Preview 2021 – Texas Rangers : Baby Cow-Boys

Après le marasme et la déprime de l’hiver 2020 accouchant d’une pandémie mondiale et d’une saison MLB raccourcie façon premier lavage à 60°C, TSO revient aux sources et à ses premiers amours : l’écriture. Et si pour le commun des mortels, l’arrivée du printemps signifie l’éclosion des bourgeons et les premiers chants d’oiseaux, pour la grande famille du baseball, printemps rime avec entraînement. Celui du spring training, des premières sorties avec de nouvelles couleurs pour certaines stars et de vieilles retrouvailles avec des rosters déjà bien armés pour d’autres. Que l’on soit fan de la petite balle blanche ou non, le printemps signifie surtout la préparation, le devenir. Et sans révolutionner votre quotidien, The Strike Out vous apporte son brin d’espoir : les fameuses 30 franchises en 30 jours. Aujourd’hui, direction Arlington et le tout nouveau Globe Life Field : bienvenue chez les Texas Rangers!

La saison 2020

Bon, pour résumer la saison 2020 des Rangers, c’est plutôt facile : c’était vraiment pas beau. Et c’est d’autant plus criant que la franchise inaugurait son nouveau superbe écrin, le tout neuf Global Life Field qui fut d’ailleurs la terre d’accueil de la postseason et des World Series. Sur le terrain, l’équipe d’Arlington a affiché des lacunes criantes dans toutes les catégories du jeu et termine avec le pire bilan de l’American League et, on remercie les Pirates, l’avant dernier bilan de toute la MLB. La faute à un piteux 22-38. Offensivement, ce fut la catastrophe puisque l’attaque a tout simplement été la pire de l’Histoire de la franchise avec une moyenne au bâton générale de .217. Ainsi, ce ne sont pas moins de 10 joueurs de l’effectif qui vont terminer sous la Mendoza line, soit la barre de .200 de moyenne. Alors oui il y a des circonstances atténuantes, évidemment. La pandémie, les mesures strictes, la peur mais aussi une myriade de blessures puisque José Leclerc, Danny Santana, Edinson Vólquez, et Joe Palumbo ont rapidemment été perdus pour l’année tandis que Shin-Soo Choo, Willie Calhoun, Rougned Odor, et Jose Trevino ont joué la majorité de la saison avec des blessures. Mais la plus grosse perte fut celle de Corey Kluber, sensé être l’ace de la rotation. Recrue phare de la dernière intersaison, Klubot devait encadrer la rotation, oui mais voilà cette saison 2020 était décidemment bien pourrie puisque l’ancienne star de Cleveland ne va lancer qu’une seule manche sous ses nouvelles couleurs. Il aurait pu, peut-être, apporter un peu de baume au coeur aux fans des Rangers. Car au niveau du pitching ce fut aussi assez compliqué. Mike Minor, qui avait connu deux bonnes premières saisons dans le Texas, a eu du mal en 2020 et a été tradé aux Athletics durant l’été. Jordan Lyles a sombré tout comme le jeune Kolby Allard avec des ERA au desssus des 7. Enfin Kyle Gibson a tenu la baraque comme il pouvait en lançant un maximun d’innings afin d’épargner le bullpen. Il termine avec 67 manches, ce qui est un gros total dans cette saison raccourcie, mais avec un ERA de 5.35. En revanche, il y a bien eu deux rayons de soleil dans la rotation, d’abord Lance Lynn qui a une nouvelle fois prouvé qu’il était un ace en puissance. Il termine 2020 avec le plus gros total de manches lancées en MLB avec 84, un ERA de 3.32 et un total de 6 victoires, soit presque le quart des succès de son équipe. Enfin le rookie Kyle Cody a brillé dans cette tourmente avec un ERA de 1.59 en 22 manches. Pas mal pour un joueur qui revenait de Tommy John et qui n’avait lancé qu’en Double A ou Triple A.

