Preview 2020 – Milwaukee Brewers : Toss a coin

Il existe deux périodes charnières dans l’année où nos esprits se laissent aller au doux parfum du baseball. La deuxième c’est évidemment lorsqu’arrive l’automne et ses feuilles mortes synonyme de postseason. Quant à la première, il s’agit de la fin de l’hiver accompagnée comme toujours du retour de la MLB et des espérances de chacun. Vous savez ces dernières semaines avant la reprise où l’on se surprend à croire que « cette année est la bonne », où l’on se met à rêver de voir son équipe jouer au baseball fin octobre ou à enfin finir avec un bilan positif. Comme l’an passé, The Strike Out passe en mode 30 franchises en 30 jours et vous propose de faire le tour complet de la Ligue. Pour calmer vos ardeurs de supporters ou au contraire les ranimer, même si en baseball rien n’est jamais fixé dans le marbre. Place aujourd’hui aux Milwaukee Brewers.

Retour sur l’année 2019

En 2018, Milwaukee a vécu un véritable conte de fée, en remportant sa division et en échouant d’accéder aux World Series à une petite victoire. Ce qui aurait été seulement la 2e fois dans l’histoire de la franchise après la défaite en 1982. Voulant surfer sur cette bonne dynamique, le front office avait fait de gros efforts durant l’intersaison pour améliorer ce groupe et ainsi mieux entourer son MVP en puissance, Christian Yelich. Ainsi, le receveur ultra offensif Yasmani Grandal est venu garnir une attaque déjà composé de Moustakas, que le club est parvenu à conserver, Eric Thames, Ryan Braun ou encore Travis Shaw. Sur le papier cette lineup avait de quoi faire trembler même les grands Dodgers. Oui mais voilà, si Grandal, Moustakas ou Yelich ont répondu présent, le reste de l’alignement a été à la peine. 15e attaque en points marqués, 20e en moyenne au bâton, 5e pire bilan en terme de strikeouts… Derrière ses 3 patrons, ce fut le vide et cela a joué des tours à cette équipe. Pourtant elle est parvenue à se qualifier pour la postseason pour une 2e année de suite, ce qui représente un petit exploit pour la franchise puisque cette dernière n’a connu les joies du baseball d’octobre qu’à seulement 6 reprises en 50 années d’existence. Mais après le gros run de 2018, une qualification via la Wild Card avait de quoi décevoir. D’autant que le club allait se faire sortir dès ce tour-là, certes face au futur champion, les Nationals. Qui plus est dans un scénario complètement fou, puisque Milwaukee avait réussi à punir l’ace de Washington Max Scherzer, entré en jeu. Mais alors que son arme durant la saison régulière avait été son bullpen, c’est bien par ce dernier qu’elle va succomber. En effet Josh Hader, impérial durant la saison avec un ERA de 2.64 et 37 saves, va craquer dans les derniers instants du match en concédant deux points et offrant ainsi la victoire aux joueurs de la Capitale.

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Ange Gardien impérial en saison regulière, Josh Hader a craqué au pire des moments, durant le Wild Card Game. Photo : Getty Images

Il y a tout de même du bon à retenir cette saison, d’abord que Christian Yelich est bel et bien le présent et le futur de cette franchise. Il a d’ailleurs prolongé son contrat avec le club jusqu’en 2029 pour la coquette somme de 215 millions. C’est cadeau pour un joueur toujours dans la course au MVP. Mais il y a aussi le pitching. Pourtant du côté de Milwaukee pas de nom clinquants; mais des joueurs de devoir et des expériences. Et il y a eu plus d’un Eureka, en 2019. D’abord Brandon Woodruff qui a confirmé ses bons présages de 2018. Il s’est même imposé comme l’ace de cette franchise après avoir signé un exercice 2019 de haute voltige avec un ERA de 3.62 et 143K en 121 manches. Autres expériences qui ont fait mouche, on peut évoquer les renaissances de Jordan Lyles (2.45 d’ERA en 11 départs) mais surtout Drew Pomeranz, qui a fait la transition « Starter to bullpen » en arrivant dans le Wisconsin. Avec à la clé un ERA de 2.65 en 26 manches ainsi que 45K. Sans oublier Chase Anderson (4.21 d’ERA, 124K en 139 manches) qui a confirmé, dans l’ombre, son rang de lanceur de qualité. De quoi bâtir et consolider pour 2020 ? Que nenni !!

Car voilà, sur les 4 lanceurs que je viens de citer, 3 ne sont plus dans le roster. Le constat est le même pour l’alignement puisque ni Moustakas ni Grandal ne sont de retour au Miller Park. Pire, lors de cette intersaison c’est pas moins de 12 joueurs qui ont fait leurs valises et 14 qui sont arrivés. Un sacré chantier pour une équipe playoffable !

