Preview 2022 – Boston Red Sox : Stabilité avant tout

Promis au gouffre de l’AL East, les Boston Red Sox ont surpris leur monde en proposant un jeu attrayant et convaincant en 2021, tout en étant officiellement en reconstruction. Et la saison morte a peut être été l’occasion pour les pensionnaires du Fenway Park d’apporter les éléments nécessaires à l’obtention d’un nouveau titre…

Inatendu participant à la postseason, Boston s’est même permis le luxe d’éliminer son ennemi de toujours lors de la WildCard. Pas mal pour une saison annoncée de transition. Photo : Getty Image

Retour sur 2021 : Un seul être vous a manqué…

Après le marasme de la saison 2020, le retour de suspension et la réintégration d’Alex Cora en tant que manager s’est fait naturellement. Et au vu de la stabilité de l’effectif entre 2020 et 2021, on a pu mesurer l’impact du manager sur ses joueurs.

Parti dans un cycle de reconstruction avec la mise en place d’un nouveau Chief Baseball Officier (Chaim Bloom), l’effectif des Red Sox a montré un orgueil et une fierté qui ont fait grand plaisir à l’exigeant public bostonien, enfin de retour à Fenway Park.

Chaim Bloom (g) et Alex Cora (d)  ©Boston Globe

La saison régulière a vu le retour en forme de l’ancien J.D. Martinez (.286/.349/.518, 28 HR, 99 RBI), sorti comme une bombe du Spring Training avant de marquer le pas en fin de saison, mais comme beaucoup de ses confrères n’ayant plus disputés 162 matchs depuis 2 ans.

Bogaerts et Devers ont été les fers de lance de l’attaque, Devers prouvant au passage que le développement des prospects bostoniens se passe bien. C’est une équipe retrouvée qui a fini 5e de la ligue en Run Scored / Game (5.12), 3e en Hits totaux (1434), 10e en HR (219), 3e en batting average (.261) et 7e en OPS+ (104) durant la saison régulière. Cette attaque performante, elle existait déjà, et ce n’était pas le souci. Le chantier était, semblait-il, le pitching staff. Et Chaim Bloom insiste sur la nécessité de son amélioration.

Et bien, ces lanceurs, ce sont sur leurs épaules que l’attaque a pu se hisser pour viser les 90 victoires (92-70).

Dans le sillage d’un Nathan Eovaldi de folie (182.1 IP, 11-9, 3.75 ERA, 195 SO, 4.6 WAR) et du retour encourageant de Chris Sale (42.2 IP, 5-1, 3.16 ERA, 52 SO), le pitching staff s’est retrouvé avec des moyennes d’ERA (4.26) et d’ERA+(111) de retour dans les moyennes de la ligue. A cela, on a pu ajouter une troupe de releveurs de qualité, le closer Matt Barnes (54.2 IP, 24SV, 13.8 SO/9) ne touchant pas terre en début de saison et le rookie Garrett Whitlock (73.1 IP, 8-4, 1.96 ERA, 81 SO) longtemps outsider pour le trophée de ROY.

Galvanisés par une fin de saison régulière disputée le couteau entre le dents, les Red Sox sortiront leurs éternels rivaux Yankees au cours d’un Wild Card Game tendu, puis surferont sur la vague d’euphorie ambiante (et un Kike Hernandez en mode Big Papi) pour sortir les Rays en ALDS. La belle aventure s’arrêtera face aux Astros en ALCS. Avec des certitudes et des bases solides pour la suite…

La saison 2022 : Construits pour durer

Peu de mouvement dans l’effectif bostonien. Le retour de Jackie Bradley Jr après sa pige d’un an aux Brewers permet aux Red Sox de la flexibilité dans le champ extérieur, ce que n’offrait pas Hunter Renfroe (parti en échange de Bradley).