Rare image de Corey Kluber avec les Rangers, lui qui n’aura qu’une seule manche sous ses nouvelles couleurs avant de se blesser. Photo : Smiley N. Pool/Dallas News

Au niveau du bullpen, il y a aussi eu des belles trouvailles dans un ensemble plutôt terrible. Après la perte de José Leclerc, le closer de la franchise, Jonathan Hernández et Rafael Montero se sont affirmés comme des armes efficaces en fin de match. Le premier en tant que setup avec un ERA de 2.90 avec 31 K en 31 manches et le 2e en tant que closer avec 8 sauvetages en 8 opportunités. Les gauchers Brett Martin (1.84) et Joely Rodriguez (2.13) se sont avérés être efficaces. Et puisqu’on est dans les bonnes nouvelles, on peut souligner la magnifique saison d’Isiah Kiner-Falefa. Receveur de formation, c’est dans l’Infield qu’il a pris une autre dimension. Capable d’évoluer à tous les postes du champ intérieur, avec une défense de qualité, il a brillé par sa polyvalence. Mais ce n’est pas tout puisque sa batte a été au rendez-vous, et c’est bien le seul, puisqu’il affiche une moyenne de 28%. Des magnifiques performances qui auront des grandes conséquences, on y reviendra. On peut aussi noter les bons débuts d’autres jeunes joueurs avec notamment les grands débuts du meilleur jeune de la franchise, Leodys Taveras qui a gouté à ses premiers matchs MLB. Sa défense et sa vitesse sont déjà à un niveau MLB et il l’a prouvé avec ses 8 bases volées. Mais sa batte a encore un peu de mal puisqu’il affiche une moyenne de .227. Mais laissons lui un peu de temps, il n’avait joué que 67 matchs en Double A avant de débuter dans la cour des grands. Enfin Anderson Tejada et le receveur Sam Huff ont montré des choses prometteuses mais semblent encore un peu tendres. Mais peu à peu on assite à une prise de pouvoir de la jeunesse dans cette équipe des Rangers. Et ce n’est pas pour déplaire au président Jon Daniels et son nouveau GM, le très talenteux Chris Young qui portait la tunique de la franchise en 2004 et 2005.

La saison 2021

Cette saison 2020 a été catastrophique et on arrive presque à être content que les supporters des Rangers n’aient pas eu à assister à cela en tribunes. Cela aura permis au club de faire des tests sans la pression du public. Et de faire la place belle aux jeunes. Car le message est clair pour 2021, les jeunes auront leur chance, comme l’a annoncé le président Jon Daniels  : « Cette saison sera définitivement marquée par une vague de jeunesse dans notre club. Tout ce que l’on va faire par la suite sera fait dans cet objectif. Nos mouvements de cet hiver ont eu pour but d’accompagner cette jeunesse et de créer une nouvelle identité « . L’objectif semble clair, 2021 sera une saison de transition et la franchise vise 2022 pour être de nouveau compétitive. C’est pourquoi après de très bons services, Lance Lynn a été tradé aux White Sox. Un mouvement nécessaire tant que le lanceur avait encore de la valeur, lui qui est agent libre à la fin de cette saison. Ca doit faire mal au cœur des fans, mais le retour a été plutot bon vu sa situation contractuelle puisque le club a récupéré le jeune lanceur prometteur Dane Dunning, qui a découvert la MLB la saison dernière avec Chicago (3.97 d’ERA en 34 manches). On se demande d’ailleurs pourquoi Lynn n’a pas été tradé à la trade deadline 2020, ou il y aurait surement eu de bien meilleures offres. Mais ne faisons pas les difficiles, cette transaction est très correcte mais surtout win-win (coucou les Rockies). Dunning va pouvoir travailler dans un environnement plutôt tranquille, et il en a besoin. Au niveau du pitching le club a aussi ajouté de la chair fraiche à son effectif avec la signature de Mike Foltynewicz qui peine à confirmer son immense potentiel. Le club a également recruté le japonnais Kohei Arihara. Après six saisons avec les Nippon-Ham Fighters, il quitte son pays natal avec une ERA moyenne de 3.74 et 666K en 882 manches. En 2020, il aura lancé 132 manches pour 8 victoires, 9 défaites, 3.46 ERA et 1.17 WHIP en 20 matchs. Ce nombre de manches lancées important a son importance dans une année 2021 où les questions sur la santé et la durabilité des starters seront sur toutes les bouches. En effet pour la majorité d’entre eux, ils devront doubler le total d’innings joués. Arihara, lui n’aura pas à se soucier de cela. Alors ce n’est pas un lanceur ultra dominant comme Yu Darvish ou Shohei Ohtani mais sa capacité à manger les innings à un niveau plus qu’acceptable est un atout indéniable. Et c’est tout ce que demande la franchise d’Arlington. Et comme on est gentil chez TSO voici quelques Highlights d’Arihara au Japon.

