Preview 2021 – New York Mets : le retour des Amazin’

Après le marasme et la déprime de l’hiver 2020 accouchant d’une pandémie mondiale et d’une saison MLB raccourcie façon premier lavage à 60°C, TSO revient aux sources et à ses premiers amours : l’écriture. Et si pour le commun des mortels, l’arrivée du printemps signifie l’éclosion des bourgeons et les premiers chants d’oiseaux, pour la grande famille du baseball, printemps rime avec entraînement. Celui du spring training, des premières sorties avec de nouvelles couleurs pour certaines stars et de vieilles retrouvailles avec des rosters déjà bien armés pour d’autres. Que l’on soit fan de la petite balle blanche ou non, le printemps signifie surtout la préparation, le devenir. Et sans révolutionner votre quotidien, The Strike Out vous apporte son brin d’espoir : les fameuses 30 franchises en 30 jours. Ce matin, on rend visite à une franchise qui a bien l’intention de se faire une place parmi les cadors de la Ligue : les New York Mets

Citi Field veut retrouver le gout de la victoire.

La Saison 2020

L’année 2020 des Mets fut en quelque sorte une illustration de toute cette étrange folie qui fait le charme des Mets aux yeux des observateurs neutres et qui fait s’arracher les cheveux a toute la troupe des fans et sympathisants de la franchise du Queens. Bien avant la pandémie de Covid et le report de la saison, les Mets avaient déjà perdu leur manager. Carlos Beltran, ancien de la maison et que l’on voyait comme l’un des jeunes managers les plus attendus de sa génération, avait sauté avant même le spring training, « victime » du scandale des Astros dont il était l’un des principaux instigateurs. Avec Luis Rojas, promu de l’équipe de Double-A, aux manettes, les New York Mets avaient pourtant fière allure fin juillet, au moment d’entamer la saison régulière raccourcie.  

On avait déjà perdu Marcus Stroman, certes, la recrue de la saison 2019 qui avait passé l’hiver à vanter sa forme retrouvée sur les réseaux sociaux, avant d’exercer son droit de retrait quelques jours avant l’Opening Day. On a bientôt perdu Yoenis Cespedes, lui aussi Free Agent à l’automne 2020, et qui n’a pas donné signe de vie le matin du 2 aout, à Atlanta. La « Potencia » ne voulait pas jouer DH, la Potencia pensait que le club avait pour but de réduire son temps de jeu pour éviter de lui payer des primes négociées lors de la refonte de son contrat après deux ans d’absence dues à des soucis de talons et un accident de sanglier. Alors il est parti comme un voleur, sans un au-revoir, la fin de 4 ans de gâchis absolu.

Sur le terrain, les Mets se sont comporté comme on l’attendait : le meilleur lanceur du baseball, Jacob deGrom, est passé tout près d’un troisième Cy Young consécutif (68 IP, 104 K, 2.38 ERA, 2.26 FIP) ? Les starters des Mets dans leur ensemble ? Ils ont affiché le 26e ERA collectif (5.38) de MLB, le rookie Peterson étant bien seul à surnager quand Porcello (5.64, 1-7), Wacha (6.62, 1-4) et Steven Matz (9.68, 0-5) rivalisaient d’imagination pour sombrer malgré leur expérience. Le bullpen, armé des bras de Diaz (1.75 ERA, 17.5 K/9), Familia, Wilson, Shreve, Bettances, Brach, aurait pu être une unité d’élite sur la base unique du talent pur, il s’est contenté de faire le boulot : 18e de MLB a l’ERA (4.60), 8e au nombre de retraits sur prises. Rien de dramatique, rien de spécial, même si les progrès de Diaz sont une véritable source d’optimisme

Au bâton ? La même histoire, ou presque. Les Mets ont terminé la saison, collectivement, avec la meilleure moyenne au bâton, le deuxième OBP et le quatrième OPS, une slash-line de .272/.348/.459 qui fait des Amazin’ la… 13e attaque de MLB en termes de points marqués. Rois du tabassage à vide, les lions se transforment en chatons quand leurs coéquipiers ont pris position sur les coussins et la ligne de stats s’en ressent : .245/.328/.406 … Ça pique…Et les Mets n’ont pas non plus pu compter sur une défense de fer, notamment dans l’Outfield, point faible de la franchise depuis de nombreuses années, ou encore au poste de Catcher, où l’apport de Ramos au bâton – peu visible en 2020 – ne cache pas ses carences défensives.

