[ALDS : Houston Astros – Boston Red Sox] : Une finale avant l’heure !

C’est un choc qui aurait pu avoir sa place en finale de conférence tant les deux équipes se sont révélées être impressionnantes cette saison. D’un côté les Astros qui ont remporté 101 matchs et qui se sont baladés en AL West. Et de l’autre les Red Sox, 93 succès, mais qui ont dû batailler face aux Yankees jusqu’à l’avant-dernier match de la saison régulière pour décrocher le titre en AL East. Un duel de titans donc à tous les postes : Verlander vs Sale, Altuve vs Pedroia, Springer vs Betts. Pour un affrontement qui s’annonce palpitant. Alors qui sortira vainqueur ? On fait le point. 

Sale vs Verlander

Houston Astros : Vainqueur de l’AL West avec un bilan de 101-61

Au terme d’une incroyable saison régulière, Houston retrouve les phases finales. Cette fois pas de WildCard comme en 2015, les Astros se retrouvent directement en ALDS où ils vont affronter les redoutables Red Sox. Mais à la différence de 2015, les Stros s’avancent confiants grâce à un effectif complet et impressionnant. On vous explique en 3 points, pourquoi les Astros vont aller chercher le titre tant attendu.

Justin Verlander fête avec ses supporters le titre en AL West des Houston Astros. Photo : (AFP Photo/Bob Levey)

Après une saison 2016 frustrante pour le Club, la direction a décidé de passer aux choses sérieuses. Ainsi, les Astros se sont montrés très actif sur le marché des transferts l’hiver dernier. Résultat : des joueurs d’expériences comme McCann et Beltran, des joueurs confirmés comme Reddick et comme d’habitude un pari en la personne de Charlie Morton. Ils devront encadrer le jeune effectif composé des stars Altuve, Correa, Bregman ou encore Springer. Et la mayonnaise, pour le plus grand bonheur des fans et du Front-office, a pris immédiatement. Ainsi sur les deux premiers mois de compétitions (Avril-Mai), Houston va signer un bilan de 38 victoires pour seulement 16 défaites. Les Astros vont s’emparer de la tête de sa division le 14 avril pour ne plus jamais lâcher son trône. A la fin de la saison régulière, et ce malgré un mois d’Aout catastrophique (on y reviendra), Houston va compter 21 victoires d’avance sur son dauphin, les Angels. Le club remporte son premier titre de division depuis 2001. Et se présente en postseason avec de grandes ambitions. Voici les 3 raisons pour lesquelles Houston va remporter les WorldSeries.

1. Une attaque de feu

On le savait déjà, Houston possède l’un des meilleurs batteurs de la MLB en la personne de José Altuve. Le 2e Base a encore prouvé son statut en s’emparant du batting title (meilleure moyenne au bâton) pour la 3e fois en 4 ans, et en réalisant des grosses stats (.346/24HRs/81RBIs et 32SBs). Il est ainsi l’un des grands favoris pour le titre de MVP. Mais il n’est pas tout seul, les Astros se placent premiers dans la majorité des stats au bâton : points marqués (896), coups sûrs (1581), Double (346), moyenne au bâton collective (.282). Mais si le club termine 2e dans la catégorie des home runs derrière les Yankees, il y a 8 joueurs de l’effectif qui terminent la saison régulière avec plus de 15 HRs.  Surtout, et comparé aux autres années, les Astros ont subi le moins de Strikeout de toute la MLB. Une grosse évolution par rapport à 2015, dernière année de postseason pour Houston.

Springer (à gauche), Gurriel (au centre) et Correa (à droite) ont aussi été des artisans de l’attaque de feu des Astros. (Photo : Getty Image)

Le club possède une lineup complète et dangereuse du début à la fin : Que ce soit le leadoff, Springer qui a terminé leader de l’équipe en HR (34) en passant par Gurriel en 6e position de l’alignement leader du club en double (43). On n’oublie pas Reddick, Correa ou Bregman.

L’ensemble des batteurs peut apporter sa pierre à l’édifice en attaque. Et les lanceurs ne peuvent plus se reposer en arrivant dans le bas de la lineup ou un joueur comme McCann se retrouve placé.

