Postseason 2021 – Chicago White Sox : Et si on passait aux choses sérieuses

Champion d’AL Central pour la première fois depuis 2008, les Chicago White Sox sont l’équipe qui monte en MLB. Au terme d’une saison plus que tranquille, sans réelle adversité dans leur division, les Southsiders vont devoir passer la vitesse supérieure pour atteindre leur objectif avoue, une victoire lors des World Series. First Stop, Houston, pour rencontrer l’une des équipes références de ces cinq dernières années. Un test, un vrai !


Un long fleuve tranquille…

On les attendait, ils sont là et tranquillement sans faire de vagues. Une saison maîtrisée du début à la fin, là où d’autres équipes playoffables ont galéré pour y accéder. Un recrutement assez ciblé : Adam Eaton (parti depuis se perdre dans la banlieue de LA), Liam Hendricks (en Free-Agent), la resignature de Carlos Rodon (un pari au vu de son historique de blessure, mais pari gagnant quand même) pour ne citer que ceux-là. Un Spring training middle bof avec un bilan à 50% (12W-12L).

Et donc une saison régulière où les Pale Hose se retrouvent dans une division « facile » avec des Indians (+13GB) qui soldent tous les joueurs qu’ils peuvent, des Tigers (+16GB) encore un peu trop juste, des Royals (+19GB) qui étonnent avec leur « papy » Perez avant de trouver la formule magique pour les prochaines années et des Twins (+20GB) qui… euh, sont pires que les autres.

Sur le terrain, donc, tranquille: 93W-69L, un Losing streak de 5 et un Winning streak de 6. Que des mois à + .500 de Win, par contre les « gros » matchs, c’est pas top : bilan négatif contre les Astros (2W-5L), Yankees (1W-5L) pour ne parler que de ses 2 là (car il y a aussi des bilans négatifs contre les Royals (9W-10L), les Angels (2W-5L) et les Brewers (1W-2L)). Mais au moment où il faut assurer, les White Sox sont là, tranquilles on vous dit.

 

Parlons un peu de chiffres… (juste un peu)

Et pourtant, aussi bonne soit-elle, aucun joueur de champ ne mène une catégorie de statistique, à part celle de Double Play Grounded into (Abreu: 28), terrible non? et au niveau du Pitching? Euh… pareil, pas plus que ça : Strikeout per 9IP (Cease: 12,278), Saves (Hendricks : 38), Wild Pitch (Cease : 13; mais celle-là, on n’a pas tellement envie d’être en tête) et Situational Wins (Rondon : 2.9).

Au niveau de l’équipe en elle-même: José Abreu mène les débats en terme de HR (30), RBI (117), c’est quand même le MVP AL en titre… OK mais alors en statistiques d’équipe c’est mieux ou alors ça veut dire que cette Division est vraiment pas top? Disons que sans être des monstres de chiffres ils ont un ensemble offensif/défensif très équilibré :

Pour le batting, c’est simple on sort du lourd: Tim Anderson, José Abreu, Yoan Moncada, Luis Robert, Eloy Jimenez et on peut rajouter Yasmini Grandal ainsi que la recrue venant des Indians, Cesar Hernandez, bon ça fait rêver quand même…

Quand à la rotation, sur le papier ça fonctionne très bien : Lucas Giolito, Dylan Caese, Dallas Keuchel, Lance Lynn et Carlos Rondon, si en plus on rajoute dans les releveurs Michael Kopech (qui doit être un starter normalement), Garret Crochet entre autres, et pour finir tous ses matchs on sort du chapeau Liahm Hendricks et Craig Kimbrel rien que çà…

Le passé quand ça compte

Donc, nos chaussettes blanches sont en postseason, ça c’est vraiment cool mais au niveau de l’expérience, on est tranquille? Pas tout à fait, la saison dernière, il y avait une légende urbaine qui a eu la vie dure : « Si tu fais partie de la Centrale, ce sera merci au revoir… », donc défaite en Wild Card d’American League contre les A’s (2-1). Oui ok mais avant une équipe comme çe, ça joue les PO tous les ans? C’te blague, la dernière fois, il y avait ce joueur qui portait la chemise des Sox : (euh c’est Griffey Jr, oui oui il a joué à Chicago).

Et c’était en 2008, mais que l’on se rassure, les trades ont apporté leur lots de Serials Winners tel que Kimbrel (WS 2018), et… c’est tout… (désolé).

The Star qui brille

Je vous vois venir, avec les stars citées plus haut, vous vous attendez à ce que je vous dise : José Abreu MVP en titre, et bien non… The Star c’est bien sûr Tim Anderson (123 G, 0.309 AVG, 94 R,163 H, 61 RBI, 17 HR, 18 SB, 0.338 OBP, 0.806 OPS), comment cela peut-il en être autrement, sérieusement? C’est LE joueur que l’on voit partout (il fait même la pub de la MLB avec Lindor, Tatis Jr, Acuna et Kim Ng), devenu une star depuis son Bat-flip qui avait énormément fait parler dans les médias (encore une règle non-écrite à la con).

Tim (appelons-le par son petit nom) a raté quelques matchs cette saison en raison d’une blessure a l’ischio-jambier gauche (2 fois placé sur la 10-IL) mais aussi une suspension pour 3 matchs suite a une « bagarre » lors du match contre les Orioles. En dehors de ça, le joueur est Clutch, bon offensivement et défensivement avec une âme de leader et à seulement 28 ans, on va avoir la chance de le voir encore longtemps en action du côté du Guaranteed Rate Field.

