ALDS : Les Indians veulent finir le boulot!

Il y a tout juste onze mois, Les Indians s’inclinaient, à domicile dans un Match 7 des World Series complètement fou. Dominateurs tout au long de la postseason, Corey Kluber et ses coéquipiers avaient fini par craquer au pire moment, gâchant un avantage de 3 victoires à 1 pour abandonner le titre aux Chicago Cubs. Comme souvent dans ce genre de situation, Cleveland n’avait que deux chemins possibles : s’effondrer complètement, ou revenir encore plus fort. Et dès l’hiver, Tito Francona a fait un choix très clair en embauchant le slugger des Blue Jays, Edwin Encarnacion : les Indians allaient revenir en 2017 avec l’étiquette de favori d’American League, la porter fièrement, et aller au bout de leur aventure.

 

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Carlos Santana et les Indians sont de retour, et ils n’ont pas l’intention de trainer en route !


La saison régulière : 102-60, Champions d’AL Central, Meilleur bilan d’American League

Vainqueurs assez facilement de l’American League Central en 2016. Les Indians ont cette fois écrasé leur division. Avec 8 victoires de plus que l’année dernière, ils s’offrent le meilleur bilan d’American League, et le second de MLB (L.A. Dodgers, 104-58). Surtout, les Indians ont pris leur temps pour démarrer la machine, ils n’ont pris la tête de leur division qu’à la mi-juin, avant de monter en puissance pendant l’été, jusqu’à leur formidable série de 22 victoires consécutives entre fin aout et début septembre.

Avec un effectif quasiment inchangé, aux exceptions notables d’Edwin Encarnacion donc, et de Jay Bruce, arrivé des Mets juste après la Trade Deadline, les Indians ont parfois frôlé la perfection, à commencer par leur pitcher star, Corey Kluber, une rotation au diapason, une offense jalonnée de leaders (Ramirez, Encarnacion, Lindor, Bruce entre autres, tandis que Kipnis finalement sur le retour au meilleur moment) et peut-être le meilleur bullpen des Ligues Majeures.
Quelques stats pour le plaisir : au sortir de la saison régulière présentent la deuxième offense d’American League (derrière les Astros) dans toutes les composantes de la slash line (.263/.339/.449), en termes d’Extra Base Hits (597), de Walks (604) et d’évitement des Strike Outs (1153). Pas mal, quand on sait que ce n’est même pas le plus gros point fort de cette équipe.

Car c’est bien entendu sur le monticule que Cleveland assoit véritablement sa domination. Les hommes de l’Ohio possèdent le meilleur ERA collectif de toute la MLB, devançant même les Dodgers, avec un bilan incroyable de 3.30 sur les 162 matchs de la saison. Cleveland possède aussi le second ERA collectif pour les lanceurs partants, avec dans ses rangs deux des quatres lanceurs de MLB à avoir atteint les 18 victoires cette saison (Kluber, 18-4 ; Carrasco, 18-6) et un troisième qui émarge « seulement » à 17 succès (Bauer, 17-9). Les deux autres membres du cinq majeur sont un peu plus loin, mais ils présentent aussi chacun un bilan positif (Clevinger, 12-10 ; Tomlin, 10-9). De quoi voir venir lors des longues séries de l’automne.

Le Bullpen : un monstre implacable aux multiples visages

D’autant que Terry Francona s’est aussi concocté un bullpen majuscule en vue de cette postseason. Pour les Division Series, Josh Tomlin prenant la place de quatrième starter, le manager des Indians pourra compter sur Danny Salazar et Mike Clevinger, deux starters qui ont fait leurs preuves au plus haut niveau, en cas de besoin pour des relais longs.

Bullpen

Ensuite, il se reposera sur tout ce qu’il se fait de meilleur en termes de bullpen, une escouade qui en a terminé de la saison régulière avec un ERA de 2.89, un WHIP de  1.14. Derrière le « Poster Boy » Andrew Miller, héros malheureux de la postseason 2016 avec une avalanche de records à la clé (2-0, 19.1 IP, 1.40, 30K, 3ER) mais deux de ses trois hits concédés lors du Match 7 des World Series, les Indians peuvent compter sur les Usual Suspects : Le closer Cody Allen (6/6 SV en 13.2 manches lancées lors de la postseason 2016, pour un ERA de 0.00 ; 30/34 SV et 2.94 lors de la saison régulière), le setup man Brad Shaw (76.2 IP, 3.52 en 2017) et deux nouveaux visages : Joe Smith, arrivé en cours de saison de Toronto (18.1 IP, 3.44) et le nouveau phénomène, le rookie Tyler Olson… On jette un coup d’œil à sa ligne de stats ?

