Baseball & cinéma : Une Grande histoire d’amour!

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Chers fidèles lecteurs, je me dois d’être honnête avec vous : cela fait plus d’un an (pour ne pas dire deux) que cette idée d’article sur les films de baseball me trotte dans la tête. Je n’ai jamais pris la peine de m’y consacrer pleinement, à chaque fois rattrapée par l’actualité brut (previews, saison, draft, All-Star week-end, postseason, free-agency…) et ce papier prenait la poussière dans la catégorie « Brouillons »… Mais le 12 mars dernier, la MLB prenait la décision – cruelle mais logique – d’annuler la suite du Spring Training et de reporter l’Opening Day à une date indéterminée en raison de l’épidémie de Covid-19. S’en est suivi un brainstorming à distance avec les collègues de la rédaction TSO pour organiser les prochain(e)s jours/semaines afin de vous proposer du contenu inédit pendant cette pause. A partir de là, plus d’excuse : cet article « Baseball & cinéma » devait voir le jour car plusieurs films nommés sont disponibles sur les plateformes de VOD (je vous renvoie à l’excellent article de Gaétan pour trouver ça) et on a tous un peu plus de temps qu’à l’ordinaire. J’ai fait le choix de répertorier les films par ordre chronologique de sortie en salles, car trop compliqué de les classer par préférence tant les genres sont différents. Dans la culture américaine, les films de baseball permettent d’aborder plein de sujets (société, Histoire, foi, pardon, rédemption, revanche, amour, succès, échec…) par le prisme du sport. On se pose avec le popcorn et on se régale!

The Pride of the Yankees (La Fierté des Yankees / Vainqueur du destin) – 1942 

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Un film consacré à une légende du baseball interprétée par une légende du cinéma… que demander de mieux pour ouvrir cet article! Gary Cooper est Lou Gehrig dans cette « great american story » : l’histoire du petit Henry Louis qui joue au baseball avec ses copains dans les rues de New York avec un bout de bois en guise de batte… et qui deviendra the Iron Horse avec 2130 matchs consécutifs (un record qui tiendra 56 ans jusqu’à Cal Ripken Jr.), 6 World-Series, 7 sélections au All-Star Game, 2 trophées de MVP…

« I consider myself the luckiest man on the face of the Earth », Lou Gehrig.

Cruelle ironie, l’Homme de fer est mis à terre par la maladie à l’âge de 36 ans. Il annonce souffrir d’une maladie neurodégénérative incurable (ALS – Amyotrophic Lateral Sclerosis) qui porte désormais son nom et il doit prendre sa retraite. Le 4 juillet 1939, il prononce l’un – et même – LE discours le plus connu de l’histoire du baseball, repris ci-dessous par Coop’.

Lou Gehrig succombera à la maladie deux ans plus tard en juin 1941… et un an plus tard sort donc sur les écrans ce film hommage à la vie de l’homme, plus d’ailleurs qu’à la réussite du joueur. Parmi les figurants de prestige : Babe Ruth, Bob Meusel, Mark Koenig, et Bill Dickey, coéquipiers de Gehrig (les trois premiers étant des membres du fameux Murderers’ row des Yankees de 1927 avec Gehrig, soit la meilleure équipe de tous les temps avec les Yankees de 1998), et le journaliste Bill Stern. Nommé à 11 reprises à la cérémonie des Oscars, le film remporte celui du meilleur montage.

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Le vrai Babe Ruth avec le faux Gehrig, Gary Cooper / Crédit DR.

The Natural (Le Meilleur) – 1984 

Après Gary Cooper, un autre monstre sacré du cinéma : Monsieur Robert Redford pour cette adaptation du livre éponyme de Bernard Malamud, sortie en 1952. Roy Hobbs est un jeune prodige du baseball destiné à une carrière hors du commun, mais son rêve est stoppé par une balle de revolver sur fond d’histoire d’amour/jalousie. Quinze ans plus tard, un Hobbs adulte, interprété par Redford, compte bien accomplir son rêve et signe un contrat de 500$ avec l’équipe des New York Knights. Avec sa batte magique (« Wonderboy » dont je vous laisse découvrir l’origine), il va réaliser exploit après exploit à l’entraînement pour enfin s’ouvrir les portes des matchs professionnels alors que beaucoup autour de lui se posent des questions sur son passé ou ses habilités (divines?).