 

Celui sur lequel il faut peut-être avoir un oeil, on ne sait jamais…

Drafté dès le premier tour en 33ème position par les Red Sox de Boston en 2014, ce lanceur puissant fait son petit trou tranquillement en minors league avant d’être suspendu pour 50 matchs lors de la saison 2015 pour usage de produits illicites. S’ensuit une fracture de la main droite à la suite d’une altercation avec son « copain » de chambre (pas top pour un lanceur d’avoir la main cassée) durant le Spring training de 2016.

Petite remise en question du garçon pour enfin voir le potentiel en action: 12 G, 12 GS, 2.08 ERA, 56.1 IP et 86 SO (ok c’est du level A+ et A- mais quand même…). Et pourtant les Red Sox ne peuvent pas attendre qu’il soit MLB ready et décide de la trader vers une autre paire de chaussettes en compagnie, entre autres, de Yoan Moncada pour Chris Sale en fin d’année 2016…

Dans le monde merveilleux des Minors League, Michael Kopech (oui c’est de lui dont je parle) s’éclate et éclate un peu tout le monde: en AA et AAA (2017): 25 G, 2.88 ERA et 172 SO. Pour 2018, après un départ du même calibre (24 G, 3.70 ERA et 170 SO) il est appelé dans le show et dispute 4 matchs vers la fin du mois d’aout, histoire de voir de quoi est fait le bonhomme, malheureusement le 18 septembre il se fait opérer de la fameuse Tommy John et donc ratera la saison 2019.

Retour en 2020? Non plus, la pandémie est là et pour des raisons de santé (et accessoirement des soucis personnels, j’aurai du bosser dans un journal people…) il opt-out la saison. Retour cette année mais au poste de releveur (opération + année cool, on ne sait pas comment va réagir le bras droit et difficile de prétendre à la rotation avec tout ce beau monde). Finalement c’est pas mal, en 44 G dont 4 en starter, il rend une fiche de 4 W-3 L, une ERA de 3.50 en 69.1 IP et 103 SO.

Rentrant en général entre la 6ème et la 8ème manche, disposant de 4 lancers: Seam-Fastball (97.3mph), Slider (84.1mph), Curveball (78.7mph), Changeup (89.7mph), la relève peut déménager si le partant fait un bon start, et ainsi laisser la dernière manche au Closer sur une voie royale.

Mais alors, pourquoi miser sur les White Sox?

Parce qu’avec une équipe assez belle à voir jouer, il faut bien un facteur X quelque part? Bien sûr que oui, et comme je n’en ai pas parlé jusqu’à maintenant, le voici, le fameux: Tony La Russa. Coach légendaire aux 3 World Series (1989 A’s, 2006 et 2011 Cards) et déjà Hall of Famer. Il effectue son retour, (après un premier passage entre 1979 et 1986…) chez les chaussettes blanches en début de saison alors que tout le monde voyait AJ Hinch prendre le poste.

Mais Jerry Reinsdorf (propriétaire depuis 1981) a, semble t-il, un faible pour TLR (76 ans) et le fait signer au grand désespoir des partisans. Tonton La Russa ne tarde pas a faire parler de lui en dehors du terrain avec une affaire de conduite en état d’ivresse. Arrive ensuite l’affaire Yermin Mercedes (ce joueur de 28 ans qui ne respecte pas une règle non-écrite de la Mercy rule), est descendu par son manager pendant la conférence d’après match (ambiance).

On se dit que le club-house va exploser face à ce dinosaure. Même pas, la recette mélangeant le vieux sur le banc et les jeunes sur le terrain semble très bien fonctionner. Petit plus: ce GIF de TLR qui « court » pour « pousser » Roberto Perez (Catcher des Indians après un HBP sur José Abreu)

Et vous avez le pourquoi il a été engagé : Père fouettard, mais protecteur qui doit porter ses joueurs au titre suprême pour laisser encore plus son empreinte dans l’histoire de la MLB.

Et donc cette ALDS?

Alors gros quid quand même, car ce sont les Astros en face, cette équipe que les experts outre-Atlantique nous annonçaient comme en fin de cycle (mais bien sûr), et qui allait prendre l’eau de toutes parts (ah oui quand même) avec la pression populaire (qui ça? les Dodgers? LOL) et le départ de Springer en attendant ceux des autres « méchants » de 2017 (on sait tous que c’est parce qu’ils ont gagné cette année-là qu’ils ont mangé, sinon ce sera passé comme une lettre à la poste).

Bah que dalle, l’équipe est là et vient de gagner son 4ème titre de Division AL West. Une affiche de postseason comme on les aime. Les Astros étant dans le « dur » pour aller chercher son titre de Division avec des A’s et des M’s qui ne les lâchaient pas tant que ça, tandis que les Sox sont champions depuis longtemps et ronronnent depuis le mois d’août. On peut donc partir sur une longue série ou les Astros prennent les devants avant que les White Sox ne reviennent au score pour disputer un match de la Muerte.

Prédiction

(Ahahah grande spécialité, non en fait je suis assez nul pour cet exercice)

Win des Chaussettes Blanches 3-2 et un match 5 qui se termine en Extra-Innings.

 

Max CarGo


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