The Strike Out Looking N° 2 – Les Killers B’s, de génération dorée à génération maudite

La beauté du baseball se conjugue au présent, au futur, mais aussi et – presque surtout – au passé. Simple ou composé, quelquefois plus-que-parfait et parfois bien plus qu’imparfait . Un siècle et demi d’histoire du National Pastime a semé des milliers d’histoires, parfois merveilleuses et parfois tragiques, de trajectoires météoriques et de destins brisés. Tout autant d’épisodes de la grande comédie sportive et humaine que fut et qu’est le baseball. Alors, chaque semaine, nous allons nous détourner quelque temps des Trout et deGrom, des Tatis et autres Kershaw, pour rendre visite aux légendes du jeu. Un voyage à travers le temps et les différentes époques du baseball. Aujourd’hui, Martin nous rappelle l’histoire d’une des générations les plus belles pour une franchise, mais une génération sans couronne. De 1994 à 2006, Houston a sûrement connu l’une de ses plus belles périodes sportives avec en son cœur des joueurs doués, attachants et ultra performants. Mais, alors que les espoirs étaient de mises du côté des Astros, entre malchance et coups du sorts, il n’y aura aucun titre à la clé. Retour sur la période des Killers B’s des Astros si proches et pourtant si loin de la gloire.

Créée en 1962, la franchise de Houston, d’abord Colt. 45s puis Astros, eut du mal à se mettre en route. Il fallut attendre la période dorée du pitching avec Nolan Ryan et Mike Scott pour voir la franchise Texane atteindre la postseason pour la première fois en 1980. Elle goûta au baseball automnal par deux fois par la suite en 1981 puis 1986. Il fallut ensuite attendre une vingtaine d’années avant de retrouver Houston de retour dans les joutes d’octobre, et cela grâce notamment, et cette fois-ci, à son talent à la batte. Mais surtout elle dut son succès à deux joueurs qui furent tout simplement les visages de la franchise pour la prochaine décennie : Craig Biggio et Jeff Bagwell.

Les fondateurs des Killers B’s

Tout commença en juin 1987 quand Houston avec son premier choix de draft (le 22e de ce premier tour) décida de sélectionner Craig Biggio, un receveur de l’Université de Seton Hall qui avait dominé le baseball universitaire en étant élu dans la first All-American Team de 1987. Il quitta son école avec .342 de moyenne à la batte, 196 hits, 27 HRs, 148 RBIs et 90 SBs en 3 saisons. Le fait de passer pro ne le dérangea pas du tout puisqu’il continua à dominer et joua 141 matchs en ligues mineures, avec le jump du Single A au triple A en seulement une demi-saison. En 1988 et à seulement 22 ans, il fut appelé par les Astros. Il joua 50 rencontres cette année-là, et ce fut un peu compliqué offensivement avec seulement .211 à la batte, la pire moyenne de sa carrière. Mais une nouvelle fois il sut s’adapter rapidement et dès sa deuxième saison à Houston, sa carrière décolla. Elu Silver Slugger cette année-là, récompensant les meilleurs batteurs, ce fut le premier de ses trophées personnels, auquel s’ajoutèrent 7 sélections au All-Star Game, 4 autres Silver Slugger mais surtout 4 Gold Glove (meilleur défenseur). Ce qui était particulier, c’est qu’il gagna ces Gold Glove au poste de 2e base: une transition qu’il effectua lors de la saison 1992, Houston craignant que le poste de receveur n’entravât les capacités offensives de Biggio, véritable menace sur les bases. Et ils firent bien puisqu’il termina sa carrière avec 1844 points marqués (16e plus gros total dans l’Histoire de la MLB).

Mais encore fallait-il trouver quelqu’un pour le faire rentrer au marbre: Biggio trouva un véritable compère en la personne de Jeff Bagwell. Si le légendaire numéro 7 des Astros, était une machine à hits et une menace sur les bases, Bagwell, lui, était un énorme frappeur. Leader All-Time de la franchise en HR avec 449 et en RBI (1529) notamment, il squatta le top 2 de la majorité des classements de la franchise au niveau offensif, en compagnie, évidemment de son comparse Biggio, qui, lui, mena la danse de la franchise en matière de hits avec ses 3060 (25e plus gros total All-time en MLB).

