[Top 10 2010’s] – Les starting pitchers

Ça y est ! Voici l’heure de lever nos coudes à la bonne année tout en avalant notre coupe de champagne pour célébrer des « bonnes intentions » que nous ne tiendrons que trois jours. Et comme chez TSO, on est déjà un peu nostalgique de ces années 2010’s qui auront vu naître nos premiers pas dans le monde de la presse voici notre fil rouge 2020. Un #Top10 sur la décennie écoulée. Le principe est simple : chaque début de mois, notre équipe vous présentera un « Top Ten » de la dernière décennie ». De 2010 à 2019, nous revisiterons 10 ans d’histoires, de légendes, de titres ou de joueurs d’exception. Et comme notre nom l’indique, on ne pouvait débuter ces Top 10 sans un clin d’œil à nos idoles : les pitchers !

Aucune position n’a plus évolué sur les dix dernières années que celle-ci. Les starting pitchers. Cette race des champions qui ont tous vu, à un moment donné, leur étiquette basculer de « Dieu vivant » à celle de « condamné » mené à la potence. Car cette position est de fait la plus exposée et ne laisse qu’un infime droit à l’erreur. Alors que sans se soucier de son épaule, on demandait à un starter de lancer tout un match il y a plusieurs décennies, voilà qu’on comptabilise aujourd’hui son nombre de pitch à l’unité près. Se demandant finalement si le « starter » ne ferait pas mieux tout simplement de « démarrer » après l’opener. Le poste a évolué, changé, muté. Et sans dire si c’est mieux ou pas, une question se pose tout de même. À quoi ressemblera un top ten des starters en 2030 ?

#10 Cole Hamels (Phillies 2010-15, Rangers 2015-18, Cubs 2018-19)

Comme dans tous les tops 10, la 10e place est souvent celle réservée à la « wild card » du rédacteur. On aurait pu mettre King Félix ou David Price ici, mais c’est finalement le prince de Philly qui aura obtenu notre faveur. Il a commencé la décennie en tant qu’espoir de sa franchise. En 2010 il avait 26 ans et devait entamer son prime pour construire le renouveau de la franchise de Pennsylvanie après un triplé 2008 historique (MVP des Championship Series – MVP des World Series – bague de champion).

Mais les années semblent n’avoir aucun effet sur Hamels qui aura posé ses valises dans le Texas puis à Chicago, avant d’entamer la nouvelle décennie à Atlanta. Cette décennie lui aura permis de s’émanciper pour sortir de l’ombre du mythique duo des Fightin’Phils composé de Roy Halladay et Cliff Lee. Il prend part à 30 départs durant 8 saisons et remporte pas moins de 115 victoires (11e) pour 1871 Ks (6e). Seuls six lanceurs possèdent une WAR plus élevée sur les années 2010 mais surtout Cole Hamels a pris la balle pour démarrer un match à 305 reprises.

Avec 3.32 d’ERA il affiche la 4e meilleure moyenne des lanceurs totalisant 300 matchs ou plus. À 36 ans, le 17e pick de la draft 2012 ne cesse de s’améliorer en baissant sa moyenne année après année. Aux Cubs, il aura terminé avec une ERA à 2.64 plus basse que lors de ses plus belles années à Philadelphie. « Hollywood » est bel et bien éternel.

#09 Corey Kluber (Indians 2011-19)

Comment ne pas mettre un double Cy Young dans ce classement ? Corey fait partie du club très fermé des hommes avec plusieurs CY au-dessus de la cheminée. Sur la décennie, ils ne sont que 5 à avoir réussi pareil exploit. Surtout, il a été le seul à mettre l’American League à ses pieds à deux reprises avant que la légende Verlander ne le rejoigne en 2019 avec une 2e récompense individuelle.

Avec 3.15 d’ERA en plus de 200 matchs, il est 7e à la moyenne des lanceurs avec 200 matchs ou plus disputés. Avec une saison de moins dans les jambes que ses concurrents, « Klubot » a commencé dans le grand bain en 2011. Il est déjà top 10 à la WAR (34.5) et a terminé la saison régulière en tête au nombre de victoires à deux reprises. En 2016 il échoue avec Cleveland à ramener les WS face aux Cubs dans une série historique.

Un échec sur la dernière marche qui lui vaut sans doute quelques places dans ce classement. Même si sa performance individuelle sur la plus haute des scènes reste digne des plus grands (2-0, 2.81 ERA, 15 Ks en 16 manches face à Chicago). En 2020, il rejoint le Texas et les Rangers, dans un trade étonnant. Un nouveau projet qui pourrait redonner de l’élan à sa carrière dans la quête d’un premier titre.

