Pourquoi le scandale des Astros provoque tant de colère ? The Strike Out donne la parole aux experts

La offseason n’a pas été paisible pour les Houston Astros, empêtrés dans un énorme scandale de tricherie. Ni les sanctions, ni la reprise du spring training n’ont calmé la situation. Les huées et les pancartes se succèdent dans les stades de Floride depuis le début du camp printanier de la franchise texane. Sur les réseaux sociaux, la réaction des fans ne se limite pas à de nombreux memes. Colère, insultes, demande de sanctions pour les joueurs ou carrément du retrait du titre obtenu en 2017 ne cessent d’envahir la toile. Plutôt que d’apaiser, les récentes sorties des joueurs Astros ont enflammé le débat, chez les fans ou d’autres joueurs de la MLB, comme nous en discutions dans l’épisode 11 du podcast Hype.

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Les memes ont fleuri sur le net après les révélations sur la triche des Astros

Pour mieux comprendre la réaction aussi houleuse du monde du baseball, The Strike Out est allé à la rencontre de trois spécialistes des questions d’éthique et de triche dans le sport. Dans un long entretien croisé, nos trois spécialistes apportent quelques clés de compréhension sur une situation conflictuelle qui parle autant du sport que de la société américaine. Une triple interview qui résonne également avec les débats que l’on peut connaître en France sur la tricherie sportive. Présentation de nos trois interviewés :

Jill Weinberg, Ph.D., Professeur de Sociologie à la Northwestern University, spécialisée dans les questions autour du sport, de la loi, des déviances, de la criminalité et du corps.

Shawn Klein, Ph.D., est Professeur de Philosophie à l’Université d’Arizona State, spécialisé dans l’éthique, la culture populaire et la philosophie du sport. Il tient un blog et des podcasts sur SportsEthicist.com.

Jason Turbow, journaliste et auteur de plusieurs livres sur le baseball dont The Baseball Codes, qui traite de la triche dans le baseball.

Selon vous, quels rapports entretiennent les américains avec les questions d’éthique, d’intégrité et de morale, notamment vis à vis du monde sportif, de la politique, des médias ou encore du « showbiz » ? Comment ces rapports ont évolué durant l’histoire américaine, notamment dans le baseball avec ces nombreuses histoires de triche comme les Black Sox, Pete Rose, les corked bats, l’incident Pin Tar de George Brett, etc ?

Jill Weinberg : Étant sociologue, je considère le monde sportif comme un microcosme ou un miroir de la société. Le sport est une institution qui perpétue et reflète les valeurs de la société. De plus, comme la société, les valeurs d’éthique et de moralité évoluent constamment. En même temps, les sports sont intrinsèquement compétitifs et la société valorise les gagnants. Donc, il n’est pas étonnant que la triche dans le sport existe parce que les sportifs adoptent souvent une philosophie «de la victoire à tout prix».

Shawn Klein : Je ne suis pas historien, donc je ne sais pas véritablement comment répondre à cela. Je ne voudrais pas peindre un portrait grossier de ce que sont les « Américains ». En règle générale, cependant, les américains ont tendance à avoir un respect sain pour ceux qui travaillent dur et travaillent dur avec un but. Ce qui importe, ce n’est pas seulement celui qui travaille dur, mais celui qui travaille dur pour accomplir quelque chose : que ce soit nourrir sa famille ou bâtir une entreprise, « a billion dollar company ».

En appliquant cela au sport, donc, les fans aiment et respectent un athlète qui est motivé par la victoire, par l’envie de gagner des titres, et qui est constamment dans le travail pour continuer à progresser. À l’inverse, la révélation que quelqu’un a triché cause un outrage parce qu’elle va à l’encontre de cette idée que l’Amérique a d’elle-même, d’être un pays ou l’on travaille dur pour réaliser ses rêves.

Jason Turbow : En règle générale, je ne pense pas que les américains soient plus ou moins éthiques que n’importe quelle autre nation dans le monde. Notre histoire est remplie de grands leaders avec des valeurs nobles… et il y a aussi notre Président actuel. Nous sommes une nation de grandes dichotomies.

