Preview 2021 – Miami Marlins : retour à la raison?

Après le marasme et la déprime de l’hiver 2020 accouchant d’une pandémie mondiale et d’une saison MLB raccourcie façon premier lavage à 60°C, TSO revient aux sources et à ses premiers amours : l’écriture. Et si pour le commun des mortels, l’arrivée du printemps signifie l’éclosion des bourgeons et les premiers chants d’oiseaux, pour la grande famille du baseball, printemps rime avec entraînement. Celui du spring training, des premières sorties avec de nouvelles couleurs pour certaines stars et de vieilles retrouvailles avec des rosters déjà bien armés pour d’autres. Que l’on soit fan de la petite balle blanche ou non, le printemps signifie surtout la préparation, le devenir. Et sans révolutionner votre quotidien, The Strike Out vous apporte son brin d’espoir : les fameuses 30 franchises en 30 jours. Direction le Sunshine State chez les Miami Marlins.

Resiliency And Redemption Define Journey Towards 2020 MLB Postseason For  Miami Marlins

Retour sur 2020

S’il y a une équipe qui nous a bluffé en 2020, c’est bien celle des Miami Marlins! Dans une NL East très relevée avec les Braves, les Nats (champions 2019), les Phillies et les Mets, on ne les imaginait pas une seule seconde jouer un rôle. Le format inédit de la saison avec ces affrontements face aux équipes de AL East (Yankees, Rays, Blue Jays ou Red Sox) ne laissait rien augurer de bon non plus. Si on ajoute à cela le méga cluster covid après seulement 3 matchs disputés, qui laissera l’équipe sur la touche pendant 8 jours et qui décimera la moitié de l’effectif, qui aurait misé une pièce sur la participation des Floridiens à la postseason pour la première fois depuis 17 ans… et même sur une qualif pour les NLDS?! Alors vous me direz « il y a eu plus d’équipes qualifiées que d’habitude »… et bien je vous répondrais qu’avec leur bilan de 31 victoires et 29 défaites, les Marlins auraient quand même pu se qualifier pour les playoffs dans un format normal puisqu’ils partageait le même bilan que les Reds, et les Cardinals étaient derrière avec 30-28 (2 matchs non joués car sans importance pour le format élargi). Il aurait sans doute fallu départager ces 3 équipes pour la 2e Wild-Card derrière les Padres (37-23). Sur ce format ultra compétitif de 60 matchs, les Marlins avaient donc leurs chances pour une qualif à la régulière avec les 5 équipes par Ligue.

Alors comment en est on arrivé là? Tout d’abord grâce à l’habilité de Don Mattingly, très justement sacré Manager de l’année en National League. Les circonstances covid et un effectif au talent MLB limité l’ont contraint à faire confiance encore plus que prévu à la réserve : certains joueurs propulsés en Majeurs n’avaient ainsi jamais joué au-dessus du niveau Simple A! Au total, Mattingly a utilisé 61 éléments dont 37 lanceurs!

Côté attaque : 3 joueurs ont pu disputer quasiment toute la saison et ont été les plus réguliers : Brian Anderson (AVG .255 ; 11 HR et 38 RBI) ; Corey Dickerson (.258 ; 50 hits en 52 matchs) et Jesus Aguilar (.277/.352/.809 ; 34 RBI en 51 matchs. Une demi-saison mais des supers stats à signaler pour Garrett Cooper : .283/.353/.500. Le gros avantage de ce lineup 2020 des Floridiens c’est que le danger pouvait finalement venir de partout (Rojas, Alfaro, Berti and co.) et la seule petite déception aura été l’éternel grand espoir Lewis Brinson (j’en avais fait mon favori pour le NL ROY en 2019) qui n’est toujours pas parvenu à décoller (AVG .226 et OBP .268).

MLB on Twitter: "For the first time in 17 years, the @Marlins are in the  postseason! #CLINCHED… "

Côté rotation ça ne faisait pas rêver sur le papier et au final Lopez, Alcantara, Sanchez, Castano ou Hernandez – qui ont starté chacun entre 5 et 11 matchs – ont tous affiché une ERA de moins de 3.61. Dans cette formation sans vraie Ace mais très homogène, le plus utilisé aura été Pablo Lopez avec ses 11 starts (57.1IP) et une WHIP de 1.186. Mais la révélation de cette rotation c’est bien sûr Sixto Sanchez! Le top prospect de la franchise (21 ans) était la pièce majeure récupérée par les Marlins dans le trade de J.T. Realmuto aux Phillies. Il a parfaitement géré ses débuts en MLB avec 6 starts ; 33K en 39 IP. Il s’est même offert une place dans la rotation pour la postseason… de quoi donner le sourire à Derek « President » Jeter qui a au moins réussi ce move dans son opération rebuilding au bulldozer. Dans le bullpen : Brandon Kintzler a brillé avec une ERA de 2.22 ERA et 12 SV, bien lancé par Yimi Garcia (ERA 0.60) ou James Hoyt (ERA 1.23).