#08 Chris Sale (White Sox 2010-16, Red Sox 2017-19)

De tous les membres du Top 10 c’est peut-être le lanceur étiqueté « non Cy Young » qui mériterait le plus la récompense suprême pour l’ensemble de sa carrière. En 10 ans, le « Condor » des Red Sox a terminé à 7 reprises dans le top 6 du CY sans jamais faire mieux qu’une seconde place en 2017. Mais le « poulidor » des pitchers a tout de même eu son heure de gloire en décrochant les World Series 2018 avec Boston.

Sur l’ensemble des lanceurs à plus de 200 matchs lors des 2010’s, seul Clayton Kershaw affiche une meilleure moyenne que l’ancienne star des White Sox (3.06). 19e au nombre de manches lancées, il affiche pourtant le 4e plus haut total au nombre de Ks. Car c’est une spécificité du jeu de Chris Sale, il cherche constamment le « swing and a miss ».

Avec 11.12 Ks toutes les 9 manches, il est même 3e dans la catégorie. « Stickman » a aussi décroché une place pour le match des étoiles lors de 7 saisons consécutives entre 2011 et 2018. Le longiligne ace qui affiche la 4e WAR (42.8) des starters n’a pas volé sa place dans notre top ten.

#07 Jon Lester (Red Sox 2010-14, Athletics 2014, Cubs 2015-19)

Remporter une bague de champion est déjà un exploit que grand nombre de champions n’ont jamais pu atteindre. Alors être sacré avec deux équipes différentes en étant à chaque fois l’ace de votre franchise vous situe l’exploit hors-norme qu’a accompli le « bulldog » des Cubbies. Lester avait déjà gagné les World Series (2007) et vaincu le cancer lorsque cette décennie ouvrait ses portes, faisant de lui une icône au-delà du baseball.

All-Star à cinq reprises dont trois fois avec Boston, Jon « Lefthander » Lester a réécrit la grande histoire de la MLB lorsqu’il a signé pour son vieil ami Theo Epstein (ex-Boston) chez les Cubs. Ace de l’équipe qui mit fin à 108 ans d’attente, Lester a grandement contribué à ramener les World Series aux Oursons de Chicago. Au-delà d’être le seul ace à avoir récolté 2 titres pour 2 équipes différentes sur ces dix ans, le pitcher passé aussi par Oakland se classe dans plusieurs Top 10 entre 2010 et 2019.

7e au nombre de strikeouts (1868), 5e au nombre de manches lancées (1979), 5e au nombre de victoires (148), seul Justin Verlander a démarré une rencontre de plus en dix ans que les 320 du #34 des Cubs. Enfin notons qu’à la différence de certains lanceurs qui vont suivre, le natif de Tacoma sait être clutch quand tombent les feuilles d’octobre. Son ERA en postseason est de 2.51 et elle descend à 1.77 en World Series (4-1).

#06 Jacob deGrom (Mets 2014-19) 

deGrominator pourrait être plus haut dans le classement mais il a lancé « seulement » six saisons (2014-19) sur la décennie, le plus faible total de ce top 10. Ce qui ne l’empêche pas de se classer tout de même 30e au nombre de « K » avec 1255 strikeouts en… 1101 manches.

Avec un double Cy Young en 2018 et 2019, Jacob a dominé la fin de la décennie sur la butte. Pour les suiveurs des Mets post 2010’s, il est sans conteste la meilleure chose qui soit arrivée. Dans l’histoire des Amazin’s, il possède déjà la 6e WAR all-time. Seul Clayton Kershaw a une moyenne plus basse sur cette décennie que l’ace des Mets (2.62), ça vous classe le bonhomme. *

*Jose Fernandez, décédé tragiquement en 2016 est en réalité 2e à l’ERA avec 2.58, juste derrière Kershaw mais devant deGrom.

#05 Zack Greinke (Royals 2010, Brewers 2011-12, Angels 2012, Dodgers 2013-15, Diamondbacks 2016-19, Astros 2019)

Le grand timide de Houston est le pitcher de notre top 10 qui a le plus voyagé. Au total le natif d’Orlando a écumé 6 clubs différents laissant une empreinte chez les Royals (Cy Young), les Dodgers ou encore les DBacks.

Aimé partout où il passe, sur les dix ans il se classe 4e au nombre de victoires (155) et 5e aux strikeouts (1872) ou à la WAR (41.6). 6x All-Star, il réussit en 2015 une saison absolument folle avec 19 victoires, 3 défaites mais surtout une moyenne à 1.66, la plus basse depuis 20 ans et Greg Maddux.

