Preview 2022 – New York Mets : Time to shine

Fort de leur nouveau richissisme propriétaire, les Mets s’avançaient plein d’espoirs pour 2021. Malheureusement dans le Queens rien ne se passe jamais comme prévu. Entre blessure de la star DeGrom et méforme de Francisco Lindor, la recrue phare, la franchise de New-York a énormément déçu. Pour la 2e année de l’ère Cohen, le ménage a été fait, le recrutement a été intelligent entre star et hommes de devoirs. Tout semble en place pour que les Mets reviennent au premier plan de la MLB.

Saison 2021

Steve Cohen, le nouveau propriétaire des Mets a décidé de mettre la main à la poche. Mais pas n’importe comment. Photo : Yahoo Sports

L’arrivée de Steve Cohen a enveloppé les fans des Mets dans un drap de grands espoirs. Surtout que le milliardaire a joint les actes à ses paroles et a sorti le portefeuille dès sa première année. C’est ainsi qu’avant cette saison 2021, Francisco Lindor signe avec la franchise du Queens avant de parapher un megadeal historique (10 ans et 341 millions, le 3e plus gros de l’Histoire) . Il est censé apporter sa fougue et son talent à une attaque trop souvent portée par le seul Pete Alonso. On a également offert un très bon contrat au receveur James McCann, très bon chef d’orchestre d’une rotation et batteur solide.
Au niveau de la rotation, les espérances sont grandes. Jacob DeGrom est accompagné par des acolytes de standings avec Carlos Carrasco, Marcus Stroman et Taijuan Walker. Et dans le bullpen, Trevor May arrive pour soutenir Edwin Diaz dans les fins de matchs.

Sur le papier tout est donc réuni pour que les Mets retrouvent enfin la postseason. Oui mais voilà, au fil de son Histoire la franchise, nous a montré qu’on ne suit jamais le scenario dans le Queens. D’ailleurs pour en savoir sur l’épopée rocambolesque des Mets retrouvez notre épisode consacré d’En Toute Franchise, la série de podcast qui part la découverte de l’Histoire des franchises de MLB. 

Jacob DeGrom était parti sur des bases historiques avant de se blesser. Et d’emporter avec lui à l’infirmerie les espoirs des fans des Mets. Photo

Et pourtant, le début de saison est plutôt bon pour les Mets, grâce notamment à un mois de mai de haute voltige (17 victoires et 9 défaites). On se retrouve donc fin juin, avec nos amis du Queens en tête de leur division avec un bilan de 42 victoires pour 36 défaites et 2.5 rencontres d’avance sur les Nationals. On se dit que pour une fois, les Mets vont suivre le script. Oui mais voilà, c’était trop beau pour être Mets. Le 7 juillet c’est le drame. Jacob deGrom alors en plein cœur d’une saison historique se blesse et ne retrouvera plus le monticule. New-York voit donc s’envoler un lanceur qui tournait à 1.08 d’ERA et qui se voyait déjà battre les records de Bob Gibson.

Evidement perdre un lanceur de ce calibre cela refroidit les ambitions. D’autant que jusque là, ses acolytes de la rotation voguaient dans son sillage. Walker par exemple se mettait au diapason et sortait sa meilleure saison en carrière. Ainsi au 9 juillet, l’ancien Mariner, affichait un ERA de 3.06. Suffisant pour lui ouvrir les portes de son premier All-Star Game. Mais après la blessure de DeGrom, Walker ne parviendra pas à maintenir ce niveau. Il déclinera lentement pour finir la saison avec un ERA respectable de 4.47. En revanche il y en a un qui a été constant toute la saison et qui a porté la franchise et la rotation sur son dos même en l’absence de l’ace DeGrom. C’est Marcus Stroman.

