Lanceurs, défenseurs et Mathématiques : Les Chiffres du Baseball (Part 2)

Après avoir vu en détail les statistiques fondamentales en ce qui concerne les batteurs, dirigeons nous désormais du côté des lanceurs. Et les indices pour évaluer leurs performances sont très nombreux, concentrons-nous sur l’essentiel…

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Les Statistiques au Lancer :

Wins (W)/Losses (L) – Record victoires-défaites 

Attaquons-nous d’entrée à l’une des statistiques primordiales pour un lanceur partant de baseball ; la décision. Il existe deux types de décision : la victoire et la défaite. A l’issue d’une partie, un des lanceurs de l’équipe vainqueur sera déclaré « lanceur gagnant » (WP) et un de ceux de l’équipe battue sera le « lanceur perdant » (LP). Cet indice à l’instar de l’ERA – que nous verrons plus bas – est crucial pour les starting pitchers.

Si les lanceurs de relève peuvent aussi obtenir des victoires ou défaites c’est bien plus anecdotique sur le plan de l’importance statistique.

Comment un lanceur peut remporter une victoire ?

  • Si c’est lanceur partant il doit IMPÉRATIVEMENT compléter au moins 5 manches
  • Si c’est un releveur il n’est tenu à aucune restriction

Une fois la condition remplie,  une victoire est attribuée au lanceur qui a pitché lors de la demi-manche précédent le moment où l’équipe victorieuse a pris les devant pour la dernière fois. Ça peut paraître un peu barbare mais c’est assez simple à comprendre.

Prenons un exemple : Un lanceur partant quitte le monticule à la 6ème manche alors que son équipe mène 5-0.

  • Si les releveurs maintiennent l’avantage de l’équipe à la marque sans JAMAIS permettre à l’équipe adverse d’égaliser ou de passer devant le lanceur partant sera crédité d’une victoire
  • Si les releveurs permettent à l’équipe adverse d’égaliser ou de prendre l’avantage, le lanceur partant terminera -en dépit de sa performance- avec une non-décision

Dans ce dernier cas, la victoire et la défaite seront attribués aux lanceurs en fonction du déroulement du match. Conservons le même exemple.

Le lanceur de relève succède au lanceur partant à la 7ème manche. Lors de sa demi-manche, il encaisse 5 runs et permet à l’équipe adverse de revenir à égalité :

  • Si lors de la demi-manche suivante, son équipe marque 3 runs supplémentaires et les lanceurs de relève parviennent à maintenir l’avantage de l’équipe sans JAMAIS permette à l’adversaire de revenir à égalité ou de passer devant, le lanceur qui a encaissé 5 runs sera crédité de la victoire. Injuste n’est-ce pas ?

Pour la défaite c’est exactement le même principe, un lanceur partant peut encaisser 8 runs en 3 manches, si son équipe parvient à égaliser à un moment de la partie ou à passer devant, il sera crédité d’une « non-décision » même si son équipe finit par perdre. Et c’est la lanceur de relève qui aura encaissé le run « fatal » qui se verra attribué la défaite. Pour faire simple, quand un lanceur (partant ou de relève) entre dans la partie alors que le score est à égalité ou que son équipe est en avance et quitte le monticule avec un déficit au score pour son équipe, il risque d’être crédité de la défaite.

Pour résumer cette statistique victoires-défaites ne dépend pas uniquement de l’efficacité du lanceur partant sur une partie. Un SP a beaucoup plus de chance de cumuler les victoires avec une équipe productive offensivement et s’il peut compter sur des releveurs de qualité.

Ainsi en 2003, Colby Lewis a obtenu un ERA de 7.30 pour un bilan de 10 victoires et 9 défaites. Ce qui montre qu’il a pu bénéficier d’un excellent « run support » lors de ses sorties. En revanche en 1992, Jim Abbott a terminé avec un record de 7 victoires pour 15 défaites malgré un ERA de 2.77.

Mais c’est quoi l’ERA au juste ?

Earned Run Average (ERA) – Formule : ((9 x (Earned Runs Allowed) / (Innings Pitched))

La statistique la plus utilisée pour évaluer la qualité d’un lanceur. Elle permet de savoir combien de runs mérités (earned runs) concède en moyenne un lanceur sur une base de 9 manches. Ainsi, si un lanceur concède 3 ER (ou point mérités) en 6 manches son ERA sera de 3/6 x 9 soit 4.5. Un run n’est pas à la charge du lanceur dans la mesure où il n’aurait pu être inscrit sans une erreur de la défense.

Exemple : Un batteur atteint la première base à cause d’une erreur du 1st baseman et le frappeur suivant envoie un home-run. Le lanceur encaisse bien deux points, sauf que pour les statistiques le second est mérité et le premier ne l’est pas.

En 2015, Zach Greinke a obtenu l’ERA le plus bas avec un total de 1.66 points encaissés en moyenne sur l’année.

En complément de l’ERA on trouve l’ERA+ qui est un ajustement de la valeur en fonction du terrain dans lequel le lanceur évolue. En effet certains stades favorisent davantage les frappeurs ou les pitchers. Il existe plusieurs formules pour calculer cet indice mais la chose à savoir c’est que l’ERA+ moyen est fixé à 100, un score au-dessus de ce nombre indique que le lanceur a été meilleur que la moyenne et en-dessous de 100 qu’il a été moins bon.

