Focus sur les nouveaux managers (Partie III) : « On passait par là et on a entendu du bruit… »

Troisième et dernier volet de notre série sur les nouveaux Managers de MLB, et on va s’intéresser ici à trois hommes qui n’imaginaient pas, il y a encore un mois,  officier en MLB cette saison. Et puis le scandale du vol de signes des Astros a explosé, emmenant avec lui le GM et le Manager des Astros (Jeff Lunhow et A.J. Hinch) mais aussi Alex Cora (Red Sox, ancien Bench Coach des Astros) et Carlos Beltran (Mets, ancien joueur des Astros). Obligées de chercher un nouveau Manager dans l’urgence, les trois franchises concernées ont opté pour trois profils parfaitement différents : le vétéran Dusty Baker aux Astros, l’homme de l’ombre Ron Roenicke aux Red Sox, et le novice Luis Rojas chez les Mets.

Luis_Rojas_Carlos_Beltran

Luis Rojas –  Mets

L’histoire était si belle : Carlos Beltran, le héros malheureux des NLCS 2006, revenait à Citi Field pour prendre sa revanche, avec une carrière digne d’un Hall of Famer et une bague de vainqueur des World Series dans la besace. Hélas, il fut aussi, selon le rapport Manfred, l’un des, sinon, l’architecte en chef du système industriel de vol de signes mis en place par les Astros. Dès lors, impossible pour lui de garder ce poste de Manager qu’il n’avais pas encore pu étrenner, les Mets devaient se trouver un nouvel homme providentiel. Cet homme, c’est Luis Rojas, un coach passé par les équipes dominicaines, A et AA des Mets depuis 2007, et qui devait faire partie du coaching staff de Beltran en tant que Quality Control Coach cette saison.

La situation :

Comme souvent, les Mets abordent la saison régulière le cœur gonflé d’espoir et le regard tourné vers octobre. Il faut dire que la franchise du Queens a fière allure sur le papier avec une rotation parmi les meilleures du baseball majeur, un bullpen tout aussi terrifiant, de la qualité à toutes les lignes, et un mix séduisant de jeunesse et d’expérience. Et il parait même que Yoenis Cespedes pourrait revenir dès le mois d’Avril (si les sangliers le laissent tranquille)!
Tous les ingrédients sont donc réunis pour être plus que des sparring-partners dans une division qui s’annonce incroyablement disputée. Mais la question n’est pas celle du talent, plutôt celle de ce qu’ils sauront encore inventer pour désespérer leurs fans et faire hurler de rire le monde du baseball. Et, bien sûr, celle de la capacité de Luis Rojas à se projeter au plus haut niveau et à tenir la distance tactiquement dans une position de Manager en chef.

Luis Rojas

Le Manager :

Luis Rojas n’a jamais joué au baseball au-delà du niveau A-rookie, certes… mais il est tombé dans la marmite du baseball dès son plus jeune âge, puisque son père n’est autre que Felipe (Rojas) Alou, trois fois All Star avec les Giants et les Braves avant de devenir le manager emblématique des Montreal Expos (il passera 25 ans dans le coaching staff de la franchise, dont 10 en tant que Manager).
Avec un papa comme ça, pas difficile de se forger une culture baseball au-dessus de la moyenne, et quand il a su que ça ne passerait pas sportivement, Rojas n’a pas hésité : il a pris son premier poste de coach en 2006, à 25 ans, avec l’équipe de Summer League Dominicaine des Nats, avant de rejoindre celle des Mets l’année suivante, et de commencer à monter les échelons dans le farm system.
Il en aura profité pour qualifier les équipes de Ligues mineures des Mets pour les playoffs aux niveaux A, A-Advanced et AA, obtenant au passage un titre de champion de South Atlantic League (Niveau Double A) avec les Savannah Sand Gnats en 2013. Pendant ses « vacances », il gagnait également le titre national du Championnat dominicain 2016 avec les « Leones del Escogido ».

Voilà pour le palmarès naissant de Luis Rojas, mais quid de son profil de manager ? Pour lui qui a littéralement grandi au cœur du clubhouse des Expos (où jouait aussi son demi-frère, Moises Alou), la vie d’un groupe de Major Leaguers, les petites habitudes et superstitions ou encore les dynamiques de groupes n’ont aucun secret.