Michael Wacha a été signé en provenance des Rays pour ajouter de la profondeur à la rotation, ainsi que Rich Hill et James Paxton. Ils se battront avec Eovaldi, Sale, Pivetta et Richards pour être les titulaires, avec les ombre des rookies Garrett Whitlock (Rule 5 draft piqué aux…Yankees),Tanner Houck et Brayan Bello (#5 prospect de l’organisation) planant sur le fond de la rotation, et celle d’Eduardo Rodriguez (parti à Detroit, champion en 2018 avec Boston) flottant tel un spectre en cas de début de saison catastrophique.

Tanner Houck (g) et Garrett Whitlock (d) ©The Athletic

Les jeunes Whitlock et Houck seront les pierres angulaires de la cohorte de releveurs essentiellement gauchers, avec Matt Barnes et les fraichement arrivés Jake Diekman et Matt Strahm.

Le reste de l’effectif est inchangé, il faudra plutôt regarder du côté des prospects et de leurs probables intégrations en fonction des fins de contrats des stars :

  • La 2B est le point faible ? Chaim Bloom a fait taire ceux qui lui reprochaient de gérer le club en bon père de famille, en signant Trevor Story pour 6 ans. Le shortstop en provenance de Denver, jouera 2B, au moins cette saison, en attendant l’intégration du prospect n°2 des Bostoniens, Nick Yorke (#17 draft 2020). Et l’addition de Story permet aux Sox d’avoir un des infields les plus explosifs de la ligue.
  • Bogaerts optout de sa dernière année de contrat et devient free agent en fin de saison ? La signature de Story permet de prévenir ce cas de figure, même si Bogaerts a déclaré son amour à Boston récemment. Marcelo Mayer, le n°4 de la draft 2021 et prospect #18 du pays (et #1 des Red Sox), est dans les starting-block, et sera fin prêt dans le cas où Story opt-out dans 4 ans.
  • La 1B est libre ? Bobby Dalbec a eu une première saison complète plus qu’honorable (.240/.298/.494, 25HR, 78RBI) et peut (va ?) encore progresser. Derrière lui pointe Triston Casas, qui maintient ses statistiques quelques soit le niveau de Minors dans lequel il joue. Et ce sont d’excellentes stats.
Nick Yorke (haut, g), Brayan Bello (haut, d), Triston Casas (bas,g) et Marcelo Mayer (bas,d) ©Boston Red Sox

Avec de nombreux joueurs dans leur « Exit Year » avant la free agency (C Christian Vasquez, SP Nathan Eovaldi, UP Kike Hernandez, DH JD Martinez, SS Xander Bogaerts opt-out), beaucoup d’entre eux voudront montrer leur valeur, la faire monter même, et risquent de sortir les performances d’une carrière.

La saison se jouera sur la capacité de Chaim Bloom et Alex Cora à jongler entre les stars vétérans et l’intégration de leurs futurs remplaçants, tout en gardant une dynamique positive. Et au vu des saisons précédentes, les fans de Beantown peuvent être optimistes. Attention tout de même à la rotation qui peut paraître faible vis à vis de la concurrence dans l’AL East.

L’équipe (probable) pour l’Opening Day :

  • Starting Pitcher : Nathan Eovaldi
  • Catcher : Christian Vazquez
  • First Base : Bobby Dalbec
  • Second Base : Trevor Story
  • Shortstop : Xander Bogaerts
  • Third Base : Rafael Devers
  • Left Field : Alex Verdugo
  • Center Field : Kiké Hernandez
  • Right Field : Jackie Bradley Jr.
  • Designated hitter : JD Martinez

Le joueur à suivre : Trevor Story

Il y a des signes qui ne trompent pas. Avant de signer Trevor Story pour 6 ans et 140M $, Chaim Bloom n’avait pas donné de contrat de plus de 2 ans et 10M $ (Matt Barnes). Mais après une saison au-delà des attentes et la perte des battes droitières de Schwarber et Renfroe, un ajustement devait être fait.

Le natif d’Irving, Texas s’amène à Fenway Park au sortir d’une saison en demi-teinte pour lui, avec une moyenne au bâton et un OPS en baisse (.251 et .801) mais ayant tout de même envoyé 24 HR et 34 doubles en 142 matchs.

