Preview 2020 – Toronto Blue Jays : Un Ace et des pépites

Il existe deux périodes charnières dans l’année où nos esprits se laissent aller au doux parfum du baseball. La deuxième c’est évidemment lorsqu’arrive l’automne et ses feuilles mortes synonyme de postseason. Quant à la première, il s’agit de la fin de l’hiver accompagnée comme toujours du retour de la MLB et des espérances de chacun. Vous savez ces dernières semaines avant la reprise où l’on se surprend à croire que « cette année est la bonne », où l’on se met à rêver de voir son équipe jouer au baseball fin octobre ou à enfin finir avec un bilan positif. Comme l’an passé, The Strike Out passe en mode 30 franchises en 30 jours et vous propose de faire le tour complet de la Ligue. Pour calmer vos ardeurs de supporters ou au contraire les ranimer, même si en baseball rien n’est jamais fixé dans le marbre. Et on prend la direction du Canada avec les Blue Jays de Toronto !

BLUEJAYS:TSO

Retour sur 2019

Bien que l’arrivée attendue  (et c’est peu de le dire) dans la grande Ligue du rookie star Guerrero Jr enthousiasmait la grande majorité des fans canadiens, l’équipe restait cependant assez faible sur le papier. Les Blue Jays forcément très loin d’être les favoris dans une division qui compte des ogres comme les Yankees et les Red Sox, mais cette saison était surtout une question de fierté et surtout ne pas tomber plus bas que les Orioles! Les débuts sont prometteurs pour les Blue Jays, avec un bilan à l’équilibre à la fin du mois d’avril. Les fans commencent quelque peu à prendre espoir et à espérer une saison plus intéressante que prévue pour leurs protégés. Mais l’espoir sera de courte durée car les mois de mai et de juin seront très compliqués pour les Canadiens, ce qui va plonger l’équipe au fond du classement avec plus aucun espoir pour la fin de saison.

Dans ce marasme que représente globalement cette saison, plusieurs joueurs vont sortir leurs épingles du jeu avec de très belles performances. On pense directement à un joueur comme Marcus Stroman, l’Ace de l’équipe, qui affiche un ERA de 2.96 avant son trade vers les Mets de New-York fin juillet. Ou encore la très belle saison de Giles, le closer star, qui a fini la saison avec 23 saves et 1.87 ERA faisant de lui l’un des tous meilleurs à son poste à l’heure actuelle. Candidat lui aussi à un départ estival, il a finalement fini la saison au Canada.

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Les rookies Biggio, Guerrero Jr et Bichette marchent sur les pas de leur père, tous joueurs de MLB / Crédit Topps.

Mais la plus belle satisfaction de cette saison pour les Toronto Blue Jays c’est sans aucun doute la future génération qui commence à émerger. Tout au long de cette année nous avons pu assister aux grands débuts de trois « fils de » : Guerrero Jr (15 HR, 69 RBI, .272 AVG), Cavan Biggio (16 HR, 48 RBI, .234 AVG) et Bo Bichette (11 HR, 21 RBI, .311 AVG). Ce dernier ravissant même le terme de « phénomène » à Vladdy avec notamment cette série de neuf matchs consécutifs avec un double, une première dans l’histoire de la Ligue! En plus d’être des « fils de » anciens joueurs de la Ligue, Guerrero Jr et Biggio sont des « fils de » Hall of Famer. Les Blue Jays ont réalisé une première dans l’histoire en les alignant ensemble sur le terrain!

Malgré toutes ces étoiles, les Blues Jays finiront la saison avec un bilan de 67-95, une saison à vite oublier mais quand même sur laquelle bâtir.

Que faut-il attendre pour 2020

Si les Toronto Blue Jays n’ont pas forcément l’équipe la plus sexy ou la plus forte de la Ligue pour ce début de saison 2020, elle possède peut-être le plus gros réservoir de jeunes à fort potentiel déjà titulaires dans l’alignement : Guerrero Jr, Gurriel Jr, Bichette et Biggio.

La première pierre de la reconstruction a été placée en 2019 avec une refonte importante de l’effectif tout en conservant 2-3 cadres pour conduire au mieux la fougue de la jeunesse canadienne. Cet hiver, le départ de Stroman a été parfaitement compensé par la free agency avec l’arrivée en provenance de Californie d’un lanceur de poids en la personne de Hyun-Jin Ryu. Le lanceur sud-coréen a réalisé une saison 2019 de toute beauté, digne d’un CY Young! Il a pour une fois été épargné par les blessures et a pu débuter 29 matchs, son plus gros total depuis les 30 de sa saison rookie en 2013. Face à l’indécision des Dodgers quant à une prolongation, les Blue Jays ont sauté sur l’occasion pour avoir un grand lanceur capable de faire gagner des matchs (beaucoup?) à son équipe. Ryu va devoir faire face à une grosse pression car ce n’est pas toute équipe mais tout un pays qu’il devra mener vers les sommets. L’attente va s’accroître chez les fans des Blue Jays car avec cette jeunesse et un lanceur de ce calibre, ce n’est plus la 4e place qui sera visé par la franchise canadienne, il faudra faire mieux, beaucoup mieux même.

