The Strike Out Looking N° 1 – Lynn Nolan Ryan Jr, “The Ryan Express”

La beauté du baseball se conjugue au présent, au futur, mais aussi et – presque surtout – au passé. Simple ou composé, quelquefois plus-que-parfait et parfois bien plus qu’imparfait . Un siècle et demi d’histoire du National Pastime a semé des milliers d’histoires, parfois merveilleuses et parfois tragiques, de trajectoires météoriques et de destins brisés. Tout autant d’épisodes de la grande comédie sportive et humaine que fut et qu’est le baseball. Alors, chaque semaine, nous allons nous détourner quelque temps des Trout et deGrom, des Tatis et autres Kershaw, pour rendre visite aux légendes du jeu. Un voyage à travers le temps, les époques du baseball. Aujourd’hui, rendons hommage à une carrière qui a traversé les décennies sous le signe de l’excellence, l’un des plus grands lanceurs de l’histoire, tout simplement : Lynn Nolan Ryan Jr.

Photograph by Wikipedia User Wahkeenah, distributed under a CC-BY 2.0 license.

Une icône chez les lanceurs, une terreur pour les batteurs, Nolan Ryan et son bras droit dévastateur ont dominé et intimidé la Major League durant 27 ans, lançant un nombre record de 5 714 strikeouts et 7 no-hitters, entre autres records.

Né le 31 janvier 1947, Lynn Nolan Ryan, est un pur produit texan. Il développe tôt son amour pour le baseball, écoutant religieusement les matchs des Dodgers et de son idole Koufax à la radio et jouant dans les ligues enfants dès l’âge de 9 ans, déployant déjà ce qui fera sa renommée, sa fastball.

En arrivant au lycée, sa réputation de lance-flamme le précède et il est le sujet de nombreuses curiosités de la part des recruteurs de Majors. C’est finalement les New York Mets qui décident de mettre une pièce sur le jeunot, le sélectionnant au 12e tour de la draft 1965.

Ses premiers tours de chauffe chez les grands ne sont pas fameux, encaissant un home-run de la batte de Joe Torre lors de son premier match et disputant un seul autre match pour les Mets en 1966. Mais il n’a que 19 ans et le diamant est encore à polir.

Ses deux premières années sont marquées par d’incessants voyages en car, Ryan fait le yo-yo entre les mineures et la grande ligue, et se rend à Houston toutes les deux semaines pour ses obligations militaires. Celles-ci sont encore plus contraignantes en 1967, le bloquant dans la réserve militaire pendant six mois, puis une blessure au bras met fin à sa saison.

1968 sonne la fin de la conscription et Ryan est de retour, en Majeur, et pour de bon. Il ne quittera plus la MLB pendant 27 saisons.

Bloqué dans la rotation bien huilée des Mets avec des starters comme Tom Seaver, Jerry Koosman et Gary Gentry, Nolan est utilisé comme titulaire occasionnel, mais le plus souvent en relève. Il s’épanouit dans son rôle, apprenant les ficelles du poste, notamment grâce à Tom Seaver, transformant le lance-flamme sans contrôle en lanceur puissant de baseball.

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copyright : associated press

Comme releveur, il devient une pièce importante du système des Mets, d’autant que ses performances sont respectables, pour un joueur de 21 ans en 1969. Il y acquiert donc un surnom, le « Ryan Express »: la presse New Yorkaise, raffolant des nicknames, associe son nom au film de 1965 Von Ryan’s Express.

Les playoffs de 1969 seront l’occasion pour lui de mettre en avant sa régularité travaillée au cours des dernières saisons, avec une victoire en relève lors du match 3, lançant 7 manches dans cette finale de conférence, ainsi qu’un sauvetage lors du match 3 des Worlds Series et la victoire finale. Un début de carrière rêvé pour Nolan Ryan.

Au début des années 70, Ryan est établi dans la rotation des Mets et son développement se poursuit à grand pas. Son association avec Tom Seaver lui permet de peaufiner son jeu, allant jusqu’à établir un record d’équipe avec 15 strikeouts, battus 4 jours plus tard par Seaver (19K).

