Arrêt court à la banque !

Ils sont jeunes, talentueux, clinquants et « bankable ». Ils sont à la fois l’avenir de ce jeu et le présent de leurs équipes. Véritables « franchise player » ils sont tous au cœur de l’infield, là où l’air se raréfie sur chaque frappe et où la moindre erreur coûte très cher. Leur poste ? Shortstop. Véritables golden boys en puissance, ils sont surtout sur le point de faire sauter la banque. Car, à l’instar de Tatis Jr ou Lindor, le marché des shortstops s’apprête à vivre une mini-révolution. Sortez les billets verts et mettez l’argent au coffre car ces capitaines de l’infield sont sur le point de décrocher le pactole.

Petit retour en arrière. Mi février, Fernando Tatis Jr alluma la première mèche. Derrière ses jeux défensifs, ses jambes de feu et ses dreadlocks jaunes, le jeune dominicain s’offrit surtout un contrat de 14 ans pour 340 M$. Lié à San Diego avec une no-trade clause jusqu’en 2028, la nouvelle pépite du baseball mondial montra la voie.

Derrière, c’est Lindor, qui parapha, il y a quelques jours, son CDD qui a lui aussi la gueule d’un CDI. 341 M$ sur une décennie pour devenir le shortstop le mieux payé de l’histoire, tout simplement. Le mieux payé de l’histoire à son poste, oui, mais jusqu’à quand… Quand on voit que son prédécesseur est resté sur le trône un petit mois et demi, on peut s’interroger à l’orée d’une free agency qui s’annonce dantesque.  

Mais avant d’y arriver, petite rétrospective. Si on englobe les SS reconvertis en 3B, voici l’historique des plus gros arrangements de ce sport :

  • Lindor, 341 M$, 10 ans (Mets) signé en 2021
  • Tatis Jr, 340 M$, 14 ans (Padres) signé en 2021
  • Machado, 300 M$, 10 ans (Padres) signé en 2019
  • A-Rod, 275 M$, 10 ans (Yankees) signé en 2007
  • A-Rod, 252 M$, 10 ans (Rangers) signé en 2000
  • Jeter, 189 M$, 10 ans (Yankees) signé en 2001
  • Tulowitzki, 157,75 M$, 10 ans (Rockies) signé en 2010
  • Bogaerts, 120 M$, 6 ans (Red Sox) signé en 2019
  • Reyes, 106 M$, 6 ans (Marlins) signé en 2011

Lindor, shortstop le mieux payé de l’histoire… jusqu’à novembre ?

A la première lecture de ces chiffres, on s’aperçoit qu’entre un A-Rod au début du siècle et un Lindor ou Tatis Jr vingt ans plus tard, le prix pour s’offrir les meilleurs à ce poste a quasiment pris 100 M$ d’inflation. Lindor vient donc de battre le record au poste et ouvre la voie à ses petits copains. Ils sont quatre à pouvoir venir le chercher voire le dépasser au cours de cette saison 2021. Et si le verdict ne devrait pas tomber avant le mois de novembre et l’arrivée de la free agency, TSO se penche sérieusement sur la question.

Double Gold Glove, quadruple All-Star et double Silver Slugger, le nouveau chouchou des Amazin’ sort d’une saison un peu en deçà du côté de Cleveland. Sans doute avait-il la tête à ses envies de départs. Ceci étant, le message envoyé est clair. Vous frappez en moyenne pour .285, volez 15 bases ou plus à chaque saison et bazardez 30 HR+ par an ? Le marché est prêt à vous offrir le gros lot.

Il y a quelques jours, une conversation anima la machine à café chez TSO. Quel est le prochain shortstop qui touchera le bingo ? Quatre noms se dégagent clairement, on oubliera ici volontairement Semien qui fêtera ses 31 ans en septembre, un peu tard pour s’inviter dans la conversation.  Voici notre carré d’as : Baez, Story, Correa et Seager. Tous ont entre 26 et 28 ans, arrivent en fin de contrat l’hiver prochain et touchent actuellement moins de 14M$ l’année. Surtout on parle ici de véritables Gold Gloves, Silver Slugger, All-Star ou MVP en puissance. Si on a tendance à dire qu’en baseball la crème de l’infield réside dans l’arrêt-court, alors la crème de la crème est ici. Voici les quatre #6 qui attendent les gros sous à la prochaine Free Agency.