Marcus Stroman a été l’un des seuls à la hauteur pour les Mets en 2021. Photo DR

Après avoir décidé de ne pas jouer lors de la saison 2020, en pleine pandémie, le numéro 0 des Mets va signer LA meilleure saison de sa carrière. Au meilleur moment, puisqu’il sera agent libre à la fin de la saison. Revigoré après ce break, il termine 2021 avec un ERA de 3.02 et sans avoir manqué un seul match (33 départs sur 33 possibles). D’autres protagonistes joueront également un bon rôle dans ce film. Rich Hill arrivé durant l’été remplira largement son rôle en sortant 12 starts de très bonne facture sous la tunique des Mets (3.84 d’ERA en 12 départs). On peut également citer le rookie Tylor Megill. Pour sa première saison dans l’élite, il signe un exercice sérieux avec 4.52 d’ERA. Suffisant pour s’offrir une place dans la rotation l’année prochaine.

Inattendu le rookie Tylor Megill a été une bonne surprise sur le monticule des Mets. Photo : Noah K. Murray | AP Photo

Bref la rotation aurait pu atteindre des sommets avec DeGrom, sans lui elle rentre dans le rang.

Le bullpen, lui aussi a été bon mais sans exceller non plus. Edwin Diaz affiche bien 32 sauvetages au compteur, pourtant son ERA de 3.45 laisse entrevoir des failles de régularité. Trevor May a été dans ses standards avec un ERA de 3.59. Tandis que Miguel Castro (3.45 d’ERA) et Jeurys Familia (3.94) ont été de solides contributeurs. En revanche Aaron Loup a été stratosphérique en signant la meilleure saison de sa carrière avec un ERA microscopique de 0.95. Ces cinq joueurs ont été le cœur du bullpen puisqu’ils ont été utilisés entre 63 et 69 fois. Souvent critiqués par le passé, les releveurs ont moins de choses à se rapprocher qu’auparavant. Comme je l’ai dit, ils ont été plutôt bon (top 10 de la MLB en terme d’ERA collectif). Mais juste bon ca ne suffit plus en MLB. Surtout quand ton attaque est à l’agonie.

Car oui, c’est bien les batteurs qui ont plombé la saison des Mets. 6e pire moyenne au bâton de la National League, 4e pire attaque de MLB en points marqués (636) et avant-dernière en coup sûr (1243). J’aurais pu continuer mais vous avez compris le message. Francisco Lindor a été à l’agonie en 2021. Censé porter le projet, la franchise et l’attaque des Mets, la pression new-yorkaise a semble-t-il rattrapé le Portoricain. Il signe sa pire saison en carrière et très loin de ses standards. Il termine avec une moyenne au bâton de .230, 20 HRs et 63 RBIs.

Mais il ne faut pas seulement pointer du doigt le numéro 12, ses compagnons offensifs n’ont pas été à la hauteur non plus. Michael Conforto (.232/14HRs/55RBIs) a lui aussi eu bien du mal à exister. Même la machine à monter sur base, Jeff McNeill (.251 et un petit .319 d’OBP) a semblé rouillé. Si McCann a certes bien manœuvré son pitching staff, la preuve avec les ERA ; mais offensivement il n’a pas été digne de son contrat (.232/10HRs/46RBIs). Seul, une nouvelle fois, Pete Alonso a semblé à son niveau. Il termine avec 36 HRs et un respectable .262 à la batte.

Durant l’été, le front office des Mets va bien essayer d’injecter du sang neuf à cette attaque pour essayer de la relancer. Allant même jusqu’à recruter l’ami de Francisco Lindor. C’est ainsi que Javier Baez débarque à New-York. Et si au niveau statistiques, il a répondu présent dans le Queens (.299/9HRs/22RBIs en 47 matchs). Il n’a pas pu s’empêcher d’être au cœur de la polémique.

En effet l’ambiance au Citi Field était déjà tendue avec des sifflets à l’encontre des joueurs des Mets. Ce à quoi le nouveau venu n’a pas trouvé mieux à répondre qu’à faire ce geste. Provoquant ainsi l’ire des supporters. Quand l’attente et l’espoir se transforment en haine.

Au final dans cette NL East ultra compact et serrée, les Mets finiront avec un bilan de 77 victoires contre 85 défaites, bien loin d’une wildcard et à plus de 11 matchs du futur vainqueur des World Series, les Braves.

Du coup Steve Cohen et son président Sandy Alderson décident de faire un grand ménage dans l’intégralité de l’organisation.