2. Un Verlander en mission

Durant la trade Deadline alors que le club était annoncé dans la majorité des trades, Houston n’est pas parvenu à s’améliorer. Provoquant l’ire de ses fans et même de son ace Dallas Keuchel. En conséquence fin Aout, Jeff Lunhow, le GM, est passé à la vitesse supérieure et a décidé de frapper un grand coup. (Pour savoir comment et pourquoi il y a des trades après la trade deadline c’est par ici : https://thestrikeoutfrance.com/2017/08/13/pourquoi-il-y-a-t-il-des-trades-en-aout/) Ainsi le club s’est enfin décidé à se séparer de ses meilleurs rookies pour s’offrir une pointure sur le monticule. Après des hésitations, Justin Verlander se résout à rejoindre le Texas. Et depuis son arrivé à Houston le MVP 2011 est tout simplement injouable. En 5 rencontres avec les Astros, le lanceur a remporté les 5 matchs en ne concédant que 4 points pour un ERA minuscule de 1.06. Lui qui n’a jamais remporté de World Series semble déterminé à y arriver cette année. Avec de telles stats, le coach AJ Hinch a décidé de lui donner la balle pour le premier match de l’ALDS face aux Red Sox et Chris Sale.

Depuis son arrivée à Hosuton, Verlander est intraitable (5 victoires en 5 manches et 1.06 d’ERA). Photo DR

Le 2e lanceur de cet affrontement sera Dallas Keuchel. Le Cy Young 2015 a eu du mal a digérer cette saison 2015 et a sombré en 2016. Mais en 2017, il est de retour à son meilleur niveau avec un ERA de 2.90 pour un bilan de 14 victoires et 5 défaites. Les Astros ont donc un incroyable tandem. Derrière ce n’est pas aussi connu mais ça fait le travail. Brad Peacock a été l’énorme surprise, il termine la saison avec un ERA de 3.00. Enfin, Charlie Morton, après deux saisons difficiles, s’est retrouvé à Houston en signant une très belle saison (3.62 ERA, 14 victoires, son record en carrière, et 163 SO). Ces quatre-là devraient lancer face aux Red Sox. Ils ont terminé la saison en trombe puisqu’entre le 31 août et le 23 septembre, les lanceurs de départ (mis à part Mike Fiers) des Astros ont signé un ERA collectif de 2.31 et ont concédé maximum deux points par match à 17 reprises durant cette période.

3. Un bullpen peu (re)connu mais efficace

A la différence des Yankees, Red Sox ou Indians, Houston ne possède pas dans son bullpen de noms clinquants. Pour autant ils ne sont pas moins efficace. Après une saison d’adaptation, Ken Giles a claqué une grosse saison au poste de closer. 34 sauvetages sur 38 possibles et un ERA de 2.30. S’il a encore des jours sans, l’ancien joueurs des Phillies a un arsenal dévastateur  comme le prouve ses 83 SO. Lors des phases finales de l’an passé, la MLB a fait éclore un nouveau genre de joueurs : le Andrew Miller. C’est-à-dire un joueur capable de sortir du bullpen, de lancer 2 manches tout en ne laissant aucune chance aux batteurs adverses. Et Houston peut se targuer de posséder un joueur de ce type. Il s’agit de Chris Devenski. Il a lancé 80 manches ( le 4e plus grand total pour un lanceur de relève) avec un ERA de 2.68 accompagné de 100 strikeouts (5e meilleur total à égalité pour un lanceur de relève).

Houston pourra compter également sur Joe Musgrove, limité et en difficulté en tant que lanceur de départ en début de saison (6.12 d’ERA), il s’est transformé en une arme redoutable dans le bullpen. En 31.1 manches en sortant du bullpen il n’a concédé que 5 points pour 31 strikeouts et un ERA de 1.44. Enfin, il reste Will Harris et son ERA de 2.98 qui pourrait rendre de fiers services. Ce n’est pas les noms les plus connus de la MLB mais ils peuvent s’avérer être des armes redoutables.
Petit bémol pour les 3 premiers cités, ils évolueront pour la première fois en postseason et ça peut avoir son importance.

Pour conclure

Houston semble très bien armé pour cette postseason grâce à la meilleure attaque de la MLB. Le club pourra compter sur deux aces en puissance et sur un bullpen efficace. Oui mais voilà, le club n’a jamais été mis en danger cette saison grâce à son avance imposante dans sa division. Or la postseason est un monde à part où chaque inning est un combat. Les Red Sox se sont battus becs et ongles cette saison face aux yankees pour arracher un ticket. Ce qui pourrait faire la différence dans cette rencontre qui s’annonce géniale et très serrée. Mais Houston sera porté par son public et aura à cœur de redonner du baume au cœur à sa ville, très sérieusement touchée par un l’ouragan Harvey. De quoi donner une motivation supplémentaire et qui pourrait faire la différence. Enfin en 2014, le magazine Sport Illustrated avait annoncé la victoire des Astros aux World Series … 2017.

