Preview 2020 – Seattle Mariners : vers une 19e saison sans play-offs ?

Il existe deux périodes charnières dans l’année où nos esprits se laissent aller au doux parfum du baseball. La deuxième c’est évidemment lorsqu’arrive l’automne et ses feuilles mortes synonyme de postseason. Quant à la première, il s’agit de la fin de l’hiver accompagnée comme toujours du retour de la MLB et des espérances de chacun. Vous savez ces dernières semaines avant la reprise où l’on se surprend à croire que « cette année est la bonne », où l’on se met à rêver de voir son équipe jouer au baseball fin octobre ou à enfin finir avec un bilan positif. Comme l’an passé, The Strike Out passe en mode 30 franchises en 30 jours et vous propose de faire le tour complet de la Ligue. Pour calmer vos ardeurs de supporters ou au contraire les ranimer, même si en baseball rien n’est jamais fixé dans le marbre. Place aujourd’hui au seigneur des années sans play-offs : les Mariners de Seattle.

Mariners

Retour sur l’année 2019 : 

Après un hiver 2018 où Jerry Dipoto a fait du Dipoto en tradant ses joueurs étoilés Diaz et Cano dans un blockbuster avec les Mets, on était curieux de voir quelle direction prenait « Trader Jerry ». La vérité c’est qu’il s’est pointé au péage de l’ennui pour prendre la longue autoroute de la reconstruction. Lorsqu’à la base, on comptait dans ses rangs des Paxton, Diaz, Cano, Segura ou Cruz on se dit qu’il y avait peut-être mieux à faire qu’envoyer tous ses meilleurs éléments dans des trades à gogo… L’édition 2019 a donc été catastrophique. 68 victoires, une dernière place en pour la première fois depuis 17 ans et voilà une année 2019 à vite oublier pour Seattle.

Tout débute pourtant comme dans un rêve. La légende vivante Ichiro Suzuki fait ses adieux au Baseball devant un Tokyo Dome conquis à la cause des Mariners, qui l’emportent pour le 1e match de l’année avec notamment 2 HR. Derrière les joueurs de Servais enchaînent 19 matchs de rang avec une longue balle claquée et explosent le record des Indians 2002 (14 matchs avec un HR pour ouvrir la saison) afin de porter la nouvelle marque à 20 matchs ! Après 20 rencontres, le 16 avril, Seattle a envoyé 42 bombes en tribunes et mène les Majors dans la catégorie.

Une vraie période dorée où Los Marineros affichent même leur meilleur départ depuis leur création en 1977 avec 13 victoires pour 2 défaites. Le reste est une longue agonie avec un bilan de 55-92 derrière ce départ canon, symbolisé par un mois de mai cauchemardesque (7-21 sur la période). La faute à une attaque famélique, avant dernière d’AL en nombre de hits et 10e en points marqués, et une défense bien trop faible pour le haut niveau. Avec 132 erreurs en 2019, Seattle hérite du bonnet d’âne MLB. L’équipe termine donc une nouvelle fois sans baseball en octobre, confortant son statut de franchise avec la plus longue période sans postseason des 4 sports majeurs américains. Pire, avec la victoire finale des Nationals, Seattle devient la seule franchise MLB à n’avoir jamais connu les World Series… Une double étiquette de loser dont se seraient bien passé les fans.

2020 : 

Seattle entame 2020 avec 5 prospects dans le top 100 de Pipeline, une vraie référence. Seuls les Rays ont aujourd’hui un meilleur farm system que celui des M’s à quelques semaines de l’Opening Day.

 

Malgré cette lumière venue des Minors d’Emerald City, le public du T-Mobile Park, ou Safeco Field pour les puristes, devra s’armer de patience pour revoir une saison à suspense. Jouer la place en wild-card comme ce fut le cas en 2016 semble bien compliqué dans les prochains mois, tant le chantier reste immense. À commencer par la rotation.

23e à l’ERA l’an passé (4.99), l’équipe de Scott Servais n’a jamais réussi à trouver un successeur digne de nom à « King Félix » (1-8, 6.40) malheureusement sur le déclin depuis plusieurs saisons maintenant. Si le CY 2010 a perdu sa place dans la rotation, il l’a aussi perdue dans l’effectif tout court. Le 20 janvier dernier il s’en est allé rejoindre les Braves pour une année à un million de dollar. Une broutille quand on sait que le sextuple All-Star sortait d’un contrat de 7 ans à 175M$ soit 25M$ l’année… Le reste de la rotation affiche des stats digne d’une D2 française. Regardez plutôt.

L’an passé dix lanceurs ont starté 5 matchs ou plus pour les Mariners. Et tous ont affiché une moyenne supérieure à 4.00 à l’exception de Marco Gonzales qui émergeait à… 3.99. Il devient difficile dans ces conditions de gagner des matchs. On attend donc la réaction d’orgueil d’un Kikuchi en grande souffrance sur sa saison rookie (5,46 ERA), ou le retour au premier plan d’un Kendall Graveman après deux ans de blessure (Tommy John). Lui qui a lancé deux Opening Day comme starter (Oakland) devrait prendre un spot dans le cinq, tout comme Justus Sheffield et Justin Dunn. Deux espoirs qui ont combiné l’an passé pour 45 manches avec des réussites diverses.