Mais Bagwell ne fut pas drafté par les Astros. En effet le futur Hall of Famer fut d’abord sélectionné au 4e tour de la draft 1989 par les Red Sox.  Mais juste une année après, il fut échangé par Boston contre le releveur de Houston, Larry Andersen. Et même si ce dernier sortait de 3 très bonnes saisons à Houston et connaissait une belle carrière (3.15 d’ERA en carrière), il ne joua que la fin de la saison 1990 au Fenway Park. Et s’il fut très costaud à Boston durant sa courte période (1.23 d’ERA en 15 matchs), il resta comme l’un des pires trades de l’histoire des Red Sox. Car en face, Bagwell se construisit, comme son binôme, une carrière de Hall of Famer qu’il rejoignit en 2017 en devenant ainsi le deuxième joueur à entrer à Cooperstown avec une casquette des Astros. Derrière ? Vous commencez à le comprendre, derrière Craig Biggio qui lui entra en 2015. Bagwell fit partie de cette génération des gros sluggers des années 90. Elu rookie de l’année en 1991, il devint MVP en 1994 avec une saison à 36 HRs et 116 RBIs. Au total, ce furent cinq top 5 au classement MVP, 4 fois All-Star et 3 fois Silver Slugger.

Gerry Huniscker, le GM de l'époque des Killer B's. Photo : DR
Gerry Huniscker, le GM de l’époque des Killer B’s. Photo : DR

Comme je le disais, ces deux joueurs furent les visages de la franchise et passèrent la totalité de leur carrière à Houston, Bagwell n’ayant joué qu’en ligues mineures à Boston.

« Ça a vraiment commencé avec Bagwell et Biggio qui, au moment où ce surnom s’est développé, s’étaient déjà distingués, non pas seulement comme des stars mais comme de véritables visages de la franchise » se remémore dans le Houston Chronicle, Gerry Huniscker, GM des Astros entre 1994 et 2004. « Je ne vois pas d’autres joueurs qui se sont autant identifiés à une équipe et ont eu autant d’impact sur une si longue période que ces deux joueurs. Ils étaient vraiment le cœur de cette franchise. »

De Duo à Rock Band

Derrière ces deux leaders, sur et en dehors du terrain, Houston se forgea une belle petite équipe faite de jeunes pousses, de bons joueurs de MLB et d’une rotation sous-cotée. Mais la confrérie des Killer B’s ne commença véritablement qu’en 1995. En décembre 1994, dans un mega deal incluant près de 12 joueurs, Houston récupéra notamment Derek Bell, puissant frappeur qui passa 5 grosses saisons au cœur de l’attaque des Astros (.284, 74 HRs et 444 RBIs dans le Texas). Un 4e larron vint rejoindre le groupe des Killer B’s, le 3e base, Sean Berry qui passa lui aussi 3 belles saisons à Houston.

Pour les deux dernières saisons de ce quatuor (1997 et 1998), la franchise retrouva la postseason pour la première fois depuis la période Mike Scott/Nolan Ryan. Mais à chaque fois, la franchise buta sur des équipes au pitching monstrueux, d’abord face au triumvirat des Braves, Glavine/Smoltz/Maddux, qui balayèrent les Astros, et ensuite devant le One Man show du lanceur des Padres, Mike Brown, sur un nuage. La franchise de Houston et les Killer B’s furent mis à terre, ironie du sort par un lanceur en B. Mais sur les 7 matchs disputés lors de ces deux postseasons, 4 furent des rencontres avec un point d’écart seulement.

