[Preview Postseason 2019] : New York Yankees – The Savages à l’assaut des World Series

La saison régulière touche à sa fin et c’est le moment que tous les fans de MLB attendent : la postseason est là! Jusqu’aux matchs des wild-cards mardi (NL) et mercredi (AL), The Strike Out vous présente chaque jour une franchise déjà qualifiée pour ce mois d’octobre et toutes en quête du titre suprême. On passe à la franchise numéro 1 de l’histoire de la MLB, sans titre suprême depuis 2009 et qui a survécu à un record de blessures : les New York Yankees.

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Quand tu as survécu à une saison galère avec plus de 100 wins – crédit : Elsa/Getty Images

Bilan de la saison

La saison des Yankees a été incroyable. Une saison de montagnes russes qui a torturé les émotions des fans tant les Bronx Bombers se sont montrés dominants tout en étant si fragiles. La raison principale de cette turbulente saison régulière : les blessures.

Les Yankees arrivent au Spring Training avec l’étiquette de grands favoris. Si le nom de la franchise est longtemps resté associé aux dossiers Machado et Harper, les Yankees ont opté pour un mercato moins paillettes et plus intelligent. Ils ont ainsi renforcé la rotation avec James Paxton et le bullpen avec Adam Ottavino. De quoi donner des sueurs froides aux frappeurs adversaires. Enfin, les Yankees sont allés chercher DJ LeMahieu pour renforcer l’infield et le lineup en l’absence de Didi Gregorius. Tout était indiqué pour que les Yankees marchent sur les Majeures. Puis, la galère.

Dès le Spring Training, une succession de blessures accablent l’équipe. Une succession qui se poursuivra toute la saison. Parmi les blessés, de longues absences comme Severino, Andujar, Bird, Loaisiga, Betances, Montgomery et Stanton. Une partie de la saison se joue sans CC Sabathia, Judge, Sanchez, Hicks et Voit. Même Gleyber Torres, aura fini par se blesser à quelques jours de la postseason. Au final, 30 joueurs des Yankees sont passés par l’infirmerie. Un record MLB de plus pour les new-yorkais.

Sans compter qu’une partie de la relève se révèle déficiente, que Paxton et Happ sont loin des attentes, CC en fin de course, Tanaka toujours sur la corde (ou le fil de pêche dans son coude). Les premières semaines du championnat laissent à penser la saison galère, loin de la postseason, chaque jour amenant son lot de blessures. Et pourtant, les Yankees vont rapidement se remettre sur le chemin de la victoire et s’installer durablement dans le top 5 du Power Rankig MLB. Ce sera la première franchise à 90 victoires et elle finit une deuxième saison à 100 wins ou plus. De plus, elle remporte son 1er titre de division depuis 2012.

A quoi sont dus ces résultats ? Les Yankees ont puisé dans le AAA des joueurs qui ont su répondre présent, dans la durée ou ponctuellement. Cela fut particulièrement vrai au niveau offensif. Au plus fort de l’infirmerie, des joueurs comme Gio Urshela, Clint Frazier, Mike Tauchmann, Mike Ford ou Thairo Estrada ont soutenu l’équipe pour non seulement tenir le choc mais aussi permettre aux Bombers de dominer leurs adversaires. Sans une défensive très moyenne, Frazier, rayonnant, aurait gagné sa place dans le roster tant son coup de batte a été incroyable au printemps. L’ajout de Cameron Maybin dans un trade avec les Indians fut également judicieux.

A côté de ça, DJ LeMahieu a été étincelant avec une saison digne d’un MVP, apportant une constance à une lineup qui en manquait, surtout après la blessure d’Andujar. Son rôle de leadoff sur le terrain a permis d’entraîner l’équipe dans une dynamique positive, soutenu par l’autre MVP de l’équipe, Gleyber Torres (.280, 38HR, 90RBI). Le baby bomber s’est révélé un pilier de l’équipe, lui qui, après une première partie de saison 2018 exceptionnelle, avait marqué le pas. Gary Sanchez (.232, 34HR, 77RBI), malgré quelques passages à l’infirmerie, a donné ce qu’on attendait de lui : de la puissance. Même si sa moyenne de frappe n’a pas décollé des masses, il s’est montré décisif, balaçant de nombreuses longues balles pour battre le record de Yogi Berra parmi les receveurs des Yankees. A cette puissance, le club ajoutera en cours de route Edwin Encarnacion (.244, 34Hr, 86RBI), qui prendra son temps pour rejoindre le tempo new-yorkais.