Par exemple, si l’ERA moyen en American League est à 4 et que le lanceur cumule un ERA de 4 dans un stade qui favorise les batteurs, son ERA+ sera au-dessus de 100, s’il affiche un ERA de 4 dans un stade qui favorise les lanceurs, son ERA+ sera en-dessous de 100.

En 2000, en American League, le fantastique Pedro Martinez a terminé avec un ERA de 1.74 quand la moyenne en AL était de 4.92, ce qui lui a donné un ERA+ record de +291.

Walks plus Hits Per Inning Pitched (WHIP) Formule : (BB+H) / (IP)

Cet indice permet tout simplement de calculer le nombre de coups sûrs (hits) et de buts sur balles (walks) concédés par un lanceur pour chaque manche lancée. Cette statistique vient en complément de l’ERA et se focalise donc uniquement sur l’efficacité du lanceur face aux batteurs adverses. Evidemment plus le WHIP d’un lanceur est bas, mieux c’est !

Le pitcher de l’ère moderne a avoir le WHIP le plus faible en carrière est Clayton Kershaw puisqu’en 9 saisons il est à 1.012 ! Sur les 1732 manches qu’il a lancées depuis le début de sa carrière, il a en moyenne concédé un hit ou walk lors de chacune d’entre elles. Une énorme régularité dans la performance….

Strikeouts per 9 innings (K/9)Formule : (strikeouts x 9) / (IP)

Là encore, cette statistique est assez simpleà comprendre. Il s’agit de déterminer combien un lanceur réalise de strikeouts sur une base de 9 manches. Pour cela on multiplie le nombre total de Ks réalisés par un lanceur par 9 et on divise par le nombre de manche qu’il a lancé.

Exemple : Si un lanceur totalise 6 strikeouts en 7 manches, son ratio sera de 6 x 9 / 7 soit 7.7 K/9.

Le record de cette statistique en carrière est Randy Johnson avec un ratio de 10.61 K/9.

Cet indice fait directement référence au BB/9 qui calcule via la même formule le nombre de walks concédés par un lanceur sur la base de 9 manches. Ces deux ratios sont toujours associés.

Fielding Independant Pitching (FIP) 

Pour le coup on ne va vous ennuyer avec une formule qui est particulièrement complexe. L’intérêt de cet indice est ce qu’il représente, et autant dire qu’il est très utile au point que Zach Greinke en est obsédé…

Cette statistique se veut comme une alternative à l’ERA mais ne se base uniquement sur les éléments que peuvent contrôler un lanceur soit les walks, strikeouts, HBP et HRs. Cet indice permet de juger de l’efficacité d’un lanceur SANS prendre en compte les actions qui impliquent les joueurs défensifs. Comme pour l’ERA plus le FIP est bas, mieux c’est ! Le FIP  sert d’ailleurs à donner une tendance sur l’ERA des lanceurs qui peut être parfois sublimé par le niveau des défenseurs. Il est courant de dire que si le FIP se situe plus haut que l’ERA, ce dernier devrait augmenter rapidement et inversement.

Un FIP à 3 ou moins est considéré comme très bon, à partir de 5 c’est très faible. A ce jour le leader dans cette statistique est Kershaw, avec 1.69 de FIP.

MLB: Colorado Rockies at Los Angeles Dodgers

La Statistique Défensive 

Fielding Percentage (FP)Formule : (Assists + Putouts) / (Assists + Putouts + Errors)

Cette statistique est la plus utilisée pour évaluer la qualité défensive d’un joueur ou d’une équipe en général. Elle se calcule simplement en additionnant les assistances (assists) et les retraits défensifs (putouts) divisés par ces deux éléments plus les erreurs éventuelles.

Les assistances défensives sont les passes relais qui débouchent sur le retrait d’un joueur. Exemple : Une balle roulante vers le shortstop qui l’envoie au 1st baseball dans les temps = 1 assistance.

Un retrait est une action défensive qui permet l’élimination du batteur sans l’aide de personne comme attraper une balle volante ou ganter une balle lancée par un coéquipier et toucher le but.

Si au cours d’un match un joueur cumule 5 assistances et 3 retraits sans aucune erreur, son fielding sera de 100%. Donc s’il n’y a pas d’erreur le fielding percentage restera à 100% c’est en ça que cette stat est controversée puisqu’elle pénalise les joueurs qui prennent le plus de risques.

Au poste de SS, c’est Troy Tulowitzki qui a le meilleur FP en carrière avec .9850 de réussite !

Vous êtes maintenant prêts à affronter les statistiques copieuses des sites de références avec aisance. Nous avons fait le choix de vous épargner les indices les plus poussés qui sont réservés à un public à l’appétit mathématique féroce. Nous allons vous en énumérer certaines dont vous trouverez les définitions et explications précises sur des adresses reconnues comme fangraphs.com.

On aurait pu donc dans ces catégorie évoquer pour les batteurs l’ensemble des statistiques pondérées (wRC, wRC+, wOBA, wRAA) qui sont des indices qui viennent en complément des statistiques standards évoquées dans la première partie de notre série « sabermetrics ». Il aurait pu être aussi question du VORP (Value over Replacement Player) qui a les mêmes objectifs que le WAR même s’il diffère dans son mode de calcul ou du très intéressant WPA (Win probability added). Cette dernière « stat » calcule en pourcentage la part d’implication d’un joueur dans une victoire en fonction de son rôle dans les actions décisives de la partie.

Pour finir en douceur, puisqu’il en a été question avec le Fielding Percentage, on vous laisse avec une compilations d' »assists » absolument fantastiques !

 

 

 

 

 

 

 

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