La saison 2022 

Autrefois concurrents et partenaires au All Star Game, Jacob DeGrom (à gauche) et Max Scherzer (à droite), deux des meilleurs lanceurs de la MLB, seront désormais partenaires en club. Photo DR

Pour sa 2e saison, Steve Cohen a décidé de faire une nouvelle fois en grand. Après avoir travaillé avec les restes de l’ancien régime, cette fois le richissime propriétaire des Mets, a pu placer ses hommes et ses choix. Nouveau Général Manager, Billy Epler (en attendant David Stearns des Brewers ?), un nouveau coach d’expérience Buck Showalter et du renforcement dans les bureaux. Cette fois plus d’excuse possible, ces Mets, ce sont les Mets selon Steve Cohen. Mais comme tout ne se joue pas que dans les bureaux.

L’homme de 65 ans, à également une nouvelle fois pioché dans son portefeuille XXL pour renforcer sa franchise de cœur. Et il n’a pas fait dans la demi-mesure puisqu’il est allé s’offrir les services de tout simplement l’un des meilleurs lanceurs de sa génération. Celui qui serait sur le Mont Rushmore des lanceurs des années 2010-20. Un certain Max Schezer. Et on ne va pas se cacher qu’un binôme Scherzer/DeGrom ça fait froid dans le dos. Il vient remplacer numériquement Marcus Stroman, parti chez les Cubs. Et même si Stroman est un lanceur élite, Max Scherzer est un sérieux upgrade. Même à 37 ans, il reste au sommet de son art et a terminé 2021 avec un ERA de 2.46 ainsi que 34.1% de strikeout. Ace dans n’importe quelle autre franchise, Scherzer sera bien derrière DeGrom, le visage de la franchise. On reviendra sur lui, un peu plus tard.

Mais ce n’est pas fini. Pourquoi s’arrêter en si bon chemin. C’est ainsi que Chris Bassitt arrive lui aussi dans la Big Apple en provenance des Athletics. En échange de deux jeunes lanceurs (dont le 5e meilleur jeune des Mets, JT Ginn). Ce n’est pas celui qui fait le plus de bruit en MLB, mais il est l’un des lanceurs les plus efficaces et réguliers. Depuis 2019, il affiche un ERA de 3.26, soit le 15e meilleur de MLB. Pour la petite info sur la période le premier est … DeGrom et le 5e … Scherzer. On se retrouve avec trois lanceurs qui seraient aces dans n’importe quelle autre franchise.

24e coach de l’Histoire des Mets, Buck Showalter arrive avec un CV bien rempli et une expérience reconnue. Et si c’était ça le meilleur recrutement des Mets ? Photo : DR

Au niveau du bullpen, on prend les même et on recommence. Simplement Adam Ottavino vient remplacer numériquement Aaron Loup. Le pitching qui était déjà LA force des Mets, se voit bien renforcer et du côté de la MLB on peut s’inquiéter de ce groupe de haute voltige.

Si on s’est bien renforcé au pitching, l’attaque n’a pas été négligée. Trois joueurs arrivent donc dans l’alignement du Queens. Et on a été plutôt intelligent dans le Front Office puisqu’on n’est pas allé chercher forcement des stars pour continuer des les empiler. On sait que ca ne marche pas toujours (coucou les Dodgers). Mais on a pris des joueurs utiles et qui « feat » avec les besoins de l’équipe. C’est à dire des joueurs capables de monter sur bases, afin d’offrir des opportunités aux batteurs comme Alonso et Lindor. Ainsi Eduardo Escobar et Mark Canha remplissent parfaitement ces critères. Ils sont aussi très polyvalents défensivement.

Enfin, on a signé l’un des joueurs les plus sous-côtés de 2021, Starling Marte. Il a ébloui la MLB la saison passée entre Miami et Oakland que ce soit avec sa moyenne au bâton (.310) ou bien ses vols de base (47, record de la saison). Il sera parfait en tant que « leadoff »  et apporte une nouvelle dimension à l’attaque des Mets. On pourra finir avec le renfort de Robinson Cano. Le joueur a été suspendu toute la saison 2021 pour dopage et revient en 2022. Il pourrait jouer en DH ou en 2e base, et on verra s’il a gardé son talent à la batte qui pourrait être un atout non négligeable.

