Jackie Robinson : un petit pas pour l’homme, un grand pas pour l’humanité

L’Histoire du baseball est parsemée de numéros légendaires. Le 3 de Babe Ruth, le 2 de Derek Jeter, le 5 de Joe DiMaggio et le 32 de Sandy Koufax. Mais il y a un numéro qui résonne avec plus de force et plus de prestige que les autres: c’est le numéro 42.

Jackie Robinson, l’homme qui a brisé la barrière. Photo : Dr

Samedi 15 Avril 2017, comme à chaque saison, l’ensemble du personnel de la Ligue Majeure portera le numéro 42 sur leurs maillots, pour honorer un homme. Un joueur essentiel dans l’Histoire du baseball.

Ce joueur c’est Jackie Robinson.

Jackie Robinson est né le 31 janvier 1919 à Cairo en Géorgie. Il grandit à Pasadena en Californie où il effectua toute sa scolarité jusqu’au Junior College. Au cours de son parcours scolaire il fit la démonstration de ses talents athlétique en participant à quatre disciplines : Football, basketball, baseball et athlétisme. En 1939 il rejoint UCLA et devient le premier athlète de l’université à prendre part à quatre disciplines. En 1940 il est couronné champion national du saut en longueur. Et étrangement le baseball est le sport dans lequel il est le moins bon. Durant la seule saison à laquelle il participe sa moyenne à la batte est de .097. Cette contre-performance ne présage pas du reste de sa carrière.

Au retour de la Seconde Guerre Mondiale, durant laquelle il ne fut déployé sur aucun théâtre d’Operations, Robinson reçut une offre de la part des Kansas City Monarchs, équipe de la Negro American League. Durant son stationnement a Camp Breckinridge dans le Kentucky, il avait écrit aux Monarchs sur la recommandation de l’un de leur joueurs. Il joua une saison pour les Monarchs. Il fut invité au Negro League All-Star Game cette année-là.

Ecrire l’histoire

Dès le milieu des années 40 certains clubs était réellement intéressés par la perspective de signer des joueurs afro-américains. L’un de ces clubs était les Brooklyn Dodgers. Branch Rickey, le président du club et manager général sélectionna Jackie Robinson parmi sa liste de prospects de couleur, après les conseils de Wendell Smith, reporter pour l’hebdomadaire afro-américain Pittsburgh Courrier. Apres s’être assuré que Robinson pourrait faire face aux injures raciales, sans provoquer de heurts qui aurait coûté toute la crédibilité de l’opération et retardé l’intégration des joueurs de couleur de plusieurs années, Rickey lui offrit un contrat pour intégrer les Montréal Royals, l’équipe de ligue Mineure triple-A affiliée aux Dodgers.

Branch Rickey, le président des Dodgers avec Jackie Robinson. Photo : DR

Branch Rickey est un innovateur dans le monde du baseball. Il est responsable de la popularisation des cages de frappe, des machines à lancer, des casques pour les batteurs et pour l’introduction des statistiques analytiques. Il n’est pas surprenant qu’il soit le premier manager général à chercher à intégrer des joueurs de couleur dans son équipe. Rickey était bien sur motivé dans ce projet par son idéalisme. Il était déterminé à faire échouer le racisme tout du moins dans le monde du baseball.

Des débuts professionnels mouvementés

Le début de son parcours en ligue mineure chez les Montréal Royals est à l’image du reste de sa carrière : à la fois tortueux et glorieux. Sa présence au Spring Training 1946 à Daytona Beach crée la controverse dans une Floride entachée de racisme. Robinson n’est pas autorisé à loger dans le même hôtel que ses coéquipiers. Et dans le même temps plusieurs localités tentent de l’empêcher de jouer. C’est l’intervention de Branch Rickey auprès des autorités locales qui permettra finalement de débloquer la situation. Robinson est alors autorisé à participer à un match avec les Montréal Royals, à Daytona Beach, contre l’équipe parente des Brooklyn Dodgers. La rencontre s’est tenu le 7 mars 1946, et ce fut le premier match de ligue mineure disputé par un joueur de couleur depuis 1880.

 

Jackie Robinson avec le maillot des Montreal Royals.
Photo : Sporting News Hologram

De manière identique, lors de la saison régulière, il dut faire face à l’hostilité de certains joueurs et certains publics notamment dans les états du Sud, tout en recevant les honneurs de la Ligue Internationale dont il fut élu MVP.  Cette saison il domina la ligue avec une moyenne de coup sûr de .349. Il vola aussi 40 bases et posta une moyenne en défense de .985. Il reçut aussi le support enthousiaste des fans montréalais. La présence de Robinson sur les terrains provoqua une explosion de la fréquentation. 1 million de personnes assistèrent aux matchs disputés par Jackie Robinson en 1946. Ce qui était un exploit en soi pour la Ligue Internationale à l’époque.

A l’ouverture de la saison 1947, les Brooklyn Dodgers appellent Robinson en Ligue Majeure. Il fait ses débuts le 15 Avril au Ebbets Field devant près de 27 000 spectateurs et devint le premier joueur à briser la barrière de la couleur en ligue majeure. C’est cette date du 15 Avril qui est célébrée chaque année aux Etats-Unis depuis 2004. Les abus dont Robinson fait l’objet semblent se multiplier en Ligue Majeure. Mais c’est surtout leur documentation qui augmente avec l’attention de la presse se focalisant sur l’événement historique. Au sein même des Dodgers des dissensions se font entendre avec l’arrivée de Robinson. Le staff dû prendre parti pour lui et il dût s’imposer comme joueur légitime pour gagner le respect de ses coéquipiers.

Jackie Robinson et son célèbre numéro 42 en 1952.
Photo : The New-York Times

En 1947, malgré les attaques raciales venues des fans et des équipes adverses, Robinson remporta le trophée de rookie de l’année de la Ligue Majeure. Il continuera son parcours incroyable pour les 10 années suivantes. Il décrochera 6 apparitions aux All-Star Game, un trophée de MVP en 1949 et un autre de champion des World Series en 1955. Il sera introduit au Baseball Hall of Fame en 1962 et nommé deuxième base dans la meilleure équipe du siècle de MLB. Une carrière couronnée de succès pour un joueur exemplaire qui a dû affronter plus que la plupart de ses pairs pour être reconnu.

En portant le numéro de cet homme légendaire ; l’ensemble du personnel de la MLB honore le joueur de baseball le plus important de l’Histoire. Un homme sans lequel la discrimination raciale aux États-Unis aurait pu prendre plusieurs décennies supplémentaires à disparaître.

Ce numéro 42 est là pour nous rappeler que de moins fortunés que nous souffrent encore de la ségrégation, qu’elle soit sociale, religieuse ou sexuelle. Des hommes et des femmes vivent dans la souffrance et dans la peur parce que certains ne les jugent pas dans la norme. Ce samedi 15 avril, rappelons-nous ce que Jackie Robinson a fait pour la cause afro-américaine et pour l’ensemble de l’humanité et essayons de lui ressembler un peu plus. Soyons tous des numéros 42.

 

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