Fear the Stach’

Aujourd’hui dans notre série des BadAss guy du Baseball Majeur : Al Hrabosky LE HONGROIS FOU.

Certains marquent l’histoire du baseball par leurs records, ou leur présence immuable au sein d’une franchise, deviennent propriétaires, ou encore managers. D’autres non. La plupart des joueurs de baseball prennent leur retraite de sportif dans l’anonymat le plus total, ouvrent un bar avec des jerseys au mur et une vielle batte derrière le comptoir. Ils sont peu nombreux à marquer l’histoire si le tableau de scorage reste vierge. C’est là qu’Al Hrabosky pimente notre petite histoire.

Bon, sans passer par quatre chemins, malgré 13 années dans les majeurs, Hrabosky n’a rien d’un Greg Maddux ou d’un Nolan Ryan, même si pour un temps il a été le releveur principal des Cardinals et leader de l’America League en nombre de matchs sauvés pour l’année 75, et puis…ben c’est tout.

images-2Non, ce qui retient notre attention chez Al Hrabosky c’est qu’il était complètement barré. Très tôt, alors drafté par les Cardinal de St Louis, il arbore une grosse moustache de biker et des cheveux longs. Associez cela à un tempérament de feu, au fait qu’il parle tout seul sur son monticule et vous avez de quoi avoir les foies quand vous rentrez dans la boite de frappeur. Tout ceci ne laisse pas indifférent les partisans et les joueurs adverses. Il en joue et laisse paraître des doutes sur sa santé mental et devient vite pour la planète baseball THE MAD HUNGARIAN.

Dès lors Al adopte une routine intimidante quand la tension se fait sentir. De dos, en direction du second coussin, la tête baissée sur ses mains tenant fermement la balle et se parlant à lui même, il se retourne brusquement en frappant sa main dans son gant, les yeux exorbités, les narines dilatées. Prêt à faire face à n’importe qui. Il se repose essentiellement sur sa balle rapide et lourde qu’il n’hésite pas à envoyer à la tête des frappeurs si ces derniers tentent un amorti, avant d’aller leur dire deux mots. Hrabosky prend pour habitude de dire que « son ambition première lorsqu’il lance à l’extérieur et de se faire huer par une foule de partisans adverses ». On imagine que c’est à ce moment que le mythe du Mad Hungarian prit vie.

En douze années dans les Big’s, le lanceur moustachu va se frotter à beaucoup de monde. Joueurs, arbitres et même journalistes. Mais alors que le releveur vedette des Cardinals surf sur le personnage excentrique qu’il a fait naitre, un grain de sable va venir se glisser dans les rouages de la mécanique d’Hungo (son petit surnom affectif). Ce grain de sable s’appelle Vern Rapp. Nous sommes en 1977 et c’est lui qui devient le manager des oiseaux rouges. Sa première décision en tant que skipper lors du spring training est de bannir toute forme de pilosité sur le visage de ses joueurs. Drame moderne de Samson tirant sa puissance des ses cheveux, Hrabosky refuse de passer entre les mains du barbier, convaincu qu’un visage glabre nuira a sa capacité de lancer. S’en suivra une série d’échanges pour le moins cordiaux via la presse. Le lanceur est convoqué par le manager général qui lui intime de suivre les ordres de Rapp. Il le fera, non sans inviter la presse à assister à la fin de sa moustache Fu Manchu et s’excusera officiellement auprès de Vern Rapp, intimant a ses collègues de suivre les règles établiees par le skipper.