Mais on l’a vu, c’est bien au niveau offensif que les Rangers devaient se renforcer. Les joueurs d’Arlington n’ont frappé que 27 HR en 30 matchs dans leur nouveau stade alors que les Dodgers et les Braves se sont régalé de 25 longues balles lors des 7 matchs de NLCS. Avant que les Dodgers, encore, et les Rays en cognent 21 lors des 6 matchs des World Series. Ce n’était donc ni les balles, ni le nouveau stade, les raisons de l’apathie offensive des hommes de Chris Woodward. C’est pourquoi durant l’intersaison, le club a recruté dans ce domaine. D’abord en faisant venir Nate Lowe en provenance des Rays. Après une saison rookie plutot encourageante (.263/7HR/19 RBI en 50 matchs), Lowe est un peu rentré dans le rang en 2020 avec 4 HR et 11 RBI pour .224 à la batte. Néanmoins, il garde un gros potentiel et reste un clair upgrade par rapport à Ronald Guzman qui n’a jamais confirmé malgré 3 saisons pleines à ce poste. Pour ses premiers pas en tant que GM, Chris Young a réussi un très bon coup en récupérant David Dahl. Incompréhensiblement laissé libre par les Rockies, ce dernier sortait d’une saison 2019 All Star avec 30% à la batte 15 HR et 61 RBI. En 2020, il a été dans le dur mais comme beaucoup d’autres joueurs, et du côté des Rangers, on parie sur le fait que ce soit juste les aléas de cette année particulière. Il reste surtout un excellent défenseur. Et à 2,7 M la saison c’est un investissement très intelligent pour un joueur qui peut encore être sous contrat jusqu’en 2024. Superbe coup de la part des Rangers puisque Dahl était sur les tablettes de beaucoup d’autres clubs. Enfin on l’a dit l’émergence de Isiah Kiner-Falefa dans le champ intérieur a créé un casse tête pour les dirigeants du club. Ce dernier a en effet été dans les discussions pour les Gold Gloves, trophées décernés aux meilleurs défenseurs. Mais on était loin de s’attendre à un blockbuster trade pour lui faire de la place. En effet Elvis Andrus, l’enfant et l’âme du club, a été envoyé du côté des Athletics (en plus d’un autre minor leaguer, le receveur Aramis Garcia et du cash) qui aiment décidemment bien faire marché avec les Rangers. Andrus est un excellent défenseur, a tout connu au club depuis ses débuts en 2009, avec deux participations aux World Series. Mais son contrat à 15 millions la saison jusqu’en 2023 commençait à être bien trop encombrant. Surtout en vue des performances offensives de ce dernier depuis 3 saisons. C’est tout de même un monument de la franchise qui s’en va.

Mais en contre partie le club récupère notamment Khris Davis ainsi que deux jeunes joueurs (le receveur Jonah Heim, 9e meilleur prospect des A’s et le lanceur Dane Acker). Alors oui, il n’est plus le joueur qu’il était, oui il va couter 16.5 millions cette saison mais il sera libre à la fin de la saison libérant ainsi du cap space pour 2022. Et c’est bien la le move qu’il faut voir du côté des Rangers. On le sait, l’objectif c’est la saison prochaine, et la classe des agents libres de cette année là est bien chargée en talent avec notamment et pourquoi pas une réunion avec l’enfant du coin, un certain Clayton Kershaw, qui a même gagné les World Series sur la pelouse du Global Field. De quoi donner des idées au front office. Khris Davis ne semble plus être la machine à HR qu’il a été mais il pourra être un superbe mentor pour les jeunes et surtout un magnifique « grand frère » pour le jeune Willie Calhoun qui peine à confirmer son immense potentiel à cause notamment des blessures. Davis et Calhoun devrait se partager les matchs au poste de DH, Calhoun pouvant aussi dépanner au poste de champ gauche. Pour le champ intérieur, Kiner-Falefa deviendra ainsi le remplaçant d’Andrus au poste d’arrêt-court, Odor glisserait au poste de 3e base et le jeune Nick Solak, qui a montré des belles choses, entrerait en 2e base. Au poste de receveur, on aura le droit à une belle bataille entre Trivino qui s’est imposé comme le titulaire, Jonah Heim et Sam Huff. Dans l’OF, Taveras et Gallo sont des locks en CF et RF.

La Star : Joey Gallo

Joey Gallo, la figure de la franchise a connu une année 2020 catastrophique. Si bien que des interrogations concernant son futur commencent à se poser. Photo : Smiley N. Pool / Dallas News.