Au fil de son parcours de Manager dans les Minor Leagues, il a autant brillé par ses qualités humaines que par ses techniques et tactiques, faisant l’unanimité aussi bien parmi les jeunes joueurs qui ont croisé son chemin – dont les actuels Major Leaguers Pete Alonso, Amed Rosario, Brandon Nimmo, Jeff McNeil entre autres – qu’auprès du front-office des Mets, comme le rappelle Omar Minaya, ex GM des Mets : « Quand Brodie (ndlr : van Wagenen) est arrivé, lorsque nous avons fait le point sur nos staffs de Ligues Mineures, il était tout en haut de la liste comme l’un de nos meilleurs éléments, autant sur l’aspect managérial que sur l’aspect homme de baseball. »

Manager à la tête bien faite, aux humeurs contenues et toujours à l’écoute de ses joueurs, il maîtrise également parfaitement les Analytics, lui dont le poste de QC Coach consistait notamment à agir en tant que relais entre le département analytiques des Mets et le roster de MLB, déchiffrant, débroussaillant, analysant et bonifiant les données pour offrir aux joueurs et au reste du coaching staff des informations simples, clarifiées et adaptées au besoin de chacun. Luis Rojas est peut-être un novice dans le monde des Majors mais attention, il a tout d’un futur grand.

Défi et Objectifs :

Et puisque le destin et quelques coups de batte sur une poubelle ont voulu que sa carrière s’accélère soudainement en ce début 2020, il va devoir prouver que cette réputation flatteuse qui le précède est bien méritée, avec un objectif clair – une qualification pour la postseason – et un autre exprimé moins ouvertement : remporter la Battle Royale de la division NL East face aux Braves aux Nationals et aux Phillies. Il devra pour cela canaliser les énergies parfois débordantes et tempétueuses de Noah Syndergaard, Robinson Cano ou Yoenis Cespedes ; trouver la clé mentale pour exploiter les potentiels immenses de Jeurys Familia, Edwin Diaz ou Dominic Smith ; aider Alonso, Conforto ou Rosario à passer un nouveau palier ; et espérer que les Mets se tiennent pour une fois à l’écart de la colonne « insolite » du New York Post .

Si Rojas, dont la nomination a été accueillie avec une joie non dissimulée par tout le vestiaire, trouve la recette pour impliquer tout ce petit monde, alors les Mets pourraient parfaitement être les invités surprise du mois d’Octobre 2020, et on sait qu’une fois la postseason débutée, les cartes sont rebattues et ce sont le talent pur et la grinta qui feront la différence. Si les Mets n’y arrivent pas, le plus dur commencera alors pour Rojas, qui devra travailler peut-être dix fois plus dur que n’importe quel autre Manager de Majors pour prouver qu’il n’est pas simplement un « Fils de » et un « Frère de », mais simplement Luis Rojas, un manager de baseball à part entière.

La décla… Brodie Van Wagenen (General Manager, Mets)

« Il est simplement solide, il est imperturbable, et quand il parle, il a un impact. Le voir interagir tranquillement mais avec confiance avec les joueurs en tant que Quality Control Coach a été une révélation, mais ça a été encore plus saisissant ces trois derniers mois au cœur du nouveau staff technique. Il avait la voix d’un leader et commençait à s’exprimer quelques-unes des orientations stratégiques  que nous recherchons chez un Manager, et il était déjà en avance à tous les niveaux. »

***

Ron Roenicke –  Red Sox

Alex Cora, Ron Roenicke
Ron Roenicke etait le bench coach d’Alex Cora en 2017 et 2018

Juste avant Carlos Beltran, c’était Alex Cora, son ancien bench coach, qui avait du quitter son poste de Manager des Red Sox suite au scandale des Astros. Cora était accusé d’avoir supervisé la mise en place du système utilisé au Minute Maid Park, et il est lui-même au cœur d’une investigation toujours en cours sur la saison 2018 des Red Sox. Deux victoires dans les World Series en deux saisons, toutes les deux marquées du sceau de la triche ? Trop tôt pour le dire, en attendant, Alex Cora se retrouve lui aussi sans poste pour la saison 2020 et c’est Ron Roenicke, un taulier des dugouts de MLB depuis presque trois décennies, qui y entamera sa deuxième expérience de Manager en chef.

