Coup d’œil dans le rétro : la draft 2009

Comme vous l’avez compris avec notre précédent article, les joueurs sélectionnés lors de la draft MLB ne sont pas forcément gages de succès. Contrairement à la NBA voire la NFL, les heureux élus doivent en passer par le processus plus ou moins long des Ligues Mineures. Si certains n’en voient jamais le bout, pour d’autres s’en suit une carrière de légende, une grande carrière, une bonne carrière ou une carrière tout court dans la Grande Ligue. Pour prolongez notre série spéciale draft, plongée dans la cuvée 2009 : que sont devenus, 10 ans après, les prospects très médiatisés à l’époque et ceux qui volaient en-dessous des radars ?

La draft de 2009 a été riche en excellent joueur, mais, a aussi quelques ratés. Photo : Twitter Jim Callis

Ils ont confirmé les attentes

  • Stephen Strasburg (#1, Washington Nationals)

C’était lui le numéro 1 de cette draft 2009 après son passage à la fac de sa ville natale de San Diego. Handicapé par des blessures tôt dans sa carrière (Tommy John en 2010 dès sa première saison en MLB, un an après sa draft), et encore fragile aujourd’hui, il s’est quand même fait une belle place dans la Ligue (triple All-Star, n°1 des K en 2014 en National League). Depuis plusieurs saisons, il laisse quand même le rôle d’Ace de D.C à son coéquipier, Max Scherzer. Alors qu’il a atteint récemment la barre des 100 victoires avec son club de toujours, Strasburg réalise une bonne saison 2019. Un point noir, le même qu’un autre membre éminent de cette cuvée dont nous reparlerons, il n’a encore jamais passé un premier tour en postseason.

  • Mike Minor (#7, Atlanta Braves, auj. Texas Rangers)
Photo by Tom Pennington/Getty Images

Après un passage remarqué au lycée, Minor est drafté au 13e rang par les Rays en 2006 mais préfère rejoindre la fac de Vanderbilt. Coéquipier de David Price et Pedro Alvarez, eux aussi futurs premier tour de draft, le lanceur accumule les récompenses individuelles au long de ses 3 années universitaires. Il gagne quelques places lors de sa deuxième présence à la draft puisqu’il est retenu à la 7e place par les Braves en 2009. Il débute dès l’année suivante en MLB avec 8 starts et est ensuite intégré à la rotation de façon définitive. Après deux années blanches, gâchées par les blessures à l’épaule, il rejoint les Royals en 2017 dans un rôle de releveur avant de repasser starter à son arrivée dans le Texas. Si tout va bien pour lui, Minor devrait atteindre la barre des 1000K en carrière pendant la saison 2020.

  • Mike Leake (#8, Cincinnati Reds, auj. Seattle Mariners)

Le nom du lanceur est entré dans l’histoire au début de la saison 2010 : Mike Leake est devenu le 21e joueur à jouer en MLB sans avoir jouer auparavant le moindre match en Ligues Mineures! Petite précision : l’Arizona Fall League n’est pas considérée comme « Minor League » bien qu’opérée par la MLB, et Leake y a évolué en 2009 remportant au passage le « Rising Star Award ». Les Reds avaient toute confiance en ce lanceur, auteur d’une carrière universitaire incroyable avec Arizona State : 13–2 et ERA 3.69 en rookie, 11–3 et ERA 3.49 en sophomore, 16–1 et ERA 1.71 en junior avec au passage 7 « complete games »… des performances récompensées de trophées individuels en cascade. Ses débuts en Majeurs seront aussi brillants : 5 victoires et 0 défaite entre le 11 avril et le 5 juin 2010, avant de finir à 8-4 et une ERA de 4.23 avant d’être mis au repos en raison d’une fatigue de son bras lanceur. Ses saisons suivantes seront intéressantes à Cincinnati sans être exceptionnelles (la meilleure en 2013 : 14-7 et ERA 3.37). Passé par la suite et avec moins de réussite par les Giants et les Cardinals, Leake est aujourd’hui dans la rotation des Mariners. Alors oui, on aurait pu attendre mieux de lui mais drafté par une faible équipe des Reds, il n’a jamais reçu le soutien nécessaire derrière lui, à la fois dans la rotation ou en attaque.