Arrivé en cours de saison à Houston, Randy Johnson va avoir un impact immédiat et apporter une nouvelle arme à ces Killer B's. Photo DR
Arrivé en cours de saison à Houston, Randy Johnson va avoir un impact immédiat et apporter une nouvelle arme à ces Killer B’s. Photo DR

Les regrets furent présents notamment en 1998 car pour beaucoup cette équipe de Houston était sans doute l’une des plus belles de l’Histoire de la franchise. Surtout qu’en plus des Killer B’s, la franchise texane avait récupéré à la deadline, un certain Randy « Big Unit » Johnson qui fut tout simplement stratosphérique. En 11 matchs de saison régulière, Johnson gagna 10 rencontres avec un ERA de 1.28 soit seulement 12 points concédés en 84.1 manches avec en bonus 116 K. Ouch. En postseason, Big Unit fut fidèle à lui-même avec 1.93 d’ERA en deux matchs mais deux revers à la clé. A la fin de la saison, il rejoignit Arizona où sa carrière prit encore une autre dimension avec un quadruplé de Cy Young à la suite. Houston put se targuer d’avoir aperçu les prémices de la domination totalement absurde de Johnson.

Un nouveau membre

Selon Mike Brown, légendaire commentateur des Astros pendant près de 30 ans « Je pense que l’équipe de 98 est, et beaucoup de gens vous le diront, l’une des plus belle de l’Histoire de la Franchise, même si elle a échoué dès le premier tour des Playoffs » raconte-t-il dans les colonnes du Chronicle. Pour Gerry Huniscker, c’est plus contrasté « 98, c’est à la fois l’un de mes meilleurs souvenirs mais aussi l’un des mes plus grand regrets. On avait une équipe tellement talentueuse et pourtant on n’est pas parvenu à passer un tour. Je pense que c’est aussi une belle façon de rappeler à tout le monde à quel point il est difficile de se qualifier en postseason et de gagner les World Series. »

Arrivé en cours de saison à Houston, Randy Johnson va avoir un impact immédiat et apporter une nouvelle arme à ces Killer B's. Photo DR
Biggio et Bagwell sont rejoints dans la confrérie des Killer B’s par Lance Berkman, un produit 100% Texan. Photo : Karen Warren/Houston Chronicle

Des regrets donc aussi pour les deux stars qui ne furent pas à la hauteur en frappant à moins de .200 durant ces rencontres. Mais c’est dans les moments difficiles que l’on apprend. Berry quitta Houston après la désillusion de 1998. Pourtant en 1999, Houston parvint une nouvelle fois à se hisser en postseason mais une nouvelle fois se dressa sur sa route, les Atlanta Braves, véritables mastodontes des années 90. (On en a longuement parlé dans notre épisode d’En Toute Franchise sur les Braves). Mais surtout en 1999, les Killer B’s virent émerger un nouveau membre.

Lance Berkman sélectionné en 16e position de la draft 1997, fit ses débuts en MLB durant la saison 1999. En plus d’être formé au club, il avait aussi la particularité d’être un Texan pur souche. Né à Waco, il fit ses études dans le Texas et à rejoignit l’université de Rice à Houston. Après des débuts corrects en 99, il monta tranquillement en régime en 2000 en finissant 6e du Rookie de l’année. En effet la franchise, voyant son potentiel, décida de lui faire de la place en envoyant aux Mets Derek Bell durant l’hiver 1999. Bien leur en prit puisqu’il allait très bien leur rendre. Après avoir gagné 3 titres de champion de NL Central, Houston rentra pourtant dans le rang en 2000, la faute notamment à une blessure de Craig Biggio durant l’été.

Du devant de la scène à faire les backs

Mais en 2001, ce fut l’explosion de Lance Berkman (petite confession, qui est l’un des joueurs préférés de l’auteur) qui sortit une saison monstrueuse : .331 à la batte, 34 HRs, 55 doubles et 126 RBIs. Mais les deux membres fondateurs des Killer B’s ne furent pas en reste avec,pour Bagwell .288, 39 HRs et 130 RBIs, et pour Biggio .292, 20 HRs et surtout 118 points marqués, signant ainsi la meilleure saison collective de cette deuxième version des Killer B’s. Mais une fois de plus, cette équipe échoua dès le premier tour des play-offs. Une nouvelle fois sur un sweep mais surtout une nouvelle fois par …. Les Atlanta Braves. Si bien que les premières questions commencèrent à apparaître concernant les capacités de cette équipe à gagner en postseason. En 2002 et 2003, les Astros n’apparurent pas en Octobre malgré des saisons correctes.