La situation :

Et c’est peu dire qu’il a du pain sur la planche, tellement les Red Sox de 2020 semblent à des années lumières de leurs prédécesseurs de 2018. Exit Mookie Betts et David Price, partis à Los Angeles en échange de trois prospects des Dodgers, exit Rick Porcello, le Cy Young 2016 qui a rejoint les Mets, exit le GM Dave Dombrowski, qui n’aura pas reçu les fonds pour renforcer un bullpen indigent à la trade deadline, avant de se faire débarquer début Septembre (avant même que la non-qualification des Red Sox pour les playoffs ne soit effective).

Mookie Betts

Les Red Sox sont en mode économie, et c’est bien entendu le sportif qui devrait en souffrir, même si l’effectif reste qualitatif sur le diamant et crédible sur la butte (on suivra quand même le récent dossier blessure de Chris Sale). Mais dans une American League ou la deuxième Wild Card s’est jouée à 96 victoires l’an dernier, dans une division où les Yankees sont programmés pour excéder les 100 victoires sans trop se fatiguer, être bon ne sera pas suffisant. Pour retrouver Octobre, les Red Sox devront sur-performer au fil de la saison, pour espérer se mêler à un pool d’outsiders qui semble destiné à être particulièrement fourni cette saison.

Le Manager :

Pour tenter de transcender cette équipe talentueuse, certes, mais orpheline de sa superstar et de plusieurs ex-tauliers, le front office des Red Sox a promu l’un des siens et l’un des coachs les plus fiables des Ligues Majeures en la personne de Ron Roenicke, notamment vainqueur des World Series 2018 avec Boston (bench coach) et 2002 avec les Angels (3B Coach, il exerçait alors aux côtés de Bud Black (Rockies) et Joe Maddon (Angels, sous les ordres de Mike Scioscia).

En tant que Manager d’une équipe de Major League, il n’a connu à ce jour qu’une seule expérience, encourageante autant que frustrante avec les Milwaukee Brewers. Vainqueur de la NL Central avec 96 victoires (record de franchise) pour sa première saison en 2011, il ne tombera que lors des Championship Series face aux Cardinals, futurs vainqueurs. Les deux saisons suivantes verront les Brewers enchaîner avec deux bilans tout juste positifs (83 puis 82 victoires) mais ne retrouveront pas la postseason. Dans un ballclub perturbé par les accusations de dopage contre sa superstar Ryan Braun, qui seront un fil rouge des saisons 2012 et 2013 (Braun sera finalement suspendu pour les 65 derniers matchs de la saison 2013), il sera finalement viré après 25 matchs de la saison 2015, et un bilan de 7-18.

De Jonathan Lucroy – qu’il a connu chez les Brewers et recruté cet hiver chez les Red Sox – à Alex Cora – qu’il a coaché en AA et qui l’a appelé personnellement pour qu’il devienne son bench coach en 2017 –  tous s’accordent a dire que Ron Roenicke est avant tout une bonne personne, un excellent psychologue et un véritable érudit du baseball. Doug Melvin, son GM chez les Brewers ne tarie pas déloges sur son ancien manager : « Joe (Maddon) m’a dit que Ron lui donnait l’impression d’avoir toujours une ou deux phases de jeu d’avance sur tout le monde, et c’est très important. Il attend ça de ses coachs aussi. Jerry Narron, qui était son bench coach, m’a toujours dit que Ron pouvait voir des choses que les autres managers et coachs ne voient que plus tard, et Ron l’annonce toujours avant que cela ne se passe. »

Vous l’aurez compris, Roenicke est un immense coach et il a toutes les qualités pour être un Top Manager dans une franchise comme celle des Red Sox. A lui maintenant de prouver que sa première saison à la tête des Brewers n’était pas simplement un feu de paille.

Défi et Objectifs :

Affirmer que les Red Sox peuvent jouer le titre en 2020 serait présomptueux. Les exclure totalement de la course aux playoffs avant même les premiers matchs de la saison serait tout aussi infondé, tant le talent reste présent dans le roster de Boston. Il n’est pas du tout, loin de là, inimaginable de voir les Red Sox sur les rails d’une saison à 90 victoires et en course pour une qualification pour la postseason, mais pour cela il faudra que tout fonctionne à la perfection techniquement, moralement et physiquement.

