Postseason 2022 – New York Mets : et maintenant ?

Après 61 saisons de baseball, les Mets se qualifient pour seulement leur dixième apparition en postseason. Une qualification sans surprise finalement, au vu des investissements et des changements opérés dans le Queens depuis le reprise en main du club par Steve Cohen. Une nouvelle mentalité qui pourrait bien emmener les Amazin’ loin en octobre.

The Mets Pyramid of Greatness © twitter@mets

C’est fait. En ce lundi 19 septembre 2022, les Mets mettent officiellement fin à 6 années d’échecs et qualifient en postseason. 6 longues années, dont le seul position player survivant est Brandon Nimmo, qui font encore résonner les noms de David Wright et Jose Reyes. Une qualification au terme d’une 94e victoire tellement « Mets ».

Mais pas le genre narquois que l’on a entendu si souvent par le passé, ou bien « lolMets » comme la saison dernière. Non. Une victoire « à la Mets », nouvelle formule.

Tout d’abord, pour une équipe habituée aux atermoiements du front office, ayant connus 8 GM depuis la dernière qualif en postseason et 4 managers, l’hiver 2021 fut des plus calmes. La nomination de Billy Eppler dès novembre 2021 puis celle de Buck Showalter un mois plus tard furent annonciatrices de changement au sein de la franchise, notamment au niveau de la mentalité des nouveaux arrivants. Un seul mot d’ordre : professionnalisme.

Buck Showalter et Billy Eppler ©sny.com

Rapidement avant le lock-out, les Mets ont pu : signer un ace pour accompagner deGrom en la personne de Max Scherzer; signer Chris Bassitt, lanceur All-Star, pour solidifier la position 3 de la rotation ; signer Starling Marte, une grosse batte pour alléger le poids des épaules d’Alonso; signer Eduardo Escobar et Mark Canha, des contributeurs réguliers pour épauler McNeil et Nimmo. Le but ? Un renouvellement de la mentalité du vestiaire, amener un professionnalisme et un esprit de camaraderie, le tout modelé par Showalter par un savant mélange d’autorité, de connaissances et de disponibilité.

Sur le diamant, des principes de jeu fondamentaux qui avaient été oubliés ont été remis au goût du jour. Du contact, pas forcément du barelling de malade, l’équipe est juste sous la moyenne de la ligue en home-runs, mais des contacts intelligents. A l’opposé du shift, entre une 3e base et un défenseur mal placé. Et du « hustle ». Identifier les faiblesses des lanceurs adverses et voler des bases. Faire durer le plus longtemps possible les at-bats (spécialité de Nimmo, Marte, Canha, McNeil) pour user les lanceurs partants. En découle une attaque dans le top 5 des runs par matchs, la 3e équipe subissant le moins de strikeouts et le 2e OBP par équipe de la ligue.

Luis Guillorme, la perle défensive de l’infield, futur Gold Glove utility player. © twitter@mets

Au niveau personnel, un Jeff McNeil retrouvé, qui remporte le titre de meilleur batteur (le second de l’histoire des Mets, après José Reyes en 2011), et 6 titulaires (sur 9) avec un batting average supérieur à .250. Une défense de niveau Gold Glove de la part de quasiment tous les joueurs, même Alonso en première base !

Le corollaire de ces principes ? L’agacement des lanceurs adverses face aux batteurs new-yorkais. Et une propension à vouloir lancer vers l’intérieur de la strike zone. Conséquence, les Mets sont devenus l’équipe le plus souvent touchée par des lancers adverses dans l’histoire de la MLB. Des bases données mais autant de situations dangereuses et de blessures subies par McCann, Marte, Canha durant la saison.

Malgré tout, cette confiance retrouvée et ce professionnalisme ont permis aux Mets de démarrer la saison en trombe, ne perdant leur première série qu’à la mi-mai à Seattle. Le premier séjour sur la côte Ouest avant le All-Star break fera office d’avertissement, malgré une bonne série face au mètre-étalon, les Dodgers.