En plus des Killer B’s, Houston s’offre les services de deux légendes du pitching, Andy Pettitte et Roger Clemens qui souhaitent se rapprocher de chez eux. Photo DR

Mais le passage aux années 2000, commença aussi à entraîner une transition chez les Astros. Après avoir beaucoup compté sur son attaque de feu, la franchise entreprit de se tourner vers le pitching, et on peut les comprendre après avoir subi tant de fois la foudre des Braves. Ainsi en 2001, Houston vit arriver un autre des produits de sa formation et l’un des plus gros steal de l’histoire de la draft. En 1996, Houston sélectionna au 23e tour de la draft un certain Roy Oswalt. Et après de longues années en ligues mineures, il allait tout écraser en MLB.

Dès sa première saison dans l’élite, il termina 6e du Cy Young Award, trophée récompensant le meilleur lanceur et finit 2e au trophée de Rookie de l’année. Sur ses six premières saisons à Houston, le numéro 44 se classa cinq fois dans le Top 5 du Cy Young. Véritable ancre de la rotation des Astros durant les années 2000, il passa 10 saisons à Houston avec au total près de 1932.1 manches (soit presque 200 manches par saison) en 303 matchs pour 143 victoires et un ERA de 3.24. L’un des lanceurs les plus sous-cotés de sa génération (et il faut le dire l’un de mes préférés).

Brewers: Oswalt to make first start for Astros since trade demand | Major  League Baseball | madison.com
Roy Oswalt, éclipsé par le talent de Clemens et Pettitte a pourtant été un des joueurs les plus importants des Astros à la fin des années 90.
Photo DR

Après les 3 grosses saisons d’Oswalt sur le monticule, le front office de Houston décida de l’accompagner au mieux et ainsi retirer de la pression des épaules des Killer B’s et de son jeune lanceur. C’est ainsi qu’en 2004, les Astros frappèrent un énorme coup en faisant venir Andy Pettitte, grand lanceur des Yankees, et surtout natif du Texas qui accepta même de prendre 7,5 millions de dollars de moins par rapport à l’offre des Yankees en venant à Houston. « On me voulait vraiment ici. Et mon cœur a vraiment commencé à pencher de plus en plus vers un retour à la maison afin de jouer devant les fans des Astros et de Houston » déclara le lanceur. Du côté de New-York on fit tout pour le retenir, même la légende Derek Jeter essaya, comme le confesse Pettitte « Oui, il m’a appelé il y a quelques jours et il a vraiment essayé de me retenir. C’est l’une des parties les plus difficiles, quitter une si belle personne et les autres. »  

Quadruple vainqueur des World Series, il vint apporter son expérience de la postseason à cette équipe qui n’avait pas encore remporté une seule série de playoffs dans son histoire.  » A New-York, je n’ai fait que gagner. Je ne serais pas venu à Houston si je n’étais pas persuadé que j’avais des chances de le faire ici aussi. Je me mets au défi d’être encore performant mais surtout d’essayer de faire passer un cap à cette équipe. Je ne pourrai pas le faire seul bien sûr. Et avec l’aide de tout le monde, je vais tout faire pour aider cette équipe. »  affirma à l’époque le lanceur aux 256 victoires en carrière.

Un gros nom qui braqua aussi les projecteurs sur la rotation et pour la première fois hors des Killer B’s et du duo Biggio/Bagwell qui malgré des performances encore à la hauteur commençaient à décliner. Et si Pettitte fut une pièce importante de la rotation des Astros durant ses 3 années, dont un exercice 2005 exceptionnel, il fut surtout la clé qui déverrouilla quelque chose d’encore plus grand. Il fut à l’origine de l’arrivée de la légende du monticule Roger « Rocket » Clemens. Coéquipiers chez les Yankees, les deux s’appréciaient énormément et s’entraînaient ensemble durant l’intersaison 2003-2004. Pourtant c’était loin d’être gagné, Roger Clemens venait de tirer sa révérence à 40 ans après 20 saisons couronnées de succès, de six Cy Young, d’un MVP, de deux bagues de champion, de 11 All-Star et le CV continuait et continuait encore. Bref l’un des meilleurs lanceurs de l’histoire.