Bien qu’handicapée tout le long de la saison par des absences, l’attaque des Yankees a maltraité les défenses adverses, soutenant une rotation bancale et un bullpen parfois délicat (lui aussi a eu son lot de blessures), réussissant à rattraper puis dépasser l’étonnante attaque des Twins dans la course aux homeruns, pour battre leur propre record MLB en la matière.

Côté monticule, malgré des performances moyennes, les partants ont su résister. Aaron Boone a ainsi adopté par défaut la stratégie de l’opener, rôle dans lequel Chad Green s’est retrouvé après de mauvaises performances en relève. En l’absence de Severino, Masahiro Tanaka (4.47, 11-8) a tenu le rôle d’ace comme il pouvait tandis que Paxton (3.82, 15-6) a fini par retrouver un bon rythme de croisière cet été. Tout comme Happ (4.91, 12-8), qui a retrouvé récemment des couleurs, après une saison très décevante, lui qui avait fait des merveilles dans la deuxième partie de la saison 2018 en rejoignant New York. La surprise fut Domingo German qui a été un artisan de la grande saison des Yankees et de leur remontada en début de saison en enchaînant les victoires, finissant avec une fiche de 18-4. Malheureusement pour les Yankees, à quelques jours de la postseason, il se fait suspendre pour violences conjugales. Coup dur pour le club du Bronx mais mérité à la vue des faits. Concernant le bullpen, celui-ci a offert deux visages. Un visage rayonnant avec Chapman, Ottavino et Britton. Un visage lugubre avec Tarpley, Adams et consorts. Un visage lugubre qui a coûté quelques défaites aux Yankees. Et entre, des lanceurs qui ont alterné le très bon comme le moins bon tels Green, Cessa ou Kahnle, avec beaucoup d’allers et venues avec l’infirmerie.

C’est donc avec une attaque de feu et quelques doutes au monticule que les Yankees abordent les playoffs, en mode Savages, le surnom de cette équipe en mode survivor depuis l’Opening Day. Un petit côté Bronx Zoo, quand les Bombers gagnèrent les World Series en 1977 et 1978.

Le moment de la saison

Les Yankees ont compté plusieurs moments forts. La saison a été rythmée par les blessures et chaque retour comme chaque nouvelle blessure a été un moment clé quand il s’agissait de joueurs titulaires. Le dernier match de CC, comme partant, aux Yankees stadium fut également un moment particulier d’émotion. Et enfin, les séries contre les Red Sox. On ne parlera pas de l’anecdotique raclée infligée aux Red Sox mais plutôt de la superbe série remporté par les Bronx Bombers les 29 et 30 juin derniers : Les London Series.

 

 

Moment fort pour The Strike Out et les fans européens. Moment d’histoire pour la MLB, les Yankees et les Red Sox. Série ultra-offensive avec un 1er match fou, l’un des matchs les plus haletants de toute la saison des Ligues Majeures. Les London Series ont été un succès que la série Cards/Cubs de juin 2020 doit entériner pour pérenniser les matchs MLB en Europe. Et peut-être les voir bientôt à Paris…

Pour revivre les London Series avec TSO, quelques articles :
https://thestrikeoutfrance.com/2019/07/03/london-series-2019-pour-une-premiere-quelle-premiere/
https://thestrikeoutfrance.com/2019/06/30/london-series-dans-les-coulisses-du-game-1/
https://thestrikeoutfrance.com/2019/06/29/london-series-tso-au-coeur-du-media-day/
https://thestrikeoutfrance.com/2019/07/20/benjamin-bernard-commenter-a-londres-la-concretisation-dun-reve/
https://thestrikeoutfrance.com/2019/07/24/francois-mays-un-francais-en-mlb-jy-crois/

Le MVP : DJ LeMahieu

DJ LeMahieu est arrivé au Bronx avec une solide réputation mais sans le statut de star qu’attendaient les fans. Celui qui devait renforcer l’équipe en est devenu doublement le leader, à la fois en prenant le poste de leadoff avec succès au sein des Bronx Bombers mais aussi grâce à des stats envieuses, notamment au niveau de la moyenne de frappe (.331), des homeruns (26) et des RBI (102), les deux dernières étant des records en carrière.

Loin d’être écrasé par la pression du Bronx, LeMahieu a été le phare dans l’obscurité des blessures qui ont pollué la saison des Pinstripes. Sa capacité à jouer un peu partout dans l’infield fut indispensable, tout autant que son coup de bâton. Il est indubitablement le MVP des Yankees 2019.