Nolan se sent bien à New York, il s’est installé au sein de la rotation, son entente avec ses co-équipiers est bonne, et les résultats sont là avec l’équipe. Donc, quand la direction lui demande son avis concernant un échange, il n’est pas d’accord. Les huiles de l’équipe ne le voient pas du même œil. Nolan Ryan est une monnaie d’échange intéressante. Il est jeune, plein de potentiel. De plus, sa difficulté toute relative à commander correctement son lancer en fait une commodité dispensable.

C’est donc contre son avis que Nolan est échangé en décembre 1971 aux Angels de Californie contre Jim Fregosi. Son ressentiment contre les Mets se fera sentir pendant de nombreuses saisons, ne saisissant le côté business de la ligue qu’à partir de son passage dans l’exécutif des Rangers.

A son arrivée chez les Angels, il est directement intégré à la rotation. Le plein potentiel de Nolan s’exprime alors pour la première fois avec régularité, en grande partie grâce à son travail sous la houlette du pitching coach Tom Morgan, lui permettant de dépasser la marque des 300 strikeouts (329) pour la première fois en 1972.

Nolan devient une attraction médiatique, par son côté séducteur, qui est à l’opposé des lanceurs vedettes de cette époque, Steve Carlton refusant de s’adresser à la presse notamment.

Mais c’est essentiellement ses prouesses au monticule qui lui valent sa notoriété. En 1973, il bat le record de strikeouts en une saison de son idole Sandy Koufax, avec 383 strikeouts. Sandy sera interrogé sur l’exploit de Nolan et sa réponse sera un poil aigrie :

 « Nolan a aussi battu mon record de buts sur balle (BB – walks) de 91 unités. Je suspecte ses batteurs d’avoir swingué plutôt que de prendre le risque d’être touché par une de ses fastballs »

Koufax n’a pas totalement tort en mettant des mots sur la peur qu’inspire la fastball de Ryan aux batteurs. En 1974, il est le premier lanceur à avoir la vitesse de sa balle mesurée en match. Verdict : 100.8 mph. 162 km/h !

Sa carrière chez les Angels se poursuit merveilleusement au niveau individuel, claquant 4 no-hitters entre 1972 et 1975 et remportant le titre de strikeout king de l’American League 7 années sur ses 8 en Californie.

Mais les performances de l’équipe ne sont pas au niveau de son ace. Le manque de run support est permanent et une qualification en playoffs n’est acquise qu’en 1979, les Halos remportant leur division mais étant éliminés en ALCS. Nolan décide de tester le marché et devient agent libre fin 1979.

En novembre 1979, Ryan à 32 ans et signe avec les Astros, regagnant son Texas natal et la National League. Il ne revient pas seulement par amour pour son Etat, mais aussi pour devenir le premier joueur payé 1 millions de dollars par saison (4,5M$ sur 4 ans, à peu près 16M$ sur 4 ans de nos jours).

Ses débuts chez les Astros suivent la même trajectoire que sa carrière chez les Angels, il est dominateur et intimidant sur le monticule. Mais lors d’une retransmission nationale, il fait parler de lui en tant que batteur, claquant un 3 runs home-run face à Don Sutton !

Le temps ne semble pas avoir de prise sur Ryan. A 34 ans, en 1981, il bat un autre record de son idole Sandy Koufax, en lançant le 5e no-hitter de sa carrière. S’ajoute à cet exploit le fait qu’il n’est que le 3e lanceur à réussir un no-hitter en American League et en National League.

Toujours dominant en saison régulière, les Astros se qualifient pour les playoffs régulièrement durant le passage de Nolan Ryan. Mais dès que les playoffs commencent, cela devient plus compliqué pour l’Express. Il obtiendra sa 2e victoire en playoffs qu’en 1981, soit 12 ans après la première. Ce sera aussi la dernière dans sa carrière.

