Draft 2018 : mode d’emploi et joueurs à suivre

La MLB Draft 2018 débutera ce lundi 4 juin. A l’inverse de ce qui se passe en NBA ou en NFL, le processus est très long et assez obscure. Pas de panique, on vous explique l’essentiel dans cet article et vous pouvez vous plonger dans notre dossier complet ici ! Pendant 3 jours, les franchises vont sélectionner les meilleurs lycéens et étudiants d’Amérique du Nord et cette année, ce sont les Detroit Tigers qui possèdent le premier choix. Qui vont-ils sélectionner? Quels sont les joueurs que votre franchise préférée doit s’offrir? 

2018-MLB-Draft

Detroit a tiré le gros lot « grâce » à ses 64 victoires et 98 défaites de l’an dernier. Si une mécanique est simple à comprendre c’est celle du premier tour : l’ordre de draft est établi en inversant les bilans des équipes. Les Tigers, plus mauvaise team en saison régulière 2017, choisissent en premier alors que les Dodgers clôtureront le 1er tour « à cause » de leurs belles perfs. Il a fallu départager les Tigers et les Giants qui affichaient le même bilan 2017 avec les résultats 2016 (Detroit avait alors un moins bon bilan que SF).

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L’ordre de choix pour le 1er tour de cette Draft 2018 avec le bilan 2017 entre parenthèses.

Autre particularité par rapport à la NBA, la NFL et même la NHL, les joueurs qui seront sélectionnés à partir de lundi ne joueront pas avec leur nouvelle franchise dès la saison prochaine. Royce Lewis (SS), n°1 de la draft 2017, fait ses classes dans l’organisation des Twins et évolue en ce moment au niveau A ; même chose pour le n°2 Hunter Green avec une équipe affiliée aux Reds. On n’a encore pas vu de joueurs sortis de la Draft 2016 sur un terrain de MLB mais la cuvée 2015 perce :  Dansby Swanson (n°1 – DBacks/Braves), Alex Bergman (n°2 – Astros), Andrew Benitendi (n°7 – Red Sox), Ian Happ (n°9 – Cubs), Walker Buehler (n°24 – Dodgers).

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Royce Lewis, n°1 de la Draft 2017 / Twins.com.

Autre élément à prendre en compte : l’âge du joueur choisi. Rappelons-le, la Draft est ouverte aux joueurs qui sortent du lycée et ceux qui ont passé au moins 3 ans (sur 4) en Université. Si Lewis venait juste de compléter son cursus au lycée, Swanson était lui étudiant à la fac de Vanderbilt. Le développement d’un joueur de 18 ans ne sera pas forcément le même qu’un joueur de 21 ans. Un lycéen sélectionné par une franchise en juin a également tout à fait le droit de refuser sa Draft pour entrer à l’université et espérer être de nouveau choisi trois ans plus tard par la même franchise ou par une autre. Parfois, c’est un choix judicieux, d’autre fois, le jeune homme laisse passer sa chance si son passage en Université se passe mal ou qu’il est victime d’une blessure. Et puis parfois ce délai a du bon et laisse une franchise heureuse et une malheureuse comme l’illustre l’exemple d’Aaron Judge.

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Lycéen, Aaron Judge est drafté par les A’s mais part à l’Université. Les Yankees le sélectionneront finalement trois ans plus tard / Crédit A.J.

Retenu au 31e tour par les Athletics lors de la Draft 2010, le lycéen de Linden High School (Californie) préfère entrer à l’Université de Fresno State. Trois ans plus tard, séduits par son parcours universitaire (sportif mais aussi scolaire), les Yankees le prennent au premier tour (n°32). Le géant porte donc les rayures new-yorkaises plutôt que le maillot blanc et vert d’Oakland. La franchise californienne doit le regretter à chaque sortie du phénomène.