Mais au moment où Pettitte s’engagea avec la franchise, les rumeurs commencèrent et le lobbying démarra pour faire venir au club Clemens, lui aussi natif du Texas. Grâce aux efforts de Pettitte, et à l’accord de sa famille, Clemens fit son comeback dans la Ligue en rejoignant les Astros à 41 ans, et ainsi la rotation des Astros entra dans une autre dimension. Car même si Clemens était en fin de carrière, son niveau était loin d’être en bout de course. La légende fit trois saisons stratosphériques à Houston. Dès sa première saison sous la tunique des Astros, il remporta son 7e Cy Young en signant un ERA de 2.98 avec 18 victoires à la clé ainsi que 218 K en 214.1 manches. La saison suivante, il fit baisser son ERA à 1.98 en lançant également 211.1 manches avant de terminer son passage dans le Texas avec un exercice à 2.30 d’ERA mais en seulement 19 matchs contre 33 et 32 les deux années précédentes.

L’apogée …

Ce fut donc avec une rotation étoilée et ses Killer B’s toujours présents que les Astros abordèrent la saison 2004, pleins d’ambition. Pourtant tout ne se passa pas comme prévu, loin de là, puisqu’au All Star Break, le 13 juillet, qui eut d’ailleurs lieu à Houston, la franchise afficha un piteux bilan de 44 victoires pour 44 défaites. Cela signifia le limogeage de Jimy Williams au profit de Phill Garner. Et comme souvent dans ces cas là, Houston fit appel aux Killer B’s pour se sauver. Et un nouveau joueur en B vint rejoindre le désormais fameux surnom. Arrivé en juin dans un trade avec les Royals, Carlos Beltran apporta un boost immédiat à cette équipe et fut le véritable moteur de l’attaque de Houston. En 90 rencontres de saison régulière, il frappa 23 HRs, produit 53 points et vola 23 bases. Et au bout de suspense, au dernier jour de la saison régulière, les Astros sécurisèrent une place en play-offs via la Wild Card. Et Beltran y fut indescriptible, sans doute l’une des meilleures performances individuelles en postseason.

Carlos Beltran a connu une campagne de postseason 2004 monumentale avec des nombreux records qui ont tenu jusqu’à 2020. Photo DR

En effet en Division Series, Houston croisa la route de ses meilleurs ennemis, les Braves d’Atlanta. Au terme d’un affrontement épique, les Astros remportèrent la série 3 victoires à deux et s’adjugèrent la première série de playoffs de leur histoire. Beltran termina la série avec un incroyable total de 10 hits dont 4 HRs avec 9 points produits et une présence sur base de .500 !! Rebelotte en Championship Series, Beltran fut immense avec là aussi 4 HRs frappés, 5 points produits, 4 bases volées et une moyenne de présence sur base à 56%.

Menés 2-0 dans la série par Saint-Louis, Houston revint à deux partout avant de prendre l’avantage 3-2, on se mit à rêver des premiers World Series de l’Histoire de la franchise. Mais si Atlanta fut la bête noire des Astros, aucun joueur ne domina autant l’équipe texane qu’Albert Pujols des Cardinals. Ce dernier se fit un plaisir de martyriser les Astros durant toute sa carrière, et pendant cette série, il frappa 4 HRs pour 9 points produits et une moyenne à la batte de .500. Et après avoir craqué dans la 12e manche du match 6, Houston craqua dans la 7e rencontre et vit les Cardinals se diriger vers les World Series.

Ce ne fut que partie remise. Armé de la déception de 2004, Houston revint avec plus d’ambitions. Surtout le club fut enfin en pleine possession de ses moyens. Andy Pettite fit enfin son retour après avoir manqué la fin de saison 2004 et les playoffs. Dans le Texas, on se dit que ça y était, cette année, c’était la bonne. Beltran partit malheureusement mais il fut remplacé par le moins puissant mais tout aussi efficace Willy Taveras. Brad Lidge devint un closer de haute voltige après avoir pris la relève de Billy Wagner, recordman des sauvetages de la Franchise des Astros et parti en 2004.