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L’histoire fictive de Roy Hobbs est inspirée du vrai Eddie Waitkus, blessé par balle par un autre joueur en 1949. Impossible non plus de ne pas lire/voir dans le livre/scénario une allusion au destin de « Shoeless » Joe Jackson, impliqué dans le scandale des Black Sox. Démoli en 1998, c’est le War Memorial Stadium de Buffalo dans l’Etat de NY qui a servi de principal décor au film. Un autre stade de Buffalo, le All-High Stadium a lui été utilisé comme faux Wrigley Field dans une scène importante du film.

« The Natural » a reçu quatre nominations aux Oscars dont « Meilleure actrice dans un second rôle » pour Glenn Close. Il reste l’un des plus appréciés par les amoureux du baseball pour son scénario hollywoodien et l’interprétation de Redford.

Bull Durham (Duo à trois) – 1988

Dans beaucoup de classements que j’ai pu consultés à propos de ces « films de baseball », Bull Durham se classe très souvent sur le podium all-time. Le magazine de référence Sports Illustrated l’a même déclaré « Meilleur film de sport de tous les temps » en 2003, pas que meilleur film de baseball mais meilleur film de sport ! Du sport oui mais aussi de la romance !

bull durham

Bull Durham c’est l’histoire d’un triangle amoureux, d’où le titre français. Les trois protagonistes : Crash Davis (Kevin Costner) -> un catcher qui a passé un total de 21 jours en Major League et 12 ans en Minor League ; Ebby Calvin LaLoosh (Tim Robbins) -> un lanceur rookie qui arrive chez les Durham Bulls (Simple A) pour parfaire sa formation en compagnie du joueur vétéran ; et Annie Savoy (Susan Sarandon) une « baseball groupie » un peu mystique qui a pour particularité de choisir chaque saison parmi les joueurs de l’équipe un nouvel amant et disciple. Vous vous doutez bien qu’il va y avoir de la rivalité amoureuse et sportive entre les deux joueurs autour d’Annie.

Le scénariste et réalisateur Ron Shelton s’est en partie inspiré de sa propre expérience en Minor League. Après l’université, il  a évolué pendant cinq ans à plusieurs échelons, notamment dans le farm-system des Orioles, jusqu’en Triple A, mais aussi dans une Ligue Indépendante. A 25 ans, il décide d’arrêter sa carrière « pour ne pas finir comme Crash Davies » dira-t’il plus tard en interview. Il reprend des études d’arts avant de lancer sa carrière cinématographique cette fois à Los Angeles. En 2003, une cérémonie était prévue au Hall of Fame à Cooperstown en l’honneur des quinze ans du film, cérémonie finalement annulée par le président du HoF, Dale Petroskey, en raison des critiques de l’acteur Tim Robbins contre l’engagement américain dans la guerre en Irak après le 11 septembre. Kevin Costner avait alors défendu Robbins pour son « courage afin de faire vivre la démocratie ». Et puisque dans ce film, il est bien entendu question d’amour, sachez que Susan Sarandon et Tim Robbins – qui se sont rencontrés sur ce tournage – restèrent mariés pendant 20 ans!

Field of dreams (Jusqu’au bout du rêve) – 1989

Un an après la sortie de Bull Durham, Kevin Costner est à l’affiche d’un autre film de baseball. Pas de comédie romantique cette fois mais un film culte aux Etats-Unis, adapté du livre « Shoeless Joe » de W.P Kinsella.