Sa longévité, associée à celle de Steve Carlton, le lanceur des Phillies, donne au public un affrontement au sommet entre 1982 et 1984, pour le titre suprême du record de strikeouts de tous les temps. Cette course voit des changements de leaders semaine après semaine, mais le déclin de la carrière de Carlton après 1984 laisse le champ libre à Nolan Ryan pour dominer aussi ce classement.

Pour la majorité des lanceurs, quand arrivent les 2 dernières années de contrat et que l’on a 40 ans, on pense à la retraite, voire on y est déjà. Le temps a fait fait son œuvre, le corps est usé, le bras détruit, ou en tout cas bien fatigué.

Que nenni pour Nolan, qui est toujours dominateur malgré son âge avancé: avec sa fidèle fastball, il est leader de la National League en strikeout (270) et ERA (2.76) en 1987, à l’âge canonique de 40 ans, pour un lanceur!

Son contrat finissant, Ryan veut rester chez les Astros, à ses conditions. La direction n’est pas chaude du tout pour donner un nouveau contrat juteux à un lanceur de 41 ans. Ryan décide alors de tester le marché en devenant agent libre.

Cette liberté de signer lui permet de rejoindre les Texas Rangers et de devenir par la même occasion, à 41 ans, le premier joueur de la ligue à avoir porté le jersey des 4 premières équipes d’expansion (Mets, Angels, Colts 45’s et Senators/Rangers).

Que ceux qui le pensent en pré-retraite retiennent la leçon. A 44 ans, Nolan Ryan est toujours dominateur, menant la ligue en strikeouts (301) et devenant le 22 août le premier lanceur à atteindre 5 000 strikeouts au cours de sa carrière, éliminant pour cela Rickey Henderson. Henderson affirmera en interview d’après-match : « Si vous n’êtes pas éliminé par Nolan Ryan, vous n’êtes personne » (« If you’re not strikeout by Nolan Ryan, you’re nobody »).

Au crépuscule de sa carrière, alors que sa domination se fait moins sentir et que la terreur se lit de moins en moins dans les yeux des batteurs l’affrontant, Nolan Ryan réussit l’exploit de lancer un 6e no-hitter en 1990, à 44 ans, tout en intégrant le club très fermé des 300 victoires en carrière, et surtout, d’être le second lanceur, avec le légendaire Cy Young, à comptabiliser au moins 100 victoires en American ET National League.

Il ajoutera même un 7e no-hitter, pour la forme, en 1991, à 45 ans, faisant de lui le recordman pendant sa carrière et le plus vieux lanceur de no-hitter. Mais l’heure de la quille approche, et Nolan le sent bien. Il anticipe son départ en annonçant que la saison 1993 sera sa dernière. Chahuté comme jamais, l’ancien montre qu’il en a encore dans le bras…

Mais ce fameux bras droit, si fidèle, si solide, ne peut plus continuer. En septembre, à quelques semaines de la fin de la saison, sur un lancer comme il en a exécuté des dizaines de milliers, un ligament dit stop. Malgré la douleur, il lance une dernière balle avant le remplacement. Vitesse mesurée : 98 mph – 158 km/h.

Une carrière de légende atteint son terme. Pas de comeback, pas de pige de luxe pour un dernier titre, Nolan Ryan se retire du jeu à 46 ans pour profiter d’une retraite bien méritée après 27 saisons au plus niveau, auréolé de distinctions personnelles à la pelle (8x All-Star, 11 titres de strikeouts leaders), détenant jusqu’à 51 records de la Ligue !

Nolan Ryan a marqué l’histoire des clubs dans lesquels il est passé, participant à une victoire en World Series au cours de sa courte carrière chez les Mets, et voyant son numéro retiré des trois organisations pour lesquelles il aura joué ensuite, une marque de respect qui n’est surpassée dans la ligue que par Jackie Robinson. Cela le mènera tout droit à Cooperstown, avec une élection unanime au premier tour d’éligibilité en 1999, avec  491 votes sur les 497 votants cette année-là.

 

 Fireball

Grips

 


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