Le joueur surprise : Gio Urshela

La blessure (oui, ce mot revient souvent dans cet article à l’image de la saison des Pinstripes) de Miguel Andujar a été un énorme coup sur la tête des Yankees. Miggy avait été essentiel à la bonne saison de l’équipe en 2018, malgré un statut de Rookie. Ses performances en attaque amenèrent constance et puissance à des Yankees qui manquaient de la première et se nourrissaient abondamment de la deuxième. C’est pourquoi il doubla son coéquipier, top prospect, Gleyber Torres, aux votes pour le Rookie of the Year, où il termina second derrière le phénomène flashy Shohei Ohtani.

Puis vînt Gio Urshela. Arrivé des Blue Jays en août 2018, ce 3B était destiné à un rôle de doublure ou de doublure de doublure. Jamais il ne s’était imposé aux Indians et aux Blue Jays, frappant aux alentours des .230 durant ses saisons MLB de 2015, 2017 et 2018 (avec un record de 81 matchs disputés en 2015). C’est dire la surprise qu’il a réservé aux Yankees avec une saison, digne d’un All-Star (.316, 21HR, 74RBI). Son émergence a été l’une des clés du succès des Bronx Bombers, particulièrement sa constance qui a fait beaucoup de bien, combinée à celles de LeMahieu et Torres, les deux autres piliers de la saison dans le lineup.

Gio Urshela
Gio Urshela, le héros inattendu du Bronx – photo Wikipedia

Les performances récentes en postseason

La dernière campagne en postseason a été décevante pour les Bronx Bombers, défaits par le bulldozer des Red Sox en quatre matchs dont une claque 16-1 au Yankee Stadium. Les trois autres joutes furent plus équilibrés (5-4, 2-6, 16-1, 4-3). L’équipe, qui s’appuyait surtout sa puissance offensive, devait faire avec une rotation très moyenne et un Severino en perdition depuis le All-Star Game. Trop juste face à une équipe plus complète.

La campagne 2017 avait été prometteuse. Avec une équipe en reconstruction autour des Baby Bombers (Judge, Sanchez, Severino, Bird, Betances), les Yankees avaient fait tomber les vice-champions 2016, les Indians de Cleveland, avant de pousser les futurs chamions, les Houston Astros, au match 7 des ALCS.

Ces deux dernières campagnes ont permis de dégager quelques joueurs clés. En attaque, Aaron Judge est comme chez lui en playoffs. 7HR en trois séries et deux matchs de Wild Card, 15 RBI au total, une belle présence sur base. Le gars sûr. Derrière, Gary Sanchez lui emboîte le pas (5HR et 13 RBI) ainsi que Diid Gregorius (3HR, 10RBI). Les meneurs des deux dernières postseason ont également été épaulés en 2018 par Luke Voit, auteur d’une deuxième partie de saison extraordinaire à son arrivée dans le Bronx.

Sur le monticule, Tanaka n’a jamais déçu en octobre : 2 victoires et 0,90 d’ERA en 2017, 1 victoire et 1.80 d’ERA en 2018. De quoi encourager les espoirs des Yankees de voir du grand Ma-kun cet octobre. Chapman répond également présent à l’automne. En 2017, il a accumulé 3 sauvetages pour les Yankees alors qu’il en obtenait 4 en 2016 pour permettre aux Cubs de battre la malédiction de Billy Goat.

Côté expérience, CC Sabathia et Brett Gardner, derniers survivants dans le roster du titre de 2009, apporteront beaucoup à l’équipe.