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Alors qu’il travaille dans ses champs de maïs, le fermier Ray Kinsella (interprété par Costner) entend des voix qui le poussent à construire un terrain de baseball pour « lui » permettre de venir jouer. Le « lui » reste mystérieux quelque temps avant qu’il ne prenne l’apparence de Shoeless Joe Jackson, légende du baseball, mais banni de la Ligue pour son implication dans le scandale des Black Sox en 1919.

« If you build it, he will come… » – Field of Dreams.

D’autres figures mystiques vont s’inviter tout au long du film comme le romancier Terence Mann ou d’autres joueurs comme « Moonlight » Graham. Pour Kinsella, voir évoluer Shoeless Joe lui permet de se réconcilier avec son passé et de raviver la mémoire de son père disparu. Une vraie belle histoire de famille, de pardon, de croyance – non pas religieuse – mais spirituelle… Un très grand film.

Le 13 août prochain, les projecteurs du « Field of Dreams » vont se rallumer à l’occasion d’un match exceptionnel entre les Chicago White Sox et les New York Yankees. Comme on vous le racontait dans la preview 2020 des Chicago White Sox ici, les deux équipes s’affronteront dans un stade temporaire de 8000 places, construit dans un champ de l’Iowa à quelques mètres de l’original à Dyersville. Pour coller au plus près du film, les fans traverseront d’ailleurs le champ de maïs pour accéder aux tribunes! On ne sait pas encore si Kevin Costner sera présent au match et s’il pourra voir « en vrai » Aaron Judge…

Major League (Les Indians) – 1989

On change encore de registre avec ce film qui a fait connaître au public français (et pas de la meilleure façon possible !) la franchise des Indians de Cleveland. On est clairement là avec le meilleur film dans la catégorie « comédie ».

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Ancienne danseuse de Vegas, Rachel Phelps (interprétée par Margaret Whitton), hérite, de la franchise des Cleveland Indians, de son défunt mari. Elle n’imagine pas une seconde rester vivre à Cleveland et veut relocaliser l’équipe à Miami, plus dans ses standards ! Une clause le lui permet, si les Indians terminent derniers de la Ligue et que, par conséquent, la fréquentation moyenne à domicile tombe sous un certain seuil. Pour arriver à ses fins, Phelps engage comme manager de l’équipe, un coach de Minor League proche de la retraite, Lou Brown (joué par James Gammon), et offre le poste de GM à l’ancien manager – pas très performant – Charlie Donovan (joué par Charles Cyphers).

Le lineup est composé d’une invraisemblable galerie de joueurs aussi mauvais les uns que les autres, des personnages devenus cultes : la star égocentrique Roger Dorn (Corbin Bernsen) ; l' »Ace » Eddie Harris (Chelcie Ross) qui n’a plus grand chose dans le moteur ; le catcher véteran Jake Taylor (Tom Berenger) ancienne star mais dont les genoux ne répondent plus et qui ne peut même plus relayer jusqu’en 2e base ; le jeune outfielder grande gueule et jambes de feu Willie Mays Hayes (Wesley Snipes) ; le Cubain Pedro Cerrano (Dennis Haysbert) et ses pratiques vaudou dans le vestiaire… et le lanceur Rick Vaughn (Charlie Sheen), tout juste sorti de prison, qui peut lancer la balle dans les 90mph mais qui a bien du mal à le faire dans la zone… ce qui lui vaut bien sûr le surnom « Wild Thing ». Vous vous doutez bien que cette bande de losers ne va pas vraiment accomplir les plans de leur propriétaire…

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La statuette de Jobu et le vestiaire de Pedro Cerrano, image culte du film Les Indians / Crédit DR.

La plupart des scènes du Spring Training de nos Indians ont été tournés au Hi Corbett Field de Tucson en Arizona, camp des véritables Indians entre 1947 et 1992. Des joueurs de l’équipe de l’université locale (University of Arizona Wildcats) ont été utilisés comme figurants. Les scènes censées se dérouler dans le stade de Cleveland ont en fait été tournées au Milwaukee County Stadium en raison de la faible disponibilité du Cleveland Stadium entre les vrais Indians et les Browns (NFL) qui jouaient alors dans la même enceinte. Des scènes d’extérieur du stade ou de vues aériennes ont en revanche bien été réalisées pendant des matchs des vrais Indians.