  • Kyle Gibson (#22, Minnesota Twins)

Comme d’autres lanceurs de cette draft, Gibson a subi une opération Tommy John avant même ses débuts en MLB, c’était en fin de saison 2011 alors qu’il évoluait dans le farm-system des Twins. Coup d’arrêt pour ce lanceur promis à une ascension rapide vers les Majeurs puisqu’en 2010, il était déjà passé de A à AA à AAA! De retour sur le monticule en 2012 pour 8 matchs en Mineures, c’est finalement en juin 2013 que Gibson fait – enfin – ses débuts avec les Twins et signent sa première victoire face aux Royals. Dix starts pour cette première expérience et une ERA finale de 6.53. Depuis, c’est 25-30 matchs minimum par saison pour le droitier qui a parfois tenu à lui tout seul la rotation de Minnesota. Cette année, il apparaît comme le parfait cadre de la rotation pour cette équipe qui défie les pronostics.

Mentions honorables : Patrick Corbin (2e tour, 2X All-Star), DJ Le Mahieu (2e tour, 2X All-Star), Jason Kipnis (2e tour, 2X All-Star).

Ils ont été poursuivis par un chat noir

  •  Zack Wheeler (#6, SF Giants, auj. NY Mets)

Drafté par les Giants, Wheeler fait ses classes dans l’organisation californienne avant d’être transféré en juillet 2011 à New York dans le trade de Carlos Beltran à SF. Le lanceur poursuit sa formation en Ligues Mineures et progresse bien : top prospect n°21 en 2012 puis n°6 pour MLB Pipeline. Son premier match en MLB en juin 2013 se déroule comme dans un rêve : à une heure de la ville où il a grandi, 6 manches sans point concédé et 7K. Le jeune homme impressionne : 12K sur un match en août, 7 victoires en 17 starts en 2013 ; match complet sans point concédé en juin 2014, 11 victoires et une ERA de 3.54 sur la saison 2014… Une carrière prometteuse qui s’arrête brutalement en mars 2015 avec une opération Tommy John puis une deuxième année blanche en 2016 pour des douleurs dans ce même bras droit. Il revient sur le monticule en 2017 mais après 17 matchs, le voici de nouveau à l’arrêt pour les mêmes raisons. Il fait enfin une saison pleine en 2018 après avoir été un temps relégué hors de la rotation et même brièvement en Triple A (29 starts ; 12-7 ; ERA 3.31). Il compte 15 matchs cette saison.

  • A.J Pollock (#17, Arizona Diamondbacks, aujourd’hui LA Dodgers)

A.J compte une sélection au All-Star Game, un Gold Glove et a été recruté cette saison chez un prétendant au titre… mais on aurait presque envie d’ajouter « c’est tout? ». On imagine aisément que l’outfielder aurait fait une carrière encore meilleure s’il n’avait pas été poursuivi par un chat noir depuis ses débuts en MLB : invité au Spring Training 2010 des DBacks il se casse le coude et manque toute la saison, il manque encore la moitié de la saison 2014 sur blessure, puis se recasse le même coudre droit au ST 2016, saison 2017 est limitée à 112 matchs… Un chat noir on vous dit. Pollock n’a en fait dépassé la barre des 100 matchs qu’à quatre reprises en sept saisons en MLB et quand ces lignes sont écrites, il est sur la IL…

  • Steven Matz (2e tour, NY Mets)

A l’image de son camarade Wheeler (même si ce dernier n’a pas été drafté par les Mets), la carrière de Steven Matz a rencontré beaucoup d’obstacles. Ca a commencé très tôt, dès 2010, avec une opération Tommy John (comme le #1 de la draft Stephen Strasburg). Le gaucher ne fait ses débuts en Ligues Mineures qu’en 2012 et grimpe la hiérarchie jusqu’au roster de MLB en 2015. Après deux très bons premiers matchs, il est à l’arrêt sur blessure pendant de longues semaines mais revient à temps pour participer à l’épopée new-yorkaise en postseason. Il dispute un match à chaque tour avec notamment ce start sur le Match 4 des World Series, une « no-decision » face aux Royals. Sa saison 2016 connait des hauts et des bas mais il joue blessé à l’épaule. S’il veut attendre l’hiver pour se faire opérer, il est finalement arrêté en août et ne reviendra à la compétition qu’en juin 2017. Après 12 matchs, il est de nouveau arrêté jusqu’à la fin de saison. 2018 marque, comme pour Wheeler, sa première saison pleine. Même si elle n’est pas pleinement réussie (5-11 ; ERA 3.97), elle a au moins le mérite de lui insuffler – on l’espère – un nouveau souffle. Il a débuté 13 matchs cette saison.

