moment, mais difficile de voir ce groupe de jeunes joueurs faire une différence avant un ou deux ans.

A défaut de reconstruction, 2022 a tout d’une saison de transition, et on regardera Target Field d’un œil distrait et pour quelques individualités plutôt que comme le stade ou la magie opère.

Prono TSO : 69-93, 5e en AL East
Prono FanGraphs : 75-87, 4e en AL East


Laisser un commentaire