 

—————————————————————————————————-

Boston Red Sox : Vainqueur de l’AL East avec un bilan de 93-69

Les Red Sox remportent l’AL East pour la 2e fois en deux ans. Une première dans l’histoire du club. Photo by John Wilcox.

A l’ombre des Yankees qui prennent la lumière grâce à leurs jeunes pousses, Boston a fait son petit bonhomme de chemin pour finalement remporter l’AL East. On a dû tout de même attendre l’avant-dernier match de la saison régulière pour que cela soit officiel. Mais les Red Sox conservent leur couronne de division pour la première fois de son histoire. Pourtant les Chaussettes Rouges n’ont pas connu une saison de tout repos. Entre blessures et mauvaises performances, les joueurs de Fenway Park en auront fait voir de toutes les couleurs à leurs fans. Mais l’important est là. Boston retrouve la postseason et va tout faire pour regoûter aux World Series 4 ans après.

On en a souvent parlé sur The Strike Out, l’AL East a été la plus serrée de toutes les divisions cette année. Même si à la fin, on a retrouvé ce bon vieux duel entre les Yankees et les Rex Sox. On a longtemps cru que les Rays et les Orioles auraient pu jouer de mauvais tours aux deux mastodontes. Après avoir écarté ces deux imprudents, les deux géants se sont retrouvés pour se livrer une bataille d’enfer. Après une domination des Bombers, Boston reprend le contrôle de la division à partir de la fin juin. Pour ne lâcher les rênes que pendant 4 jours (entre le 28 et le 31 juillet). Mais le club n’a jamais compter plus de 5 matchs d’avance sur son rival de toujours. Ainsi les Red Sox n’ont jamais pu se reposer sur leurs lauriers. Un avantage pour garder un effectif en alerte et le préparer au mieux pour l’intensité de la postseason. Une qualification qu’on peut résumer en 3 points. Et il faudra que les Chaussettes Rouges s’appuient sur ces derniers pour pouvoir triompher durant ce mois d’octobre.

Chris Sale, le nouveau héros de Fenway ?

Le grand artisan de la réussite de cette saison 2017 n’est autre que Chris Sale qui a été tout simplement indécent sur la butte. Une saison historique pour lui. Il est le lanceur de départ qui a joué le plus de manches cette saison avec 214.1. Il possède un bilan de 17 victoires pour 8 défaites. Mais surtout il a dégouté les batteurs adverses avec pas moins 308 strikeouts, le meilleur total et de loin (son dauphin dans cette catégorie, Max Scherzer en est à 268). Il est ainsi devenu le premier pitcher d’American League depuis 18 ans à atteindre cette fameuse barre des 300.

Et il n’est pas passé loin de dépasser le record du club détenu par Pedro Martinez (313) datant de 1999. Mais derrière lui ce fût un peu plus compliqué. Si Drew Pomeranz a réalisé une grande saison avec un ERA de 3.32 en 173 manches lancées, il n’est pas un ace. Il sera aligné lors du 2e match d’ALDS face aux Astros et Dallas Keuchel, Cy Young 2015. En 2016, c’est Rick Porcello qui a été élu Cy Young. Mais ce temps semble bien loin. En effet le lanceur a connu une saison galère avec ERA désastreux de 4.65. Il est même le starter qui a concédé le plus de HR cette saison (38). Et quand on sait que le stade des Astros est propice aux longues balles. On peut s’inquiéter pour lui et les Red Sox. Pour le 3e spot, cela va également se jouer entre Doug Fister (4.71 d’ERA), ancien des Astros et Eduardo Rodriguez (4.22). Enfin pour un éventuel match 4, John Farrell a déjà laissé entendre qu’il pourrait faire appel à Chris Sale qui devrait lancer après un tout petit repos. L’ace qui n’a jamais lancé en postseason durant sa carrière aura donc la pression de tout un peuple sur ses épaules. Attention à ne pas le cramer comme les Dodgers l’ont fait avec Kershaw lors des années précédentes.