Points forts

  • L’attaque toujours puissante (1ère en HR, 3ème en slugging) mais aussi plus constante que la saison passée (4ème moyenne de frappe MLB). L’atout offensif des Yankees 2019, c’est d’être plus clutch que la plupart de ses concurrents, ce qui explique que l’équipe a performé malgré des difficultés sur la butte. L’équipe mène la MLB pour la moyenne de frappe avec des joueurs en position de marquer (.294), juste devant les Twins (.291) qui ont aussi utilisé leur attaque puissante et clutch pour compenser leurs faiblesses au pitching.
  • Des top releveurs dans le bullpen. Chapman (2.25, 37 saves en 42 opportunités), Ottavino (1.79), Britton (1.94). Si les Astros ont un redoutable trio chez les partants, que dire du trio de finisseurs des Yankees, qui pourront de plus compter sur les ajouts des expérimentés partants CC Sabathia et JJ Happ, ainsi que, probablement, de Jordan Montgomery qui a fait une excellente deuxième apparition depuis son retour de blessure. Imaginez si Betances, revenu dominant, ne s’était pas immédiatement blessé. Les Pinstripes auraient aligné un blockbuster monster bullpen #tristesse. Les Yankees possèdent donc trois des meilleurs releveurs des Majeures pour cette postseason mais d’autres ont mis les nerfs des partisans du Bronx à rude épreuve. Chance Adams, Stephen Tarpley, Nestor Cortes Jr, pour ne citer qu’eux, ont donné des sueurs froides. Ils ne devraient pas être là pour les séries. Les prédictions annoncent que derrière les top releveurs et les deux starters envoyés au bullpen, se joindront Tommy Kahnle (3.43), Luis Cessa (3.73), Jonathan Loaisiga (4.70) et Chad Green (4.24). Loaisiga revient de blessure et n’est pas encore à 100 % mais il a touché les 100mph à sa dernière sortie. Chad Green a excellé en opener. Kahnle et Cessa ont fait une solide saison. De quoi rassurer pour la suite.
  • Une rotation retrouvée ? Même si la rotation reste la grosse inconnue de l’équipe, elle afffiche de belles espérances. Tanaka a toujours dominé en postseason. Paxton s’est retrouvé, remportant ses dix derniers départs. Et Severino est revenu avec un excellent niveau. Ce trio, en bonne forme, peut bloquer toutes les attaques de la MLB. Et si l’un se montre défaillant, CC Sabathia et JJ Happ peuvent entrer en longue relève. Là encore, la perte de Domingo German, suite à sa suspension pour violences conjugales, est un coup dur pour les Yankees car cela aurait donné un pitching staff de postseason juste dingue.

Points faibles

  • Rotation qui questionne. On l’a dit plus haut, le trio Tanaka/Paxton/Severino en forme peut se mesurer à tout le monde avec fierté, y compris au trio Verlander/Cole/Greinke. Le problème est que Tanaka ne tient qu’à un fil de pêche. Il peut s’effondrer comme aux London Series comme sortir un complete game shutout. Il peut aussi se blesser à tout moment et ne peut plus être à 100 %. Paxton, lui, a offert une première partie de saison décevante et il va découvrir les playoffs. Quant à Sevy, il revient d’une longue blessure. Son retour est dominant mais il doit faire attention à son nombre de lancers pour ne pas se blesser à nouveau. De plus, on l’a vu en difficulté après le All-Star Game 2018. Quels lanceurs auront nous ? Ceux, plein de talents, capable de dominer une partie entière ? Ou ceux qui se blessent, déçoivent, sombrent ?
  • La défense des Yankees se classe dans le ventre mou de la MLB. Elle n’est pas mauvaise mais elle n’est pas excellente non plus. Ceci constitue un point faible quand le monticule comporte son lot de questions.

Pronostic

Les Yankees 2019 sont une équipe insaisissable car ils ont été dominants malgré une rotation moyenne, plusieurs releveurs en déroute et un record de blessés. Elle a la puissance et le mental pour gagner contre n’importe qui. Ses releveurs stars, notamment Chapman pour les saves, lui permettent de gagner les matchs serrés. En réduisant la relève au strict nécessaire des playoffs avec les meilleurs et en y ajoutant CC Sabathia et JJ Happ, les Yankees pourraient disposer d’un véritable monster bullpen. Une force qui rassure alors que la rotation apporte son lot d’interrogations même si Tanaka sait répondre présent en séries, que Paxton vit un renouveau en enchaînant les victoires et que Severino est dominant depuis son récent retour de blessure.

Les Yankees n’ont pas l’allure complète d’un favori, contrairement aux Astros qui ont une meilleure équipe, plus équilibrée avec une meilleure rotation, mais leur puissance offensive est effrayante, en plus d’être clutch, un élément qui pourrait être décisif en postseason. Particulièrement face au trio Verlander/Cole/Greinke si les deux équipes se retrouvent en ALCS.

Pour cela, il faudra vaincre les surprenants Twins du Minnesota avec lesquels ils se sont livrés à une épreuve de puissance lors de leur dernière série commune. Une épreuve de force remportée par les Yankees. Les deux équipes sont très similaires même si les Yankees pourraient bénéficier d’un meilleure monticule et d’une meilleure expérience pour faire la différence.

ws2009
World Series 2009. Yankees win !

Stats au 28 septembre 2019


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