Un carré d’as pour détrôner Mr Smile

L’as de pique ♠️  :  Trevor Story (Rockies)

A 28 ans, Trevor est aujourd’hui la star du diamant du côté des Rocheuses après le départ de son compère du hot corner, Nolan Arenado du côté des Cards. En 2020, sa slash line est restée conforme à ses très hauts standings (.289 / .355 / .519) avec 11 HR, 28 RBI et 15 SB. Son offense en feu fait de lui un double bâton d’argent capable à la fois de frapper fort et de courir vite. Patient au marbre, il peut frapper tous type de lancers et reste une valeur sûre en défense avec une défensive WAR à 9 en six saisons soit presque autant avec deux saisons de moins qu’un Baez (9.1) mais déjà plus qu’un Lindor ou Correa. On reviendra sur le cas de Seager, enterré à la cave côté défense, plus tard. Bref, sur sa ligne, Story est irréprochable, sa WAR 2019 (7) est la plus forte de ce peloton. Arrivé en 2016, le 45e choix de la draft 2011 possède le tord de jouer aux Rockies et de voir l’argument « Coors Field » lui coller inlassablement à la peau… Sa slash à 250 / .315 / .455 sur la route ne reflète pas le niveau affiché à domicile .304 / .370 / .624. Des chiffres que l’on retrouve dans les longues balles avec 84 HR à domicile contre 50 à l’extérieur. Heureusement pour lui, la jurisprudence DJ LeMahieu fait foi. Quand on voit son niveau aux Yankees, on se dit qu’une charnière DJ – Trevor comme à la bonne époque aurait de la gueule…

La côte pour braquer la banque : $$$$

Ils doivent le signer : New-York Yankees ! Pour toutes les raisons évoquées plus haut, il me semble évident que la place d’un Story est aux côtés de son ex-compère d’infield.

Le prono TSO : 275 M$ sur 10 ans

L’as de carreau ♦️ : Carlos Correa (Astros)

Rookie de l’année, All-Star à sa troisième saison, Carlos Correa veut être payé et vite. Les 125 millions sur 6 ans proposés par le board des Stros ? Balayés de la main par le prodige de Gurabo qui exige un contrat long à l’instar des Tatis Jr et Lindor. Jamais élu Silver Slugger ni Gold Glove, le shortstop portoricain a la particularité d’être bon partout sans être LE meilleur quelque part. Par contre, son expérience des joutes de postseason en font un parfait candidat pour toute équipe souhaitant construire une équipe taillée pour les play-offs. Il faudra néanmoins surveiller si ses problèmes de dos sont définitivement derrière lui (une seule saison complète en carrière). A l’instar d’un Springer, je le vois quitter Houston à la fin de saison. Et si je ne pense pas qu’il atteindra les sommets d’un Lindor, il peut légitimement réclamer un bail de 8 ans avec une belle revalorisation. Son mental à toute épreuve, rappelez-vous de ses sorties médiatiques après le scandale de l’an passé, en font un candidat crédible pour occuper l’entre deux bases d’un gros marché. Ses 17 bombes et 50 RBI en 63 matchs de play-offs ont marqué les esprits. Enfin, son caractère d’acier mis à l’épreuve par le plus gros scandale MLB de ces dernières années et son bras solide offrent deux atouts majeurs pour un arrêt-court.

La côte pour braquer la banque : $$$

Ils doivent le signer : Los Angeles Angels. Non seulement pour se renforcer mais aussi pour affaiblir un concurrent direct. Un Correa à Anaheim fait sens, aux côtés des Ohtani, Trout ou autre Rendon. Et sinon le pitching ?