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Les joueurs des Indians et leur insupportable propriétaire / Crédit DR.

La même année que la sortie du film, le lanceur des vrais Cubs, Mitch Williams, se voit attribuer le surnom « Wild Thing » en raison de son geste et de ses fréquents lancers fous. Comme pour le personnage de Rick Vaughn, l’organiste de Wrigley Field passait même la chanson quand Williams sortait du bullpen. En 1993, après son transfert chez les Phillies, Williams choisit de porter le numéro 99, le même que Vaughn !

De vrais ex-joueurs de MLB ont joué dans le film : Pete Vuckovich, AL Cy Young 1982, joue le rôle de l’ennemi juré des Indians, le 1B des Yankees Clu Haywood ; l’ancien lanceur des Brewers, Willie Mueller, devient le lanceur des Yankees « Duke » Simpson ; l’ancien catcher des Dodgers, Steve Yeager, est lui le coach de 3B Duke Temple ; et enfin l’annonceur mythique des Brewers, Bob Uecker, interprète le rôle de l’annonceur des Indians, Harry Doyle.

Je vous pose la question à vous, joueurs du dimanche : Qui n’a pas un jour rêvé de rentrer sur le terrain avec la chanson « Wild Thing » en fond sonore?

« Major League » connaîtra deux suites mais pas du tout du niveau de ce premier opus (« Major League 2 » avec une grande partie du casting original, et « Major League, back to the minors », avec Scott Bakula et une partie du casting original).

A League of their own (Une Equipe hors du commun) – 1992

MON FILM PRÉFÉRÉ DE BASEBALL!!! Ai-je besoin d’en dire plus?! Oui bien sûr, j’aimerai vous donner envie de découvrir ce film si vous ne le connaissez pas encore. « A League of their own » de la réalisatrice Penny Marshall raconte – de façon romancée – la création de la « All-American Girls Professional Baseball League » (AAGPBL) pendant la Seconde Guerre Mondiale, une histoire assez méconnue dans la grande Histoire du baseball américain.

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La AAGPBL a été fondée par l’homme d’affaires Philip K. Wrigley (celui qui a laissé son nom au Wrigley Field) pour permettre au public américain de continuer de voir des matchs de baseball pendant la guerre, alors que de nombreux professionnels de MLB étaient mobilisés et qu’il y avait des craintes sur la poursuite du championnat. Des joueuses de softball à travers tout le pays ont été invitées à passer des tests pour composer les dix équipes du futur championnat. Ces joueuses étaient choisies pour leur talent sportif mais en partie aussi pour leur attrait physique afin de satisfaire le public masculin des stades (macho macho macho men). Le film nous permet de voir énormément de scènes de baseball mais nous plonge aussi dans le quotidien de ces femmes qui ont laissé derrière elles leur famille pour rejoindre la Ligue. Certaines vivent aussi dans l’angoisse de savoir leur mari au front.

‘une des premières scènes cultes du film c’est justement cette journée de détection pendant laquelle les héroïnes vont faire connaissance : Geena Davis (Dottie) et Madonna (Mae) sont les têtes d’affiche avec à leurs côtés Rosie O’Donnell (Doris) ou Lori Petty (Kit) et Megan Cavanagh (Marla).

Toutes vont être réunis sous le maillot des Rockford Peaches, qui dans la réalité ont été la meilleure équipe du championnat avec 4 titres. Pour coacher ces joueuses, Jimmy Dugan, interprété par un génialissime Tom Hanks. Dugan, ancien MLBer plutôt penché sur la bouteille, n’est là que pour la rémunération et prend de très haut ce championnat et est très dur avec ses joueuses au point de les faire pleurer… ce qui nous offre LA réplique culte de ce film et même de tous les films de baseball…

« There’s no crying in baseball », Jimmy Dugan – Tom Hanks

… une phrase que beaucoup d’entre vous ont même déjà dû entendre sur un terrain car elle est entrée dans le langage commun du baseball.