Malgré cette cuvée historique il ne remporte pas le Cy, qui termine dans le gant d’Arrieta, mais le 6e pick de la draft 2002 aura tout de même marqué au fer rouge sa décennie.

#04 Madison Bumgarner (Giants 2010-19)

Au classement des victoires il ne se classe « que » 9e sur la décennie mais au nombre de bagues MadBum n’a aucun rival. Avec trois sacres auxquels il a, à chaque fois, activement participé, l’ace des Giants est rentré dans les annales de ce sport avec notamment une postseason 2014 pour l’éternité.

MVP des Championship Series et des World Series, Bumgarner est le lanceur le plus clutch de l’histoire en World Series. Après 36 manches lancées sur la plus belle scène du monde, son ERA est de 0.25. Du jamais vu depuis la création de ce sport tout simplement. En 116 ans en d’histoire jamais un lanceur, qu’il soit partant ou de relève, n’a affiché de telles stats.

4 matchs, 4 victoires, 1 complete game, 31 Ks, pour un petit run concédé sans oublier un save d’anthologie (2014), MadBum est bien de la race des très grands. Avec une ou deux saisons régulières à la Kershaw ou Sherzer, nul doute qu’il serait sur le podium.

#03 Justin Verlander (Tigers 2010-17, Astros 2017-19)

Verlander était déjà un pitcher terrifiant lorsque s’ouvrait cette décennie. JV est un mythe qui a tout connu. Il a mené les Majors en wins, strikeouts et… défaites ! Mais il a surtout entamé la décennie avec un millésime 2011 exceptionnel (MVP, CY).

En fait l’octuple All-Star est comme le vin et se bonifie avec l’âge puisqu’au moment de refermer le livre de cette dizaine, l’ace des Astros sort le grand jeu. Depuis qu’il est à Houston (2017), l’ex-star des Tigers brille par sa domination sans partage, ponctuée par un 2e CY en 2019.

Son ERA de 2.46 dans le Texas entre 34 et 36 ans avec en « bonus » une bague de champion font de Verlander un futur membre de Cooperstown.

#02 Clayton Kershaw (Dodgers 2010-19)

10 saisons, 8 fois All-Star. Impossible de placer « Kersh » au-delà du podium sur la décennie malgré son absence de bague. Car les titres ne font pas toute l’histoire. Qu’on le veuille ou non on parlera encore de Kershaw dans cinquante ans comme on parle de Koufax aujourd’hui.

Sur la décennie, personne n’a gagné plus de CY que lui. Six fois sur le podium au titre de meilleur lanceur, le #22 des Dodgers est même le seul lanceur de National League à avoir récolté un trophée de MVP ou une Triple Couronne. Sa domination a été féroce. Son ERA en carrière (2.44) est par exemple plus basse que la meilleure saison d’un MadMax (2.51).

Ajouter à cela une année sur deux avec la meilleure moyenne de toute la MLB (5 ERA Title) et vous obtenez le meilleur gaucher de la décennie. Sans contestation possible. Avec 2.31 d’ERA sur la période 2010-19, c’est aussi le SP qui affiche la meilleure moyenne des Majors.

#01 Max Scherzer (Tigers 2010-14, National 2015-19)

Vous vous souvenez du MadMax qui jouait en Arizona ? Non ? Nous non plus mais Arizona, qui a récupéré Ian Kennedy et Edwin Jackson dans l’histoire, aimerait pour le coup oublier cet épisode. C’était avant cette décennie, et ça semble bien loin, mais tout de même.

Depuis ce temps-là, Scherzer s’est forgé un palmarès hors norme et a marqué son sport au fer rouge avec trois Cy Young et 7 top 5 de suite. Une dinguerie. Avec 161 wins en 10 ans, il dépasse d’une petite victoire les 160 wins de Verlander.

Enfin avec 2452 strikeouts sur la décennie, il s’est imposé comme le lanceur avec le plus haut total devant Verlander (2260) et Kershaw (2178). Peut-être le pitcher le plus intimidant depuis Bob Gibson.

Et si cela peut sembler dur pour Clayton Kershaw, à l’heure de départager les deux as suprêmes de toute une génération, la postseason 2019 de Mad Max, et la victoire finale de ses Nationals lors des World Series auront fait la petite différence.

Mentions honorables: Felix Hernandez, Jake Arrieta, Johnny Cueto, R.A. Dickey, Gio Gonzalez, David Price, CC Sabathia, Stephen Strasburg, Adam Wainwright.

J-Sé Gray : « In Billy Beane we trust »


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