Hits, Runs et Mathématiques : Les Chiffres du Baseball (Part 1)

Dans le sport moderne, reflet d’une société connectée et analytique, les statistiques sont devenues une part intégrante du spectacle et une donnée parfois cruciale dans la création d’une approche tactique ou dans la composition d’un collectif. De plus en plus élaborées, de plus en plus complexes, les possibilités statistiques permises par un tracking de tous les instants ouvrent un nouvel univers pour une génération de coachs, de recruteurs et d’analystes sportifs.

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Le monde du baseball, cependant, a toujours eu un Run d’avance dans le domaine de l’analyse statistique. Bien avant Billy Beane, dont l’histoire a été immortalisée à l’écran dans le film « Moneyball », le baseball était déjà calculé au moyen de milliers, de millions de données simples, complexes ou même totalement indigestes. Depuis le lancement de notre site, la question des indices statistiques nous a régulièrement été posée sur les réseaux sociaux : de quoi parle-t-on lorsque l’on annonce un ERA ou un WAR ? que sont le WHIP et le BABIP ? faut-il vraiment prêter attention à l’OBP ou au wRC+ ? Embarquez avec nous pour une initiation à quelques-uns des indices fondateurs du monde des « Sabermetrics ».

Indices premiers

Avant de parler d’indices calculés, un petit récapitulatif des ingrédients de base nécessaires à toutes ces considérations statistiques. Ces statistiques simples seront évidentes pour la plupart d’entre vous, et nous ne nous éterniserons donc pas dessus.
D’abord il y a le nombre de passages au bâton (AB), celui de Hits (H). Parmi ces hits, les Extra-Base Hits (XBH) incluent les doubles (2B), triples (3B) et bien entendu les Home Runs (HR). Chaque point marqué est un Run (R) et chaque point produit est un Run Batted In (RBI). Une fois arrivés sur les bases (TB), les joueurs pourront tenter de voler un but (SB) en faisant attention à ne pas se faire prendre (CS). Enfin, pour en finir avec les statistiques générales, les Walks, ou Base on Ball (BB), les Hit by Pitch (HBP) et bien entendu les Strike Outs (SO ou K) complètent le tableau.
Coté lanceurs on ajoutera le nombre de manches lancées (IP) et de points mérités (ER), et spécifiquement pour les « closers », les Sauvetages (S) réussis ou échoués. On parle alors de sabotage (BS)

Avant d’aller plus loin, expliquons rapidement le principe des « Saves » et « Blown Saves », puisque c’est une autre demande qui nous a été faite récemment. Un lanceur (habituellement le closer) se verra attribuer un sauvetage s’il envoie les derniers lancers d’un match victorieux en remplissant l’une des conditions suivantes :
– Il lance au moins une manche entière dans un match ou son équipe possède une avance de trois runs ou moins.
– Il entre en jeu alors que le point égalisateur potentiel est sur bases, au bâton ou dans le cercle d’attente
– Il lance au moins trois manches pour finir le match.

Tout lanceur qui entre en jeu avec une possibilité de sauvetage (SVO) et concèdera le point égalisateur sera donc crédité d’un sabotage, même si le point en question est crédité à un lanceur précédent.

Mais revenons donc à nos indices de performance calculés, en commençant par les frappeurs.

Les Statistiques au Bâton :

Moyenne au bâton  (Avg)Formule : H/AB = Avg

Avec le nombre de Home Runs et celui de Points produits, la moyenne au bâton est l’un des indicateurs majeurs de performance pour les batteurs, et le troisième composant nécessaire pour décrocher la rare et convoitée Triple Couronne.
La moyenne au bâton permet d’estimer le nombre de fois qu’un frappeur a atteint au moins le premier but grâce à un coup-sur. Elle exclut de fait les buts sur balles, les hit-by-pitch.
Une moyenne au bâton comprise entre .250 à .300 est la normale au niveau des Ligues majeures, une moyenne supérieure à .300 étant considérée comme excellente.