On le sait, le parcours pour arriver jusqu’en Major League est très très très long. Etre drafté au premier tour et même au deuxième ou au troisième n’est donc pas une garantie pour réussir. Il existe même trois joueurs pour qui la Draft n’a pas du tout porté chance : Mark Appel (en 2013), Brien Taylor (en 1991) et Steve Chilcott (en 1966) sont les trois seuls joueurs de l’histoire à avoir été choisi en numéros 1 et à ne jamais avoir disputé la moindre minute en MLB. A l’inverse, des actuels ou futurs membres du Hall of Fame ont été sélectionnés très tardivement : Wade Boggs au 7e tour, Nolan Ryan au 12e, Albert Pujols au 13e, Don Mattingly au 19e ou encore John Smoltz au 22e.

big logoTOP « COLLEGE PLAYERS »

    • Casey Mize (21 ans, lanceur, Auburn, prospect n°1 pour MLB Pipeline). Ce lanceur droitier est quasi unanimement désigné comme le futur premier choix de la draft par les observateurs. Il pourrait donc être un futur Tiger. Après une impressionnante année sophomore (ratio de 12.1KK/BB), Mize a enchaîné sur une troisième année de « College » encore plus incroyable : 133K en 95 manches pour seulement 10BB, soit un ratio de 13.3 K/BB. Son arsenal de lancers est déjà très développé : une fastball entre 93 et 96 mph, une cutter, une splitter souvent utilisées, et enfin une slider comme arme ultime.
  • Brady Singer (21 ans, lanceur, Florida, n°2). Choisi au 2e tour en 2015 par les Blue Jays il a opté pour la fac et ne le regrette pas. Même si sa saison a été limitée (13 starts), il s’est rassuré au fil des semaines au point de remporter récemment le duel très attendu contre Mize même si ce dernier le précède dans les projections. Souvent comparé à Aaron Nola, Singer apprécie un tempo rapide sur le monticule. Ce droitier possède une balle rapide déjà mesurée à 95 mph.
  • Nick Madrigal (21 ans, 2B/SS, Oregon State, n°3). Joueur pas très grand (1m70), il compense par un jeu complet avec un swing court et puissant, des mains rapides, de la vitesse sur bases, un gant sûr. Il est considéré comme le plus « pur » frappeur de cette Draft et maîtrise tous les aspects du jeu. Sa blessure au poignet après un mauvais slide au marbre lui a coûté une partie de sa saison mais ses chiffres parlent pour lui (.395/.495/.563) avec seulement 5K en 13 passages au bâton.
  • Joey Barte (21 ans, C, Georgia Tech, n°6). De loin le meilleur catcheur de cette cuvée. Il pourrait être le mieux drafté depuis Mike Zunino (n°3 en 2012). En progression constante sur ses trois années de College, il pourrait grimper très rapidement les échelons en Ligues Mineures. Barte a corrigé sa position au bâton qui l’empêchait d’être performant sur les lancers intérieurs et a compris qu’en se focalisant moins sur les HR ses performances n’en seraient que meilleurs.
  • Alec Bohm (21 ans, 3B, Wichita State, n°7). Sa puissance n’est plus à démontrer (16HR en 57 matchs cette saison) et il fait preuve d’une grande discipline au marbre. Petit bémol : ses performances physiques sont un peu en-dessous et un repositionnement en 1e base n’est pas à exclure en raison d’un jeu de défense que l’on imagine limitée pour le plus haut niveau en 3e base.
  • Travis Swaggerty (21 ans, OF, South Alabama, n°11). On le voit déjà comme un batteur de haut de lineup grâce à une extrême discipline au marbre, une puissance utilisée à bon escient et une bonne vitesse de course. Si Swaggerty est pris au-delà de la 10e place, les observateurs le voient déjà comme le « steal » de cette Draft, c’est à dire un joueur drafté plus haut que son réel potentiel.
  • Shane McClanahan (21 ans, lanceur, South Florida, n°14). Peut-être la balle rapide la plus impressionnante de tous les candidats puisqu’elle frôle et parfois atteint les 100mph. Il utilise en complément une très bonne changeup et une slider très correcte. Le jeune gaucher a subi une opération Tommy John lors de son arrivée à la fac mais a semble-t-il totalement récupéré.
  • Trevor Larnach (21 ans, OF, Oregon State, n°26). Coéquipier de Madrigal à Oregon State, il a été le leader de son équipe lors de la blessure de ce dernier. Larnach s’est révélé en frappant 17HR cette saison contre 3 pour la précédente. Sa moyenne sur base est restée constante et haute tout au long de son cursus (.417). Sa très bonne mentalité est saluée par l’ensemble de ses coachs.