Alors ce qui devait arriver arriva. Les Mets, comme les Nationals, comme les Phillies, n’ont pas su négocier les aléas de cette étrange saison, soufflant le chaud et le froid et laissant les Marlins, portés par une énergie quasi-mystique, prendre la deuxième place de la division derrière des Braves seuls à évoluer au niveau attendu. Au final, un bilan de 26 victoires et 34 défaites. Indigne.

La Saison 2021

Steve Cohen, le nouveau propriétaire des Mets a décidé de mettre la main la poche. Mais pas n’importe comment. Photo : Yahoo Sports

Vous avez peut-être entendu la rumeur ? Il y a un nouveau boss dans le Queens, il a un pognon monstre et il est venu pour gagner. Alors forcément, quand on sort de l’ère Wilpon il faut se mouiller la nuque. Voilà donc l’ère Steve Cohen, un milliardaire et propriétaire de Hedge Funds, grand fan des Mets et d’art moderne. Exit Brodie Van Wagenen, l’agent de joueurs devenu GM et qui restera dans la mémoire collective pour CE trade incluant, entre autres, Jared Kelenic et Robinson Cano. Welcome back Sandy Alderson, ancien GM aujourd’hui président des opérations baseball, qui espère bien prendre sa revanche, lui qui a longtemps plaidé en vain pour que les Wilpon desserrent les cordons de leur bourse.

Sans surprise, les Mets ont été omniprésents sur le marche des transferts, leur nom étant cité sur tous les dossiers chauds de Springer à Realmuto et de Bauer à Lindor. Et c’est justement ce dernier qui aura été LA première recrue phare de l’ère Cohen , mais j’en reparlerai un peu plus tard.

Surtout que dans ce trade, les Mets ont également récupéré Carlos « Cookie » Carrasco, une valeur sure des Ligues majeures. Les Mets avaient déjà prolongé Marcus Stroman via la Qualifying Offer en Novembre, ils ont depuis ajouté Joey Lucchesi, dans un trade déjà trois avec les Pirates et les Padres et Taijuan Walker, performant la saison dernière avec les Mariners puis, surtout, les Blue Jays. Lucchesi et Peterson devraient se retrouver en compétition pour le cinquième poste de la rotation jusqu’au retour de de Noah Syndergaard, prévu vers le mois de juin.

Côté bullpen, exit Corey Oswalt et Brad Brach, bienvenue Trevor May, très bon ces trois dernières saisons avec les Twins, et Aaron Loup, notamment. Rien de flamboyant certes, alors qu’on a longtemps parlé du closer Brad Hand, mais un bullpen solide, avec une dizaine de joueurs capable d’évoluer au niveau attendu par les Mets.

Enfin, pour ce qui est du line-up, outre Lindor, les Mets ont remplacé Wilson Ramos, partant, par le toujours fiable James McCann qui sort de deux excellentes saisons avec les White Sox, et ils se sont renforcé dans la profondeur en recrutant notamment les outfielders Albert Almora Jr. et Kevin Pillar ainsi que l’utility-man hyper-polyvalent et redoutable sur bases, Jonathan Villar. Ajoutons-y quelques recrues intéressantes pour le 40-man roster (Heredia, Smith, Lee, Yamamoto, Mc Williams) et le tout sans avoir sacrifié un top-10 prospect, un des objectifs annoncés étant de construire une équipe compétitive sans sacrifier le farm system.

Avec les Conforto, Alonso, McNeil, Smith, Nimmo et Davis, tous âgés de 28 ans ou moins dans le line-up, un recrutement de profondeur et une politique sportive qui semble enfin cohérente et ambitieuse à la fois, le projet des Mets semble prêt à décoller en 2021… en attendant bien sûr de découvrir quelle dinguerie ils ont bien pu nous préparer pour cette saison !

Le joueur à suivre : James McCann

Difficile de dégager un profil de cette équipe. Les meilleurs prospects ne sont pas du tout proches de rentrer dans le show, les visages du lineup et de la rotation sont familiers, et le rookie David Peterson risque d’avoir bien du mal à s’imposer autrement qu’en tant que Spot Starter dans la rotation XXL que se sont bâti les Mets. Je vous aurais bien parlé de Dominic Smith, mais l’absence d’un DH universel sera probablement un grand coup donné à ses espoirs de temps de jeu, lui qui est barré par Pete Alonso en première base et ne devrait pas pouvoir prétendre a une place en tant que premier choix dans le champ gauche. 