Miguel Cabrera (Detroit Tigers) possède la meilleure moyenne au bâton (0.320 / 7565 AB) parmi les joueurs actifs dans les ligues majeures. Le double MVP d’American League (2012, 2013) est aussi le seul joueur de l’ère moderne à avoir emporté une triple couronne au bâton, en 2012.

On-Base Percentage (OBP) Formule : (H + BB + HBP) / (AB + BB + HBP + SF)

Quand la moyenne au bâton se limite aux balles frappées en jeu, l’On-Base Percentage (ou On-Base Average) permet de calculer la présence sur base d’un batteur, quelle que soit la manière d’accès au premier but. A noter
Particulièrement importante pour les joueurs qui composent le début de l’ordre à la batte d’une équipe, l’accès de coéquipiers aux bases permet aux sluggers du milieu de l’effectif de bénéficier de leurs courses et de leur présence pour produire les points.

On vous parlait il y a quelques mois DU spécialiste absolu de la présence sur bases, Joey Votto (Cincinatti Reds), et de son approche froide et calculatrice au bâton qui fait de lui le joueur en activité possédant le plus haut OBP (.421) et accessoirement une rampe de lancement idéale pour son « cleanup-hitter » historique, Brandon Phillips.

Slugging Percentage (SLG) Formule : (1B + (2 x 2B) + (3 X 3B) + (4 x HR)) / AB

Si la moyenne au bâton permet d’établir la fréquence à laquelle un batteur envoie la balle en jeu, elle ne reflète en rien le facteur de puissance et d’efficacité de ces coups-surs. Un batteur sera crédité du même « batting average » s’il frappe 30 singles et aucun Home Run ou 30 Home Runs pour un seul coup simple.
Le « Slugging Percentage » est donc une mesure pondérée de la moyenne au bâton, dans laquelle le nombre de bases atteintes sur un coup sûr est factoré à chaque hit pour créer un indice dont la valeur maximale théorique est de 4.000, dans le cas où un frappeur parvenait à frapper un Home Run à chaque passage au bâton.

Parmi les joueurs actifs, c’est Albert Pujols (Angels), MVP de National League en 2005, 2008 et 2009, qui affiche le plus haut « Slugging Percentage » en carrière dans les majeurs, avec 8848 AB pour 2742 Hits (1558 simples 593 Doubles, 16 Triples et 575 Home Runs) : (1558 + 593×2 + 16×3 + 575×4) / 8848 = .575

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On-Base Plus Slugging (OPS)Formule simplifiée : OBP + SLG = OPS

Comme son nom l’indique, l’OPS est une mesure de performance combinant la présence sur base calculée par l’OBP et la puissance de frappe calculée par le Slugging Percentage. Elle offre donc au recruteur ou au coach un indice chiffré complet permettant d’évaluer les performances d’un batteur en termes de puissance, de régularité au bâton et de capacité à atteindre les buts.
La valeur maximale théorique de l’OPS est de 5.000, valeur égale au Slugging Percentage de 4.000 décrite précédemment. Toute valeur égale ou supérieure à .9000 est considérée comme une performance de très grande qualité, tandis que l’on attendra un OPS autour de .7000 pour un joueur moyen de MLB.
Parmi les joueurs actifs de MLB, c’est encore une fois Albert Pujols qui a le meilleur OPS en carrière (.9700). En 2016, c’est le « pré-retraité » David Ortiz (Boston Red Sox) qui domine le classement avec un OPS de 1.108 (OBP : .431, SLG : .677)

On parlera aussi sans s’y éterniser de l’OPS Ajusté ou OPS+, porte d’entrée vers toute une gamme supplémentaire d’indices pondérés selon les stades et la ligue dans laquelle le batteur évolue. L’OPS+ permet par exemple de pouvoir considérer sur une ligne harmonisée les performances d’un batteur comme Nolan Arenado (Rockies) qui joue ses matchs à domicile dans un state particulièrement favorable aux batteurs, et celles d’un Corey Seager (Dodgers) qui a ses quartiers dans le stade des Ligues Majeures le plus favorable aux lanceurs.