En sport, cependant, c’est différent – et le baseball est différent des autres sports. Le code moral du baseball a été son fil directeur depuis sa création, et même s’il a toujours été robuste, il ne s’aligne pas nécessairement avec celui de la société civile. Par exemple, un certain degré de triche n’est pas seulement accepté dans le sport, mais attendu. Le sujet brulant du moment est le vol de signes – principalement les signes que le receveur fait au lanceur pour qu’ils puissent communiquer efficacement sur le type de pitch qui va être lancé. Au baseball, c’est acceptable qu’un coureur sur la seconde base, avec une vue directe sur le receveur, les décode et signale subtilement au frappeur à quel type de lancer il doit s’attendre. Même s’il n’est pas en mesure de tout décoder, il peut tout de même signaler comment le receveur s’installe – où il place son gant pour recevoir le lancer – afin que son coéquipier au bâton puisse au moins anticiper la zone dans laquelle le pitch arrivera.

Les équipes n’aiment pas trop que l’on vole leurs signes de cette manière, mais ils l’acceptent. Les règles tacites du sport disent plus ou moins que si une équipe se fait prendre à voler des signes de cette manière, ils arrêtent au moins jusqu’à la fin des séries en cours. Après ça, les choses peuvent revenir à la normale. Un ancien du baseball, George Bamberger, l’avait expliqué ainsi : un homme qui triche dans une partie de cartes entre amis est un tricheur, mais un homme qui triche pour nourrir sa famille est un compétiteur.

Des méthodes de triches comme les battes allégées (« corked bats ») sont relativement rares dans l’histoire du sport. Elle sont illégales, mais personne ne semble trop s’en soucier. La MLB punira toujours un joueur qui se fera prendre à en utiliser une, mais les adversaires n’y ont jamais donné une grande importance. Peut-être parce que c’est une initiative individuelle, et que des joueurs, dans toutes les équipes, ont l’opportunité de flirter avec le règlement en arrangeant leurs propres battes.

Pete Rose, c’était quelque chose de totalement différent. Il n’a pas triché pour aider son équipe à gagner; il pariait sur sa propre équipe quand les paris étaient expressément interdits. Les paris sont peut-être la chose la plus à-même de compromettre l’intégrité d’un sport. À ce jour, Rose est toujours bien incapable d’admettre ce fait.

Le scandale des Astros exacerbe les passions actuellement, bien plus que les histoires de dopage d’Alex Rodriguez, pourtant haï à l’époque, et de la Steroid Era, chez les fans mais aussi dans les médias ou dans d’autres sports (LeBron James par exemple). Est-ce que cela dit quelque chose de l’évolution morale de la société américaine ? Comment expliquez-vous l’emballement autour de cette affaire ?

Jill Weinberg : Les scandales du sport sont intéressants car ils révèlent le tribalisme des fans. Les fans jugent rapidement les autres, tout en rationalisant le comportement des autres s’il implique son équipe ou son joueur préféré. Par exemple, beaucoup de gens détestaient Alex Rodriguez parce qu’ils pensaient qu’il était surpayé, arrogant, et un vendu pour aller aux Yankees de New York. Lorsqu’il a été pris à tricher, les gens étaient heureux de le voir tomber en disgrâce. Par contre, Andy Pettitte, un joueur des Astros et des Yankees, était également impliqué pendant l’époque de la Steroid Era, mais les fans étaient plus compréhensifs avec lui parce qu’il était une personne aimée et respectée.

Le scandale des Astros reflète la société américaine actuelle pour des raisons sociales et politiques. Le baseball est souvent appelé «le passe-temps de l’Amérique»; c’est l’un des sports les plus anciens du pays et existait avant le football américain ou le basket-ball. Ainsi, lorsque les Astros ont triché, beaucoup de gens étaient en colère parce que leurs actions sapent ce qu’on croit être des valeurs essentielles au sport : travail acharné et esprit sportif.

Il est intéressant de noter que le vol de signes n’est pas nouveau. Les Boston Red Sox l’ont fait en 2017 et font l’objet d’une enquête pour un comportement similaire pendant la saison 2018. De plus, le vol de signes se produit souvent dans le football américain.

Mais le scandale des Astros est unique en raison du contexte social et politique. L’organisation des Astros a une réputation de misogynie et de réprimander les médias. Leurs actions, en ce moment, ébranlent la confiance dans les institutions, dans ce cas le sport. Compte tenu de l’environnement politique avec le président Trump, je pense que les Américains sont particulièrement sensibles aux individus ou aux organisations qui se croient au-dessus des lois.