Ils ont surpris leur monde

  • Mike Trout (#25, Los Angeles Angels)
Mike Trout seulement sélectionné en 25e place de la Draft 2009. (AP Photo/Rich Schultz)

Étonnant de retrouver dans cette catégorie un joueur sélectionné au premier tour… mais obligée de constater que les Angels ont réalisé le « steal » absolu sur cette draft en repêchant le jeune homme avec le 25e choix, c’est à dire derrière beaucoup de joueurs que l’on retrouvera dans une catégorie beaucoup moins flatteuse. Trout c’est une collection de trophées individuels hallucinante pour un joueur de 27 ans : AL Rookie of the Year, 2X AL MVP, 2X All-Star MVP, 7X All-Star en 7 saisons, 6X Silver Slugger Award… Mais trophées individuels seulement car lui aussi, malgré son profil de Hall-of-Famer tout tracé, est toujours à la recherche de réussites collectives. Engagé sur le très long terme avec son club de L.A on lui souhaite d’être mieux entouré ces prochaines saisons.

  • Nolan Arenado (2e tour, Colorado Rockies)

Malgré une dernière saison de lycée exceptionnelle (AVG .517 et OBP .615), le joueur californien n’est sélectionné qu’au 2e tour de cette draft par la franchise du Colorado. Il va ensuite être couvé dans le farm-system où ses qualités offensives font merveille, pas encore ses qualités défensives, ce qui explique sans doute qu’il ne sera appelé en MLB qu’en avril 2013. Mais alors depuis, c’est autant ses performances à la batte que sur le terrain qui font de lui l’une des superstars de la Ligue : 4X All-Star, 4X Silver Slugger Award, 6X Gold Gloves! Comme Trout, il vient de prolonger son contrat avec son club formateur et comme Trout il lui manque encore des réussites collectives en postseason.

  • Dallas Keuchel (7e tour, Houston Astros, auj. Atlanta Braves)

Après une progression constante avec la fac d’Arkansas (ERA 5.88 en 1e année ; 4.58 en 2e année et 3.92 en 3e année), le lanceur est choisi par Houston et grimpe jusqu’en MLB pour débuter sur un derby texan face aux Rangers. Dès son 2e match, il signe un complete game. Sa montée en puissance prend encore deux saisons (premier de ses 4 Gold Gloves en 2014) jusqu’à un premier pic : AL CY Young en 2015 (20–8 ; ERA 2.48 ; 15 victoires et 0 défaite de la saison à domicile, première historique). Deuxième pic en 2017 (14–5 ; ERA 2.90) ponctué par une victoire en World Series. Le Barbu a quitté Houston cet hiver et vient de signer à Atlanta. On attend de voir s’il retrouvera son meilleur niveau.

  •  Paul Goldschmidt (8e tour, Arizona DBacks, auj. St-Louis Cardinals)

Victorieux du championnat du Texas avec son lycée en 2006, « Goldy » est drafté par les Dodgers au 49e tour. Il refuse logiquement l’appel et s’enrôle pour Texas State University avec qui il accumule les récompenses (« Southland Conference hitter of the year » en 2008 et 2009, « Southland player of the year » en 2009). Il n’est pourtant choisi qu’au 8e tour de la draft 2009 par les DBacks, soit le 246e joueur sélectionné. Ses perfs offensives le font grimper rapidement dans la hiérarchie. Goldschmidt débute en MLB en 2011 et il confirme au plus haut niveau (4X Silver Slugger). Sa défense en première base se développe rapidement aussi (3X Gold Gloves) et il est depuis des années une figure incontournable de la NL (6 sélections au All-Star Game). Transféré cet hiver à Saint-Louis, il espère lui aussi atteindre la réussite collective très vite!

  • Matt Carpenter (13e tour, St-Louis Cardinals)

Ce n’est qu’au 13e tour de cette draft 2019 que le nom de Matt Carpenter est appelé. Deux raisons pour cela : il a déjà 24 ans et a subi une opération Tommy John lors de son parcours universitaire. Il signe un premier contrat pro de 1 000 dollars avec les Cardinals et débute son aventure en Ligues Mineures. En quatre saisons, il s’offre une moyenne de présence sur base de .408 ce qui lui vaut d’être appelé une première fois en MLB en 2011 (7 matchs). Pas présent sur le roster en World Series, il ne peut revendiquer la bague de champion cette même saison. Il se fait une place chez les Oiseaux à partir de 2012 et n’a pas été délogé depuis. Il compte 3 sélections au All-Star Game.

  • Mike Fiers (22e tour, Milwaukee Brewers, auj. Oakland A’s)


Il n’a pas la carrière des joueurs précédents, mais petit focus sur un lanceur membre du cercle restreint des « deux no-hitters en carrière ». Perfs réalisée en 2015 avec les Astros et il y a quelques semaines (le 7 mai 2019) avec les A’s. Fiers a cheminé dans le farm-system des Brewers après une sélection très très lointaine. Il a débuté avec Milwaukee en 2011 (2IP), avant de rejoindre donc Houston en 2015, puis Detroit pour quelques mois en 2018 avant la Californie.