Le vrai championnat AAGPBL a pris fin en 1954 car l’intérêt du public s’est un peu détourné de ses équipes pour retrouver les stars de la MLB. Afin de reconnaître l’existence et l’importance de la AAGPBL, le Hall of Fame a ouvert en 1988 un espace qui leur est dédié avec en exposition les tenues, battes, gants, photos, divers artefacts… et les vraies joueuses se rendent souvent à Cooperstown pour raconter leur parcours. Il y a aussi eu de très nombreuses rencontres entre ces héroïnes et les actrices du film, des rencontres sur le terrain bien sûr pour des matchs de charité.

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Les vraies Rockford Peaches / Crédit Sporting News.

The Sandlot (Le Gang des champions) – 1993

Si les puristes vont citer « Bull Durham » ou « The Natural » comme leurs films de baseball préférés, de très nombreux joueurs actuels partiront d’avantage sur le film qui les marqué dans leur jeunesse : les aventures de Smalls, Benny, Ham, Squints et Yeah-Yeah.

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Ce film, sorti en 1993, nous replonge dans les Sixties en Californie. Durant l’été 1962, Scotty Smalls et ses parents emménagent avec ses parents dans un nouveau quartier. Le gamin réservé essaye de se faire des copains en rejoignant une bande qui passe ses journées à jouer au baseball dans un terrain vague (« a sandlot » en anglais). Smalls n’a aucun talent et les autres se fichent bien de lui jusqu’à ce que le leader et meilleur joueur du groupe, Benny, le prenne sous son aile. Smalls apprend l’existence de « The Beast », un molosse qui vit de l’autre côté de la palissade…

Ce film familial sent bon la nostalgie et rappelle de bons souvenirs à tous ceux qui passaient leur été à jouer des heures entières avec les copains.

« You’re killin’ me, Smalls » – The Sandlot

Les acteurs du film se sont retrouvés il y a quelques années pour fêter les 25 ans de la sortie du film… là encore des retrouvailles sur un terrain!

The Fan (Le Fan) – 1996

On change complètement de registre en passant de la comédie familiale au thriller psychologique avec ce film qui met en scène deux grands acteurs : Robert De Niro et Wesley Snipes, le Willie Mays Hays du film « Les Indians ».

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De Niro est Gil Renard, un fan des San Francisco Giants, un fan plutôt obsédé par un joueur : Bobby Rayburn, interprété par Snipes. Obsédé au point de s’en prendre aux supporters qui critiquent son idole, aux adversaires et même aux coéquipiers de Rayburn, coupables aux yeux de Renard de l’empêcher de performer.

Dans ce film, il est question de menaces de mort, de meurtres, d’enlèvement d’enfant… sur fond donc de matchs MLB. Malgré son duo de stars, le film n’a pas reçu de bonnes critiques à sa sortie.

Hardball – 2001

Si « A League of their own » est mon film préféré all-time, j’ai un vrai coup de cœur pour le film « Hardball », sorti en 2001, et adapté du livre-témoignage « Hardball: A Season in the Projects » de Daniel Coyle. Direction les « projects » de Chicago, les quartiers pauvres de la ville.

hardball

Keanu Reeves joue le rôle de Conor O’Neill, parieur professionnel criblé de dettes. Pour rembourser une partie de ses dettes, il accepte – à contre-coeur – de coacher une équipe de quartier, les Kekambas, des gamins d’une dizaine d’années aussi indisciplinés que nuls sur un terrain. O’Neill déteste les gosses, déteste ce « job » et n’attend qu’une chose : toucher ses 500 dollars par semaine… mais Andre, Kofi, G-Baby, Jamal, Jefferson Albert Tibbs, Ray Ray voient en leur nouveau coach quelqu’un qui peut enfin les aider à sortir de leur quotidien bien sombre.