Au niveau de l’infield, on retrouve un taulier sur la 3e base en la présence de Seager qui frappe toujours entre 20 et 30 HR par saison. Le reste du diamant est jeune, brut et pas encore tout à fait poli. Crawford et Long Jr devraient assurer la charnière avec White au premier coussin. Aucun des trois bonhommes n’excède les 25 ans et Dee Gordon, du haut de ses 31 ans, apparaît de moins en moins comme une option de départ mais bien plus comme un témoin d’expérience. Une sorte de grand frère pour un groupe jeune en manque de repère depuis le départ à la retraite d’Ichiro.

Hasard ou non mais celui qui semble d’ailleurs marcher dans les pas de Gordon est aussi à Seattle. Mallex Smith et ses 46 bases volées l’an passé (leader MLB) symbolise l’une des rares satisfactions du jeu des Mariners : le vol de bases. Une fois sur les sentiers, les hommes en vert émeraude sont rapides, très rapides. Avec 115 vols réussis, Seattle se classe même 3e d’American League. L’enjeu pour 2020 sera donc de se retrouver dans cette position plus souvent, ce qui au vu du lineup est loin d’être gagné…

 

Le joueur à suivre : Marco Gonzales

Difficile de dégager un ou deux joueurs du lot tant l’équipe semble désespérément vouée à jouer les seconds rôles. D’autant plus dans une AL West qui s’est considérablement renforcée. Cependant si je devais sortir un joueur à suivre du coin de l’œil ce serait lui. Cet hiver les M’s ont verrouillé leur gaucher sur du long terme. Avec une extension signée sur quatre ans jusqu’en 2024 plus une Club Option sur 2025, le board de Seattle envoie un message clair et précis : « Marco incarne notre futur ».

L’ex pitcher de St-Louis va donc passer d’un contrat à un million l’année à un bail sur quatre ans avec 30 millions au bout. Dit autrement, Jerry Dipoto a multiplié par sept le salaire de son lanceur.

 

Une augmentation record justifiée selon le GM au vu de l’implication affichée par Gonzales dans le clubhouse.

« Depuis qu’il a rejoint les Mariners, Marco a été un modèle de cohérence, se classant tranquillement parmi les lanceurs les plus productifs de la Ligue. Sa présence, sa compétitivité, sa préparation et son leadership en font un élément clé de notre avenir »

Jerry Dipoto

L’an dernier le lanceur tradé à Seattle lors de la deadline 2017 est devenu le premier pitcher autre que Felix « The King » à starter un Opening Day, depuis 2008 et Erik Bedard. Lui qui a émergé comme l’un des meilleurs gauchers d’American League l’an passé, 5e en terme de victoires avec 16 W, doit maintenant reprendre l’héritage bâti par Félix The King. Bonne chance Marco.

La Star : Daniel Volgelbach

8 matchs en 2016, 16 en 2017, 37 en 2018, Daniel Volgelbach a sauté un pallier en 2019 pour devenir un titulaire indiscutable. 144 rencontres disputées plus tard, voici Vogey en tête d’affiche d’une attaque moribonde. L’an passé le DH des Mariners a planté 76 RBI en atteignant le plateau des 30 HR. En juillet, le DH est même devenu pour la première fois un All-Star. Inutile de préciser qu’il était le seul joueur ce jour-là à porter une snap à l’effigie des « M’s ». Et même si sa moyenne au bâton était relativement faible (.208), Vogey étant le prototype même du frappeur « feast or famine », sa présence sur base est elle haute (.341). L’imposant bébé, 183 cm sous la toise pour 113 kilos, a récolté 92 BB durant son exercice 2019. Une menace pour les batteurs adverses qui préfèrent souvent lui offrir un free pass pour la 1e base que prendre le risque de voir leur balle s’envoler par dessus les clôtures du stade. Seuls 4 joueurs d’American League ont d’ailleurs obtenu plus de walks que lui l’an passé. Le MVP de Seattle, c’est lui.

Notre prono :

La dernière fois que Seattle a joué au baseball en octobre, Ichiro Suzuki était rookie. Il est aujourd’hui à la retraite et on ne voit toujours pas comment Seattle pourrait s’offrir un run en 2020 pour jouer autre chose que cette avant-dernière place d’American League West. Et encore. Les Angels se sont renforcés avec l’arrivée XXL d’un Rendon, Houston reste Houston malgré leur intersaison cauchemardesque et les A’s et les Rangers ont un effectif qui semble bien plus compact et performant. Pour la première fois depuis leur création, je mise sur une deuxième année de suite en queue de division. Et une 19e saison sans play-offs.

 

Projections The Strike Out : 5e en AL West ; 64 victoires, 98 défaites.

Projections Bleacher Report : 5e en AL West ; 65 victoires – 97 défaites.

 

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