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Analyste apprécié aujourd’hui, Alex « A-Rod » Rodriguez était le joueur le plus détesté du circuit pour ses scandales de dopage, ce qui avait amené les fans à le surnommer A-Roïd.

Shawn Klein : Je ne suis pas sûr que ce soit bien pire que lors des précédents scandales. Les scandales de dopage/stéroïdes des années 90 furent majeurs, et la réputation du baseball en est entachée pour toujours. Le Congrès Américain a même mené une enquête sur le sujet. Un facteur important aujourd’hui est les réseaux sociaux : c’est beaucoup plus facile et beaucoup plus rapide pour les fans et les joueurs d’exprimer et partager leurs opinions.

L’outrage est quand même grand, et je suis même un peu surpris par son intensité. Il y a quelque chose à expliquer ici. Je ne pense pas que ce scandale et la colère qui en résulte montrent une sorte d’évolution morale. C’est plus une question de contexte. Un aspect qui peut expliquer cette intensité est le fait que nous avons un « méchant ». Dans le cas du dopage, c’était une tendance générale dans le sport (les sports), mais ici tous les regards sont braqués sur les Astros. Un autre aspect est la période de l’année. Dans le calendrier des sports US, c’est une période creuse. La saison de NFL est terminée, la NBA et la NHL sont en milieu de saison, et la MLB n’a pas encore débuté. Je m’attends à ce que les choses se calment quand la NBA et la NHL s’approcheront des playoffs et que l’on jouera des matchs de MLB.

Jason Turbow : La différence dans le cas des Astros, est une différence d’équité. N’importe quelle équipe dans n’importe quel stade, à domicile ou a l’extérieur, peut voler des signes depuis la seconde base et les relayer au frappeur. Ce qu’ont fait les Astros, en revanche, est relativement unique. Cela leur donnait un avantage prononcé lors de leurs matchs à domicile que leurs adversaires ne pouvaient pas espérer égaler.

L’histoire du baseball est jalonnée d’équipes qui ont triché de manière similaire (quoique moins avancée technologiquement). Déjà au début des années 1900, des équipes envoyaient des joueurs dans des appartements avec vue sur le ball park, pour qu’ils observent le receveur au moyen d’un télescope et signalent au frappeur en ouvrant ou fermant les rideaux. Dans les années 50, les Chicago White Sox avaient installé un tableau d’affichage moderne avec une lumière particulière pour adresser le signal aux frappeurs, qui pouvait être vue au marbre et dans le dugout des Sox mais pas depuis le banc des visiteurs. J’ai écrit un chapitre entier sur le sujet dans The Baseball Codes.

Il y a plusieurs différences dans ce scandale. Une concerne l’avancée technologique. Diffuser une vidéo filmée sur place dans une salle à côté du dugout afin de décoder rapidement les signaux du receveur est une chose, mais le culot de frapper sur une poubelle, c’est quelque chose d’entièrement nouveau. Les Astros envoyaient des messages à leurs frappeurs de manière anéthique, ignorant des méthodes acceptées au profit de cognements facile à détecter. Ils défiaient presque les gens de venir les chercher… et ils se sont fait prendre.

Un autre aspect est le programme basé sur Excel que l’équipe utilisait pour décoder les signaux. Ce n’était pas un joueur intelligent utilisant son don pour comprendre les signes de l’adversaire, mais un ordinateur capable de résoudre même les séquences les plus complexes en un clin d’œil.

Mais la colère vient surtout du fait que, au milieu de tous ces détails, les Astros aient gagné. Ils ont mis en place les cognements sur la poubelle en 2017 et ont gagné les World Series… de justesse. Les Dodgers les ont poussé jusqu’au Match 7, et Houston a vraiment gagné pour un rien. Auraient-ils gagné sans tricher? On ne le saura jamais. Est-ce que Jose Altuve aurait remporté le titre de MVP de l’American League, sans tricher ? On ne le saura jamais. Est-ce que les Astros auraient battu les Yankees en playoffs l’an dernier pour atteindre les World Series, sans tricher ? On ne le saura jamais.  Et c’est cela qui met les gens vraiment en colère. Des joueurs et des équipes qui ne se sont pas permis ces avantages contraires à l’éthique se sont fait rouler dans la farine.

