1998, l’été des Home Runs

1998 a été une année particulièrement haletante pour la MLB. Les Yankees de New York ont gagné leur 24ème titre, après avoir gagné 114 matchs de saison régulière. Cependant, ce n’est pas le sacre des Bronx Bombers qui nous intéresse aujourd’hui, mais la folle chasse au record de home runs en une saison que se sont livrés deux joueurs : Sammy Sosa et Mark McGwire.

Les deux protagonistes de cette course : Sammy Sosa des Cubs et Mark McGwire des Cards

Sammy Sosa est né le 12 novembre 1968 à San Pedro de Macoris, en République Dominicaine. Il intègre la MLB en juin 1989 avec les Texas Rangers en tant que champ extérieur. En juillet de cette même année, il est échangé aux White Sox de Chicago par le propriétaire des Rangers de l’époque, qui n’est autre que George W. Bush, futur président des Etats-Unis. Échange qu’il avoue avoir regretté… Décevant, il est échangé aux voisins des Cubs en 1992, avec lesquels il progresse tous les ans, au point d’en devenir l’un des joueurs majeurs. Il finira sa carrière aux Orioles puis aux Rangers, sans briller.

Né le 1er octobre 1963 à Ponoma en Californie, Mark McGwire commence sa carrière en MLB chez les Athletics d’Okland en 1986 comme 1ère base. Avec 49 home runs et 116 RBI, il est élu Rookie de l’année, un an seulement après son coéquipier José Canseco. Cette doublette de joueurs est surnommée les « Bash Brothers », frappant de nombreux HR durant leur association. En 1997, il est transféré en cours de saison aux Cardinals de Saint Louis, avec lesquels il frappera 34 home runs. Il prend sa retraite en 2001, avant de revenir dans la ligue en tant que hitting coach, d’abord chez les Cards, puis chez les Dodgers, terminant bench coach chez les Padres. 

Roger Maris

1998 marque l’apogée de ces 2 frappeurs d’exception, qui se battront pour le titre de meilleur frappeur tout au long de l’été, faisant oublier au passage le record de Home Runs en une saison détenu depuis 1961 par Roger Maris avec 61 coups de circuit. Un record qu’il avait lui-même chipé à Babe Ruth (60, 1927) lors du dernier match de la saison régulière.

La saison commence le 31 mars pour les Cards, et elle commence fort pour McGwire : quatre home runs dans ses quatre premiers matchs. Sosa ne frappera son premier coup de circuit que le 4 avril.

Durant dix jours, Mc Gwire n’en frappera aucun et il doit attendre le 14 avril pour de nouveau frapper. Mais quelle frappe : trois HR contre les Dbacks lors de cette journée ! Pour sa part, Sosa frappe ses HR dans la deuxième partie du mois, et fin avril, le score est de 11 – 6 en faveur du frappeur des Cards.

En mai, Mc Gwire réalise de nouveau un match à trois HR contre les Phillies, portant son avance à 24-9 au 24 mai. Sosa réagit et frappe fort en envoyant deux balles dans les tribunes dans deux matchs consécutifs (le 25 contre les Braves et le 27 contre les Phillies). L’écart fin mai est tout de même de 27-13 en faveur de Mc Gwire.

Juin sera le mois de Sosa, avec notamment un match à trois HR le 15 contre les Brewers, ainsi que trois matchs à deux HR : le 1er contre les Marlins et les 19 et 20 juin, toujours contre les Phillies. Il frappe également un home run dans chacun des trois premiers matchs du Crosstown Classic contre les White Sox. Il frappera en tout vingt HR durant ce mois, contre dix à McGwire, ce dernier menant tout de même 37-33, en frappant régulièrement un HR tous les deux, trois jours.

Sammy Sosa en juin 1998

Le match reprendra après le All Star Break. C’est McGwire qui ouvre les hostilités, avec encore deux HR en deux matchs (le 12 contre les Astros et le 17 contre les Dodgers), puis de nouveau deux HR le 17 contre les Dodgers. Sosa réagit en fin de mois avec, entre autres, deux HR le 27 juillet contre les Dbacks. 45-42 pour Mc Gwire.

En août, Sosa frappera deux matchs à deux HR : le 10 contre les Giants, le 23 contre les Astros. Mc Gwire une seule fois (le 19 contre les Cubs), et deux HR le lendemain contre les Mets, mais en doubleheader (un à chaque match). Les deux joueurs se rendent coup pour coup, au point que le mois d’août se termine par une égalité parfaite : 55 -55.