Il faudra par exemple trouver un moyen de faire d’Andrew Benintendi, au moins en partie, ce « Mookie Betts bis » qu’il devait devenir après une saison de rookie séduisante. Il faudra faire de Rafael Devers cet All Star à temps complet qu’il est destiné à devenir. Il faudra refaire de J.D. Martinez le cauchemar des petites balles blanches. Il faudra reconstruire un bullpen performant, que cela se fasse avec les lanceurs présents ou par des trades. Il faudra explorer le potentiel exceptionnel de Nathan Eovaldi et l’exploiter sur une saison entière, tout comme celui de Ryan Weber et son arsenal de lancers atypique. Et surtout éloigner Chris Sale de sa résidence secondaire à côté de l’infirmerie.

Pour exploiter au mieux les qualités de ses lanceurs, et surtout protéger leurs bras, Roenicke a pris une décision intéressante sur ce début de Spring Training, en décidant de retirer les radars du stade des Red Sox, demandant à ses lanceurs de se concentrer sur la qualité de leurs lancers plutôt que sur leur puissance. On ne verra donc pas Eovaldi flirter avec les 100 mph dès le mois de mars cette saison, et tout aussi évidente qu’une telle mesure puisse paraître, elle pourrait s’avérer significative lorsque les organismes commenceront à souffrir à la mi-saison.

Autre axe de progrès étudié cet hiver, la solidité défensive. Avec -28 Runs Défensifs Sauvés en 2019, les Red Sox s’affichent comme la 23e unité défensive de MLB. Les recrutements de Kevin Pillar, Jonathan Lucroy ou encore d’Alex Verdugo (dans le cadre du trade de Mookie Betts) vont dans ce sens. Bref, réduction économique ou non, Roenicke a les compétences et des armes à sa disposition. Au boulot, et rendez-vous en septembre pour faire le bilan.

La décla… Chaim Bloom (General Manager, Red Sox)

« J’ai contacté les gens que je connais dans le baseball qui connaissent Ron, j’ai également été contacté spontanément par de nombreuses personnes à son sujet. Ils m’ont décrit une image qui correspondait à ce que j’avais pu voir lors du processus de recrutement, d’une belle personne et d’une grande personne de baseball, qui est extrêmement respectée par toute la communauté du baseball, et sans aucun doute par les gens qui font notre clubhouse. »

***

Dusty Baker –  Astros

Crane Baker

Et on finira – bien naturellement – par l’épicentre du séisme, le Minute Maid Park de Houston qui a vu les évictions du GM des Astros, Jeff Lunhow, et de leur Manager A.J. Hinch, dans les minutes qui ont suivi la remise du rapport Manfred. Les deux hommes seront remplacés respectivement par James Click, ancien Vice-président des Tampa Bay Rays, et Dusty Baker, l’un des Managers les plus expérimentés des Ligues Majeures, passé auparavant par les Giants, Cubs, Reds et Nationals. Click et Baker auront deux missions principales : garder les Astros performants malgré les sanctions reçues suite à la remise du rapport Manfred, et apporter de la sérénité dans un clubhouse en ébullition depuis le mois de janvier et qui s’attend à vivre la saison 2020 sous une pression intense de la part du public, des adversaires et des médias.

La situation :

On ne reviendra pas sur la nature du scandale et sur son historique, tout a déjà été dit ou presque sur la façon dont les Astros ont institutionnalisé le vol de signes sur la route de leur titre 2017 (nous en parlions ici et ici), mais le baseball va reprendre ses droits, et les Astros retourner à ce qu’ils savent faire : gagner des matchs de baseball. Le potentiel est encore et toujours impressionnant, et probablement suffisant pour contenir, cette année encore, la montée en puissance des Athletics et celle attendue des Angels, mais on peut se demander si la fenêtre n’est pas en train de se fermer pour le ballclub du Texas.

Astros Redemption
2020, année de punition ou année de rédemption pour les Astros?

Gerrit Cole est parti, Justin Verlander vient de fêter ses 37 ans et Zack Greinke fêtera les siens au mois d’octobre, tandis que Springer, Brantley, Reddick, Gurriel et Peacock seront tous free-agents au terme de la saison. Ajoutons-y les deux premiers tours de draft perdus en 2020 et 2021, et il devient difficile d’imaginer comment les Astros vont pouvoir rester au sommet de l’American League beaucoup plus longtemps, surtout au niveau du pitching, même si Brent Strom a l’habitude de faire des miracles avec ses pitchers et pourrait encore nous sortir un As en puissance de son grand chapeau.