Le prono TSO : 200 M$ sur 8 ans

L’as de cœur ♥️ : Baez (Cubs)

El Mago ! Peut-être le plus « électrique » des quatre, en tout cas celui qui va le plus se rapprocher d’un Tatis Jr. Gold Glove et Silver Slugger sur la cheminée, le natif de Bayamon pue le show à plein nez. Il existe un seul « magicien » dans le circuit et c’est bien « Javy ». Niveau défense d’élite, et on sait que l’industrie du baseball regarde cet aspect avec intérêt pour ne pas dire obsession, il se place là. Ses mains rapides et sa capacité à frapper la balle avec puissance sont très demandées sur le marché mais sa relative faible moyenne en carrière (.264) joue contre lui. Si sa saison 2020 (203 / .238 / .360 HR: 8 RBI: 24 SB: 3) n’est pas révélatrice de son vrai niveau, elle interpelle quelque peu. Pour décrocher un pass à la table des Lindor et consort, Baez devra passer par une cuvée 2021 haut de gamme. On imagine mal un Baez 2020 gratter les 200 millions, on imagine bien le Baez 2018 (.290, 111 RBI, 34 HR et 21 SB) y parvenir. Quoi qu’il arrive, il assurera encore vos petits déjeuners à base de top 5 de la nuit précédente. Car des quatre joueurs cités, c’est celui qui fait le plus« cliquer ».

La côte pour braquer la banque : $$

Ils doivent le signer : Chicago Cubs. Faudrait voir à ne pas repartir tout de suite pour 108 ans d’attente, et s’ils pouvaient conserver des éléments essentiels comme leur #9, ce n’est pas le Wrigley Field qui trouverait à redire.

Le prono TSO : 165 M$ sur 7 ans

L’as de trèfle ♣️  : Correy Seager (Dodgers)

On l’a dit plus haut, personne ne va aller chercher Seager pour améliorer l’aspect défensif. Pour preuve, sa DWar en carrière à 2 est très loin des meilleurs à ce poste. Ceci étant, Corey Seager est à mon sens LE joueur qui fera péter le record en février prochain (vous pourrez dire que vous l’aurez lu ici en premier… ou pas). Débarqué à la face du monde en 2016, il signe cette saison XXL ponctuée d’un ROY et d’un podium MVP. Toujours régulier avec sa vingtaine de bombes annuelles, le 18e choix de la draft 2012 drive entre 70 et 90 runs, monte sur les sentiers plus de 36% du temps et frappe entre 230 et 320 bases chaque année depuis maintenant 5 ans. L’an passé, il fut une pièce maîtresse du sacre des Dodgers en décrochant le titre de MVP des Champions Series… et des World Series, rien que ça ! Et pour cause, il termina les WS avec une ligne à .400 / .538 / .700 avec des HR dans le Game 2 et 4. En Championship Series ? 5 HR et 11 RBI, bref Seager sortit sa plus belle performance en carrière pour un accomplissement gigantesque quand on sait qu’il ne fut que le 8e joueur de l’histoire à réussir le doublé MVP CS-WS. Le dernier en date étant Madison Bumgarner en 2014 de quoi mesurer la prouesse de « Seags ». Il est sans conteste le meilleur frappeur de la bande avec une palette de frappes incroyable. Il suffit de regarder sa faculté à bazarder tout ce qui arrive dans la strike zone, peu importe la hauteur. Intérieur comme extérieur, haute comme basse, il sait gérer les lancers rapides comme off-speed, avec ou sans spin, comme nul autre pareil. Vous l’aurez compris, à 26 ans, Corey Seager risque de faire marcher la planche à billets d’ici quelques mois.

La côte pour braquer la banque : $$$$$

Ils doivent le signer : Los Angeles Dodgers. La dynastie passe par cette prolongation. Plus que Kershaw, idole absolue du club, dans le sport, pas de place pour les sentiments, Seager doit être la priorité du club.

Le prono TSO : 360 M$ sur 10 ans

Rendez-vous en hiver…

Quand on sait que Lindor vient d’apposer sa signature sur un contrat de 10 ans à 341 M$ alors qu’il n’a pas atteint le marché libre, on peut légitimement penser que ces quatre garçons ont de sérieux arguments à faire valoir. Qui sera le prochain Lindor, lui même devenu très vite le prochain Tatis Jr ? Réponse entre novembre et février. Une chose semble certaine en revanche, le marché des arrêt-court, solidifié ces derniers mois par les gros contrats, passe forcément par la banque !

J-Sé Gray : « In Billy Beane we trust »


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