Sandy Koufax ou le bras gauche de dieu

On le surnomme ‘Le bras gauche de Dieu’. Considéré comme l’un des plus grands gauchers de l’histoire, il a enchanté les foules outre-Atlantique dans les années 60. Pendant près d’une décennie, des millions d’âmes ont chaviré dans la Cité des Anges au rythme de ses fabuleux lancers. Le légendaire numéro 32 des Dodgers a marqué de plein fouet l’histoire du baseball contemporain. Voici l’histoire de Sandy Koufax. Un homme au caractère discret devenu demi-dieu bien malgré lui…

Il suffit de voir sa belle gueule pour comprendre. Un sourire pincé sous un regard sombre, mystérieux, presque noir avec cette étincelle dans l’œil. Une posture réservée, polie, pour un homme pudique. Oui, Sandy Koufax intrigue, fascine, envoute même. Tous aimeraient comprendre qui se cache derrière cet homme. Même sa mère qui réclame à son fils l’un des premiers exemplaires de son autobiographie en 1966. « Tu ne me dis rien », lui dit-elle alors à l’époque…

De Sanford Braun à Sandy Koufax

C’est dans une famille juive de Brooklyn que le petit Sanford Braun vient au monde lors de l’hiver 1935. Fils de Jack Braun et Evelyn Lichtenstein, Sanford grandit très vite sans son père biologique. Ses parents divorcent lorsqu’il n’a que trois ans et après avoir soufflé ses six bougies, Sanford ne reçoit plus de pension de Mr Braun. Dès lors, le gosse n’a plus de nouvelles de son paternel parti refaire sa vie. C’est sans aucun doute un tournant dans la vie de Sanford. Quelques mois plus tard, Evelyn se marie à un avocat : Irving Koufax. Sanford découvre un père et prend son nom. Sandy Koufax est né. Plus tard il écrira dans son livre : « Quand je parle de mon père, je parle d’Irving Koufax (…) Il a été pour moi tout ce qu’un père peut être ». Durant sa carrière Sandy joue plus d’une fois au Shea Stadium. Devant un certain Jack Braun, placé quelques rangs derrière le banc des visiteurs. Sandy lui, ne l’a jamais su.

Débuts ratés, balle rapide et pouce cassé

Capture d’écran 2016-02-27 à 14.43.53Comme pour sa vie d’homme, Sandy le joueur a lui aussi eu deux trajectoires. D’abord le lanceur médiocre qui pendant six saisons (1955-60) n’atteint qu’une seule fois le plateau des onze victoires. Le joueur n’a alors qu’un seul bon lancer : Une rapide. Un lancer dont Sam Narron a fait les frais quelques années auparavant. Alors entraîneur à Pittsburgh, Narron capte une balle d’un jeune à l’essai et se fracture le pouce. On ne sait pas si cet acte a eu des conséquences mais le jeune en question, un certain Koufax, n’est pas retenu. Pourtant, Branch Richey, GM des Pirates entre 50 et 55 est impressionné. « Il a le bras le plus rapide que je n’ai jamais vu », glisse-t-il à l’époque. Sandy ne se décourage pas et tape dans l’œil des Dodgers. Après 6 saisons sans relief, le futur All-Star décide de varier son lancer et travaille sa courbe. On est en 1960 et Sandy s’apprête à devenir intouchable.

Chapelle Sixtine, Yom Kippour et cortisone

« Il y a deux choses qui m’ont foutu la chair de poule dans ma vie. La première a été lorsque j’ai vu le toit de la Chapelle Sixtine. Et la seconde, quand j’ai vu Sandy Koufax lancer une rapide ». Al Campanis

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Koufax domine les 60’s et braque tous les trophées. Cy Young, MVP, World Series, tout y passe. On peut fantasmer longtemps sur cet homme, capable de refuser de lancer le premier match des World Series 1965 car ‘Yom Kippour’ (fête juive NDLR) tombe le même jour. En réalité Koufax est discret. Il domine sans arrogance, sans fioriture. Un gentleman qui sur la fin n’en peut plus des traitements à répétition pour soulager son épaule. «Mon putain de bras est tout enflé. Je déteste prendre les pilules. Elles ralentissent mes réactions (…) L’année prochaine sera ma dernière », confie la légende à un journaliste. On est alors en 65 et Koufax va pourtant lancer une dernière saison de rêve avec 27 victoires.

Une conférence à son image : unique

Capture d’écran 2016-02-27 à 14.43.16L’idole des Dodgers illumine le diamant pendant près de dix ans avant de quitter la scène de façon précipitée. L’arthrite aura eu raison du champion. Certains jours, Sandy n’arrive plus à se raser de la main gauche et se peigner devient insupportable. Le 18 novembre 1966, alors au sommet de sa carrière, Sandy organise une conférence de presse restée dans les mémoires. Le Triple Cy Young annonce au monde entier, qu’il se retire du grand show à tout juste 30 ans. La nouvelle fait l’effet d’une bombe dans le monde professionnel. Certaines journalistes présentes ce jour-là fondent en larmes. Les hommes eux s’alignent face à Koufax pour recevoir un dernier autographe. La légende s’en va avec classe. Et se retire dans l’ombre, là où il se sent le plus à l’aise. Koufax s’installe dans une petite ferme du Maine, loin des paillettes de L.A.

« Il est le plus grand pitcher que je n’ai jamais vu ». Ernie Banks, joueur Hall of Fame.

Sandy Koufax est cet athlète incroyable qui domine les Majeures comme personne avant lui. Entre 61 et 66, Koufax remporte trois Cy Young à une époque où un seul pitcher est récompensé.

Pendant 5 ans, il décroche tout ce qu’un lanceur peut obtenir. MVP, World Series, MVP des WS, triple couronne, meilleur lanceur au nombre de victoires, de l’ERA, des strikeouts, perfect game ou encore no-hitter sont tombés dans le gant du gaucher. À moins qu’il s’agisse de celui de Dieu. Allez savoir…

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