[Preview Postseason 2019] Tampa Bay Rays : le début d’une nouvelle ère

La saison régulière est terminée et c’est le moment que tous les fans de MLB attendent : la postseason est là! Jusqu’aux matchs des wild-cards mardi (NL) et mercredi (AL), The Strike Out vous présente chaque jour une franchise qualifiée pour ce mois d’octobre et en quête du titre suprême. On passe aux Tampa Bay Rays qui affronteront les Oakland A’s dans l’AL Wild Card Game.

Photo : DR

Bilan de la saison

Depuis la fin de l’ère Joe Maddon en 2015, la période la plus faste de l’histoire de cette jeune franchise (créée en 1998),  les Rays ont navigué dans les bas-fonds de la MLB. Il faut dire qu’évoluer dans la division des mastodontes Yankees et Red Sox n’aide pas vraiment. Mais en 3 ans, on a vu cette équipe remonter peu à peu à la surface et commencer à jouer les épines dans les chaussures des géants. L’an passé, Tampa est même passé très près d’un retour en postseason avec un bilan de 90 victoires pour 72 défaites. Un bilan plus qu’honorable mais insuffisant. Cependant cette année 2018 à redonner de l’espoir à cette franchise qui en a tant besoin. Un espoir d’abord d’un retour en postseason et d’un éventuel premier titre, ensuite. Un esprit qui a animé les joueurs dès le début de cette saison puisque les Rays vont débuter 2019 en boulet de canon. Début mai, le club compte un bilan de 19 victoires pour 9 petites défaites. Et on voit trôner les Rays en roi de ce vaste océan qu’est la MLB.  Un banc de raies emmenés par ses jeunes pousses, Tyler Glasnow et Austin Meadows et par des revenants affamés comme Tommy Pham et Charlie Morton. La hype prend devant cette franchise qui s’est mise à se baser sur les stats et sur des stratégies détonantes comme l’utilisation des openers (on en parlait d’ailleurs dans un de nos débats : l’Opener est-il le nouveau Closer?). Mais en 2018, à trop se reposer sur des openers, les joueurs du bullpen se sont retrouvés exténués à la fin de la saison. Du coup la direction a décidé de conserver cette stratégie mais en l’utilisant avec parcimonie. Ainsi en 2019, un opener est mis en place mais seulement pour le 4e et 5e tour de rotation. Et c’est comme cela que s’est mis à briller une des révélations de cette année, Ryan Yarborough (11 victoires, 4.30 d’ERA mais surtout 140 manches lancées et 117k). Au niveau de la rotation, la recrue de l’hiver, Charlie Morton a confirmé sa renaissance aperçue du côté des Astros. Il a été la véritable ancre de la rotation, avec 33 matchs (une aubaine quand on sait son historique de blessure), un ERA de 3.05 avec 240K en 194 manches. Sans les deux titans de Houston, il aurait fait parti des grands favoris pour le titre de Cy Young. D’ailleurs en parlant de Cy, le lauréat 2018, Blake Snell a connu une saison tumultueuse entre blessures et performances compliquées. Néanmoins, il reste une figure de proue de cette rotation. Derrière eux, Yonny Chirinos (3.65 d’Era) et surtout Tyler Glasnow (1.78 d’Era mais en seulement 12 matchs) ont fait plus que le job. Ce dernier étant même parti sur des bases invraisembable avant de se blesser. S’il continue dans ce sens, il va vite devenir l’ace de la franchise. On peut aussi parler du bullpen tout aussi efficace avec des joueurs comme Diego Castillo (3.41 d’ERA, 8 sauvetages) ou le closer Emiliano Pagan (2.31 d’Era et 20 sauvetages) mais aussi la recrue de l’été Nick Anderson (2.11 d’ERA). Vous l’aurez compris, le pitching staff des Rays est la grande force de cette équipe et pour cause, il se classe 2e de la MLB en terme d’ERA collectif (3.62) devant les Astros par exemple.

Austin Meadows et Tommy Pham, les deux armes offensives principales des Rays. Photo : DR

Pourtant, l’équipe va naviguer en mer agitée durant deux mois. Avec seulement un bilan de 27 victoires pour 28 victoires entre le mois de juin et le mois de juillet, les Rays vont voir peu à peu les Yankees lever les voiles en tête de la division et vont même commencer à apercevoir les Red Sox approcher de leur poupe. La faute à une cascade de blessures mais aussi à une attaque encore un peu tendre. Classée 12e moyenne collective au batôn, et 21e en terme de HR, l’armada offensive a dû mal à se mettre au niveau des lanceurs. Pourtant Tommy Pham (.274/21HR/68RBI/24SB), arrivé de Saint-Louis, aura tout donner. Bien accompagné par un autre revanchard Avisail Garcia, pas conservé par les White Sox, et auteur d’une grosse saison (.281/20HR/72RBI). On parlera de la révélation Austin Meadows juste après. Pour le reste, l’alignement a du mal à se montrer régulier, ce qui pourrait jouer des tours à cette équipe.

Au final, le plus dur de la tempête est passé après l’été et grâce à un énorme mois de septembre (17 victoires pour 7 défaites, au moment où j’écris ces lignes), le club s’en va décrocher une précieuse place de WildCard en éliminant ainsi par la même occasion le tenant du titre des Red Sox.