J’ai couvert le baseball pendant la Steroid-Era, et il y a des similitudes. Une différence majeure, cependant, est que la grande majorité des joueurs – y compris ceux qui prenaient des stéroïdes – voulaient que le baseball mette en place un programme anti-dopage complet pour faire disparaitre les stéroïdes du sport. Peu de joueurs voulaient les prendre, mais pour beaucoup d’entre eux c’était une nécessité pour garder leur travail. Même là, des joueurs de toutes les équipes se dopaient. Presque toutes les équipes profitaient du scandale d’une manière ou d’une autre. Ce n’est pas le cas avec les Astros. Ils ont triché, ils ont gagné, et les gens sont fâchés.

Régulièrement, des sportifs sont reconnus coupables de violences conjugales, de conduites en état d’ivresse ou de bagarres, y compris dans le baseball. Pourtant, les fans semblent plus en colère sur des scandales de triche. Comment l’expliquer ?

Jill Weinberg : Les fans semblent moins concernés par les sportifs qui font de mauvaises choses hors du terrain, mais je crois que la société laisse passer aux célébrités et puissants leurs mauvais comportements. Aux États-Unis, on considère les sportifs comme des célébrités. Cependant, je pense que les gens considèrent la tricherie sportive comme une violation morale car elle discrédite les principes centraux du fair-play.

Shawn Klein : À première vue, cela ressemble à une inversion morale. La violence conjugale et toutes autres sortes de comportements criminels sont des faits bien plus graves, alors pourquoi les fans devraient-ils être aussi en colères au sujet de scandales de triche ? Dans un sens, c’est parce que la triche affecte le jeu en lui-même. La perception des fans est que la triche s’attaque au sport en tant qu’Institution, et c’est cela qui cause la colère. Il y a peut-être aussi cette conception que la justice civile est responsable de punir les athlètes pour leurs comportements criminels mais pas pour leurs faux-pas sportifs. Ce sont donc les fans qui ont le rôle de rappeler aux athlètes la responsabilité de leurs infractions sportives.

Jason Turbow : Vous avez commencé cet échange en parlant du sens de l’éthique américain. S’il y a une chose que ce pays fait bien, c’est pardonner les gens qui le demandent. Une démonstration de remord, même partielle, fera une grande différence en termes d’opinion publique. Des conducteurs sous influence ou des sujets asociaux qui admettent leurs erreurs et promettent de mieux se comporter seront presque toujours pardonnés… au moins jusqu’à ce qu’ils déconnent à nouveau.

Les Astros, en revanche, n’ont donné aucune impression de sincérité. Ils ont offert des excuses absolument minimales au début du Spring Training – des excuses dans lesquelles eux-mêmes ne donnaient pas l’impression de croire. Ils semblaient plus embêtés de s’être fait prendre que d’avoir commis le crime en premier lieu, et donnaient véritablement l’impression d’en vouloir au public et au reste de la communauté du baseball pour les juger aussi durement.

Ajoutez à cela l’incident de la dernière postseason, lorsqu’un membre du front-office des Astros s’en est pris verbalement a une journaliste dans le club-house, et la tentative ratée d’étouffement de l’affaire par le General Manager Jeff Lunhow. Et soudain les Astros devenaient une place forte des comportements condamnables.

Sur un plan totalement différent, il en va de l’intégrité du sport. Un joueur peut-être une pourriture finie – raciste, misogyne, homophobe, tout ce que vous voulez – mais il est plus que probable que cela me changera rien aux performances de son équipe sur le terrain. Personnellement, ce genre de mauvais comportement change la manière dont je regarde un joueur ou une équipe, mais je n’ai jamais même imaginé que cela puisse aider ou pénaliser l’équipe en question.

D’après vous, peut-on considérer que les procédures et règles du sport professionnel sont en adéquation avec les exigences d’intégrité de la société actuelle ?

Jill Weinberg : Les procédures et règles du sport professionnel ne sont pas en adéquation avec les exigences d’intégrité de la société actuelle. Je pense que l’innovation évolue plus vite que les règles. Les Boston Red Sox, par exemple, ont utilisé les Apple Watch pour voler des signes en 2017, mais il n’y a pas des règles pour interdire la technologie dans le banc des joueurs.

Shawn Klein : Mesurer ce genre de chose est toujours difficile. Mon feeling est que les sports sont probablement plus sains, en général, que les institutions gouvernementales et au même niveau que les autres entreprises privées. Je suis sûr que si l’on comparait le nombre de scandales gouvernementaux sur une année et le nombre de scandales sportifs sur cette même année, le gouvernement battrait le sport haut la main, que ce soit en terme de nombre ou en terme de sévérité. Il y a peut-être trois ou quatre scandales majeurs dans les sports US chaque année. Mais c’est probablement l’équivalent d’un bon mois pour un gouvernement.