D’ailleurs parlons-en de ce bon vieux Joey Gallo. Actuellement quand on pense aux Rangers, on pense immédiatement à Joey Gallo. On le sait, il ne sera jamais un frappeur de moyenne, la preuve en carrière il affiche une moyenne à la batte de .208. Mais c’est bien sa puissance qui fait des miracles et qui a des répercussions sur le reste de l’attaque. Pourtant si entre 2017 et 2018, il a claqué 81 longues balles, depuis il n’en est qu’à 32. Surtout en 2020 avec une moyenne de 19.3 passages à la batte par HR (AB/HR), il affiche son plus bas taux en carrière. 2020 est bien à oublier pour Gallo qui termine cette saison très particulière avec une moyenne à la batte de .181 pour 10HR et 26RBI. En 2019, il avait pourtant affiché des gros progrès à la batte avec une moyenne à .257, ce qui avait sans doute entrainé une baisse de HR (22). Mais en 2020 on n’a eu ni l’un ni l’autre. Alors on veut bien oublier 2020 à cause des conditions particulières car pour être honnête, il n’a que très peu de protection autour de lui dans l’alignement et les lanceurs en profitent. Cependant Gallo est considéré comme le franchise player des Rangers. En tout cas pour le moment. A lui de prouver qu’il a toujours le profil alors qu’il peut être agent libre après la saison 2022. On ne lui demande pas d’être une machine à frapper. Il est là pour claquer des gros HR afin d’effrayer la rotation adverse et ainsi offrir des opportunités à ses copains. On le sait, défensivement c’est un défenseur d’élite, notamment grâce à son bras, mais s’il reste à son niveau 2020, difficile pour les Rangers de le garder après 2022. Néanmoins, il est l’un des favoris des fans, il veut être un Rangers et la présence de Davis pourrait aussi lui être bien bénéfique dans l’alignement. S’il retrouve ses standards, la franchise d’Arlington pourra respirer et aura une grosse décision à prendre. Soit le prolonger et en faire son franchise player. Soit le trade, lui qui possède un petit salaire le rendant attractif pour un contender à la recherche de puissance. A lui de jouer.

Le joueur à suivre – Leodys Taveras

Leodys Taveras, le meilleur jeune de la franchise, est une énorme menace sur les bases. Il sera un atout indéniable pour 2021. Photo : Tom Fox/Dallas News

On l’a dit, place aux jeunes du côté d’Arlington et de nombreux jeunes vont avoir la chance de prouver leur valeur en 2021 avant le début des grandes manœuvres en 2022. On aurait pu citer Nick Solak que j’apprécie particulièrement mais impossible de ne pas parler de Leodys Taveras, le prospect n°1 des Rangers. Considéré comme un défenseur élite et une menace permanente sur bases, c’est offensivement qu’il pêche un petit peu. En 4 saisons dans le farm system, il n’affiche qu’une moyenne au baton de .260. Mais sur les bases, il semble intenable comme le prouve ses 89 bases volées en Ligues mineures. Grâce ou à cause des conditions particulières de 2020, son avancée à travers le farm system a été express. Ainsi avant ses débuts en MLB, la saison dernière, il n’avait disputé que 65 matchs en Double A, et aucun en Triple A. On peut donc lui pardonner ses difficultés offensives, sachant déjà ses faiblesses dans ce domaine. Il termine 2020 avec .227 à la batte, ce qui dans l’attaque des Rangers est un petit exploit, mais il peut encore progresser et à déjà montré des améliorations en cours de saison. Il ne sera jamais un gros frappeur de HR mais sa grande présence sur base, peut faire de lui un leadoff très dangereux grâce à ses jambes. Et on sait que le manager Chris Woordward aime que son équipe soit agressive sur les coussins. Ainsi en 2020, Texas avait volé 49 bases soit le 4e meilleur total, à égalité, de la MLB. Surtout, on remarque que ce n’est pas de l’agressivité irréfléchie puisque ses coureurs affichent un taux de succès de vol de bases de 78%. Taveras sera donc comme un poisson dans l’eau dans ce schéma, et sa présence sur base sera un atout indéniable pour enlever de la pression aux batteurs suivants. Et pour ne rien gater, sa magnifique défense en font un joueur excitant à suivre pour 2021.

Bilan 

Rien de spectaculaire à attendre du coté d’Arlington pour 2021. On va assister à une très grande revue d’effectif, notamment pour les jeunes avec pour objectif de faire le tri dans les talents pour l’avenir et définir qui sera de la partie ou non à partir de 2022. En attendant, pour la saison qui arrive, les Rangers devraient squatter le bas-fonds de l’American League en grande partie à cause de leur rotation qui pour le moment a pour ace Dane Dunning. Ça promet.

Je pense que la franchise va flotter entre les 90 et 100 défaites.

Le Prono de TSO : 63-99
Projection PECOTA : 67-95


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