TOP « HIGH SCHOOL PLAYERS »

    • Matthew Liberatore (18 ans, lanceur, Mountain Ridge HS, n°4). A l’heure où le radar fait la loi chez les jeunes lanceurs, le gaucher de l’Arizona se distingue plus par ses localisations que par sa vitesse. Il y a sans doute plus de puissance dans cette cuvée de lanceurs mais peut-être pas autant de maîtrise que celle affichée par Liberatore. Sa curveball provoque un nombre incalculable de « swing-and-miss ». Il s’est montré sur le devant de la scène l’an dernier au Mondial U18 avec 12 manches sans point dont 6 lors de la finale face à la Corée.
    • Carter Stewart (18 ans, lanceur, Eau Gallie HS, n°5). Sa cote auprès des scouts n’a cessé de grimper ces derniers mois. Sa balle rapide a atteint les 96-97mph lors de tous ses starts cette année et sans passer sous les 92. Sa breaking ball est dévastatrice et seule sa changeup est encore faible aujourd’hui mais il n’hésite pas à l’utiliser pour progresser. Le plafond du jeune droitier n’est pas défini et c’est un très bon signe!
    • Jarred Kelenic (18 ans, OF, Waukesha West HS, n°10). Pourrait devenir le premier lycéen du Wisconsin à être drafté dans le top 10, et seulement le 7e à être pris au premier tour. Meilleur frappeur de Team USA au Mondial U18 de 2017, sa défense est également admirable et pourrait devenir à terme un très très bon champ droit en MLB. Il possède une éthique irréprochable selon ses proches.
  • Nolan Gorman (18 ans, 3B, Sandra Day O’Connor HS, n°12). Vainqueur de multiples HR derbies dont plusieurs dans des stades de MLB (Marlins Park et Wrigley Field à Chicago), le lycéen pourrait affoler les compteurs. Il peut aussi compter sur une bonne discipline qui lui permet de limiter le nombre de K. Sa saison senior au lycée a été un peu mitigée comparée au reste de sa formation mais il fait partie des valeurs sûres de cette Draft. Comme Bohm (voir ci-dessus), il sera sûrement amener à abandonner la 3e base.
  • Ryan Weathers (18 ans, lanceur, Loretto HS, n°13). Le papa a joué 19 ans en MLB en sortant du même lycée du Tennessee. Le fiston a joué aux côtés de Liberatore et Kelenic avec Team USA l’an dernier. Il n’a pas un pitch qui ressort mais trois armes qu’il mixe et combine à merveille : une rapide tombante, une curveball et une changeup. Grosses capacités physiques pour son jeune âge.
  • Ethan Hankins (18 ans, lanceur, Forsythe Central HS, n°21). L’an dernier, il était projeté comme le premier lanceur droitier lycéen. Ses 27K en 2 starts au Mondial U18 ont bâti sa légende mais des douleurs à l’épaule et quelques bobos ont affecté sa saison. Il est un peu l’inconnu de cette Draft tant au niveau de son positionnement final que son envie de rejoindre ou non l’université.
  • Kumar Rocker (18 ans, lanceur, North Oconee HS, n°23). Fils du joueur de NFL Tracy Rocker, Kumar a un physique IMPRESSIONNANT : 1m95 pour 113 kilos! Il ne sera pas le nouveau Aaron Judge puisque c’est sur le monticule que le droitier sévit. Il a bien sûr la puissance (jusqu’à 98mph pour sa balle rapide) mais aussi une mécanique fluide et assez inhabituel pour un tel gabarit. Attention à ne pas laisser flotter ses lancers un peu trop hauts, car ils repartent aussi vite et très loin.
  • Brice Turang (18 ans, SS, Santiago HS, n°25). Il était dans le top 3 des prospects – lycéens et étudiants confondus – il y a encore un an, mais il a chuté dans la hiérarchie. Des perfs moins flamboyantes et un peu de mal avec la pression, il sait tout faire mais peut-être s’est-il justement trop reposé sur ses acquis… mais attention, Turang reste l’un des tous meilleurs de cette Class 2018. Son profil peut rappeler celui de Mickey Moniak, drafté n°1 par les Phillies en 2016.

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