Vous l’aurez compris, les Astros ne vont pas forcément revenir sur terre en fin de saison, mais cette possibilité est bien réelle et le ball club va devoir faire le plein de sérénité sur les prochains mois pour s’adapter à l’environnement hostile qu’il affrontera aux quatre coins du pays, faire abstraction de ses erreurs et tirer le maximum de son potentiel pour s’offrir une nouvelle aventure en postseason.

Le Manager :

Pour piloter le vaisseau texan dans la tempête, le Front Office des Astros s’est vite orienté vers des profils expérimentés tels que ceux de Bruce Bochy, Buck Showalter et donc Dusty Baker, 70 ans, qui découvrira son sixième dugout de Major League en tant que Manager. Il arrive avec l’expérience de 3554 matchs managés dont 55 en postseason, trois titres de Manager de l’année avec les Giants (1993, 1997, 2000) et deux participations aux World Series pour une victoire en tant que joueur (1981, Dodgers) et une défaite en tant que manager (Giants, 2002) face aux Angels de Mike Scioscia.

Baker devenski
Dusty Baker et le Reliever Chris Devenski, lors du Spring Training (AP Photo/Jeff Roberson)

Sur le pont depuis le début de sa carrière en 1968, nous avons donc affaire ici, et vous l’aurez compris, à un véritable dinosaure. Il a tout vu, il a tout vécu, est universellement apprécié dans le monde du baseball pour sa carrière mais aussi pour sa gentillesse et son intégrité. Un boost de positivité nécessaire pour les Astros en ces temps troubles. Lui qui affirme ne pas connaitre la pression (« si vous voulez connaitre la pression, devenez plutôt chef d’état »), sera l’homme idéal pour protéger des joueurs probablement plus marqués qu’ils n’ont voulu le montrer. En contrepartie, il sait aussi qu’avec un effectif comme celui des Astros 2020, et un coaching staff inchangé par rapport à la saison dernière, il pourrait s’offrir une ultime chance de gagner ce titre des World Series qu’il a touché du bout des doigts en 2002, et peut-être s’ouvrir du même coup, encore un peu plus, les portes du Hall of Fame.

Et j’insiste ici sur l’importance du coaching staff, car c’est un véritable clash des cultures que vivra Houston cette saison, entre un Manager traditionaliste jusqu’au bout des ongles, et un club parmi les plus profondément versés dans l’utilisation des Analytics comme outil de performance. Lors de ses dernières expériences, Baker fut critiqué pour la gestion de ses joueurs, notamment de ses lanceurs, une réticence à lancer des prospects, ou encore une approche tactique en décalage parfois total avec les tendances de son époque.

Cette rencontre du baseball des instincts avec le baseball des chiffres sera-t-elle la recette pour offrir aux Astros un dernier titre avant la reconstruction ? Dusty Baker, Joe Espada (le bench coach, vu comme un futur manager idéal) et tout le staff sportif des Astros ont une saison, deux peut-être, pour accomplir le miracle.

Défi et objectifs

De la capacité de ces deux époques de baseball à cohabiter et à se sublimer l’une l’autre dépendra, vous l’aurez compris, le futur à court terme des Astros, et en 2020, le roster n’a pas véritablement changé à l’exception notable (et majeure) du départ de Gerrit Cole. Dès lors, Houston ne peut avoir d’autre objectif que gagner, gagner et encore gagner, malgré les éléments contraires, en s’appuyant sur ses forces.

Astros 2017
Trois ans plus tard, les Astros peuvent-ils le refaire, sans écrans ni poubelles?

Car avec ou sans poubelle, ils possèdent encore dans leur rosters deux lanceurs parmi les meilleurs de leur génération (Verlander, Greinke), un MVP (Altuve) et deux autres en puissance (Bregman, Springer), le Rookie of the Year sortant (Alvarez) et quelques autres prospects de très haut niveau (Tucker, Whitley). Dusty a une opportunité tout aussi immense qu’inattendue, et une mission claire : prouver au monde que les Astros ne sont pas qu’une entreprise de triche, rendre leur fierté à tout un club et toute une ville, remporter la division AL West, et le spectacle pourra commencer…

La Décla… Jim Crane (Propriétaire, Astros)

« Au fil d’une carrière accomplie, Dusty a incarné les qualités que nous recherchons chez un Manager. C’est un gagneur mais aussi, plus important, un leader qui a acquis le respect pas seulement de ses joueurs, mais peut-être de chaque personne qui a croisé son chemin dans le baseball. Nous sommes extrêmement enthousiastes de nommer Dusty le nouveau leader de notre club. »


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