Preview 2019 – Cleveland Indians : briser la monotonie, reconquérir l’automne

La NFL ? Terminée. La NBA ? Presque terminée. Ces deux sports majeurs aux Etats-Unis vont peu à peu laisser leurs places au 3e larron. La MLB. Un peu comme la nature, au printemps, la MLB sort de son hibernation et vient fleurir nos soirées (et surtout nos nuits). Alors qu’on se rapproche de plus en plus du début de la saison régulière, il est grand temps de présenter les forces en présence. Du coup The Strike Out passe en mode présentation et vous propose de faire connaissance avec les versions 2019 des 30 franchises. Chaque jour, retrouvez une nouvelle équipe. Place aujourd’hui aux Cleveland Indians.

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Retour sur 2018 : Cleveland fort parmi les faibles, faible parmi les forts

Etrange saison que l’année 2018 des Cleveland Indians. Malgré un effectif qui reste toujours l’un des meilleurs du baseball et une rotation XXL menée par le désormais double Cy Young Corey Kluber, Cleveland n’a jamais convaincu tout au long de l’année. Malgré un titre de division par 13 victoires d’avance, on ne peut pas s’empêcher de noter que les Indians auraient terminé bien bien loin de la Wild Card d’American League s’ils ne s’etaient pas trouvés dans la division la plus faible des Ligues majeures, avec comme sparring partners les Twins, et le trio de choc White Sox/Royals/Tigers comme victimes expiatoires.

Est-ce le manque d’adversité en saison régulière qui a pesé sur les Indians au moment d’aborder la post-season ? ou est-ce une fatigue mentale compréhensible après être passés si près, deux ans de suite, avant de craquer inexplicablement contre les Cubs (World Series 2016) et les Yankees (ALCS 2017) ? Toujours est-il que les Indians ont craqué lors des Division Series, sweepés par les Astros, concédant 21 runs en trois matchs aux Texans qui n’en demandaient pas tant…

Les Indians, même au petit trot, avaient pourtant de bons arguments : deux superstars tout d’abord, en José Ramirez et Francisco Lindor, troisième et sixième au classement MVP. Une des meilleures attaques de MLB ensuite, deuxième à la moyenne (.259), troisième au nombre de runs marqués (818) et de coups sûrs (1447), meilleurs voleurs de bases (135). Une des meilleures rotations de la ligue, enfin, ou Kluber, Carrasco, Bauer, Clevinger et le dernier venu Shane Bieber ont la particularité d’avoir fini l’exercice avec tous plus de 10 victoires et un bilan positif.

Mais ? Mais oui, il y a un mais… En 2018, les starters des Indians ont lancé 993.2 manches (pour un ERA de 3.39 et un bilan de 76-42). C’est 38 manches de plus que les Astros, deuxième de cette ligne de stats, 61 de plus que les Rockies, troisièmes… Le bullpen, quand a lui, posté un ERA collectif de 4.60 pour un bilan de 15-29 et 463.2 manches lancées : le plus faible total de MLB. Entre méformes, blessures et départs, le bullpen des Indians, qui il n’y a pas si longtemps était leur plus belle force, a été la faiblesse des hommes de Terry Francona.

Et malgré tout le talent offensif et défensif présent à Progressive Field, les rêves de grandeur ont un prix : celui d’un bullpen capable soulager ses starters et grignoter des innings tout au long de la saison : le closer Brad Hand, arrivé en juillet dernier de San Diego et performant lors de ses premiers mois avec les Indians (27.2 IP, 2.28, 8/10 SV) devrait être la pierre angulaire de ce nouvel alliage défensif.

2019: Gérer la saison, préparer la postseason

Je le disais ci-dessus, le bullpen est le chantier prioritaire du front-office des Indians, et autant dire que le club n’a pas chômé dans ce secteur. Outre Hand et Cimber, arrivés de San Diego l’été dernier, les Indians pourront compter sur le retour de Nick Goody, remis d’une blessure au coude. Et ils ont également invité les vétérans Justin Wilson et Tyler Clippard, deux valeurs sures, pour le spring training. Si les corps tiennent, ces deux-là pourraient apporter l’expérience et les innings dont les Indians ont tellement besoin. Et n’oublions pas Danny Salazar, qui a raté toute la saison 2018 en raison d’une blessure à l’épaule et devrait revenir via le bullpen en espérant, à terme, se refaire une petite place dans la rotation de la Tribu.

Pour le reste, rien à dire sur le roster des Indians sinon que la qualité est au rendez-vous à tous les étages. On a déjà parlé de la rotation ci-dessus, peut-être la meilleure de toutes les Ligues Majeures en termes qualitatifs, alors parlons un peu du line-up : en l’absence de Yan Gomes, parti rejoindre les Nationals, Roberto Perez devient le receveur titulaire. Pas forcement au niveau de Gomes offensivement, Perez devrait compenser cela par des qualités défensives au-dessus de la moyenne.

