Albert Pujols, fin de parcours d’une Machine de légende

Après 10 ans du côté des Angels, Albert Pujols a vu son aventure californienne prendre fin de manière abrupte. En effet le club a annoncé avoir libéré de son contrat le joueur de 41 ans. Lui qui avait signé un contrat de 10 ans et 240 millions de dollars en 2012 se retrouve agent libre. Mais si son aventure chez les Angels n’a pas été à la hauteur des attentes, il ne faut pas oublier que Pujols a été LE meilleur joueur des années 2000. Retour sur la carrière de La Máquina, une carrière de First Ballot Hall Of Famer.

Pour commencer faisons simple : Albert Pujols est LE seul joueur de l’Histoire de la MLB à frapper 600 HRs, 3000 hits et remporter plusieurs World Series. Le seul. Cette simple phrase pourrait être écrite sur sa plaque de Hall of Famer, car oui pour les plus jeunes fans qui nous lisent, Albert Pujols ce n’est pas que ce joueur vieillissant chez les Angels, c’est surtout l’un des batteurs les plus dominants des années 2000, qui a terrorisé la National League. Et pour preuve cette statistique folle, Albert Pujols est le 2e joueur de l’Histoire avec le plus de buts sur balles intentionnels avec 313, derrière seulement Barry Bonds. Ca vous place la terreur qui régnait lorsque ce mastodonte entrait dans le boite des batteurs. Mais quand on frappe autant de HR, on peut se dire que c’est souvent au détriment de la discipline. Et bien que Nenni, Albert Pujols affiche en carrière plus que walks (1334) que de strikeouts (1317). Tout simplement impressionnant.

Une discipline qui remonte à très longtemps chez Albert Pujols comme il l’a avoué dans des propos relayés par The New-York Times « Même depuis le lycée, je me suis toujours dit que le fait de se prendre un strikeout pénalise deux fois ton équipe. Parce que lorsque tu mets la balle en jeu avec ta batte, tu forces la défense à faire un jeu. Si elle fait une erreur, tu permets à ton équipe de continuer à attaquer déclare-t-il en 2017. Mais si tu te prends un strikeout, la manche est terminée. En tant que pro, je me suis toujours fié à cette philosophie et je me disais à chaque fois, il faut que tu mettes la balle en jeu »

, Albert Pujols a été l'un des acteurs majeurs du succès des Cardinals dans les années 2000. Photo Getty Images
3 titres de MVP, 2 World Series, Albert Pujols a été l’un des acteurs majeurs du succès des Cardinals dans les années 2000. Photo Getty Images

Une formidable philosophie qui fait de Pujols plus qu’un joueur de baseball mais une véritable légende. Respectée sur et en dehors du terrain. Arrivé à seulement 16 ans aux Etats-Unis, en 1996, en provenance de sa République Dominicaine natale, Albert Pujols sera drafté en 1999 par les Saint-Louis Cardinals au 13e tour. Un véritable steal. Car le dominicain le rendra très bien à l’équipe de Saint-Louis. 11 saisons légendaires avec au final 1 trophée de Rookie de l’année (2001) 3 titres de MVP (2005, 2008 et 2009), deux World Series (2006 et 2011). Il quitte le Busch Stadium avec en moyenne .328 à la batte, 40 HRs et 121 RBI. Oui, oui en moyenne sur ses 11 ans chez les Cardinals. Les mots commencent à me manquer.

Surtout pour moi le jeune fan des Astros, que j’étais à l’époque. Albert Pujols a été le premier joueur que j’ai adoré détester. Puisqu’il a tout simplement passé son temps à détruire mes Astros à chaque confrontation dont des Homeruns mémorables en postseason. Notamment celui-ci offrant la qualification en World Series.

Mais à la fin de la saison 2011, celle du deuxième titre de ses Cardinals, Albert Pujols reçoit une offre qu’on ne peut pas refuser. Personne. Un contrat de 10 ans et 240 millions de dollars de la part des Angels. Un contrat énorme pour un joueur de 31 ans tant sur la durée que sur le montant. Surtout qu’il est assorti, et c’est sans doute ce qui a fait la différence, d’une offre de reconversion après sa retraire sportive. En l’acceptant ce fut un tournant dans sa carrière. Ses débuts sont prometteurs avec une saison 2012, dans les standards de l’icone avec .299 à la batte, 37 HRs et 99 RBIs terminant 5e à la course du MVP.

Cependant ce sera la dernière magnifique saison de sa carrière. Il ne sera qu’une fois All-Star avec la tunique des Angels en 2015, avec 40 HRs au compteur, alors que du côté de Saint-Louis il ne fut qu’une seule fois NON All-Star. Du côté d’Anahaim, la Máquina n’est plus que l’ombre de lui-même et connait de nombreuses blessures qui viennent le contraindre dans ses performances. Pourtant c’est bien avec les Angels qu’il a marqué l’Histoire en frappant ses 500e et 600e HR ainsi que son 3000e Hit. Grâce, aussi, à lui, les Angels pouvaient se targuer d’avoir 3 millions de fans se rendant au stade chaque année. Une série commencée en 2003 et interrompue par la pandemie en 2020.

California Dreamin pour Albert Pujols qui signa alors le 3e plus gros contrat de l'Histoire. Photo DR
California Dreamin pour Albert Pujols qui signa alors le 3e plus gros contrat de l’Histoire. Photo DR

Quand Pujols rejoint les Angels en 2012, la franchise est championne de sa division et espère que le Dominicain apportera sa batte et son expérience pour faire de l’équipe une incontournable des soirées d’Octobre. Surtout qu’un jeune Mike Trout est en train de se faire une place comme l’un des meilleurs joueurs de la planète. Malheureusement ce ne sera pas le cas, puisqu’il n’y aura qu’une nouvelle campagne  de postseason en 2014 qui sera vite terminée. Le reste du temps, les Angels ne seront pas au rendez-vous en signant un bilan de 597 victoires pour 627 défaites.