Non contents d’être qualifiés pour les playoffs et après fait un joli move à la Deadline pour récupérer Starling Marte (.281/.340/.770 entre les DBacks et les Marlins), ces surprenants Floridiens ont même poursuivi le rêve un peu plus longtemps que prévu. Sans trembler, ils ont écarté au premier tour de Wild-Card de bien pâles Cubs 2-0. Tout au long de la saison, on se disait qu’ils allaient bien finir par craquer… ce fut le cas en NLDS face aux Braves, favoris sur le papier. Et la lutte n’a eu lieu que dans le Game 1 : Miami qui menait 4-3 à l’issue de la 3e manche, finit par s’incliner 9-5. Ce fut plus compliqué dans les Games 2 et 3 et la belle aventure floridienne prenait fin.

La Saison 2021 :

On va pas se mentir, refaire le miracle de 2020 va être particulièrement difficile à réaliser pour nos amis de Miami. Don Mattingly est parvenu à tirer le meilleur de son groupe et grâce à une mentalité de gagnant de ce groupe revanchard, les Marlins se sont hissés en playoffs. C’est donc naturellement que le front office désormais emmené par Kim Ng, la première femme a atteindre (enfin) le poste de GM a misé sur la continuité. Il est vrai que les jeunes commencent enfin à arriver dans l’équipe fanion comme Sixto Sanchez, éblouissant en postseason, Trevor Rogers, Jazz Chisholm ou encore Jesus Sanchez. Même si ces derniers ont eu un peu de mal à s’adapter au niveau MLB, ils auront la chance d’être bien encadrés par un groupe expérimenté avec en tête de gondole Starling Marte, arrivé en Aout 2020, Corey Dickerson ou encore Jesus Aguilar.

Starling Marte fractures hand in game against Cubs - MLB Daily Dish
Starling Marte, le leadoff hitter de Miami, a rejoint les Marlins en aout 2020

On l’a vu dans le paragraphe précédent, ils ont fait le boulot la saison dernière et seront là pour tenir le fort avant l’arrivée massive des pépites des Marlins. Car oui, malgré la participation surprise en posteason, il ne faut pas oublier que le club est toujours en reconstruction. Et l’intersaison a prouvé que dans la tête de la direction, on n’a pas oublié cela. Difficile pour Ng de faire beaucoup de mouvement puisque ce sera sa première année, il faut donc encore s’habituer à ses nouvelles ressources. C’est pourquoi, et je l’ai dit un peu plus haut on mise sur la continuité. C’est simple au niveau offensif, on n’a assisté qu’à une petite arrivée, celle d’Adam Duvall qui viendra évoluer au poste de RF puisque Lewis Brinson ne parvient toujours pas à s’imposer. Sinon silence radio, l’objectif est clair, on laisse progresser les jeunes. Pour la rotation même principe. La rotation est très jeune avec une moyenne d’âge estimée à 24 ans.

Mais le talent semble au rendez-vous et même si des Pablo Lopez, Sandy Alcantara ou encore Elieser Hernandez ne sont pas des aces, ils sont au mieux des lanceurs très corrects de MLB et au pire ils seront des mangeurs d’innings. Car on le sait le futur ace de la franchise ce sera Sixto Sanchez, mais évidemment on en parlera un peu plus bas. On a hâte de voir comment il va gérer cette deuxième année. Au niveau du bullpen, on a juste remplacé les départs. Brandon Kintzler et José Urena ne sont plus là, mais ils ont été remplacé par Dylan Floro (ex-Dodgers, 2.59 d’ERA) et John Curtiss (ex-Rays, 1.80 d’ERA). Des trades intéressants avec des releveurs de talent. Mais on a aussi renforcé en quantité avec des signatures de joueurs costauds comme Adam Cimber ou Ross Detwiler.

Pas de pointures mais du talent et une profondeur intéressante. Pour résumer, ça travaille très bien du côté de Miami, et on assiste peu à peu à la fin du rebuild. Ce sera sans doute la dernière chance pour des jeunes joueurs de gagner un ticket pour le futur des Marlins et il ne faudra pas se rater. Car quand on sait qu’il reste encore des pépites comme JJ Bleday ou Edward Cabrera que beaucoup estiment être encore meilleur que Sixto, le futur s’annonce radieux à Miami. Mais pour le présent ce sera encore un peu tot.

