[Preview Postseason 2019] : Los Angeles Dodgers – Un vieux compte à régler

La saison régulière touche à sa fin et c’est le moment que tous les fans de MLB attendent : la postseason est là! Jusqu’aux matchs des wild-cards mardi (NL) et mercredi (AL), The Strike Out vous présente chaque jour une franchise déjà qualifiée pour ce mois d’octobre et toutes en quête du titre suprême. On passe aux double champions de National League, toujours en quête du titre suprême : les Los Angeles Dodgers.

Cincinnati Reds v Los Angeles Dodgers
Le Futur MVP et le Futur Cy Young de National League?

Bilan de la saison 

Les saisons régulières se suivent et se ressemblent pour les Los Angeles Dodgers. Pour la septième année consécutive, les bleus et blanc de L.A. ont remporté la Division NL West. Et comme souvent, ils l’ont fait en survolant, pardon, en annihilant la concurrence. Vainqueurs de leur division avec une vingtaine de victoires d’avance sur les D’Backs, meilleur bilan de National League, les Dodgers restent sur un bilan de 13-6 au mois de septembre, histoire de bien préparer la postseason.

Encore une fois, les Dodgers 2019 ont brillé par leur absence de faiblesses. Meilleure attaque de National League en termes de points marqués et de Home Runs (865 et 274), meilleur pitching staff de MLB en termes d’ERA, de WHIP (3.44 et 1.11) et seconds en termes de moyenne au bâton adverse (.224), les hommes de Dave Roberts sont armés jusqu’aux dents dans tous les secteurs.

Et cette incroyable force collective est également construite sur des performances individuelles remarquables. Sur le monticule, le vétéran Hyun-Jin Ryu aurait presque fait oublier, particulièrement sur son début de saison canon, qu’il partageait l’affiche avec la légende Clayton Kershaw et la nouvelle star Walker Buehler. Candidat sérieux au titre de Cy Young, il affiche aujourd’hui le meilleur ERA de MLB (2.41) pour un bilan de 13 victoires et 5 défaites, ou encore le quatrième FIP (3.18) de NL. Et pendant ce temps-là, tandis que Buehler (3.25 ERA, 13-4, 3.03 FIP) et Kershaw (3.15 ERA, 15-5, 21 QS) se sont mis au diapason et que Kenta Maeda faisait le taf (10-8, 4.09), toute une floppée de lanceurs se partageait les spot-starts (Stripling, Hill, Gonsolin, Urias, May). Résultat, les Dodgers n’ont pas seulement un des meilleurs 1-2-3 tickets des Majeurs, mais peut-être aussi le plus frais puisqu’aucun lanceur n’a dépassé les 180 manches lancées lors de cette saison régulière.

Dodgers (Custom)

Du côté des batteurs, c’est Cody Bellinger qui régale : après une saison 2017 (Rookie of the Year) surpuissante au cours de laquelle il s’était plutôt distingué comme un pur frappeur de puissance et une saison de sophomore parfaitement quelconque, le slugger des Dodgers a explosé comme un véritable MVP en puissance cette saison (voir plus bas). Parfaitement épaulé par un Joc Pederson (35 HR, 72 RBI) et un Justin Turner (.290, 27 HR, 67 RBI) retrouvés, par un Max Muncy (34 HR, 96 RBI) qui confirme sa belle saison 2018 et par un Corey Seager qui semble enfin débarrassé de ses pépins physiques, Cody Bellinger est le leader de la meilleure attaque du baseball majeur, tout simplement. Et le réservoir de batteurs talentueux de la franchise californienne semble presque inépuisable, comme un certain week-end de juin a pu le montrer (voir : le moment fort).

Alors il faut bien trouver une vulnérabilité à ces Dodgers, on se penchera donc sur le cas du bullpen, qui n’est « que » le troisième de National League en termes d’ERA (3.89, contre 3.17 pour les starters) et le second en moyenne au bâton adverse (.222). Un petit axe de progression pour Dave Roberts, qui aura cependant l’embarras du choix au moment de choisir son groupe de releveurs pour les séries de postseason : Jansen (3.77, 32/40 SV, 62 IP), Baez (3.15, 68.2 IP), Urias (2.05, 48.1 IP) seront les têtes d’affiches d’un groupe pléthorique de releveurs potentiels qui inclue également des noms bien connus tels que Ross Stripling, Joe Kelly ou Yimi Garcia. Le bullpen sera en tout cas au cœur de tous les regards pour cette postseason, et notamment son closer Kenley Jansen, terriblement irrégulier cette saison comme il a plu l’être lors des récentes postseasons. De son état physique et nerveux dépendra peut-être la capacité des Dodgers à aller, enfin, chercher ce titre qui leur échappe encore et encore.