Le sport peut sembler malsain parce que l’on est au courant de toutes les infractions commises, parce que les fans suivent absolument tous les mouvements et sont très investis émotionnellement dans leur sport. Cela signifie que les infractions sont plus visibles, mais aussi probablement moins nombreuses. Le fait de savoir qu’ils sont constamment surveillés empêche probablement de nombreux comportements négatifs.

Jason Turbow : Je pense que cette question se pose différemment aux Etats-Unis en 2020, que dans tout le reste de la société occidentale. Ça me fait très mal de dire cela, mais grâce à notre président, l’intégrité n’a plus autant de valeur qu’elle en avait autrefois. Cela dit, je pense que le sport a une certaine indépendance par rapport à tout cela. Le fait que leur code éthique ne s’aligne que rarement avec celui du reste de la société ne les rend pas moins valide. Au final, il y a des gentils et des méchants dans le sport, comme dans le reste de la société, et en ce moment ce sont les Astros qui sont les « méchants ».

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Les Black Sox de 1919. Le scandale provoqué en 1920, par les Chicago White Sox de 1919, reste encore aujourd’hui le premier grand scandale du sport professionnel. Il mit le baseball en danger, amenant la création du commissaire du baseball. Ce scandale est également devenu un monument de la culture populaire américaine autour du héros malheureux Shoeless Joe Jackson.

Ces scandales de triche dans le sport, comme le dopage, les paris, le vol de données, sont-ils un mal nécessaire pour faire évoluer positivement les pratiques sportives mais aussi l’éthique du société ?

Jill Weinberg : Bien sûr! À chaque scandale, le monde du sport réexamine ses règles pour promouvoir le fair-play et prévenir de futurs scandales. Je suis heureux que les gens et les médias critiquent généralement la triche sportive. Ils doivent tenir les athlètes et les entraîneurs pour responsables. Ces scandales font la lumière sur les valeurs et morales de société et si on doit les re-configurer. Quant à la disparition de la tricherie sportive, je ne suis pas optimiste. En fin de compte, le désir de gagner est une force puissante qui donne aux athlètes la motivation de tricher.

Shawn Klein : Les scandales sont toujours une grande occasion d’apprendre. On découvre des failles dans nos institutions et nos normes, des points faibles dans les règles et les lois. Cela nous rappelle aussi qu’un comportement éthique est plus que simplement suivre les règles, cela implique aussi une attitude positive et la compréhension des buts et de l’esprit des lois du jeu. Vous pouvez avoir les meilleures règles, les plus explicites, mais cela impliquera toujours un engagement à se plier à ces règles et vivre avec. Dans son meilleur aspect, le sport apprend et renforce ces valeurs ; mais le sport, dans ses pires aspects, nous rappelle comme nous devons encore apprendre et progresser à ce niveau.

Jason Turbow : S’il est vrai que des changements positifs apparaissent parfois grâce à des incidents dus à de mauvais comportements, les mauvais comportements ne devraient pas être la base pour des changements positifs. J’aimerais pouvoir croire que nous pouvons tous être de meilleures personnes sans avoir besoin de ce que la société a de pire comme mètre-étalon. Cela dit, le scandale des Astros va sans aucun doute forcer le baseball a réfléchir à nouveau à son attitude sur ce genre de sujet. Les changements arrivent. C’est nécessaire.

Merci à Jill Weinberg, Shawn Klein et Jason Turbow d’avoir répondu à nos questions.

Merci à Bastien DeGrom pour la traduction des interviews de Jason Turbow et Shawn Klein.


Une réflexion sur “Pourquoi le scandale des Astros provoque tant de colère ? The Strike Out donne la parole aux experts

  1. C’est intéressant notamment la partie « capital sympathie vs impact de la triche ». Il y a eu récemment un retour sur la triche de l’équipe paralympique espagnole dans les années 2000, et on a pu constaté l’écho d’une telle tricherie par le fait que moralement elle ajoutait un délit de plus dans son aspect : tricher sur un handicap. Pour revenir aux Astros, leur capital sympathie n’étant pas haut, l’impression de gravité de la triche est exacerbée.

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