L’année 2020

David Stearns, GM des Brewers, va encore croiser les doigts pour que ses paris, au niveau des joueurs, payent. Photo : Michael McLoone-USA TODAY Sports

Beaucoup d’arrivées et pourtant très peu de cris de joie du côté des fans des Brewers (si on met de côté la prolongation de Yelich). Mais c’est aussi ça la patte de David Stearns, le GM : tenter des coups de poker sur des joueurs en recherche de rebond ou d’un second souffle. Après l’ensemble de ces mouvements, Milwaukee se retrouve avec une masse salariale 20% moins importante que l’année précédente. De quoi faire plaisir à son EBITDA, si chère à ce bon vieux Jean-Michel Aulas. Car oui s’il n’y a pas eu d’effusions de joie devant les mouvements de l’intersaison, le plus important c’est que les arrivées ont été comprises par la majorité des fans. Et c’est là, le coup de maître de David Stearns. Terminé les errements défensifs et offensifs de joueurs comme Shaw, Thames, place à de la solidité avec Eric Sogard et Justin Smoak. Avisail Garcia pour le champ extérieur est une très bonne recrue tout comme Omar Narvaez pour le poste de receveur, deux recrues bien trop sous-cotées à mes yeux. Brock Holt est une super option pour le banc, et une des personnes les plus appréciées par les supporters. Les fans de Boston pleurent encore sa perte. Et Ryan Braun, qui malgré les traces du temps sur son jeu, devient un joker de luxe que peu d’équipes peuvent se targuer d’avoir. Il faudra également suivre la jeune pépite Keston Hiura, qui a émerveillé lors de son passage. Mais on y reviendra. Au niveau du pitching, un Anderson en remplace un autre puisque Brett succède à Chase. Le gaucher semble avoir mis ses problèmes de blessures de côté, et a signé une saison 2019 très intéressante du côté des A’s (31 départs, un ERA de 3.89 en 176 manches). Il y a bien une recrue star. Mais pas de ce côté du globe. En effet comme en 2017 avec Eric Thames, Milwaukee s’est offert les services de l’une des stars du championnat Coréen : le lanceur Josh Lindblom qui fera son retour en MLB après 5 ans du côté de la KBO (la ligue coréenne).

Pour résumer, le Front office a fait du bon travail pour retravailler son roster sans se ruiner. Le club a eu du nez dans ses recrutements par le passé, et des paris se sont révélés payants. Du coup en 2020, le club est resté sur cette formule avec des paris et va espérer que cela fonctionne.

Le joueur à suivre : Keston Hiura

En seulement 84 matchs, Hiura s’est imposé comme le futur du club dans le champ intérieur. Et pour cause ce dernier a été étincelant avec une moyenne au batôn de .303 ainsi que 19 HR, 49 RBI et 9 bases volées. Une grosse bouffée d’oxygène pour une attaque sous respiration artificielle (qui se nomme Christian Yelich). Et en ce début de Spring Training, il semblait être parti sur les mêmes bases avec 3 HRs en 10 matchs et une moyenne au bâton de .360 !! S’il parvient à réduire ses strikeouts et améliorer sa régularité en défense, il peut être un superbe lieutenant de Yelich et même l’accompagner dans le cœur de l’alignement des Brewers pour les années à venir. Il est sans aucun doute LE joueur à suivre des Brewers pour 2020 et le futur. Et on l’espère pour les Brewers, car leur farm system est à l’agonie, classé 30e par MLB.com

La star : Josh Lindblom

Inconnu lors de son départ en Corée, Josh Lindblom revient en MLB avec un nouveau statut. Celui de star de la KBO. Pourra t-il en faire de même avec les Brewers ? Photo : DR

L’option évidente aurait été de parler de Christian Yelich, mais plus besoin de le présenter tant l’ancien joueur des Marlins domine la National League. Partons plutôt sur l’ancienne star de la KBO, Josh Lindblom. Parti, dans le plus grand anonymat, du côté de la Corée en 2015, le natif de l’Indiana revient en MLB avec bien plus de considération. Et pour cause, le droitier sort de deux saisons monstrueuses avec les Doosan Bears, club évoluant à Séoul. En effet avec seulement 7 défaites sur les deux dernières années, le lanceur a dominé la KBO. En 2019, il termine la saison avec un ERA de 2.50 et un WHIP de 1.00 ainsi que 189K en presque 195 manches. Il a logiquement été élu Meilleur Lanceur du Championnat, mais également MVP. Il revient donc avec un nouveau statut du côté de la MLB. Et Milwaukee espère qu’il pourra appliquer en Amérique, ses performances du pays du matin calme.

Le prono

Une nouvelle fois, Milwaukee va jeter une pièce à son witcher sur son destin avec des paris, comme Justin Smoak, Josh Lindblom ou encore Brett Anderson. Cela a marché par le passé, en sera t-il de même en 2020? En tout cas on le souhaite aux fans des Brewers. Mais juste avec la présence de Yelich, les brasseurs seront un acteur majeur de la NL Central. Si les Cubs et les Pirates semblent en retrait, les Reds mais surtout les Cards seront des adversaires redoutables. Pour ma part je pense que ce sera un poil court pour les Brewers cette année. A moins qu’avec l’argent disponible, le Front office aille chercher de l’aide XXL, comme un gros ace. Une rengaine qui revient depuis au moins 3 saisons…

Prédictions Bleacher Report : 85-77, 2e de NL Central
Prédictions TSO : 82-80, 3e de NL Central


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