Au-delà de l’arrivée de Ryu, c’est toute la rotation de Toronto qui a été repensée (il faut dire que celle de 2019 ne s’était pas particulièrement illustrée). Tanner Roark et Chase Anderson font figure de favoris pour les spots 2 et 3 en provenance respectivement des Reds et des Padres. Derrière, c’est plus indécis : le nouveau venu japonais Shun Yamagoshi pourrait être le facteur X dans cette rotation, sinon être l’un des piliers du bullpen. Matt Shoemaker, gravement blessé après un début de saison tonitruant (3-0 en 5 starts et une ERA de 1.57), espère retrouver sa place ; et puis les jeunes Thornton, Borucky, Zeuch, Murphy, Waguespack et Kay (arrivé des Mets en échange de Stroman) prétendent aussi jouer un rôle… en attendant les débuts très attendus de la nouvelle pépite canadienne : Nathan Pearson.

Le joueur à suivre : Vladimir Guerrero Jr

Bien que Vladdy ne soit pas le seul jeune talentueux dans cette équipe, il est celui qui attire le plus l’attention et de regards, notamment du par son patronyme et l’héritage de son père de Hall of Famer, mais aussi en raison de l’énorme hype qui l’entourait pendant sa formation dans les Ligues Mineurs et sa destruction systématique des lanceurs adverses. Après deux premiers mois et demi un peu compliqués pour trouver le rythme de la MLB, Junior a vécu un très bel été : une moyenne de .284 sur le mois de juillet et surtout .341 en août! Eté ponctué bien sûr par sa performance au Home-Run Derby du All-Star Game : 91 longues balles tout au long de la compétition (un record) avec un duel exceptionnel contre Joc Pederson puis une finale – perdue – face à un autre rookie, Pete Alonso. Sa fin de saison a été plus compliquée avec un mauvais mois de septembre (AVG, OBP et SLG sous les .300), éclipsé en plus par un Bo Bichette plus frais et plus fringuant, peut-être aussi parce que moins attendu.

Mais pour cette deuxième année au plus haut niveau, Vladdy se positionne comme l’un des grands acteurs de cette nouvelle saison, à Toronto mais aussi dans la Ligue. Sa frappe surpuissante risque de faire plus de dommages que la saison dernières. Attention les lanceurs… Vladimir Guerrero Jr est en mission cette année… même s’il lui reste beaucoup de travail en défense s’il veut occuper ce 3e coussin longtemps dans l’élite. Il aurait apparemment beaucoup travaillé cet hiver sur ce point précis.

La star à suivre : Hyun-Jin Ryu

Avec Guerrero, il va être LE joueur le plus suivi de sa franchise. Son rôle, son impact et son expérience vont peser lourd. Barré par l’ogre Kersahw puis par l’émergence de Buehler chez les Dodger, Ryu a enfin obtenu à Toronto le rôle qu’il souhaitait depuis tant d’années, celui d’Ace, et ses premiers mots lors de sa conférence de presse d’introduction laissent penser que l’homme est très heureux de ce nouveau challenge.

Il arrive sur la lancée d’une excellente saison avec la meilleur ERA de la Ligue (2.32) et une 2e saison consécutive avec une WHIP de 1.01! Des stats dignes d’un Cy Young mais seulement récompensée par une 2e place au vote final derrière Jacob deGrom. L’attente autour de lui est donc immense et sera finalement presque aussi comparable à ce qu’il a pu connaitre du côté de la Californie, même si bien sûr les résultats collectifs des Blue Jays ne sont pas attendus à ceux des Dodgers. Il a signé le plus gros contrat pour un lanceur agent-libre dans l’histoire de la franchise et ce contrat à 20 millions de dollars par an (4 ans au total) a été aussi beaucoup mis en avant, face à l’historique de blessures notamment, et il devra assumer car les fans ne lui pardonneront pas grand-chose.

La question qui se pose aussi est toute simple : Ryu est-il capable de performer en American League, lui qui n’a connu que la National League. La réponse dès le mois de mars avec déjà des matchs face aux Yankees (3), Boston (10!) ou encore la bomba Squad de Minnesota (3).

Notre prono

Il apparait comme certain que les Blue Jays ne vont pas lutter pour le titre de Division à l’Est ou même encore pour une place en Wild Card qui semble vraiment hors d’atteinte… Cependant les Blue Jays devraient jouer un rôle de poil à gratter cette saison. Une équipe qui est un peu plus mature et expérimentée et qui va être affamée de victoires pour montrer que 2019 n’était qu’un simple ralentissement sur la route d’un avenir meilleur. Les Blue Jays auront quand même du mal à terminer avec un bilan positif, mais on peut s’attendre à ce qu’il soit bien meilleur que celui de 2019 avec 75 victoires, soit 8 de plus.

Projections The Strike Out : 75 victoires – 87 défaites.

Projections Bleacher Report : 76 victoires – 86 défaites.

Publié dans MLB

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