Pourtant sur ses 6 premières saisons avec son nouveau club, La Máquina sera un joueur très correct en signant en moyenne .262 à la batte avec 28 HRs et 98 RBIs. Des chiffres de grande qualité mais loin du niveau auquel il nous avait habitué. Et c’est sans doute cela qui a fait du mal à Pujols, c’est qu’il avait placé la barre tellement haute que l’on s’attendait à ce qu’il continue de tout écraser. Mais comme il l’a lui-même confié : « J’ai connu 10 saisons que personne ne pourra égaler. Moi-même je pensais pouvoir continuer à ce rythme pour le reste de ma carrière. Mais c’est tout simplement impossible »

Mais la machine va commencer à s’enrayer, le temps étant le seul lanceur que l’on ne peut pas frapper. Entre blessures et vieillesse, Pujols se transforme de plus en plus en un poids que les Angels ne peuvent plus transporter. Et vient ce début de saison 2021, la dernière de son contrat. Avec une moyenne au bâton de .198, les Angels ont décidé de se séparer de la légende. D’une façon plutôt peu admirable. Mais face à l’émergence de Shohei Ohtani en tant que batteur, le poste de DH était de plus en plus difficile à donner à Pujols. Et avec ses rouages rouillés, difficile pour La Máquina de tenir la première base. A 41 ans, les Angels se sont rendus à l’évidence, Pujols ne fait plus partie de leurs 26 meilleurs joueurs. C’est bien sûr à débattre.

Selon USA Sport Today, qui cite des sources proches du dossier, Albert Pujols n’aurait pas voulu être un joueur de banc, ce qui a poussé le Front office à se séparer du joueur. Selon le GM des Angels, Perry Minasian : « il n’y a pas eu de dispute, ce fut une conversation où les deux camps ont pu s’exprimer. Il a compris notre point de vue. A la fin je lui ai donné une accolade. Ca ne s’est pas mal terminé » , a-t-il confié dans des propos relayé par le NY Times. « Albert n’est pas un joueur de banc, il est toujours motivé. Je pense que s’il y avait eu de la place pour lui chez nous, on aurait continué. Mais laissez-moi être clair : s’il va ailleurs et continue de jouer, je ne serais pas surpris qu’il performe termine-t-il. »

Albert Pujols rejoindra t-il son entraineur Tony LaRussa ? Photo Jamie Squire / Getty Images
Albert Pujols rejoindra t-il son entraineur Tony LaRussa ? Photo Jamie Squire / Getty Images

Le joueur, qui n’a pas encore réagi, pourrait donc continuer sa carrière. Les premières rumeurs parlent d’une réunion avec son ancien entraineur du côté des Cardinals, Tony LaRussa qui officie désormais chez les White Sox. L’équipe qui a perdu Eloy Jimenez et Luis Robert pourrait se laisser tenter par l’aura et batte puissante de Pujols, qui a déjà frappé 5 HRs cette saison. Mais le poste de première base est détenu par le MVP en titre José Abreu et le poste de DH par la grosse surprise de ce début de saison, Yermin Mercedes.

Mais si ca ne tenait qu’à Pujols il y aurait fort à parier qu’il voudrait retourner chez les Cardinals, lui qui a encore une propriété du côté de Saint-Louis. Il avait d’ailleurs avoué dans les colonnes de USA Sport Today que l’un des meilleurs moments de sa carrière remontait à 2019, lorsqu’il a fait son retour au Busch Stadium de Saint-Louis : « ce fut l’une des plus belles expériences de ma carrière. Jamais je ne l’oublierai. Je veux dire: je n’aurais pas été surpris par une standing ovation pour mon premier passage à la batte. Mais je pense qu’il y en a eu entre 13 et 14  non ? C’est la Cardinals Nation. Ca montre à quel point ils sont loyaux. »

Mais a-t-il des regrets d’avoir quitté son cocon ? « Aucun regret. Je sais qu’ils ont vraiment essayé de me garder, je sais que j’ai beaucoup travaillé pour rester. Mais à la fin, ca ne s’est juste pas fait. Je ne regrette rien. C’était le mieux pour les deux parties. Les gens me demandent souvent que ce serait-il passé si vous étiez resté à Saint-Louis ? Mes meilleures stats sont à Saint-Louis, mais cela aurait quand même rapidement décliné si j’étais resté avec toutes ces blessures et le fait qu’il n’y a pas de DH en National League. Mais j’aime cette ville, les gens ont été merveilleux avec moi, et le sont toujours 20 ans après. Je suis arrivé en petit garçon et je suis parti en tant qu’homme. »

Après difficile de lui faire une place dans l’effectif des Cardinals actuellement, donc si le joueur décide de se retirer, il terminera sa carrière avec 667 homeruns (5e All-Time), 2112 RBIs (3e All-Time), 3253 Hits et 2886 matchs joués.

Mais quand on connait le compétiteur et qu’on voit qu’il ne reste que 33 Homeruns pour atteindre la barre des 700, diffiicile de se dire qu’il ne va pas quand même essayer de rejoindre ce club auquel appartiennent seulement 3 joueurs.

Car oui si son histoire avec les Angels ne s’est pas bien terminée, il faut quand même se rappeler du joueur qu’était Pujols et du monstre qu’on a eu sous les yeux. Et c’est bien ça le plus important!

Lire aussi : Albert Pujols et le Club des 3000


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