Preview 2020 – Boston Red Sox : la surprise Red Sox ?

Il existe deux périodes charnières dans l’année où nos esprits se laissent aller au doux parfum du baseball. La deuxième c’est évidemment lorsqu’arrive l’automne et ses feuilles mortes synonyme de postseason. Quant à la première, il s’agit de la fin de l’hiver accompagnée comme toujours du retour de la MLB et des espérances de chacun. Vous savez ces dernières semaines avant la reprise où l’on se surprend à croire que « cette année est la bonne », où l’on se met à rêver de voir son équipe jouer au baseball fin octobre ou à enfin finir avec un bilan positif. Comme l’an passé, The Strike Out passe en mode 30 franchises en 30 jours et vous propose de faire le tour complet de la Ligue. Pour calmer vos ardeurs de supporters ou au contraire les ranimer, même si en baseball rien n’est jamais fixé dans le marbre. Place aujourd’hui à une équipe décévante en 2019, les Boston Red Sox

En octobre 2018, les Red Sox s’installaient confortablement sur le toit du monde après une saison remarquable en tout point. Mais 18 mois après, les Red Sox sont dans la tourmente. Un manager licencié, une star échangée dans l’incompréhension générale et une instabilité qui inquiète à quelques jours de l’Opening day.

Retour sur 2019…

Premier match à Toronto et premier match à Boston le 2 avril contre les White Sox

Alex Cora et ses hommes le savaient, les saisons post World Series sont toujours délicates à appréhender, que ce soit pour le vainqueur ou le déchu. Plusieurs champions s’y sont d’ailleurs cassés les dents, davantage encore lorsqu’on évolue dans une division aussi relevée que celle de l’Est de l’American League. Et le pire des scénarios arriva. En début de saison, lors d’un premier roadtrip de 11 matchs, Boston perdit à Seattle 3 rencontres sur 4, puis de nouveau sur le même résultat à Oakland, avant de perdre 2 matchs sur une série de 3 à Phoenix, dont un 15-8 qui laissera des traces. Le mois d’avril sera poussif et face à des yankees qui marchent sur l’eau et des Rays surprenants, les Red Sox vont vite caler, incapables de tenir le rythme et de rester dans le sillon de leurs rivaux. Curieusement, c’est à domicile que les Red Sox vont le plus peiner, affichant en fin de saison une fiche de 38 défaites pour 43 défaites à Fenway Park. 

La saison 2019 sera donc à oublier côté Boston, avec seulement 84 victoires. Mais là n’est que le début d’une offseason cauchemardesque… .

Une offseason pleine de désillusions

Le 10 janvier dernier, une onde de choc secoua Boston. Et même si les fans s’en doutaient fortement, l’annonce va faire couler beaucoup d’encre : les Red Sox se séparent d’Alex Cora, mouillé dans l’affaire des vols de signaux des Houston Astros en 2017 lorsqu’il était bench coach de ces derniers et suspect N°1 à Boston pour une affaire similaire mais à une ampleur moindre en 2018. Le portoricain, jadis adulé, est licencié avant même de connaître la sanction que la MLB allait lui infliger; 1 mois après ce départ, les Red Sox nommeront Ron Roenicke comme manager par intérim. (On vous le présente d’ailleurs dans notre article sur les nouveaux managers pour la saison 2020. A lire par ici)

Et comme si toute cette actualité ne suffisait pas, le front office décide un mois plus tard d’échanger deux joueurs majeurs de l’effectif et de l’équipe victorieuse en 2018, David Price mais surtout le charismatique et aimé Mookie Betts, envoyés sous le soleil de Californie chez les Dodgers contre le presque seul Alex Verdugo et le prometteur mais encore jeune Jeter Downs. Raison principale avancée par le front office, la masse salariale. Mais c’en est déjà presque trop pour la Red Sox Nation, inconsolable à l’idée de perdre Mookie. Et cela n’augure rien de bon pour le nouveau Président des opérations baseball, Chaim Bloom. 

2020 : un seul être vous manque…

Les Red Sox aborde donc cette nouvelle saison sans Mookie Betts et dans un rôle nouveau, celui de trouble-fête. La division Est devrait être celle des Yankees pour une deuxième saison de suite mais pourquoi ne pas tenter de bousculer les Rays pour un deuxième spot ?