Le moment fort

C’était un week-end de juin comme un autre dans la Cité des Anges, les Dodgers recevaient les Colorado Rockies pour une série de trois matchs qu’ils devaient dominer. Les coéquipiers de Kershaw avaient déjà sweepé ceux de Nolan Arenado quelques semaines plus tôt, et ils devaient terminer la saison avec un record de 15-4 contre leurs victimes préférées.  Mais ce week-end-là, il y avait un petit quelque chose en plus, un petit grain de folie et de magie sur la pelouse du Dodgers Stadium.

Il y a d’abord eu ce Match 1 éclaboussé par la classe et la violence de Walker Buehler. Certes, il a concédé trois hits. Certes, deux de ces hits ont résulté en des Home Runs par les deux stars des Rockies, Nolan Arenado et Charlie Blackmon. Et tandis que German Marquez lançait huit manches, concédant lui aussi deux points, Walker Buehler s’offrait trois strike-outs dans le neuvième inning, pour un total de 16 retraits sur prises au cours du match. Pas assez, toutefois, pour en terminer avec des Rockies bien tenaces : C’est le rookie Matt Beaty qui s’offrait son deuxième Home Run en carrière, son premier Walk-Off, et permettait au jeune lanceur des Dodgers d’être crédité de la victoire avec le Complete Game.

Balaise, mais où veux-tu en venir avec ce Walk-Off Home Run, me demanderez-vous ? Et bien il se trouve que le jeune Matt Beaty a donné des idées à ses copains de promotion. Le lendemain, alors que les deux franchises se trouvaient une fois de plus a égalité dans la dernière manche (4-4 cette fois), c’est un autre Rookie qui envoyait la balle au-delà des clôtures :  Alex Verdugo envoyait son deuxième coup de circuit de la soirée, et le premier Walk-Off Home Run de sa jeune carrière, bien entendu.

Et le dimanche me direz-vous ? Après un save raté de Pedro Baez, les Dodgers se retrouvaient bien désappointés, rejoints à 3-3 lors de la huitième manche. Une égalité conservée par Kenley Jansen, et une opportunité dans le bas de la neuvième pour les Dodgers ? La suite de l’histoire, vous la connaissez ? Avec Matt Beaty et Russell Martin sur bases, 2 outs, Dave Roberts n’avait plus qu’une chose à faire, faire entrer son receveur rookie Will Smith en tant que pinch hitter. Boom! 3-Run Home Run, premier Walk-Off Home Run en carrière.

En trois jours, les Dodgers avaient terminé la saison des Rockies qui ne s’en remettraient pas, et surtout montré à qui voulait encore l’ignorer que les Seager, Bellinger et Muncy ne sont pas des cas isolés. Si les Dodgers sont la franchise du moment en National League, ils sont aussi, et pour encore un moment, celle du futur.

Le joueur qui monte – Will Smith

L’hiver dernier, Andrew Friedman, président des opérations baseball des Dodgers, affirmait en parlant de Will Smith qu’il était déjà un receveur de niveau « Gold Glove », bien que le jeune rookie n’ait encore jamais dépassé le niveau AAA dans l’organisation de Los Angeles. Pas question, pour autant, de lui offrir une place dans le roster en début de saison. La faute à une production au bâton insuffisante dans les Minor Leagues.

Un petit peu plus de deux mois plus tard, il quittait le niveau Triple A et Oklahoma City avec 20 HR et 54 RBI au compteur, en 62 matchs, une moyenne au bâton rehaussée à .268, et un OPS de .984. Suffisant pour décider le front office des Dodgers à lui offrir une pige à l’échelon supérieur. Nommé receveur titulaire en lieu et place d’Austin Barnes, il enchainait au bâton en atteignant une moyenne de .329 sur ses 25 premiers matchs.

Will Smith

Si ce niveau de performance au bâton était insoutenable sur le long terme, et si quelques questions ont été posées sur son jeu défensif lors du léger passage à vide des lanceurs de Dodgers en fin d’été, Will Smith termine tout de même sa saison avec 14 HR et 37 RBI au compteur, et devrait vivre la première postseason de sa vie de Major Leaguer dans la peau d’un Catcher titulaire : affaire à suivre.

Le MVP – Cody Bellinger

On avait connu le rookie surpuissant en 2017, on avait connu le sophomore sous-performant en 2018, on a découvert en 2019 le Cody Bellinger en mode « Elite Five-Tool Player ». Toujours adepte des Home Runs (46, troisième de MLB), le slugger des Dodgers a montré au fil de la saison qu’il avait bien plus d’une corde à son arc : il affiche aujourd’hui une slash-line de .301/.402/.623 (ce qui fait de lui un des trois joueurs de MLB, avec Yelich et Rendon, à excéder les 300/400/600) pour un OPS de 1.025 (3e en MLB). Il mène les Ligues Majeures en termes de WAR (8.2 pour Baseball Reference) et de Total Bases, avec au passage une quinzaine de buts volés, ce qui ne gâche rien.

