Kalin Boodman : « Le baseball est éternel »

Vous n’avez pas pu passer à côté de leurs tee-shirts, sweats ou casquettes, si comme nous, vous suivez l’actualité baseball sous toutes ses formes sur les réseaux sociaux. La marque américaine de vêtements Baseballism se fait un nom parmi les géants du secteur en misant sur de magnifiques designs et un côté vintage complètement assumé. The Strike Out a voulu en savoir plus sur ce (et ceux) qui se cache derrière le « Flying Man », « L’Homme drapeau », logo de la marque. Entretien avec l’un des fondateurs de Baseballism, Kalin Boodman.

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Les fondateurs de la marque Baseballism sur le site du tournage du film « Field of Dreams » / Crédit Baseballism

The Strike Out : C’est quoi Baseballism et comment est né ce projet ?

Kalin Boodman : Baseballism est une marque de vêtements et accessoires qui s’appuie sur l’histoire et la tradition du baseball. Le point de départ c’est le camp de baseball que nous avons monté avec des amis en 2006 et qui s’appelait justement « Baseballism ». Nous l’avons organisé pendant plusieurs années avant que les obligations professionnelles de chacun nous obligent à arrêter. Vers 2012, nous avons réalisé que les tee-shirts de notre camp étaient très recherchés. Nous avons alors lancé la marque, d’abord sur la plateforme de financement participatif « Kickstarter » et ensuite sur notre propre site internet.

TSO : Qui a créé le logo : l’homme au drapeau ?

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Kalin : C’est Travis notre PDG. C’est l’esprit créatif derrière la marque et c’est lui qui a créé l’homme au drapeau. L’homme au drapeau est inspiré de Babe Ruth. Grâce à ce dessin, on capte immédiatement la référence à l’histoire du jeu, la tradition et même l’essence de l’Amérique.

TSO : Quel est le message que votre marque veut faire passer ?

Kalin : On veut simplement montrer au monde à quel point le baseball est génial. On veut vraiment aider à diffuser les leçons positives que l’on a appris de ce jeu, de ce sport.

TSO : Comment travaillez-vous et qui réalise les super designs ?

Kalin : Là encore c’est Travis le responsable ! Pendant des années, il était seul pour créer nos modèles. Maintenant, il a une petite mais incroyable équipe de designers qui travaille avec lui. L’équipe que je dirige gère la logistique et les stocks, et on travaille vraiment en lien avec Travis pour développer de nouveaux produits et thèmes.

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Quelques unes des collections de Baseballism / Crédit Baseballism

TSO : Justement ces thèmes comme « 42 » (pour Jackie Robinson), « Roberto Clemente » (joueur de Pittsburgh décédé en 1972 dans un accident d’avion alors qu’il participait à une mission humanitaire), « Field of Dreams » (film dont nous parlions dans cet article) font partie des grandes histoires du baseball mais aussi de l’histoire et de la société américaine. D’où vient cette inspiration ?

Kalin : Le baseball a une telle longue et riche histoire qui s’entremêle directement avec celle du pays. On essaye vraiment de mettre en valeur cela.

TSO : Parlez-nous de la collection « Moon on a mission »…

Kalin : Justin Turner (3e base des Dodgers) et sa femme Courtney sont des clients et des soutiens de notre marque depuis des années. Ils ont toujours été très sympas avec nous. Ils sont aussi très actifs dans les domaines caritatif et philanthropique. Le concept « Moon on a mission » a été créé conjointement par Travis et le couple Turner qui a pris son chien comme modèle. L’idée est de lever des fonds pour la Fondation Justin Turner qui reversera l’argent aux associations de lutte contre le Covid-19.

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La collection « Moon on a mission » crée par Turner, le joueur des Dodgers, et Baseballism / Crédit Baseballism

TSO : Pendant cette crise sanitaire, vous avez organisé « le plus grand relais du monde », comment ça s’est passé ?

Kalin : C’était génial ! On avait des participants dans les 50 États américains, sur tout le territoire canadien ou presque et je crois sur tous les continents à l’exception de l’Antarctique. Les gens étaient excités de faire partie de cette aventure et c’était vraiment chouette de montrer que partout dans le monde le baseball pouvait rassembler.

TSO : Il y a une vraie touche « vintage » dans vos créations et les fans de baseball adorent ça, d’ailleurs les franchises aiment bien ressortir leur jersey retro. Pourquoi ce phénomène prend autant d’ampleur ?

Kalin : On en revient à ce qu’on disait sur l’histoire du jeu. Le baseball est éternel. Tant d’aspects de ce jeu, sa culture sont les mêmes aujourd’hui qu’il y a 50 ou 100 ans. Je pense que c’est ce qui fait que les gens apprécient ce côté vintage. Apporter cette touche à nos créations fait écho à ce qui touche nos clients.

