Les pires n°1 de Draft

Ah la draft, cette grande messe du sport américain. Du rêve, de l’émotion et de l’espoir. Et dans un monde où les statistiques prennent de plus en plus de place, la draft reste le dernier bastion des irréductibles. En effet, cet exercice reste et restera une science inexacte. Combien de premier choix de draft était considéré comme des futures stars « à coups sûrs » ? Au final seuls Ken Griffey Jr. et Chipper Jones sont devenus Hall of Famer après avoir été choisis en première position. Et malheureusement, beaucoup de premier pick n’ont pas répondu aux attentes. Alors que la draft 2019 vient de se dérouler, on fait le point sur les 10 pires premiers choix.

Mark Appel, P, n°1 de la draft 2013 par les Houston Astros

Mark Appel arrive à la draft après avoir brillé avec l’université de Stanford (notamment son année Senior exceptionnelle avec un ERA de 2.12, 130K et seulement 23 BB en 106.1 manches). Il est couvert de louanges et est censé être au cœur de la reconstruction des Astros. Lui, l’enfant du coin. Il signe avec Houston pour 6,25 M et on lui prédit une arrivée en MLB dès 2014. Oui mais voilà, Appel ne parviendra jamais à exprimer son potentiel. Il sera même échangé aux Phillies après la saison 2015, sans plus de réussite. Après avoir posé dans Sports Illustrated aux côtés de Correa et Springer, c’est de chez lui qu’il verra Houston remporter son premier titre avec ces anciens partenaires.

Censé être au coeur de la reconstruction des Astros, Mark Appel ne connaîtra jamais la MLB. Photo : Thomas Campbell-USA TODAY Sports

Après 5 saisons, il affiche un ERA de 5.06 et n’aura atteint « que » le niveau Triple A. Appel se retire en 2018, à l’age de 26 ans. Il est le 3e joueur de l’Histoire a être sélectionné en premier d’une draft et à ne jamais atteindre la MLB.

Matt Anderson, P, n°1 de la draft 1997 par les Detroit Tigers

Matt Anderson. Photo : Tom Pidgeon, Getty Images

Drafté en provenance de la fac de Rice, ce lanceur débute en MLB seulement une petite année après ses débuts en Ligues Mineures. Après 4 saisons moyennes dans le bullpen de Détroit, sa carrière s’écroule après une blessure. Une blessure qu’il se serait contractée lors d’un lancer de pieuvre dans un événement organisé par les Tigers pour gagner des tickets pour les play-offs NHL. Anderson conteste cette version mais après la saison 2001, il ne sera plus jamais le même lanceur.

Au final, Matt Anderson termine sa carrière avec 15 victoires et 7 défaites mais un ERA de 5.19 en 257 matchs (245 avec Detroit et 12 avec Colorado après une tentative de comeback) en tant que lanceur de relève.

Al Chambers OF, n°1 de la draft 1979, Seattle Mariners

Considéré comme le futur Jim Rice, Seattle se jette sur ce joueur qui combine à la fois puissance et vitesse. Des qualités qu’il montrera durant sa carrière en Ligues Mineures avec une moyenne de .279 et 51 HRs en 4 saisons. Mais il ne parviendra pas à répéter ses performances sur la plus difficile des scènes avec seulement 57 matchs disputés en MLB en 3 saisons. Pour une piteuse moyenne de .208 au bâton, 2 Home runs et 11 RBI. Il aura sa chance dans les Ligues Mineures des Astros, Cubs et White Sox, sans plus de succès.

Al Chambers, premier choix de la draft 79, une bonne leçon pour les Mariners. (Photo by B Bennett/Getty Images)

Coup dur pour les Mariners surtout quand on sait que des joueurs comme Andy Van Slyke ou Tim Wallach (des All-Stars en puissance) seront sélectionnés plus tard dans ce premier tour. Mais au moins cela aura servi de leçon à Seattle qui ne se trompa pas en 1987 avec un certain Ken Griffey JR.

David Clyde, P, n°1 de la draft 1973 par les Texas Rangers

L’échec David Clyde, d’abord la faute du propriétaire des Rangers ? Photo ; Getty Images.

Lorsqu’il se présente à la draft 73, ce lanceur gaucher est considéré comme un « can’t miss » par les observateurs. Certains osant même le comparer à Sandy Koufax. Une pression trop difficile à gérer pour Clyde. Il a cependant des circonstances atténuantes et on peut blâmer le proprio des Rangers de l’époque, Bob Short, qui décide de précipiter ces débuts. Il débutera ainsi en MLB n’ayant disputé aucun match en Ligues Mineures. Malheureusement, il ne parviendra jamais à régler ses problèmes de contrôle et termine sa carrière avec un bilan de 18 victoires pour 33 défaites et un ERA de 4.63 en 84 matchs (73 départs).

Mais là où le bât blesse, c’est que la franchise des Rangers est passée à côté de non pas un mais deux Hall of Famers qui seront sélectionnés juste après Clyde : Robin Yount en 3e position et Dave Winfield en 4e.

