Soleil californien, été indien et course au MVP

Ah juillet. Son soleil, ses plages de sable fin, ses cocktails de bord de mer mais aussi ses milliers de colos débarquant aux quatre coins de l’Hexagone. Et alors que certains se la coulent douce sur un transat ou devant les routes du « Tour de France », d’autres sont en plein cœur de leur saison. Car outre-Atlantique il est déjà l’heure du fameux bilan post All-Star Game. Plus enivrant qu’un duel Froome – Quintana et plus rafraichissant qu’une glace sur le port, The Strike Out vous propose aujourd’hui de revenir sur trois faits marquants de cette première partie de saison 2016. Le tout sans crème solaire.

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Avant de se jeter à tambour battant dans la gueule de cette deuxième partie de saison qui nous emmènera jusqu’aux World Series cet automne, arrêtons-nous un instant sur cette première cuvée « printemps 2016 ». Et dégustons.

Sous le soleil de San Francisco

Le moins que l’on puisse dire c’est que la bande à Bochy aime les années paires. Titrés en 2010, 2012 et 2014 les hommes du natif de Landes de Boussac, en Charente-Maritime, sont en train de nous réciter leur baseball à la perfection. Premier de NL West avec un bilan flatteur de 57 victoires pour 33 défaites, les Giants ont surtout impressionné depuis le 11 mai. Jugez plutôt :

  • Avant le 11 mai :

San Francisco présentait une fiche étriquée de 17 victoires pour 18 défaites (.486). Sur ses 35 premiers matchs 2016, la franchise californienne était 9e en National League, et 16e sur l’ensemble des Majeures.

  • Après le 11 mai :

30 équipes mais un leader : SF. Meilleur bilan MLB avec 40 victoires pour 15 petites défaites. Sur ses derniers 55 matchs, « The Orange and Black » présentent même 5 défaites de moins que toute autre équipe. On parle d’une série déjà historique puisque SF a égalé un vieux record poussiéreux qui datait d’un autre temps où les Giants venaient de débarquer quelques années plus tôt de New-York (1962 avec là aussi 40 victoires en 55 matchs).

Depuis cette date, notons aussi que le Pitching Staff s’est mis au diapason avec un ERA ridicule (2.80). Sur cette période la principale concurrence sur la butte provient des Cubs mais l’ERA des « Oursons » pointent bien au-dessus à 3.52. Un gouffre.

  • La clef : La défense

Si SF braque autant de victoires et subit aussi peu de défaites, c’est aussi et surtout grâce à sa monstrueuse défense, Buster Posey en tête. Le catcher abat un travail incroyable derrière le marbre, encadrant à la perfection ses pitchers. Une saison en mode « Monsieur Propre » logiquement récompensée par une titularisation au All-Star Game. Dans son sillage, l’infield a sauvé 41 runs cette saison. La 2e équipe MLB (Blue Jays) à ce niveau pointe à… 24 runs. Là encore, un gouffre.

Été indien à Cleveland

Traditionnellement l’été indien pointe le bout de son nez vers le mois de mai dans l’hémisphère sud. Mais à Cleveland on commence à se dire qu’on se calerait bien sur le fuseau de l’hémisphère nord (été indien en octobre – novembre). Si cette douce période de temps ensoleillé pouvait durer jusqu’à la postseason voire plus… Il faut croire que la bande à Lebron James et compagnie a donné quelques idées aux hommes de Francona.

  • La stat 

6½. C’est le nombre de victoires d’avance que possède Cleveland sur ses principaux concurrents dans la Central. Et ce pour la 4e fois de son histoire au moment du All-Star break après les épisodes 95, 98 et 99. Et à chaque fois, la ville du Midwest a vu son équipe décrocher la division allant même jusqu’aux WS en 95 (défaite contre les Braves 4-2).

  • L’après 4 juin :

Depuis cette date, Cleveland trône sur la Central et n’a plus lâché la tête ne serait-ce qu’un seul jour. L’ERA depuis le 4 juin de l’armada des Indians pointe à 3.13 (#1 MLB sur cette période) et l’équipe est devenue tout simplement injouable lorsqu’elle mène au score. Sur 28 rencontres depuis juin où l’équipe menait d’un point ou plus dans la partie, les Indians l’ont emporté à 23 reprises. Un ratio énorme de .821% de victoires.