C’est donc septembre qui va départager les deux frappeurs. Et c’est McGwire qui frappe le premier : deux HR le 1er, et deux le lendemain également. Ce sont les Marlins qui en font les frais. Sosa réagit le jour même, frappant une fois, puis une autre fois le lendemain. Mais c’est McGwire qui égalera le record de Maris en frappant son 61ème HR de la saison le 7 septembre, contre les Cubs. Et le lendemain, toujours contre ces mêmes Cubs, il battra le record en frappant son 62ème HR de la saison. 

Sosa réagira immédiatement, en frappant quatre coups de circuit en trois jours, tous contre les Brewers, égalisant ainsi à 62 partout. Il passera même devant McGwire le 25 septembre, menant 66 – 65. Mais il s’arrêtera là et ne frappera plus de HR sur les deux derniers matchs de la saison. McGwire le rattrapera quelques heures plus tard et finira en boulet de canon avec deux HR sur chacun des deux derniers matchs de la saison contre les Expos de Montréal.

C’est donc McGwire qui a gagné cette folle course avec 70 home Runs, contre 66 à Sosa.

McGwire paradant au Bush Stadium dans sa Chevrolet offerte pour célébrer son 62ème HR

Cette folle course au record de home runs a passionné l’Amérique, et a permis à la MLB de se relancer, après le lock-out de 1994-1995 qui avait fortement terni l’image des franchises et des joueurs. Les fans avaient en partie déserté les stades, et les audiences télés étaient en chute libre. Le record de McGwire ne tiendra que 3 ans, et il sera battu dès 2001 par Barry Bonds des San Francisco Giants.

Malheureusement, nous savons aujourd’hui que cette course n’était pas si saine que cela…

Les performances des joueurs, frappant de plus en plus de home runs en une saison, sans parler de certaines morphologies qui changent, en particulier celles des « cogneurs », ont éveillé beaucoup de soupçons. Cependant, à cette époque, les tests antidopage étaient rares, voire inexistants. De plus, depuis le début des années 1990, les stéroïdes étaient disponibles aux États Unis en vente libre, comme compléments alimentaires. La MLB a bien fait passer un mémo aux franchises et aux joueurs, disant que la prise de ces produits était interdite, mais elle n’a pas mis en place les tests et les sanctions nécessaires.

C’est avec l’affaire « BALCO » que la vérité va éclater.

Rappel des faits : un appel téléphonique anonyme accusa des athlètes d’avoir recours à des produits dopants indétectables lors des contrôles, désignant Victor CONTE, directeur du laboratoire BALCO, comme organisateur du trafic. Nous savons désormais que cet appel anonyme venait de Trevor Graham, un entraîneur d’athlétisme (il fut l’entraîneur et le mari de Marion Jones, tombée pour dopage). Beaucoup de sports étaient touchés, dont le baseball. Une enquête fut diligentée, et de nombreux joueurs furent auditionnés en mars 2005, dont McGwire et Sosa. McGwire refusa de répondre aux questions, invoquant le 5ème amendement. Sosa répondit évasivement aux questions, en espagnol ou en anglais par le biais de son avocat, et déclara n’avoir jamais pris de produits améliorant les performances.

L’audition de joueurs devant le congrès. McGwire est avec ses lunettes, Sosa est au fond.

A la suite de son interrogatoire, José Canseco, l’ex comparse de McGwire aux A’s publie un livre dans lequel il avoue avoir pris des produits interdits, parmi lesquels des stéroïdes, et en avoir fourni à ses coéquipiers, dont… McGwire. Barry Bonds finira également par tomber pour avoir pris de la testostérone et des stéroïdes anabolisants. Il sera même poursuivi pour parjure en raison de ses mensonges devant un jury.

McGwire finira par avouer le 11 janvier 2010. Il déclara avoir consommé des stéroïdes pendant une bonne partie de sa carrière. Les premières fois, ce fut durant l’inter-saison 1989-1990, puis il en consomma régulièrement à partir de 1993, y compris durant la saison 1998… Mais il n’eut aucun regret sur le sujet, déclarant même qu’il aurait battu ce record sans même avoir besoin de prendre des produits dopants, et que sa consommation de stéroïdes était uniquement pour raisons de santé, afin d’éviter les blessures.

Sosa, lui, n’a jamais avoué, mais de forts soupçons pèsent sur lui, avec un prétendu test positif en 2003, non rendu public à l’époque selon le New York Time.

Le record de 73 home runs en une saison de Barry Bonds tient toujours, et n’a pas été effacé des tablettes malgré les aveux de dopage. Cependant, cette course aux home runs, et donc au dopage, a fort probablement coûté à tous ces protagonistes leurs places au Hall of Fame…

Fabryzzo

Pour revivre cette folle course, via le documentaire ‘Long Gone Summer » et suivre la saison régulière de MLB, Abonnez-vous à ESPN Player en suivant ce lien https://bit.ly/ESPNStrikeout


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