Olson

Vous avez bien vu, ce n’est pas une blague. Le jeune releveur, qui n’avait jusqu’à cette saison joué que 12 matchs dans les Ligues Majeures avec Seattle puis les Yankees, s’est offert une saison ébouriffante avec les Indians. Appelé dans les Majors fin juillet, il n’a toujours pas concédé le moindre run en 30 apparitions et 20 manches lancées. Mais admettons, si la pression de la postseason venait à lui faire perdre les pédales et ce bilan immaculé, que resterait-il aux Indians en vue du reste des Playoffs? Ils pourraient se retourner vers Zack McAllister (62 IP, 2.62 en 2016), Dan Otero (60 IP, 3-0, 2.85) ou encore Nick Goody (54.2 IP, 2.80), entre autres…

Reste la défense : là aussi ça va plutôt bien, merci de vous inquiéter. Meilleure équipe d’American League en termes de Fielding Percentage (.987) et au nombre d’erreurs commises (76), les Indians ne sont peut-être pas la plus spectaculaire lorsqu’il s’agit d’effacer les chances adverses, mais elle est sans aucun doute la plus rigoureuse, préférant toujours concéder un hit sans conséquences plutôt qu’un run non mérité. La rigueur à la Francona, un univers ou rien, absolument rien n’est laissé au hasard sur la route du succès.

Les Stars : Corey le Sniper, José l’artilleur

A eux deux, ils ont martyrisé, dispersé, bombardé, pulvérisé, éparpillé tout ce qui leur tombait sous la main au cours de la saison régulière.

Sur le monticule, Corey Kluber a envoyé une saison digne des livres d’histoire. Au niveau de la MLB, il en terminé avec le meilleur ERA (2.25), le plus grand nombre de victoires (18), la troisième place au nombre de Strikeouts (265), mais aussi cinq matchs complets dont 3 shutouts, et la première place en termes de WHIP (0.87), de WAR (8.0), d’ERA+ (202)… Bref, il a tout simplement écrasé la concurrence, même lorsque celle-ci s’est présentée sous la forme de trois autres pitchers futur Hall of Famers dans la forme de leur vie (mais on reparlera de Kluber, Kershaw, Scherzer et Sale très bientôt).

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Sans aucun complexe, Il s’est offert le luxe de finir la saison sur un bilan de 11-1 en 15 matchs après le All Star Game, avec un ERA de 1.79 sur cette période. Et au vu de ses performances lors de la postseason 2016 (6 M, 4-1, 1.83, 0.122 sur l’ensemble de la postseason), on peut sereinement penser que Kluber a les nerfs et le bras pour tenir le rythme sur le mois d’Octobre.

Sur le terrain, on aurait pu choisir de parler d’Edwin Encarnacion, qui est monté en puissance tout au long de la saison pour 38 Home Runs et 107 coups de circuit au décompte finale, ou encore de Francisco Lindor, à la bataille avec Carlos Correa pour le titre honorifique de meilleur shortstop de MLB (33 HR, 89 RBI, 15 SB, .273) mais on parlera ici du nouveau joueur icone de Cleveland, José Ramirez. Pour sa deuxième saison en tant que titulaire indiscutable dans le lineup des Indians, l’infielder Dominicain a été tout simplement étincelant, comme en témoigne sa 6e place en termes de WAR offensif.

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Contact (.318), Puissance (29 HR, 56 Doubles) et Baserunning (17 buts volés), Ramirez a tous les outils et termine la saison 2017 avec un OPS de .957, et un statut de bon outsider pour le titre de MVP d’American League, même s’il est difficile d’imaginer la récompense suprême échapper à Jose Altuve ou Aaron Judge. A lui maintenant d’écrire sa légende lors de cette postseason. L’an dernier, il avait fait souffrir le martyr aux Boston Red Sox (.500/.583/.600, 5 H, 1 2B, 4R) avant de connaitre un énorme trou d’air face aux Blue Jays (17 AB, .098, 2K) et d’offrir un niveau de performance correct, sans plus, lors des World Series face aux Cubs (.310/.333/.486, 1HR, 2RBI). Reste à voir quel José Ramirez pendra le dessus lors de la postseason 2017.

Face aux New York Yankees

Pour la première étape de leur chemin de reconquête, les Indians seront opposés aux New York Yankees, qui sont venus à bout des Minnesota Twins lors du Wild Card Game. Est-ce que les Yankees peuvent embêter les Indians sur un match ? Sans aucun doute, avec des lanceurs tels que Sabathia, Tanaka ou un Severino requinqué sur le monticule, et un lineup de batteurs emmenés par la jeunesse incroyable de Judge, Sanchez et Gregorius… Mais sur une série complète ?

Difficile à imaginer, tellement les Indians sont complets et supérieurs à tous les niveaux. Sur une série en trois matchs gagnants, on peut parfaitement imaginer les lanceurs partants (Bauer, Kluber puis Carrasco) de Cleveland museler les battes New-Yorkaises, tout aussi chaudes qu’elles soient, et l’offense des Indians révéler assez rapidement les failles des lanceurs partants du Bronx. Et tout impressionnant qu’il soit, le bullpen des Yankees ne pourra pas répéter à chaque sortie sa performance du Wild Card Game face aux Twins (8.2 IP, 13K, 1 ER), particulièrement face à l’une des trois meilleures équipes des Majors.

Sur la saison 2017, les Indians mènent par 5 victoires à 2 face à leurs adversaires new-yorkais, et en toute logique, on peut penser qu’ils expédieront les Bronx Bombers assez facilement lors de cette confrontation… L’an prochain, par contre, cela pourrait-être une toute autre histoire !

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