Une nouvelle fois, il y a de quoi s’extasier devant cette équipe des Mets. Il y a du talent de partout, des stars, un entraineur de renom.

La Star  

C’est le visage de la franchise des Mets et sans doute le meilleur lanceur de la MLB actuellement. Encore faut-il qu’il puisse rester en bonne santé. Photo : Adam Hunger/Getty Images

Il commence à avoir une ribambelle de stars du côté du Queens. Mais si Scherzer, Lindor et autres Marte seraient LA star dans une majorité d’autres franchises, ici, au Citi Field, ils sont obligés de s’incliner face à Jacob DeGrom.

On l’a dit le lanceur était parti sur des bases historiques en 2021 avant de se blesser au coude. Et c’est bien là le problème avec DeGrom. Capable de lancer avec consistance à plus de 160 KM/h (100MPH) et d’être un batteur correct, son corps semblait ne pas pouvoir suivre le talent du floridien. Surtout, pendant de nombreuses saisons, il semblait porter sur ses épaules le poids de sa franchise. Un fardeau bien trop lourd pour un seul homme. En 2021, cela a commencé à s’inverser avec Lindor et Stroman notamment.
Désormais en 2022, avec Schezer pour l’épauler, ce poids devrait être un peu moins écrasant. Il pourra sans doute doser ses efforts sachant que Scherzer et même Bassitt seront là pour tenir la baraque. Lorsqu’il est en bonne santé, il est l’un des meilleurs lanceurs de la Ligue, si ce n’est le meilleur. Preuve en est son ERA en carrière affiche un affolant 2.50. D’autant qu’offensivement, l’attaque des Mets semble bien meilleure que par le passé, où cette dernière avait pour mission de ruiner les starts de DeGrom. Le numéro 48, n’aura plus besoin d’être historique pour gagner des matchs. Et c’est bien ça le plus effrayant.

Le joueur à suivre

Arrivé en grande pompe et avec un des plus gros contrats de la MLB, on attendait beaucoup de Lindor. Malheureusement, il n’a pas été au niveau. Simplement une saison d’adaptation ? Photo DR

.Vous ne m’en voudrez pas de tricher ici cher lecteur. Puisque je vais ici parler d’un joueur qui aurait eu sa place dans la section précédente. Je parle ici de Francisco Lindor. Arrivé pour être le visage de la franchise, le Portoricain a eu du mal à s’adapter à l’atmosphère particulière de New-York. Lui qui vient de Cleveland et son ambiance plutôt cool. Son énorme contrat n’a pas non plus aidé. En 2021, il a été en dessous de tout et difficile de faire pire (.230 à la batte, 20HRs et 63 RBIs)
On en attend plus de celui qui a le niveau pour être un candidat MVP. Allez, on va dire que cette première saison fut celle de l’adaptation. Pour sa 2e année, il faut retrouver ses standards. Mais au vu du talent du garçon, on ne s’inquiète pas trop.

Prono 

Lindor/Alonso, le combo offensif parfait ? Photo DR

Après l’immense déception de 2021, les Mets semblent prêts à passer à la vitesse supérieure. Pour la 2e saison de l’ère Cohen, la franchise semble en bien meilleure position. Que ce soit au niveau de l’organigramme que sur le terrain. Un duo de choc sur le monticule, une attaque qui semble enfin complémentaire et un front office au diapason. Tout semble en ordre pour que les Mets redeviennent compétitifs. Mais attention, la NL East est loin d’être un long fleuve tranquille. Les Braves, champions en titre, seront encore là et les Phillies, eux aussi ont faim. Il faudra être fort, régulier et surtout protéger DeGrom. Mais ça c’est sur le papier, on commence à le savoir désormais, dans le Queens rien ne se passe comme prévu.

Prono TSO : 2e de NL East, 90-72

Projections Fangraphs : 2e de NL East 88-74


2 réflexions sur “Preview 2022 – New York Mets : Time to shine

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