4 Mets All-Star. McNeil starter. Pas la meilleure photo des 4. © mlb.com

A l’approche de la deadline, il apparaît clair que les problèmes des Mets se situent aux positions de catchers, où Nido et McCann ne performent pas offensivement, au DH, où JD Davies et Dom Smith ont perdu leur baseball, et dans le bullpen, qui peut vite montrer des signes de faiblesse sous pression (en plus de manquer de lanceurs gauchers).

Mais, fidèle à sa philosophie, Eppler ne fait pas de vagues lors de la trade deadline, et amène des gars solides, à la mentalité collective pour solidifier le banc (Vogelbach et Ruf en DH, Michael Perez en catcher, Mychal Givens en reliever). Le GM ne cède pas aux sirènes Soto / Ohtani et ne vide pas le farm system.

Tout cela est un peu une nouveauté dans le Queens.

S’ensuit une deuxième partie de saison haletante, qui commence avec les Mets ayant 10.5 victoires d’avance sur les Braves pour le titre de Division, et une remontée d’Atlanta pour se retrouver avec une bataille à couteaux tirés pour la couronne de la NL East. Bataille remportée par les géorgiens, les Mets étant victimes de ce qui a fait leur force, les soft contact. Le manque criant de puissance de l’alignement s’est fait sentir face aux canons des Braves. Et le manque d’impact face aux formations plus faibles aura eu raison des espoirs de titres en septembre, lié en grande partie à l’absence de Starling Marte, le leader naturel de l’alignement, blessé au début du mois par un hit by pitch. Mais cette fin de saison aura permis aux jeunes prospect Batty et Vientos de se faire les dents en Majeurs, et au #1 prospect Francisco Alvarez d’avoir ses premiers at-bats (avec un monstrueux HR de 440ft) et ainsi postuler à une place dans le roster des 28 joueurs pour la Postseason.

Voilà, on vous laisse le soin de choisir les 4 pour octobre. ©clutchpoints.com

Et le pitching dans tous ça ? Toujours un des points forts des Mets. Malgré les séjours en IL de Scherzer (200e victoire), et le retour tardif de deGrom (record de 40 départs de 3 ER ou moins), cette rotation a tenu la baraque toute la saison, se permettant un no-hitter combiné, et un choix cornélien pour le 4e de la rotation en octobre, derrière Max, Jake et Chris Bassitt.

L’émergence de Taylor Megill avant sa blessure, la solidité de David Peterson, la stabilité de Taijuan Walker et « Cookie » Carasco sont autant de choix difficiles pour Buck Showalter avant de finaliser son roster de postseason.

Tonton Steve a mis la main au porte-monnaie afin de construire une équipe performante, sur le diamant et dans les coulisses. Même si quelques pièces du puzzle sont manquantes (bullpen, expérience en postseason), les pensionnaires de Citi Field sont équipés pour aller loin en octobre.

Merci à tonton Steve pour le Old Timer Day, une riche idée ©NYTimes

Avec un pitching staff sans douleur, la combinaison deGrom/Scherzer a déjà commencé à terroriser les battes adverses. Et si les batteurs restent consistants à générer de long at-bats et de nombreux « soft contacts », alors le manque de puissance de l’alignement ne sera qu’un mauvais souvenir, dans le sillage d’une fin de saison tonitruante de Pete Alonso et Francisco Lindor, les ayant vus dépasser la barre des 100 RBI, avec le record sur une saison pour le Polar Bear. Du jamais vu dans le Queens depuis 2008 et le trio Delgado, Wright et Beltran.

Attention toutefois à ne pas être à sec au moment inopportun, septembre ayant été une longue litanie. Les Dodgers et les Giants se sont battus pour le titre en NL West jusqu’à la fin de la saison dernière et ont fini le réservoir vide fin octobre. Et cette relative faiblesse au poste de DH, qui a été en chantier toute la saison, s’est avérée cruciale lors des dernières semaines.

La série de Wild-Card face aux Padres promet d’être bouillante, les californiens n’ayant rien à perdre et un alignement sur le papier qui fait peur. L’avantage de jouer les potentiels 3 matchs à domicile en alignant les aces au monticule sera déterminant.

PRONO : NLCS face aux Dodgers, tout est possible à partir de ce moment là. Ce n’est plus de la logique qui prévaut, mais le mental des joueurs. Et les Dieux du baseball. Ou la chance, au choix.


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