Didier Seminet, président de la FFBS : « Le nombre de licenciés n’augmentera qu’avec la structuration de nos clubs »

Le 28 janvier prochain, la Fédération Française de Baseball et Softball tiendra son Assemblée Générale annuelle et déterminera l’équipe dirigeante qui prendra les rênes des sports de batte français pour la prochaine olympiade. Une olympiade qui verra comme principaux défis le retour du baseball et du softball aux Jeux Olympiques, au moins pour Tokyo 2020, et de continuer à redresser une fédération qui était au bord du gouffre, il y a huit ans.

Depuis, le nombre de licencié-es a quasiment doublé et les finances se sont assainies, ce qui devrait permettre à la FFBS de sortir du cercle restreint des fédérations sportives en « situation dégradée » selon les critères du ministère des Sports. Pour autant, si la FFBS est l’une des rares fédérations européennes à connaître un tel dynamisme, les points d’interrogation demeurent. En premier lieu, la situation des championnats nationaux et l’incapacité de l’équipe de France de baseball à franchir un cap en championnat d’Europe.

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Autant de défis que l’actuel président de la FFBS, Didier Seminet, est prêt à relever dans un nouveau mandat. The Strike Out est donc parti à la rencontre de celui qui souhaite également prendre la tête du baseball européen le 4 février prochain et qui a lancé un blog de campagne pour ce faire. Des équipes de France au développement du baseball et du softball, en passant par les championnats nationaux, les jeunes ou le sponsoring, The Strike Out balaie large dans cette interview du président de la FFBS.

Commençons par votre actualité, vous briguez la présidence de la CEB. Quelles sont les raisons qui vous ont conduit à vouloir prendre les rênes du baseball européen ?

Pour la CEB, il n’était pas prévu que je m’engage dans une campagne européenne. Ma dernière expérience avait tourné court. En effet, j’avais préféré démissionner en pleine séance n’étant absolument pas d’accord avec le leadership du board existant. Ce qui motive ma candidature se résume en plusieurs points. Représentation de la France à l’international dans une période où nous sommes olympiques dans un pays candidat à l’obtention des jeux. Pour rappel, la France est à l’origine des créations des Confédérations Baseball et Softball. Replacer la France sur l’échiquier de nos sports à l’international est pour moi une évidence. Ensuite, quand on regarde la situation, on s’aperçoit que nous avons une carte à jouer lors de cette élection.

Le développement associé à une nouvelle gouvernance servira les intérêts de nos fédérations nationales, et bien sûr de la France. Nombre d’idées sont à creuser. Travailler étroitement avec la WBSC est actuellement indispensable, ce qui n’est pas le cas d’aujourd’hui. La CEB et la WBSC ne se parlent quasiment pas. Je pense objectivement avoir l’oreille de notre Fédération Internationale, ce qui est essentiel dans ce genre de campagne électorale.

En parlant d’Europe, les Bleus n’ont pas réussi leur dernier Euro de baseball. Sur notre site, Andy Paz pensait la France proche du top niveau mondial mais elle peine à accrocher le top niveau européen. 25ème nation mondiale, un beau WBCQ 2016, de meilleures préparations… pourquoi les Bleus déçoivent toujours en championnat d’Europe ?

Cette question est essentielle car elle reflète un état d’esprit. L’Équipe de France déçoit ? Ok, mais quel était le classement de la France il y a 7 ans ? 41ème et nous sommes déçus de la voir pointer à la 25 ème place, soit. Évidemment, que le résultat du Championnat d’Europe n’est pas satisfaisant. Qu’avons-nous fait ? Nous avons mis en place, avec la DTN une équipe d’encadrants qui s’inscrit dans la durée. Nous jouons pour le titre, c’est nouveau. Quand on regarde match par match, l’Italie, par exemple, nous ne sommes pas si loin que ça. Fût une époque où nous jouions une place avant le Championnat d’Europe, nous faisions l’impasse sur les équipes soit disant plus fortes. Ce n’est plus le cas aujourd’hui. Aussi étrange que cela puisse paraître, je l’affirme, nous jouons toutes les compétitions pour les gagner. 7ème, 8ème, ça n’a pas d’intérêt. Seule la médaille compte. Je crois en ce projet qui consiste à mettre nos meilleurs lanceurs face aux meilleures équipes.

Quel regard portez-vous sur l’autre équipe nationale vitrine de nos sports, l’équipe féminine de softball ? Où se situe-t-elle actuellement et quelles sont vos ambitions pour elle ?

S’il existe une Équipe nationale qui peut progresser très vite, c’est bien notre Équipe de France de Softball. Il y a 4 ans, nous finissions avant dernier (18ème/19 lors du championnat d’Europe 2013, ndlr). En 2015, nous sommes 9ème avec un match contre les espagnoles qui se joue au Tie break. Si nous gagnons ce match, on joue la médaille. Pour arriver à un objectif de podium, il faut mettre les moyens. Arriver à trouver une égalité de traitement budgétaire est un souhait. Quand je vois, l’ambiance, le travail et la détermination de nos filles, je suis certain que le choix de Céline LASSAIGNE paiera un jour au l’autre.

Le baseball féminin est en train de prendre son envol et on compte de très nombreuses joueuses au-delà des 16 ans (on estime à environ 300 licenciées actuellement). Ne serait-il pas temps de lancer un programme d’équipe nationale à l’instar des néerlandaises ou de notre équipe de France féminine de cricket qui a commencé avec seulement quelques dizaines de joueuses ?

Je mettrais dans les tiroirs de la CEB cette compétition, si je suis élu….

En dessous de nos équipes Senior, les équipes nationales de jeunes. Dès votre premier mandat, vous avez fait de ces équipes une priorité fédérale. Estimez-vous, 8 ans après, avoir réussi ce pari de beaucoup miser sur les jeunes ?