L’année 2005 vit l’apogée des Killer B’s. Pourtant comme en 2004, la franchise était à la peine en saison régulière et dut sortir une fin de saison canon pour parvenir à retrouver la postseason. Et comme en 2004, il fallut attendre la dernière journée pour que Houston décrochât son précieux sésame pour les playoffs, une nouvelle fois via la wildcard. Et qui d’autres que les Braves pour croiser le chemin de Houston? Une génération des Braves sur le déclin mais qui restaient de redoutables adversaires.

Pourtant Houston s’en sortit et élimina Atlanta en 4 matchs avec notamment une 4e rencontre qui resta dans les annales puisqu’elle se décida en 18 manches (le maximum autorisé), soit la durée de deux matchs en termes de manches. Longtemps, ce fut le plus long match de l’histoire de la postseason avant d’être détrôné par le match des World Series entre les Red Sox et les Dodgers en 2018. Au bout de la nuit, les deux équipes épuisèrent l’intégralité des remplaçants et on commença à se poser la question de qui débuterait la rencontre lors du rematch. Et pourtant ce fut Roger Clemens qui seulement 3 jours après avoir débuté, sortit du bullpen en lançant les 3 dernières manches et décrocha la victoire et la qualification. A la batte, et ce fut encore plus beau, puisque un joueur en B frappa le HR de la délivrance dans la 18e manche: c’était Le remplaçant Chris Burke qui offrait la qualification aux Astros.

…. Et les regrets

Place aux Championship Series, et encore une fois ce furent les Cardinals de Pujols qui firent face aux Astros, dans une série ultra serrée où il n’y eut pas plus de 4 points d’écart. Mais, derrière un Roy Oswalt de gala (1.53 d’ERA sur la série, deux victoires en deux matchs et le titre de MVP des NLCS) et une attaque au rendez-vous, Houston remporta la série 4 succès à 2 et se hissa en World Series pour la première fois de l’histoire de la franchise. Houston y affronta les White Sox, une belle équipe avec des Paul Konerko, AJ Pierzynski et ce diable de Jermaine Dye pour mener l’attaque et un ptiching staff solide derrière Mark Buerhle. Sur le papier les Astros semblaient favoris mais là aussi, on assista à une série très disputée avec des écarts de 2, 1, 2 et 1 points. Oui, vous avez bien compté, il n’y eut que 4 rencontres dans ces World Series, puisque Chicago au terme d’un sweep vint à bout des Astros avec au passage un match 4 qui se termina sur le score de 1-0.

Souvent oubliés, les White Sox
Souvent oubliés, les White Sox de 2005 sont pourtant bien les champions grâce à une équipe avec un gros caractère et un pitching redoutable. Photo DR

Stupeur et incompréhension dans le Texas mais surtout fin d’une ère. Après avoir connu son apogée avec ces World Series, la chute ne fut que plus dure. Jeff Bagwell tira sa révérence au terme de la saison, Roger Clemens fit son tour d’adieu pour son ultime saison chez les Yankees en 2006 en compagnie d’Andy Pettitte qui retourna chez les Yankees pour ses 6 dernières saisons. Craig Biggio, lui, tint une saison supplémentaire et prit sa retraite en 2007. Lance Berkman fut le dernier des Mohicans des Killer B’s et fut tradé aux Yankees durant la saison 2010 avant de rejoindre les Cardinals et de s’offrir un titre en 2011. Son départ signifia le début de la lente et douloureuse reconstruction des Astros durant les années 2010 qui vit le club enchaîner trois saisons à plus de 100 défaites, lui permettant ainsi de s’offrir des nouvelles pépites qui menèrent elles aussi les Astros vers les sommets. Mais c’est une autre Histoire.

Des regrets éternels pour une génération dorée qui avait le potentiel pour accéder au Graal. Mais s’ils ne parvinrent pas à ramener la coupe à la maison, elle mit au moins la franchise sur des bons rails pour la suite. Elle implanta surtout au sein de la franchise une nouvelle mentalité: qu’il était possible de gagner à Houston. Et ce fut déterminant pour le run de la nouvelle génération…


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