Mentions honorables : Kyle Seager (3e tour, 1X All-Star), Khris Davis (7e tour, « HR king » en 2018 ), Scooter Gennett (16e tour, 1X All-Star, 4HR dans un même match en 2017).

Ils ont disparu

  • Dustin Ackley (#2, Seattle Mariners, auj. sans club)

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Natif de Caroline de Nord, Ackley intègre la mythique fac local de UNC et dispute trois College World Series en trois saisons avec les Tar Heels! Il s’offre au passage le record de hits dans l’histoire de ces finales universitaires. Finaliste du trophée 2009 des Golden Spikes de meilleur joueur amateur (remporté par Strasburg), l’infileder/outfielder est très très attendu sur la draft. Choisi 2e (encore derrière Strasburg), les négociations entre son agent, le « célèbre » Scott Boras, et les Mariners sont très difficiles, conclues un quart d’heure avant l’heure limite mais pour un montant très important de 7,5 millions de $. Ackley assume son rang pour ses débuts en MLB en 2011 : .273/.348/.417 en 90 matchs avec le titre de Mariners’ MVP. Malheureusement pour les fans de la franchise, cette première saison sera en fait la meilleure! A partir de là, ses moyennes d’AVG, OBP et SLG vont constamment baisser. Le rapport K/BB est abyssale pour Ackley. Seattle lache son ex-pépite aux Yankees mi 2015 mais l’expérience n’est pas concluante entre contreperformances et blessures. NY met un terme à son contrat à l’issue de la saison 2016 (28 matchs seulement). Ackley tente de rebondir chez les Angels avec un contrat Minor League mais n’ira pas plus haut et se retrouve à nouveau à la recherche d’un club fin 2017. Après une année blanche, les Mariners l’invitent au Spring Training 2019. On croit tous à la belle histoire… elle sera de courte durée puisqu’il est libéré dès le 12 mars… Depuis, Ackley est recherche un club…

  • Donovan Tate (#3, San Diego Padres, auj. retraité)

Tate est une star dans son lycée de Cartersville dans l’état de Georgie : il joue au baseball et au football (américain) et est même nommé « High School All-American » (l’une des plus importantes récompenses à ce niveau) dans les deux sports. Alors qu’il prévoit de s’enrôler avec la fac de North Carolina, les Padres sélectionnent Tate avec le troisième choix et le signent pour près de 7 millions de $. L’expérience baseball tourne au vinaigre pour l’outfielder qui enchaîne les blessures dans ses deux premières saisons (hernie, machaoire cassée, épaule…). Il est aussi suspendu pour usage de substance illicite. Les Padres mettent fin à leur collaboration en 2015. Tate s’engage alors avec les Dodgers, sans plus de succès. Il raccroche le gant et la batte après six saisons en Ligues Mineures (0 en Ligues Majeurs) pendant lesquelles il n’est pas monté plus haut que la Class A-Advanced. Tate a tenté de renouer avec ses secondes amours : le football en rejoignant en 2017 la fac d’Arizona mais sans succès.

  • Matt Hobgood (#5, Baltimore Orioles, auj. sans club)

Il détient 14 records sur une saison ou en carrière pour le lycée de Norco en Californie (nombre de victoires, % de victoires, IP, shutouts, et même HR, RBI ou SLG!…), Hobgood était l’un des lanceurs les plus prometteurs de sa génération avec un bilan de 21 victoires et 1 seule défaite sur ses saisons junior et senior, et bien sûr une pelleté de trophées individuels. Sélectionné 5e dès sa sortie du lycée, le garçon est l’objet de toutes les attentions. Il fait ses débuts professionnels dans la Appalachian League le lendemain de la signature de son contrat avec Baltimore en juin 2009. Il enchaîne en 2010 avec 21 starts en A et un bilan de 3-7 ; ERA 4.40 ; 59K en 94IP… Des débuts corrects pour un lanceur de cet âge. out va se gâter pour lui l’année suivante avec des stats en forte baisse (0-6 ; ERA 8.76 en 12 starts et 13 matchs) qui va conduire à une saison blanche en 2012 en raison d’une opération de l’épaule. Il revient en 2013 dans un rôle de releveur et évolue pendant deux saisons entre les Class A et A-Advanced. Il monte d’un rang pour la saison 2015 en Class AA mais est à l’arrêt après six matchs pour une arthroscopie de l’épaule. Il quitte l’organisation des Orioles à la fin de cette même année et s’engage dans la Independent Frontier League mais il ne joue jamais avec les Joliet Slammers. Il n’a plus signé de contrat pro depuis.


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