Quand on mise sur les jeunes, on ne peut pas perdre de pari. Cela crée du dynamisme, de l’envie. Tant que je serais Président de cette Fédération, je veillerai à ce que nos programmes « jeunes » soient pérennes.

Pensez-vous que la présence du baseball et du softball est encore possible si Paris a les Jeux ?

Pourquoi encore possible ? Vous avez des infos (sourires) ? Je suis personnellement engagé auprès du mouvement sportif français afin de faire entendre la voix de nos disciplines. Je n’ai pas reçu d’écho défavorable à la présence du baseball et du softball au programme de Paris 2024. Avant tout, il nous faut les jeux, ensuite, nous travaillerons sur le programme sportif.

Le symbole fort de vos deux mandats, c’est d’avoir quasiment doublé le nombre de licences. La FFBS est l’une des rares en Europe à avoir ce dynamisme en la matière. A quoi attribuez-vous ce succès et quelles sont les ambitions pour la prochaine olympiade ? La barre des 20.000 ou 30.000 ?

Il est vrai que c’est un succès, je ne pense pas y être pour grand-chose. Ce sont les clubs qui se structurent et ce sont les clubs qui accueillent les licencié-e-s, pas la Fédération. J’ajoute, sans vouloir dénaturer le résultat, que nous étions tombés tellement bas qu’il nous était impossible de faire pire en terme de résultats. Je veux bien m’accorder le succès de l’amélioration des finances de la Fédération en ajoutant une forme de gouvernance un peu plus dynamique, enfin, je crois et j’espère.

Le nombre de licenciés n’augmentera qu’avec la structuration de nos clubs. C’est pour cela que la Fédération a investi dans le recrutement de personnel au siège à Paris. Elliot FLEYS est à la disposition de toutes les réflexions sur la structure et l’aide à apporter.

Le baseball, et dans une moindre mesure le softball et le cricket, semblent avoir bénéficié d’une meilleure médiatisation depuis 2012. Le buzz Mélissa Mayeux en 2015 a fait beaucoup de bien pour la reconnaissance du baseball français. Pourtant, la FFBS peine à trouver des sponsors financiers d’envergure.

Je me souviens d’avoir rencontré l’entourage professionnel de Teddy Riner et son avocate m’avait dit : « Vous voulez des sponsors ? Gagnez ! ils viendront d’eux-mêmes » Tant que nous ne gagnons pas, difficile d’intéresser des partenaires. Il faut tout de même noter le nombre de partenaires qui se sont rapprochés de la Fédération, un partenariat avec New Era, B45, Macron… ce sont de bons partenariats, ils servent les finances et donc les intérêts de la Fédération.

Point noir de votre dernière olympiade, la première division de baseball et, plus généralement, les championnats nationaux. Avec Toulouse et Chartres qui renoncent d’eux-mêmes à la D1 comme Beaucaire avant eux, les difficultés de la D2, des repêchages parfois hors-limites pour combler les trous, les difficultés financières de nombreux clubs, Savigny toujours sans réel terrain… l’état de nos championnats nationaux semble très préoccupant.

Au risque de vous surprendre, je ne suis pas inquiet. La D2 a été créée pour préparer les clubs à la D1. C’est plus compliqué que prévu, soit. L’avantage de nos championnats peu médiatisés ? Nous pouvons réfléchir, agir sur les formules de manière quasi immédiate. Le Baseball et le Softball français ne se sont pas portés aussi bien depuis bien longtemps, il faut être confiant. Ce que je peux ajouter sur les Championnats réside en quelques questions : Quel Club, en 2017, sur le territoire français veut monter en D1 ? Si vous faites partie des clubs ambitieux , avide de niveau sportif, vous y arriverez. Mais est ce vraiment la situation ? N’est ce pas plus important que les clubs se structurent avant de penser à l’objectif sportif ? En d’autres termes, ne serait ce pas judicieux de réfléchir « structure » plutôt que « sportif » ?

Il ne faut pas nier, non plus, que nous avons des clubs à des niveaux de développement différents. Regardez Rouen, Sénart, La Rochelle, Valenciennes… désolé si j’en oublie… ces clubs se posent aujourd’hui la question de comment accueillir un public, d’autres en sont à chercher un président à élire pour faire tourner leur club. Ces différences sont la richesse d’une situation qui laisse augurer de vrais paris pour l’avenir.

A l’inverse du baseball, le softball semble avoir gagné en stabilité au niveau de ses championnats nationaux avec une vraie dynamique en féminin comme en masculin.

La situation en 2010 ? un tournoi sur un week-end pour déterminer qui est champion…. Aujourd’hui, on a un Championnat, bravo à la Commission Sportive Softball qui travaille à crédibiliser ces championnats. Pour le Soft masculin, ça avance. C’est moins la priorité du moment, je reste très intéressé des suites à donner. De toutes les manières, croire que le Softball est une annexe de la Fédération est une erreur, on revient de très loin.

Quels sont les grands chantiers à mener pour la prochaine olympiade ?

Continuer à faire connaître nos disciplines dans le paysage du sport français; Soutenir les actions développantes de nos clubs, nos Comités Départementaux, nos Ligues, les accompagner ; Organiser des événements sur le territoire ; Avoir un Centre Technique National à St Priest ou ailleurs ; Être qualifiés aux JO de Tokyo, et remporter une médaille olympique !

Après deux mandats successifs, quel regard portez-vous sur l’exercice de la présidence d’une fédération sportive d’un sport mineur en France ?

Je ne suis pas Président d’une Fédération de sport mineur, désolé. Cette question n’est pas pour moi (sourire). C’est une fierté que d’être le Président de cette Fédération devenue Olympique.

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