LE 9 Mai 1977, Hrabosky monte sur le monticule pour ce qui va être son plus grand show jamais réalisé. À cette époque la Big Reds Machine de Cincinnati règne sur la planète baseball et met à mal quiconque ose s’opposer a Pete Rose, Jonny Bench et Ken Griffey. Mais ce jour-là, St louis tient bon sur un score de 5 à 5 en début de neuvième manche. Vern Rapp envoie Al Hrabosky verrouiller le score et se donner la chance de décrocher la victoire. Mais ça commence mal pour Hungo qui concède un simple, un walk et pour finir un bunt. les bases sont pleines, aucun retrait et dans le cercle d’échauffement les deux suivants sont Foster et Bench, aiguisant leurs batons en prévision d’une correction en règle. L’espoir s’envole peu a peu. Une seule frappe hors du champ intérieur et s’en est fini. Pour le moment Al Hrabosky est plus en voie de saboter la partie que de la sauver. Forcé de raser sa moustache magique quelques semaines auparavant, Hungo avait confié à son receveur Ted Simmons que dorénavant il affronterait les frappeurs de puissance qu’avec sa balle rapide. L’occasion est trop belle pour le pitcher. Tout le monde attend cela, le public, ses coéquipiers et même ses adversaires, j’en suis certain. Et il le sait. C’est à ce moment que le releveur des Cardinals se transforme en MAD HUNGARIAN!!!!! (« rugissement de la foule »). images-1.jpgGeorge Foster se présente dans la boite de frappeur et s’élance dans le beurre par trois fois. Johnny Bench en fait de même. Le coach des Reds remplace le frappeur suivant Caesar Geronimo par un pinch hitter, Bob Bailey qui touche pour .376. À deux strikes et une balle au compteur face à ce dernier, the Mad Hungarian reprend ses mimiques de sociopathe, se parle à lui même afin de contrôler son esprit dans une rage interne. Le lancer suivant est une foulball, puis une autre. Bob Bailey se bat comme un ours face au Hongrois qui entre chaque motion tourne le dos et frappe sa mitaine avec rage. « Je parlais aux dieux de la guerre tzigane » confira-t-il au Chicago Sun-Times. Le sixième pitch est de nouveau frappé dans la zone des balles mortes. Sur le septième lancé se son AtBat, Bailey regarde la balle s’écraser dans le gant de receveur de Ted Simmons.

Hrabosky vient de délivrer une performance digne d’un illusionniste, retirant 3 frappeurs de puissance seulement avec sa balle rapide, et laissant les bases pleines. Les Cardinals l’emporteront sur un walkoff homerun en fin de 10e après avoir réussi a préserver l’égalité sur un jeu défensif au marbre pour leur dernier retrait.

Le Mad Hungarian continue ce qui sera sa dernière année avec st Louis en semant la zizanie des qu’il en a l’occasion. Comme le jour où il se frotte à Cesar Cedeno dit le « Rude Dominicain ». Hrabosky lance au visage du dominicain, pour avoir pris trop de temps a frotter sa batte à la pine tar alors que lui avait fini sa préparation sur le monticule.

Hrabosky qui évite le premier coup de poing de Cedeno avouera que s’il avait été touché, il ne se serait jamais relevé. S’en suit une bagarre générale sur tout le terrain, mais ni Hrabosky ni Cedeno ne seront éjectés de la partie.

À la fin de la saison 77, Al est échangé aux Royals de Kansas City pour deux années. Puis destination Atlanta pour ses 3 dernières saisons dans les majeurs où aura lieu l’une des confrontation entre un lanceur et un arbitre des plus drôle de la MLB. Alors que les Braves affrontent les Dodgers de LA, Hrabosky sur le monticule se plaint de la qualité de la balle et demande le changement de cette dernière. Bob Engel, l’arbitre en chef, fait l’échange. Mais la nouvelle balle ne plait toujours pas à Hungo qui redemande une nouvelle. C’en est trop pour Engel qui lui propulse encore une balle qu’ Hrabosky ne daigne même pas de tenter d’attraper, préférant faire frotter une nouvelle balle contre le sol et en demande encore une fois l’échange. À la reprise du jeu Engel comptera une mauvaise balle à Hrabosky, laissant marcher le batteur avec seulement 3 balls. L’erreur sera rectifiée sur le moment et le Mad Hungarian éliminera le malheureux Dodger sur un strike out. Bob Engel dira en conférence de presse qu’avec toute les balles de baseball qui trainaient sur le terrain il ne pouvait plus compter correctement les strikes et balls.

Dans sa carrière, AL n’a pas seulement évolué en MLB mais aussi de l’autre coté de la frontière. À Mexico plus précisément. Le Mad Hungarian au pays du tacos et de la cocaïne s’était baptisé lui même d’un surnom tout aussi original : El Bandido loco. Mythe ou réalité? Il se raconte que Hrabosky avait fort sympathisé avec la police locale, qui lui servait de chauffeur pour se rendre aux matchs. Toujours armé d’un calibre 38 à la ceinture, qui lui donnait selon ses propres termes « un sentiment de puissance ». Une année, lors des play-offs, Hrabosky décida de fêter chaque point de son équipe avec des fusées d’artifices lancées depuis l’abri des joueurs. Quand l’arbitre lui intima l’ordre d’arrêter, il les distribua aux partisans locaux pour qu’ils continuent depuis les gradins.

Depuis Al Hrabosky s’est quelque peu calmé. Il est devenu consultant télé pour Fox Sport Midwest où il commente avec ferveur les parties des Cardinals et anime aussi sa propre émission de radio sur une onde locale.

Allez rien que pour vous, une compile de ses meilleurs moments ! 😉


Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s