L’un des moments fort du film c’est quand O’Neill emmène sa troupe assister à un vrai match de baseball, ce qu’ils n’ont bien sûr jamais fait en raison de leurs faibles moyens. L’une des légendes des Cubs leur offre un vrai moment de bonheur, des étincelles plein les yeux pour ces gosses… ce qui rappelle peut-être des choses à certains d’entre vous qui auraient eu la chance de rencontrer leur idole, quelle qu’elle soit (baseball, sport, musique ou autres).

La bande originale du film hip-hop/RnB est un petit bijou avec du Notorious B.I.G, Lil’ Bow Wow, Lil’ Wayne, R Kelly, Jermaine Dupri…

The Rookie (Rêve de champion) – 2002

Ce film est l’histoire romancée mais véridique de Jim Morris, devenu un soir de septembre 1999 le plus vieux « rookie » de l’histoire de la MLB!

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Dennis Quaid interprète le rôle de Morris, un professeur de physique-chimie et entraîneur de l’équipe de son lycée. Drafté par les Brewers à l’âge de 19 ans, le jeune lanceur doit interrompre sa carrière après une cinquantaine de matchs en Minor League en raison de nombreuses blessures au bras. Père de famille et plus que trentenaire, Morris regarde la MLB de très loin jusqu’à un défi lancé par son équipe : si les lycéens, bien évidemment très mauvais et qui jouent devant des tribunes vides, remportent le championnat régional, leur coach s’engage à faire un essai auprès d’une équipe de Ligue Majeure…

Vous vous doutez bien évidemment que les garçons vont remplir leur part du contrat et reste donc à Morris à accomplir la sienne… ce qu’il fait auprès des Tampa Bay Devil Rays, dans un premier temps pas du tout intéressés par ce lanceur de 35 ans qui n’a jamais dépassé le niveau Single A pendant sa courte carrière… Je vous ai un peu spoilé en présentant le film… mais voici un deuxième indice…

Jim Morris #63
Qui peut bien être ce lanceur moustachu? / Crédit DR.

Petit clin d’œil à un film mentionné plus haut, Jim Morris joue dans le film pour les Durham Bulls…

Moneyball (Le Stratège) – 2011

Encore un film adapté d’un livre, encore un film qui met en scène une vraie équipe MLB, mais là on n’est pas dans la fiction mais bien au plus près de la réalité : la saison 2002 des Oakland Athletics et surtout la manière dont le GM Billy Beane bâtit son équipe. Le livre publié en 2003 par le journaliste économique/business Michael Lewis est lui aussi intitulé « Moneyball » mais avec en sous-titre : « The Art of winning an unfair game » [L’art de gagner dans un sport inéquitable] qui résume parfaitement la philosophie de Beane, interprété à l’écran par Brad Pitt.

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Eliminés des playoffs 2001 par les New York « Evil Empire » Yankees 2001 (#TheFlip), les A’s doivent reconstruire une équipe sans leurs stars Johnny Damon, Jason Giambi, Jason Isringhausen… en fin de contrat avec un budget ridicule comparé à la moyenne des autres franchises.

« Notre problème c’est qu’il y a les équipes riches et les équipes pauvres. Ensuite il y a dix mètres de merde et nous on est encore dessous, c’est un sport inéquitable », Billy Beane (Brad Pitt) – Moneyball.

Lors d’une visite dans l’organisation des Indians, Beane rencontre Peter Bran (dans la vraie vie : Paul DePodesta et à l’écran : Jonah Hill), un jeune diplômé en économie de la prestigieuse fac de Yale qui lui expose ses idées quelques peu révolutionnaires basées sur les fameuses sabermetrics. Pour résumer la pensée de Bran, il n’y a qu’une donnée qui compte parmi les innombrables stats : la faculté d’un joueur d’arriver sur base peu importe comment, par un walk c’est aussi bien qu’un hit, car l’essentiel est ensuite de marquer un point pour pouvoir gagner un match.