Il arrive à Boston dans un rôle différent, Alex Cora ayant bien pris soin de préciser que « Story n’aura pas à porter l’offensive comme il le faisait à Denver, il arrive au sein d’un groupe ayant un vécu et une alchimie, et sera une valeur ajoutée ».

Oh ! On voit la mer ! ©AP

Et bien que ses statistiques en carrière soient meilleures à domicile qu’à l’extérieur (.303/.972 OPS vs .241/.752 OPS), sa tendance de « pull hitter » (frappeur qui envoie la balle du côté où il frappe) devrait générer de très nombreux doubles sur le « Green Monster ». Et les frappeurs sortant de Denver, au contraire de la croyance commune, améliorent leurs stats générales comparées à celles qu’ils avaient à l’extérieur durant leur carrière au Rockies

Pour ne rien gâcher, Story apporte une bonne dose de vitesse, un voleur de bases qui manquait dans l’alignement des Red Sox.

Néanmoins apprendre une nouvelle position durant un Spring Training pourrait être un problème, mais la transition SS/2B ne sera que bénéfique pour Story, qui sort d’une blessure au coude, et qui profitera donc d’une position qui lui permettra de moins solliciter son bras en défense, avec des lancers vers la 1B plus courts.

On peut donc s’attendre à une année offensive sans précédent de la part du texan, n’étant plus le seul cheval qui conduira l’offensive de son équipe.

La star : Rafael Devers

1er de l’équipe en runs scored (101), en hits (165), en RBI (113), en home-runs (38), en walks (62), en OPS+ (138), en total bases (318), tout en maintenant une slash line impressionnante (.279/.352/.538), le dominicain a clairement pris le leadership offensif de l’équipe en 2021.

Le natif de Sanchez en République Dominicaine n’est qu’à sa troisième saison complète (si on compte 2020 comme complète) après avoir été signé à 16 ans par les Red Sox en 2013. Le jeune prospect est alors considéré comme le meilleur batteur gaucher international, et Boston remporte la mise.

Entre 2014 et 2017, il peaufine son jeu en minors, maintenant régulièrement une moyenne au bâton au-delà de .300. Plus impressionnant, sa défense en 3B est bien au-dessus de la moyenne, ce qui provoque son appel en majeurs durant l’été 2017, 3 jours après le renvoi du Panda, Pablo Sandoval.

And it’s goooone ! ©AP / Charles Krupa

Le (encore) jeune (né en 1996) troisième base a repris en 2021 le rythme qu’il avait commencé à imprimer en 2019 (meilleur en doubles et total bases de la ligue), pour ajouter un titre de Silver Slugger et une sélection All-Star. Ses performances en postseason (3 HR, 14 RBI en 2018 et 5HR, 12 RBI en 2021) ont définitivement scellé son statut de star à Boston. Et quand le joueur effectue des déclarations de cet acabit, le public ne peut qu’être à fond derrière son 3B.

Avec l’avenir de Bogaerts en suspens, Devers est l’ancre de l’infield des Red Sox pour le présent et les prochaines années.

Prono :

Pourquoi tout chambouler quand on sort d’une saison réussie ? C’est sûrement ce que se disent les têtes pensantes du front office des Red Sox, vu les faibles mouvements opérés durant cette free agency tronquée. Et quand on possède le farm system qui a le plus progressé dans les classements (passant de la 20e à la 10e place en moyenne), on peut voir le futur sereinement.

Quand bien même, dans une AL East extrêmement touffue, la bataille risque de faire rage jusqu’au prémices de l’automne pour les accessits en playoffs. La bonne forme des lanceurs sera déterminante dans le bon déroulement d’une saison de tout les dangers au sein de la division la plus homogène de la ligue (Orioles mis à part)

Est-ce que la politique économe du front office sera la bonne ? Réponse début octobre 2022

Projections Fangraphs : 4e d’AL East, 83 victoires 79 défaites


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