BellingerFire

Gros travailleur, le natif de Stockdale, AZ, a montré de gros progrès dans le contrôle et le choix des pitchs. Aux 146 et 151 K reçus en 2017 et 2018, il a répondu cette saison en n’en concédant que 108, tandis que son nombre de Walks progressait proportionnellement (93 contre 64 et 69). Et finalement, Bellinger a également impressionné par ses progrès défensifs, contribuant activement aux belles performances défensives des californiens (Meilleure défense de MLB avec 611 runs concédés) depuis l’outfield des californiens. « Il est un défenseur de très haut niveau où que vous le placiez », louait son manager, Dave Roberts il y a quelques jours.

Impossible dans ce tableau idyllique d’imaginer que le titre de MVP pourrait échapper à Cody Bellinger ? C’est compter sans Christian Yelich, qui a confirmé sa saison de MVP 2018 par une saison 2019 encore plus surnaturelle. Quand Bellinger s’est hissé au niveau d’un grand Yelich, Yelich s’est hissé au niveau d’un grand Mike Trout, et il semblait filer tout droit vers un second titre consécutif, avant de se briser la rotule le 10 septembre dernier sur une balle déviée par sa propre batte. Suffisant pour offrir le titre à Cody Bellinger ?

Performances récentes en postseason

L’histoire récente des Dodgers en postseason est une collection infinie d’exploits retentissants, de matchs héroïques et d’échecs cuisants alors qu’ils semblaient toucher la victoire du bout des doigts. Rien ne reflète mieux cet état de fait que les World Series 2018, où Clayton Kershaw et Kenley Jansen, pourtant performants lors des tours précédents, combinaient deux lourdes défaites (avec 9 runs concédés) pour le premier, et deux sauvetages ratés pour le second. Au total, trois défaites imputables aux deux lanceurs les plus seniors des Dodgers, tout autant qu’aux battes des Red Sox.

Kershaw Sox.jpg

Déjà en 2017, Kershaw et Jansen avaient calé au pire moment, après un parcours quasi-parfait jusqu’au Game 1 des World Series, et le premier, lanceur légendaire des Dodgers et futur hall of famer, fut au centre des plus grandes désillusions des Dodgers en postseason comme lors des NLCS 2013 et 2016 ou les NLDS 2014  (défaite dans le match décisif).

Bien entendu, on ne peut pas imputer tous les maux des Dodgers en postseason aux cauchemars vécus par leur lanceur star. On notera ainsi que lors des dernières World Series, ce sont plusieurs cadres du roster de Dave Roberts qui se sont fait remarquer par leur discrétion, de Cody Bellinger (0.63,  1H, 6K) à Joc Pederson (0.163, 1H, 1HR, 5K) en passant par Manny Machado (.182, 4H, 3RBI). Pourtant, si les Dodgers atteignent de nouveau, comme on peut légitimement s’y attendre, les portes du Fall Classic, c’est encore une fois sur leurs deux lanceurs vedettes que se poseront tous les regards. Et ce sont eux, deux des lanceurs les plus talentueux de leur génération, qui auront les clés pour, enfin, délivrer des supporters sevrés de victoire depuis maintenant 31 ans !

Dodgers WS Win
2019 : l’année des Dodgers?

Points forts

  • La meilleure attaque de National League, la meilleure défense du baseball majeur, l’une des deux meilleures rotations du baseball majeur.
  • Potentiellement le MVP (Bellinger) et le Cy Young (Ryu) 2019
  • Une expérience inégalée de la postseason avec sept participations consécutives et deux World Series ces deux dernières années.

Points faibles

  • Les fantômes du passé, et les deux défaites lors deux dernières World Series.
  • Le manque de compétition en National League West, avec des adversaires tous à plus de 20 victoires
  • Vous ne voyez pas que j’ai déjà bien du mal à trouver deux points faibles ? Allez, le bullpen est un tout petit peu (mais genre vraiment un tout petit peu) moins bon que ceux des Cardinals et des Astros.

Pronostic

Les Braves? Diminués et pas encore prêts à passer au niveau supérieur ; Les Brewers sans Yelich ? Aucune chance ; Les Nationals sur une série entière ? Pas avec un bullpen comme le leur ; Les Cardinals ? Improbable. Difficile de voir qui pourrait mettre en difficulté la domination totale des Dodgers sur la National League tant, cette année encore, il semble y avoir un monde d’écart entre les coéquipiers de Kershaw et leurs victimes adversaires désignés. On gardera tout de même un œil sur les Braves pour jouer les trouble-fêtes, à l’instar des Brewers 2018.

Mais on ne peut s’empêcher de penser que la postseason des Dodgers ne débutera véritablement qu’au soir du 22 Octobre avec l’ouverture du Fall Classic face à l’un des mastodontes de l’American League, Yankees ou Astros en tête. Tout autre scénario serait un immense choc pour la planète baseball, et une monumentale désillusion pour les Dodgers de Dave Roberts.

Bonus Track


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