Nommé assistant GM, Brand propose, par exemple, de recruter des seconds couteaux comme le lanceur, Chad Bradford, au geste si particulier, l’outfielder vétéran David Justice et le catcher aux multiples blessures, Scott Hatteberg (Chris Pratt). Ses choix, sa méthode et le fait qu’il s’attire les faveurs de Beane lui valent de très nombreuses critiques des autres assistants et scouts de la franchise et aussi du manager Art Howe (Philip Seymour Hoffman).

On apprend dans ce film que Beane a la particularité de ne pas assister au match de son équipe… même quand ses A’s réalisent des prouesses au cœur de l’été 2002 et sont sur le point de battre le record d’invincibilité en American League qui appartient jusqu’alors aux Yankees de 1947 (19 victoires).

Que se passe-t-il ce fameux 4 septembre 2002 lors du match entre les A’s et les Royals avec la présence dans les tribunes de Beane? Je vous le laisse (re)découvrir! Aujourd’hui, Beane n’est plus GM des A’s mais a été promu Vice-président exécutif des opérations baseball et continue de développer sa philosophie. Notre A’s à nous, J-Sé, avait consacré un article à Billy ici.

Le film « Moneyball » a reçu six nominations aux Oscars (meilleur film, meilleure adaptation, meilleur acteur pour Pitt, meilleur second rôle pour Hill…).

42 – 2013

On a commencé cet article avec un joueur de légende, on le termine avec un autre joueur de légende! Le titre du film en question ne donne pas le nom de ce joueur, juste son numéro, le plus emblématique de l’histoire de la Major League… un numéro qui n’est plus porté par aucun joueur d’aucune équipe depuis la retraite de Mariano Rivera en 2013.

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« 42 » c’est bien sûr Jackie Robinson, l’homme qui a fait tomber les barrières de couleur dans le baseball : le premier joueur noir à disputer un match de Major League, le 15 avril 1947 sous les couleurs des Brooklyn Dodgers. Si le film est bien entendu centré sur Robinson (Chadwick Boseman), il rappelle le rôle capitale du propriétaire de la franchise dans l’Histoire: Branch Rickey (Harrison Ford).

Joueur des Negro Leagues quand il est recruté par Rickey, Robinson est envoyé à Montréal dans l’équipe de Triple A des Dodgers, les Royaux. Son talent lui vaut d’être appelé au bout d’un an à Brooklyn mais forcément sa présence dans la Ligue ne plaît pas à tout le monde… Si son nom est entré dans l’histoire du baseball, dans l’Histoire américaine tout court, il ne faut pas oublier les performances et le palmarès de Robinson : champion en 1955, 6 fois All-Star, NL MVP, NL Rookie of the Year…

Si plus aucun joueur ne porte désormais le numéro 42 en MLB, il y a une exception chaque année. Le 15 avril, date anniversaire des débuts de Jackie, c’est l’inverse : tous les joueurs de toutes les équipes portent ce numéro 42 pour rendre hommage au joueur et surtout à l’homme.

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La MLB rend hommage à Jackie chaque 15 avril / Crédit DR.

En complément du film, vous pouvez vous replonger dans les nombreux articles que nous avons consacrés à Jackie Robinson : son passage par Montréal pour jouer avec les Royaux ; ses débuts chez les Dodgers ; un focus sur la journée qui lui est dédiée chaque 15 avril ; ou encore l’interview de Bob Kendrick, président du Negro Leagues Baseball Museum.

Cette liste de films n’est bien entendu pas exhaustive et pour découvrir d’autres références, le site officiel de la MLB vient d’établir son classement des 25 meilleurs films de baseball avec différents témoignages de joueurs ou anciens joueurs (c’est ici). Vous pouvez établir votre propre classement et le partager avec nous comme le fait l’Ace des Nationals, Mad Max Scherzer!

Bon visionnage, bonnes découvertes et surtout #restezchezvous!


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