Ici, Nolan Arenado a un OBP de .367 et un SLG de .576 pour un OPS total de .943 tandis que Corey Seager affiche un OBP de .361 et un SLG de .536 pour un OPS de .897. Cependant, une fois ces deux lignes de stats ajustées par rapport aux moyennes de la Ligue, c’est bien Seager qui remporte la bataille avec un OPS+ de 149, contre 129 pour Arenado.

Statistiques Générales :

Batting average on balls in play (BABIP)Formule: (H-HR) / (AB – K – HR + SF) = BABIP

Avant de quitter le rectangle des batteurs pour filer vers le monticule,  intéressons nous à deux indices statistiques utilisés à la fois pour évaluer les performances des batteurs et celles des lanceurs le BABIP et le WAR.

Le BABIP permet de mesurer la capacité d’un batteur à mettre la balle en jeu, et celle d’un lanceur à empêcher la balle d’être exploitée par l’équipe adverse. Elle exclut de fait les situations dans lesquelles la balle n’est pas mise en jeu (Strike Outs, Walks) ou est sortie des limites du terrain (Home Run) mais inclut les situations de Sacrifice Fly. Ainsi, un batteur qui obtiendra un résultat de 3 sur 5 au bâton avec un Home Run et deux Strike Out sera crédité d’un BABIP de .500, avec un bilan de 1 sur 2 pour les balles qu’il a mises en jeu.

Chez un lanceur, le BABIP est utilisé principalement pour évaluer la capacité d’un lanceur à maintenir ou améliorer son niveau de performance actuel. Un BABIP très bas laisse penser que le lanceur a profité à plein de conditions favorables sur les balles mises en jeu et risque d’avoir du mal à garder le même niveau de performance. A l’inverse, un BABIP exceptionnellement élevé peut signifier que le lanceur n’a pas été aidé par les conditions et peut attendre une amélioration de son niveau de performance.

Un BABIP moyen pour un lanceur se situe normalement autour de .300, variable notamment selon le niveau de performance de la défense.

WAR (Wins above Replacement)

Le WAR est devenu une statistique absolument cruciale dans le baseball moderne. Pour le coup on va vous éviter les formules qui sont extrêmement complexes mais plutôt se focaliser sur l’intérêt du WAR.

Comment son nom l’indique cette statistique permet de montrer combien de victoires supplémentaires un joueur procure à son équipe en rapport à ce que pourrait produire un baseballeur de niveau moyen. Le WAR a donc pour but d’évaluer l’impact total d’un joueur auprès de son équipe et peut être négatif.

Par exemple, cette année Prince Fielder a le pire WAR des joueurs « qualifiés » puisqu’il est à -1.5. Ceci veut dire que s’il avait été remplacé par un joueur de niveau moyen, Texas aurait obtenu entre une et deux victoires de plus. De l’autre côté, Mike Trout a un WAR à 5.1, ce qui implique que sur les 33 petites victoires des Angels, 5 d’entre elles n’auraient pas été obtenues si Trout avait été remplacé par un joueur de niveau moyen. C’est dire l’importance du garçon !

Le WAR englobe les performances défensives et offensives du joueur mais on le retrouve aussi divisé entre les deux sections dans les sites spécialisés avec d’un côté le WAR défensif (dWAR) et de l’autre le WAR offensif (oWAR).

Pour information, le joueur actif qui totalise le plus de WAR en carrière est Alex Rodriguez avec 118.2 victoires au-dessus du remplacement.

Découvrez la deuxième partie de notre dossier “Statistiques”, consacré aux lanceurs et aux actions défensives.

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