Un état d’esprit

Boston a perdu cette intersaison sa plus belle batte en la personne de David Ortiz qui a pris sa retraite. Il était une menace permanent pour les lanceurs adversaires et était l’un des leaders offensifs de cette attaque. De par son aura et sa qualité, il enlevait beaucoup de pressions à ces petits camarades. N’étant plus là des joueurs comme Mookie Betts, Hanley Ramirez et même Jackie Bradley JR ont eu plus de mal cette saison. Boston est même l’équipe qui a frappé le moins de HR en American League (168). Et des 4 équipes qualifiées en postseason du côté de l’AL, elle est l’équipe qui a marqué le moins de points (785 runs). Mais on le sait, en postseason, l’important c’est de marquer des points. Et pour cela Boston pourrait utiliser sa vitesse. En effet les receveurs de Houston sont des bons attaquants mais défensivement c’est un peu plus compliqué. Notamment au niveau du bras pour éliminer les coureurs. Et en vol de base, les Red Sox sont plutôt bien servis avec des joueurs comme Mookie Betts (26 SBs), Andrew Benintendi (20) ou encore Xander Bogaerts (15). La vitesse pourrait être l’une des armes fatales durant cette postseason. Surtout que durant la saison régulière les voleurs de bases des Red Sox ne se sont fait éliminer que 12% du temps. Mookie Betts sera aussi à suivre au bâton. Même s’il n’a pas été aussi impressionnant que l’année dernière, il reste l’un des fers de lance de cette équipe. Il est le leader en HR (24), RBIs (104), en double (46) mais a frappé avec moins de constance cette saison puisque sa moyenne ne s’élève qu’à 27%. Il peut à tout moment faire basculer le match.

Hanley Ramirez (a.g.), Mookie Betts (au centre) et Andrew Benintendi (a.d.) sont les 3 principales menaces offensives des Red Sox. Crédit : AP Photo

Mais ce qui caractérise bien les Red Sox 2017, c’est l’état d’esprit. En effet, Boston est la meilleure équipe de la MLB lorsque vient les prolongations. Ainsi en 18 matchs disputés en extra-inning, les Red Sox se sont imposés à 15 reprises !!! Alors oui certes l’attaque de Boston n’est pas aussi étincelante que celle de Houston par exemple mais elle excelle dans les moments qui comptent. Et ça pourrait faire une grosse différence en postseason.

Craig Kimbrel

Craig Kimbrel, le closer des Red Sox a été étincelant cette saison. (AP Photo/Elise Amendola)

Si l’équipe réussit aussi bien en fin de match c’est aussi grâce à son bullpen qui est le 2e meilleur de la MLB en terme d’ERA collectif (3.15). Une stat qui est le fait en grande partie de son closer star : Craig Kimbrel. Il termine la saison avec un ERA de 1.43, 35 sauvetages sur 39 possibles ainsi que 126 strikeouts en 69 manches. Oui, oui 126 strikeouts en 69 manches. Tout simplement monstrueux. Surtout John Farrell a commencé à l’utiliser durant plusieurs manches afin de suivre la tendance Andrew Miller. Le reste du bullpen est également impressionnant. On peut ainsi citer Joe Kelly (2.79 d’ERA), Fernando Abad (3.30), Heath Hembree (3.63) ou encore Matt Barnes (3.88) qui ont tous lancé plus de 40 manches. On pourra ajouter la recrue de l’été, Addison Reed au poste de set-up man et son ERA de 3.33 depuis qu’il a rejoint Fenway. Mais même s’ils ont de bonnes stats, ces joueurs ne sont pas ce qu’on appelle des « shutdowns arms » et peuvent exploser. Reste David Price. Absent jusqu’à début juin, il a été plutôt très bon en tant que lanceur de départ avec un ERA de 3.82 mais une nouvelle blessure l’a empêché d’enchaîner les matchs. De retour fin septembre, Price a cette fois été utilisé dans le bullpen. Et il a été monstrueux. Ainsi en 8.2 manches lancées, il n’a concédé que 3 coups sûrs pour 0 point encaissé et donc un ERA de 0. Et si c’était lui qui fera, enfin, la différence en postseason.

En résumé

Boston a galéré cette saison mais est parvenu à atteindre la postseason grâce des joueurs exceptionnels, Craig Kimbrel et Chris Sale notamment. Mais ce qui définit au mieux cette équipe c’est l’état d’esprit. Des Red Sox qui ne lâchent rien même en fin de match. L’attaque de Boston n’est pas la plus efficace mais elle répond présent dans les moments importants. Et c’est ce qui compte lors de la postseason. La grande question sera de savoir si les lanceurs derrière Chris Sale vont pouvoir résister face à la puissance de feu des Astros. Mais les Red Sox pourront compter sur l’éxperience de leur coach, John Farrell, lui qui en sera à sa 3e postseason et qui a mené Boston au Graal en 2013.

 

 

 

 

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s