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TSO : Une de mes collections préférées sur votre site c’est celle qui rend hommage au film « Les Indians » (« Major League » en VO, voir ici), et notamment le logo « Wild Thing » qui représente le lanceur Rick Vaughn, interprété par Charlie Sheen. Tant d’années après la sortie de ce film (1989), pourquoi est-il toujours aussi apprécié ?

Kalin : Je crois que les gens adorent les histoires de losers qui deviennent des vainqueurs. Ils adorent l’idée que si l’on travaille dur pour quelque chose, on peut changer son destin et trouver un chemin jusqu’au sommet. Et puis surtout, c’est un film tellement drôle.

TSO : Vous êtes très présents sur les réseaux sociaux pour promouvoir la marque et votre message. Pourquoi est-ce si important aujourd’hui ?

Kalin : Les gens vivent à travers les réseaux sociaux, pour le meilleur comme pour le pire. On peut capter une audience qui partage nos centres d’intérêts. Plus beaucoup de monde restent assis à la maison à regarder les pubs à la télé ou les lire dans les journaux.

TSO : Vous n’avez pas de licence MLB, est-ce que c’est quelque chose que vous aimeriez proposer dans le futur, ou votre amour pour le baseball sous toutes ses formes est plus fort que votre amour pour le baseball professionnel ?

Kalin : Il ne faut jamais dire jamais. On a déjà des produits qui font référence à la MLB, souvent avec humour. Mais c’est vrai que nos thèmes sont un peu à la marge. Il y a beaucoup de fans de baseball qui ne s’intéressent pas du tout à la MLB. On veut aussi toucher ces personnes-là, que nos produits résonnent avec leur passion, que cette passion soit ou non liée à la MLB.

TSO : Vous avez ouvert plusieurs boutiques aux États-Unis ces derniers temps, en plus de votre site internet. Il va falloir trouver des revendeurs en France, nous voulons trouver vos produits !

Kalin : Vous allez devoir nous aider pour ça !

TSO : Vous êtes basés à Portland, une ville qui n’a pas d’équipe de MLB, qui soutenez-vous ?

Kalin : Moi j’ai grandi comme fan des Pirates car ma famille est originaire de Pittsburgh, donc je les soutiens toujours. Mais je suis surtout fan des joueurs plus que des équipes. Je m’intéresse finalement plus au baseball universitaire qu’au baseball pro ces dernières années.

TSO : Portland est une ville particulière, un peu à part, avec sa propre culture, ses propres inspirations… quelle est votre relation avec celle ?

Kalin : C’est vrai que c’est une ville unique. Il y a beaucoup de marques qui portent la griffe de Portland. Je ne sais pas si les gens font attention à cela quand ils viennent sur notre site, car ça ne se voit pas tant que ça. Mais encore une fois comme notre message est de rassembler les fans et proposer des produits qui plaisent peu importe leur équipe de cœur, on ne fait pas trop attention à cette « étiquette Portland ». Maintenant du point de vue de notre entreprise à proprement parler c’est très important de créer une communauté sur place puisqu’on vit ici, on travaille ici, on a grandi ici. C’est important pour nous de soutenir le plus possible les équipes, les ligues et les associations de la ville et l’État de l’Oregon.

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Les Portland Mavericks / Crédit DR.

TSO : J’ai regardé récemment le documentaire « The Battered bastards of baseball », l’histoire des Portland Mavericks (club indépendant fondé par l’acteur Bing Russell qui a évolué dans les années 70 dans les Ligues Mineures ; doc à voir sur Netflix). Est-ce que cette équipe est encore populaire en ville, l’esprit de nostalgie qui l’entoure est-il toujours présent ?

Kalin : Elle reste très populaire. On voit tout le temps des gens dans la rue porter des casquettes Mavericks. Certaines personnes qui ont pris part à cette aventure habitent toujours ici et sont impliquées dans la communauté.

TSO : Aimeriez-vous voir naître une équipe MLB à Portland lors d’une prochaine expansion ?

Kalin : Bien sûr, ce serait génial. La ville a montré qu’elle possède des fans passionnés comme on le voit aujourd’hui autour des Blazers (NBA) et des Timbers (MLS). Et puis surtout, Portland proposerait sans aucune contestation, la meilleure bouffe et les meilleures bières de tous les stades MLB.

TSO : Qu’attendez-vous de cette saison MLB si particulière et que pensez -vous de l’annulation des championnats de Minor League ?

Kalin : Cette annulation est dramatique. Déjà que les joueurs ne gagnent pas grand-chose, donc là de ne pas jouer et donc de ne pas être payés c’est vraiment dur. Je ne sais pas trop à quoi m’attendre pour la MLB. Je pense simplement que cette saison raccourcie et ces nouvelles règles vont faire qu’on va vivre des choses complètement dingues.

The Strike Out remercie l’équipe de Baseballism.


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