Et puis il y a l’infield : Carlos Santana (24 HR, 86 RBI en 2018 avec Philadelphie) et le talentueux mais irrégulier Jake Bauers, tous deux tradés aux Indians dans le deal qui a vu Edwin Encarnacion rejoindre les Mariners et Yandy Diaz les Rays, se partageront le poste de première base et celui de DH. Jason Kipnis, deux fois All-Star et on l’espère enfin remis de ses multiples blessures sera sur le deuxième coussin, et puis il y a le côté gauche de l’Infield avec Frankie Lindor (7.9 WAR en 2018, .277, 38 HR, 92 RBI, 25 SB et une défense impeccable) et José Ramirez (7.9 WAR, .270, 39 HR, 105 RBI et 34 SB). A 25 et 26 ans, ces deux monstres sont encore le futur des Indians pour un moment, et deux MVPs en puissance.

L’outfield est plus limité offensivement, mais devrait se montrer suffisamment solide sur le plan défensif, mené par Leonys Martin, de retour en forme après de graves soucis de santé l’an dernier, Taylor Naquin et Jordan Luplow, en attendant le retour de blessure de Bradley Zimmer. Cette escouade-là devrait faire le travail, mais n’attendez pas d’elle qu’elle mène la charge quand les choses se compliqueront : un axe de progression et de recrutement pour les Indians ? Probable, mais au vu de l’adversité en AL Central, le front office a tout le temps d’identifier le(s) profil idéal(ux) pour renforcer cet aspect du roster d’ici le mois d’octobre et les playoffs.

La Star : Corey Kluber

J’étais incapable de choisir entre Lindor et Ramirez, alors j’ai opté pour Corey Kluber. Double Cy Young, héros intouchable et finalement malheureux des World Series 2016, Kluber est le prototype du lanceur d’élite moderne. Avec un ERA en carrière de 3.09 (pour 1306 manches lancées), 17 matchs complets dont 7 blanchissages, et plus de 200 manches lancées lors de chacune des 5 dernières saisons régulières, « Klubot » est un monstre de qualité et de travail.

 

Certes, ses deux dernières sorties de postseason (2017 contre les Yankees, 2018 contre les Astros) furent calamiteuses, mais cela ne remet pas en cause ses qualité et son exceptionnel arsenal de lancers. Si sa balle rapide n’a rien d’exceptionnel, Kluber est redoutable par son sinker, son cutter, et surtout cet hybride de slider et balle courbe que lui seul est capable d’envoyer, et que ses adversaires semblent bien incapables de lire. Kluber, qui a ramené entre 18 et 20 victoires lors de quatre de ses cinq dernières campagnes de MLB, a bien l’intention de remettre ça en 2019, pour notre plus grand plaisir et au plus grand dam des batteurs d’American League et d’ailleurs.

Le joueur à suivre : Jon Edwards

Oui, je vous parle bien ici d’un releveur de 31 ans avec 33.2 manches lancées dans les Ligues Majeures en carrière. Balloté de club en club, presque toujours en ligues mineures Edwards a failli tout laisser tomber avant de tomber sur un scout providentiel : l’ex-closer des Indians Cody Allen, qui l’a recommandé à son front office après l’avoir vu lancer à l’entrainement lors d’un assignement de retour de blessure.

Promu en Ligues Majeures en septembre dernier, Edwards a continué à travailler au cours de l’hiver et lors du spring training pour se faire une place dans l’effectif de Terry Francona, qui le voit aujourd’hui comme l’une de ses options viables pour préparer le terrain pour son closer, Brad Hand.

Mieux, Francona semble attendre de grandes choses de son jeune vétéran :  « Je serais surpris s’il ne fait pas de très belles choses. Je ne veux pas trop m’avancer. Mais je crois que lors de ma première saison ici j’ai dit que Corey Kluber était en place pour une belle saison. Vous savez ce qu’il s’est passé ensuite. »

Alors évidemment, rien ne vaut le verdict d’une première saison complète, même à la trentaine passée, mais chez TSO on aime les contes de fée, et on va suivre la saison de Jon Edwards en lui souhaitant de profiter au maximum de ces moments pour lesquels il a travaillé d’arrache-pied pendant déjà huit saison d’une carrière de Minor Leaguer.

Notre Prono:

On l’a dit, l’AL Central est sans aucun doute la division la plus faible des Ligues Majeures, et les Indians restent malgré leurs soucis récents l’une des cinq meilleures franchises de l’Américaine. Attention tout de même aux Twins, mais Cleveland a le talent et la profondeur d’effectif pour encore une fois écraser leur division sans passer la seconde. C’est en Octobre que devraient se présenter les véritables challenges : alors, Kluber et Cleveland seront-ils capables de retrouver l’énergie de 2016, et se mettre au niveau du reste d’une American League plus relevée que jamais ? On pariera sur une élimination avec les honneurs contre le vainqueur de l’AL East, lors des Championship Series.


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