Car les Red Sox sur le papier ont de quoi impressionner et ce malgré les départs. Dans le champ, Jacky Bradley Jr, double vainqueur des College Worldseries en 2010 et 2011 avec les Gamecocks, gold glove, all-star, fera équipe avec Andrew Benintendi (en deçà de ses perfs habituelles en 2019) et d’Alex Verdugo qui a connu une première saison pleine de promesses chez les Dodgers (12HR, 44RBI, 0,294ba en seulement 377 passages au marbre). Derrière ces trois-là qui forment un trio costaud défensivement, on y retrouvera Kevin Pillar, signé en compensation du départ de Mookie Betts, lui aussi réputé pour sa défense et sous-estimé offensivement. 4 hommes qui vont permuter toute la saison et qui peuvent en cumulé voler une bonne quarantaine de bases en saison. C’est athlétique, c’est défensif, ça va sur base et ça vole !

Dans l’infield, pas de changement. Christian Vazquez, auteur d’une saison rassurante en 2019, s’installe comme LE catch de cette équipe. Rafael Devers en 3ème base est attendu désormais comme le successeur de Betts pour porter la franchise mythique sur ses épaules, lui qui a frappé 32HR, produit 115 RBI, 54 doubles, le tout à 0.311 et à seulement 22 ans l’an passé. La charnière sera composée de l’autre star, Xavier Bogaerts (33HR, 117 RBI, 0,309ba) et très probablement de Michael Chavis, 24 ans et prometteur offensivement. La 1ère base sera quant à elle occupée à défaut par Mitch Moreland. Enfin toute cette panoplie offensive est complétée par JD Martinez, qui évoluera en DH. Inutile d’en dire plus… quoique, une stat : lorsqu’il y a des joueurs sur base en position de scorer, JD frappe à 0.338. Ces stats montent même à 0.600 lorsqu’il y a un retrait et des joueurs en 2 ou 3ème base. Autant dire qu’il ne faut jamais remplir les bases lorsqu’il enfile son casque… . 

Après un portrait aussi dithyrambique des « position players », place à la rotation et au bullpen. Là sans doute se cache l’une des faiblesses de cette équipe. Chris Sale, immensément grand en 2018, a connu toutes les peines du monde en 2019 (malgré une K/9 de 13.3). Et l’annonce de son absence pour une durée indéterminée cette saison vient de tomber… . Derrière lui, le vénézuélien Eduardo Rodriguez tentera la passe de 3 saisons solides après 2018 (13-5, 3.82) et 2019 (19-6, 3.81). Le reste de la rotation inquiète, avec Martin Perez (10-7, 5.12era) fraîchement débarqué du Minnesota, ou encore Nathan Eovaldi, héroïque en 2018 mais blessé et pas dans le rythme en 2019 et Collin McHugh, très récemment signé, après du bon et du médiocre chez les Astros.

Quant au bullpen, pas d’acquisition sérieuse hormis celle d’Austin Brice.

Le joueur à suivre

Chris Sale a très mal vécu sa saison 2019. Et un tel monstre sur le monticule, véritable compétiteur né, n’aura aucunement l’intention d’en rester là. Victime d’une pneumonie à l’ouverture du camp d’entrainement, le voici désormais éloigné du monticule pour une blessure au coude semble t’il. Et si l’opération Tommy John n’est pas à l’ordre du jour, Chris Sale ne sera pas présent pour l’Opening Day. Or les Red Sox vont avoir besoin de lui. Rappelons une stat le concernant : 13,3K sur 9 manches en 2019, une FIP de seulement 1.98 en 2018 ! 5 années de suite dans le TOP5 pour le titre de CY award, Chris vise aussi ce trophée. Il en a les épaules. A lui de jouer ! 

La star

Il fallait en choisir un entre Xavier Bogaerts ou Rafael Devers et c’est sur ce dernier que nous allons nous arrêter. Rafael Devers n’a que 23 ans. Et il a connu une saison 2019 complète : 54 doubles, 32HR, 115 RBI, 0.311ba, 0.555slg, et termine 12ème lors du vote du MVP de l’American League. Il a également obtenu 48 BB et n’a concédé que 119 K sur plus de 700 apparitions ! On peut saluer le niveau de maturité et de discipline au marbre. Un joyau du même acabit que Mookie Betts. En espérant que celui-ci, Boston ne le bradera pas… . 

Notre prono : 

Boston va devoir batailler dur avec les Rays pour obtenir une deuxième place dans cette division, qui peut être synonyme de wild card. Les Blue Jays se sont renforcés et vont eux aussi grapiller quelques victoires. Un bon Chris Sale et Eduardo Rodriguez, une défense en champ solide et un trio offensif Devers-Bogaerts-Martinez bien épaulé par Chavis pourraient vite créer la surprise. Surtout si Verdugo confirme. Il sera intéressant de voir cette équipe de Boston enfiler un nouveau costume, celui de trouble-fête. 

Projection The Strike Out : 88 victoires – 74 défaites
Projection Bleacher Report : 81 victoires – 81 défaites

Publié dans MLB

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