C’est sans doute la clef de la réussite mais tenir un score dans une league féroce est une arme redoutable. On connaissait la capacité de réaction des Royals version 2015 et leur ‘no fluke spirit’, on découvre en ce début d’été l’application des Indiens à conserver une avance par n’importe quel moyen. Cleveland écrase donc la concurrence dans la lignée d’un Lindor (306. Avg, 10 HR, 45 RBI, 13 SB) ou Santana (253. Avg, 20 HR, 49 RBI) au sommet.

Qui pour le MVP ?

 Si la bagarre en tête d’AL ou NL fait rage, celle pour s’octroyer le droit de soulever le titre individuel suprême en fin de saison vaut elle aussi le détour. Alors qui pour succéder à Donaldson et Harper en fin de saison ? Tentative de réponse.

  • American League :

C’est peut-être l’année ou jamais pour voir un successeur à Dustin Pedroia, unique lauréat au poste de 2eBase depuis 1960. Et Robinson Cano (.313 Avg, 21 HR, 58 RBI) et Jose Altuve (.341 Avg, 14 HR, 51 RBI, 23 SB) peuvent légitimement y croire.

Josh Donaldson (.304 Avg, 23 HR, 63 RBI) cherchera quant à lui à devenir le second ‘back-to-back winner’ en cinq ans après Miguel Cabrera (2012 – 2013) et Trumbo (.288 Avg, 28 HR, 68 RBI) ou Machado (.318 Avg, 19 HR, 53 RBI) tenteront d’envoyer un O’s dans les tablettes pour la première fois depuis Cal Ripken Jr en 1991.

Et que dire des Red Sox avec les jeunes Mookie Betts et Xander Bogaerts, 28 HR et 115 RBI à eux deux qui explosent complètement cette saison. Et qui dit Boston, dit David Ortiz. « Big Papi » envoie du très très lourd pour sa dernière année dans le grand show (.332 Avg, 22 HR, 72 RBI) et on peut sérieusement commencer à imaginer le DH enfiler sa première bague à 40 ans, sur son dernier millésime.

On retiendra aussi les noms de Desmond (.233 Avg en 2015 contre .322 en 2016 ?!) ou Lindor (306. Avg, 10 HR, 45 RBI, 13 SB) qui illumine l’infield des Indians.

Enfin n’oublions pas non plus le phénomène Mike Trout qui affiche tout de même 5.6 WAR (wins above replacement) ! Quand on sait que les Angels n’ont remporté que 37 victoires cette saison… À ce petit jeu où l’on mesure l’impact d’un joueur pour son équipe, il est important de souligner que le MVP 2014 mène la danse en MLB…

  • National League :

Difficile de ne pas commencer par parler des Cubbies Kris Bryant (.286 Avg, 25 HR, 65 RBI) ou Anthony Rizzo (.299 Avg, 21 HR, 63 RBI). Récompensés par une titularisation au All-Star Game, les deux oursons jouissent d’une certaine célébrité outre-Atlantique du fait de leur tunique. Chicago est à la mode et il se pourrait bien qu’un Nolan Arenado pourtant XXL (.287 Avg, 23 HR, 70 RBI) en fasse les frais…

À moins que les deux Oursons « divisent » les votes comme on peut parfois l’imaginer pour deux « top players » évoluant avec la même chemise et ouvre ainsi la route à un Pitcher comme en 2014. Et dans l’exercice, difficile de ne pas nommer le triple Cy Young Clayton Kershaw. Le lauréat 2014 a assommé le début de saison avec le meilleur ERA (1.79) des Majeures mais aussi 11 victoires et 145 Ks.

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Sans sa blessure contractée le mois dernier, Kershaw, qui naviguait seul au monde sur la butte, loin, très loin de la concurrence, pouvait même envisager une seconde Triple Couronne. C’est simple avec lui, les Dodgers affichait .875% de victoires. Soit le ratio des Golden State Warriors en NBA cette saison… Gigantesque.

Et puisqu’on parle des Pitchers candidats, notons la présence dans la « short-list » des Giants, Madison Bumgarner, 1.45 ERA depuis le fameux 11 Mai ou Johnny Cueto (13 wins), voire le Cy Young 2015, Jake Arrieta (12-4) ou l’impeccable Stephen Strasburg (13-0).

Du côté des gros bâtons on rajoutera bien évidemment un Yoenis Cespedes (.302 Avg, 21 HR, 52 RBI), ou un Bryce Harper qui impressionne toujours autant son adversaire une fois dans la boite (70 BB). Enfin son compère d’attaque à Washington, Daniel Murphy, qui mène les Majeures à la moyenne (.348) et se classe 5e au « slugging percentage » (.985) a lui aussi sa carte à jouer.

J-Sé Gray : « In Billy Beane we trust ».

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