Le joueur à suivre : Sixto Sanchez

Il a fait des débuts remarqués lors des dernières semaines de la saison 2020,  affichant une balle rapide capable de titiller les 100 mph dès sa première sortie face aux Nationals, les champions sortants, faisant taire l’attaque des Rays sur 7 manches lors de son second start dans les Majors puis celle des Braves pendant 6 manches lors de sa quatrième sortie. Si Sixto Sanchez a alterné le bon et le moins bon sur ses sept premiers matchs dans les Big League, il a su, sans aucun doute, marquer les esprits aux moments les plus propices.

Reçu des Phillies lors du trade envoyant J.T. Realmuto en Pennsylvanie, Sixto Sanchez s’est vite imposé comme l’un des prospects les plus brillants du farm system des Marlins, et sans aucun doute le pitcher le plus excitant à avoir fait ses débuts dans le Show sous le maillot des « Fish » depuis le regretté José Fernandez.

Avec un gabarit inférieur a celui de nombreux lanceurs et une mécanique de lancer qui semble copiée au détail sur celle de son idole, Pedro Martinez, Sixto Sanchez semble nous faire une promesse : il est prêt à nous faire revivre, sur les terrains de National League, la domination de l’ancienne star des Expos et des Red Sox au tournant du millénaire.

Et avec un arsenal comme le sien, une balle rapide à 100 mph, un changeup et une balle courbe qui semblent manquer de mouvement jusqu’au moment où les batteurs se rendent compte qu’ils se sont fait piéger, un sinker qui part à la vitesse d’une fastball pour tromper les batteurs à plus de 95mph et un slider absolument écœurant dans les bons jours mais qu’il ne maitrise pas encore totalement.

Mais hey, souvenez-vous, Sixto Sanchez n’a pas encore 23 ans, et il sera encore rookie en 2021. Il possède un arsenal de pitchs redoutable et a déjà la capacité à les varier à bon escient. Sixto Sanchez ne sera peut-être jamais Pedro, mais il est déjà « Sixto » , et cela suffit à nous mettre l’eau à la bouche.

La Star : Don Mattingly

La saison 2020, raccourcie ou non devait être un nouveau chemin de croix pour Don Mattingly, coutumier du fait depuis son arrivée dans la franchise floridienne en 2016. Avec une équipe faiblarde en attaque, moyenne sur la butte et peu reluisante en défense, on s’attendait à ce que les Marlins fassent leur métier de punching-ball de la NL East, et encore plus quand le roster fut décimé, absolument désossé par un foyer de Covid qui aura mis à pied 18 des 30 joueurs du roster actif de Miami.

Alors Don Mattingly a travaillé, avec son staff, pour composer le meilleur effectif possible avec ce qu’il avait dans le farm system de la franchise. De cet effectif de bric et de broc, composé de cadres, d’espoirs et de joueurs que Mattingly, de sa propre admission, n’avait « jamais rencontré », l’ancien MVP d’American League a tiré plus que le maximum, remportant cinq matchs consécutifs pour le retour des Marlins sur les terrains à partir du 4 aout.

Personne n’illustre mieux cet état d’esprit et cet enthousiasme quasi-mystique qui se sont emparés des Marlins alors que tous les voyants étaient au rouge que les performances défensives d’Eddy Alvarez, ancien médaillé olympique en short-track (oui oui, du patinage de vitesse) et rookie trentenaire à l’enthousiasme débordant.

Et Mattingly n’a pas seulement insufflé cet enthousiasme et tiré le maximum tactiquement et mentalement des hommes qu’il avait à sa disposition. Il a su mettre à profit les saisons calamiteuses des Phillies, des Mets et des Nationals pour aller plus loin et remporter la deuxième place qualificatives pour la postseason. Plus d’effet de surprise, les Marlins ont bel et bien gagné le droit de rencontrer les Cubs lors du Wild Card Round, et de les battre…

Manager of the Year, Don Mattingly a fait plus que rendre le sourire aux supporters confinés des Miami Marlins, il leur a permis de rêver jusqu’aux premiers jours d’Octobre. Et pour cela, merci Donnie Baseball !

Notre Prono :

La saison 2020 fut un conte de fée pour les Marlins, un vrai de vrai avec l’Apocalypse en préambule, les héros improbables, la magie et un happy-ending à l’automne avant de laisser, logiquement, les gros bras en découdre. Mais soyons clairs, ce qui a pu se passer sur 60 matchs dans un contexte inédit ne se reproduira pas en 2021 sur une saison de 162 matchs, et les rivaux des Marlins ne planteront pas tous leur saison comme les Mets, les Phillies et les Nats ont pu le faire en 2020.

Les Marlins, au moins pour cette saison, devraient reprendre leur rôle de souffre-douleur de la National League East, mais Mattingly, Ng et Jeter sauront sans aucun doute tirer les leçons et les enseignements de cet été improbable pour construire l’avenir. Et l’avenir, au-delà de 2021, semble radieux pour les Miami Marlins.

Le Prono TSO : 64-98
Projection PECOTA : 68-94

 


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