Du coup, on va s’attarder sur le nouveau receveur des Mets, James McCann. Excellent catcher défensif lors de ses années à Detroit, il a trouvé ses marques offensivement à son arrivée chez les White Sox en 2019, obtenant sa première sélection au All Star Game, et une moyenne de .273 pour 18 HR et 60 RBI. Devenu deuxième receveur des White Sox l’année suivante, après le recrutement de Yasmani Grandal, il a continué à s’améliorer offensivement (.289 /.360/.536 ; sur une saison courte, certes) tout en accompagnant Grandal dans le Top 3 du Gold Glove d’American League au poste de Catcher (une récompense qui reviendra à Roberto Perez, des Indians).

A 30 ans, McCann a fait ses preuves en tant que receveur défensif d’élite et a montré qu’il pouvait hausser son niveau de jeu dans l’aspect offensif. Les Mets ont décidé de lui offrir leur confiance et un contrat de 4 ans et 40M$ plutôt que de tenter le tapis sur J.T. Realmuto, et cela pourrait s’avérer une fantastique décision si il devait confirmer les promesses vues sur ses deux années dans l’Illinois.

La Star : Francisco Lindor

Ces dernières années, la réponse aurait été évidente. Jacob deGrom est le meilleur lanceur de tout le baseball depuis trois saisons, double Cy Young et proche du three-peat la saison dernière. A 32 ans, il semble encore progresser d’une saison sur l’autre et sera encore cette saison le favori pour le titre de Cy Young de National League.

Oui mais voilà, cette saison deGrom n’est plus seul, puisque les Mets ont su attirer l’un des meilleurs shortstops de sa génération, en la personne de Francisco Lindor. Alors certes, Lindor n’a pas (encore) marqué la MLB sportivement de la même manière que DeGrom, avec tout de même 4 participations au All Star Game et 3 Top 10 au classement du MVP d’American League à 27 ans, et sa dernière saison avec les Indians était relativement moyenne, lui-même avouant à demi-mots une perte de motivation dans une franchise qui arrivait en fin de cycle.

Mais le talent de Lindor est gigantesque, un véritable five-tool player qui n’est pas passé bien loin d’intégrer le 30/30 club en 2018 (38 Home Runs et 25 vols de buts), capable de frapper en moyenne comme en puissance, tenant d’une défense qui lui a valu deux Gold Gloves en tant que shortstop dans la Ligue du Shérif Andrelton Simmons. En d’autres termes, Lindor est probablement aujourd’hui le shortstop le plus complet de toute la MLB.

Mais Francisco Lindor n’est pas juste un joueur exceptionnel. Quand Jacob deGrom projette l’image d’un mec sympa doublé d’un athlète incroyable, « Mr Smile » est aussi un joueur bankable et universellement apprécié pour sa prestance, son aspect spectaculaire et sa disponibilité, qui a tout pour devenir le visage des New York Mets.

En d’autres termes, si deGrom reste encore l’étoile sportive de ce roster, le trade pour Francisco Lindor est peut-être le trade le plus important réalisé par les Mets depuis celui pour Mike Piazza en 1998. L’avenir nous le dira…

Le prono : A l’assaut des Braves

Le message a été très clair dès les premiers jours de l’ère Cohen. Ces Mets veulent gagner, ils s’en donneront les moyens mais pas à n’importe quel prix, qu’il soit financier (rester dans les clous de la luxury tax) ou sportif (Cohen et Alderson ont insisté sur l’importance de renforcer le farm system). Pourtant, difficile de ne pas imaginer une équipe avec le lineup et la rotation que présentent ces Mets ailleurs qu’à la lutte pour le titre de division avec les Atlanta Braves.

A ce titre, la saison 2021 sera un véritable test pour le jeune manager Luis Rojas, qui a connu un premier exercice bizarre sur toute la ligne la saison dernière. Cette fois il sera attendu au niveau d’exigence des Mets et ses décisions, notamment sur l’utilisation du bullpen, seront scrutées de près.

Réalistiquement, on peut s’attendre à voir les Mets titiller les Braves et faire le nécessaire pour, au minimum, accrocher la Wild Card qui ne sera pas capturée par les Padres (ou les Dodgers). Tout autre résultat serait considéré comme une déception, même en ces temps de construction, et pourrait signaler la fin des espoirs du manager dominicain des Mets.

Le Prono de TSO : 89-73
Projection PECOTA : 96-66


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