Le moment clé de la saison

Le trade de Chris Archer, d’abord considéré perdant pour les Rays, s’est avéré être gagnant. Photo : Getty Images/Ringer illustration

Difficile de ressortir un événement majeur dans cette saison, à part peut-être la performance XXL de Ryan Yarborough à un out de réaliser un complete game (ce qui aurait pu être une première en 3 ans pour la franchise, record de longévité en MLB). Mais, il faut remonter à l’été 2018 pour dénicher le moment clé de cette saison 2019. « Un événement de 2018 pour 2019 ? » , êtes-vous sûrement en train de vous dire. Eh bien oui, il faut remonter au 31 juillet 2018 exactement. Durant la trade deadline, Tampa Bay décide d’échanger l’ace de sa rotation et l’une des figures de proue de la franchise, Chris Archer. Ce dernier est alors envoyé à Pittsburgh contre …. Austin Meadows et Tyler Glasnow. Deux gros prospects des Pirates mais qui sont encore en apprentissage du niveau de la MLB. On se dit alors que Tampa a fait une grosse erreur. Force est de constater que ce fût tout l’inverse. Archer est en perdition du côté du PNC Park tandis que les deux rookies explosent en 2019 et portent les Rays vers une place en postseason, à l’inverse des Pirates.

Le joueur surprise 

Après un bref et compliqué passage en 2018, Brandon Lowe s’est révélé durant cette saison 2019. Auteur, comme son équipe d’un début de saison tonitruant, le polyvalent rookie (il a joué en champ extérieur, 2e et 1ère base) s’est imposé comme un des leaders d’attaque de son équipe. Ainsi au 2 juillet, il frappe à .276 avec 16 HR et 49 RBI, des stats qui l’emmènent même à une sélection au All Star Game. Et son nom commence même à s’entendre dans les conversations pour le titre de rookie de l’année. Mais cette date du 2 juillet est aussi celle de sa blessure. En frappant une balle sur sa jambe droite, l’ancien de l’université du Maryland rate un mois de compétition. Et alors qu’il commence à refouler les pelouses en Triple A, pour préparer son retour, Lowe se reblesse à la cuisse. On pense alors sa saison terminée comme l’avait même annoncé son coach, Kevin Cash. Mais voilà, le 22 septembre, il refait son apparition avec les Rays. un retour qui pourrait faire du bien à cette équipe en perspective de la Wild Card et d’une éventuelle campagne en postseason.

Le MVP

Première saison complète chez les Rays, et Meadows s’installe déjà comme son meilleur attaquant. Photo by Mike Carlson/Getty Images)

Charlie Morton aurait pu (dû ?) obtenir ce titre. Mais mon cœur de Houstonian ne s’est pas remis de son départ. Je donne ce trophée, à un joueur qui le mérite amplement. Austin Meadows. J’en ai parlé un peu plus haut mais il fut une des belles satisfactions du côté de la Floride. Malgré des matchs loupés à droite à gauche pour cause de blessures, Meadows a été étincelant durant les 134 rencontres qu’il a disputées. Il termine la saison en tête de son équipe dans la majorité des stats. Premier en terme de moyenne au baton (.291), premier en HR avec 33 unités (et seul à franchir la barre des 30), premier en RBI (89) et 3e en bases volées (12). Meadows est efficace dans l’ensemble des compartiments du jeu offensif. Et si sa défense est loin d’être mauvaise, il cède sa place à des joueurs bien plus efficace comme l’incontournable et habitué des highlights, Kevin Kiermaier et les costauds Pham et Garcia. Il s’installe donc au poste difficile de batteur désigné et se sent comme un poisson dans l’eau. Il devient peu à peu l’arme numéro une de cette équipe. Et il sera à suivre de très près dans cette postseason.

Points forts

  • On l’a dit, un pitching staff de grande qualité avec beaucoup de profondeur. Que ce soit en lanceur partant ou en relève, la franchise n’a rien à envier aux autres équipes.
  • Charlie Morton apporte une grosse expérience, lui qui a remporté le titre avec Houston et qui a terminé le match 7 des World Series. Il sera le titulaire pour le match de la Wild Card
  • Une équipe qui a faim avec des revanchards et des jeunes pousses.

Points faibles

  • Une attaque irrégulière
  • Un manque d’expérience à ce niveau
  • Un groupe très jeune

Performances récentes en postseason

4 participations en postseason pour les Rays, toutes sous l’égide de Joe Maddon. Photo : Getty Images

Pour cette jeune franchise, il n’y a pas (encore) de longues histoires d’amour avec la postseason. Seulement 4 participations depuis 1998, date de la création de l’équipe. Mais pourtant, elle compte déjà une apparition en World Series, lors de sa première participation aux Plays-offs en 2008. Dans cette campagne, elle s’occupera des White Sox en Division Series (3-1) avant de s’offrir les Red Sox dans une série épique (4-3). Mais elle s’inclinera face à l’incroyable équipe des Phillies de Cole Hamels. La génération David Price, Evan Longoria et James Shield se hissera 3 autres fois en postseason mais à chaque fois échouera en Division Series. En 2010 et 2011 face aux Rangers (3-2 puis 3-1) puis 2013 face au Red Sox (3-1). Nouveau défi donc en 2019 avec ce passage par la WildCard face à une redoutable équipe des Athletics. Avant d’affronter, pourquoi pas, les grands favoris Houston.

Prono

Après la période difficile post-Maddon, Tampa Bay retrouve la postseason 6 ans après. Ce qui est un petit exploit puisque la franchise possède le plus petit payroll de la MLB. Si l’équipe semble encore un peu tendre pour cette année, on peut se dire que ce groupe à un bel avenir devant lui avec des joueurs talentueux comme Meadows, Glasnow ou encore Lowe. Et cette génération aura un grand rôle à jouer dans le futur de cette équipe mais surtout de cette franchise. D’abord attirer son public puisque l’affluence au Tropicana Field est classée au 29e rang de la Ligue. Indigne d’une équipe jouant la postseason. Et alors que les rumeurs de migration des Rays se font de plus en plus fortes, des belles performances sur la plus belle des scènes enverraient un message fort aux instances de la MLB.

 

 

 

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