Shawn Abner, OF, n°1 de la draft 1984 par les New-York Mets

Sélectionné dès sa sortie du lycée par les Mets, Abner n’était pourtant pas dans les plans de la franchise. En effet, le club fait les yeux doux à un certain joueur de 1e base nommé Mark McGwire. Mais ce dernier refroidit les ardeurs des Mets en annonçant qu’il serait difficile à signer. Le club se rabat donc sur Abner. Preuve de ce choix « par défaut » il sera échangé deux ans plus tard aux Padres. Après une progression rapide en Ligues Mineures, il atteint la MLB en 1987. Et s’il a eu du mal toutes sa carrière en attaque, il parviendra tout de même à disputer 7 saisons grâce à sa grosse défense. Il termine sa carrière avec une moyenne au bâton de .227, 11HR et 71 RBI en 392 matchs entre les Padres, les Angels et les White Sox.

Une draft à oublier pour les Mets qui seront passés à côté de McGwire, donc, mais aussi de Tom Glavine et Tom Maddux, sélectionnés au 2e tour après le deuxième choix du club de New-York.

Bryan Bullington, P, n°1 de la draft 2002 par les Pittsburgh Pirates

Dans une cuvée 2002 ultra riche, ce choix de Bullington est assez incompréhensible de la part des Pirates. En effet le lanceur ne répondra jamais aux attentes et ne disputera que 26 matchs de MLB en 5 saisons avec un ERA de 5.62.

Photo DR

Surtout le club est passé à côté de 7 futurs All-Stars rien que sur le premier tour avec des joueurs comme Zack Greinke, Cole Hamels, Nick Swisher ou encore Prince Fielder.

Danny Goodwin, C, premier choix de la draft 1971 ET 1975.

Il a réalisé l’exploit d’être le premier choix lors de deux drafts différentes. Photo: ESPN

C’est le seul joueur de l’Histoire à avoir été sélectionné en première position lors de deux drafts. Premier choix des White Sox en 1971 après le lycée, Goodwin préfère rejoindre l’université. Après 4 ans à la fac, il se représente en 1975 et ce sont les Angels qui tentent leur chance. Cette fois, le receveur s’engage avec la franchise de Californie. Malgré 7 saisons en MLB, il affiche une moyenne au bâton de .236

Surtout deux Hall of Famers seront sélectionnés après lui, Jim Rice en 71 et Andre Dawson en 75. Deux exploits pour le prix d’un.

Steve Chilcott, C, n°1 de la draft de 1966 par les New-York Mets

Steve Chilcott, l’un des 3 premiers choix de draft à n’avoir jamais atteint la MLB. Photo : ESPN

La pression de l’Histoire ? Pour cette première Draft de l’Histoire de la MLB, les Mets sélectionnent ce puissant receveur avec le premier choix. Une énorme erreur puisque avec le 2e choix, Kansas City récupère un certain Reggie Jackson, dont le talent était déjà éblouissant. Pour se justifier, la franchise affirmera que ce choix a été fait plus sur le besoin de l’équipe que sur le talent pur. Malgré une première saison prometteuse en Single A (.265/17HR/68RBI), Chilcott ne décollera jamais et quittera le baseball à l’âge de 24 ans. Il est l’un des 3 joueurs sélectionnés en première position à n’avoir jamais atteint la MLB.

Brien Taylor, P, n°1 de la draft 1991 par les New-York Yankees

Lui aussi n’a jamais atteint la MLB, pourtant Brien Taylor avait un potentiel incroyable. Photo : DR

Le voilà, le 3e et dernier joueur à ne jamais avoir connu la MLB après avoir été séléctionné à la première position d’une draft. Mais, contrairement à Steve Chilcott, personne ne va blâmer les Yankees d’avoir choisi ce lanceur. Considéré à l’unanimité comme le meilleur joueur de sa cuvée, c’est sans aucun doute que les Bombers se jettent sur Taylor. Avec une balle rapide pouvant atteindre les 100 MPH (une rareté à l’époque), il démontre tout son talent lors de sa première saison en Ligues Mineures avec un ERA de 2.57 ainsi que 187K en seulement 161 manches 1/3. Malheureusement, la saison suivante il se déchire un muscle de son épaule de lancer après avoir défendu son frère dans une bagarre. Brien Taylor ne sera plus jamais le même. Il ne retrouvera jamais son niveau et malgré 7 saisons, il ne dépassera jamais le Single A. Il termine sa carrière avec 22 victoires pour 30 défaites et un ERA de 5.12 en 100 matchs (82 départs)

Pendant ce temps-là, un certain Manny Ramirez se fera une carrière de Hall of Famer.

Matt Bush SS/P (N°1 de la Draft 2004, San Diego Padres)

Entre des performances très moyennes mais surtout, des problèmes en dehors du terrain, Matt Bush n’a jamais répondu aux attentes placées en lui. Photo : DR

En 2004, San Diego décide de sélectionner Matt Bush pour plusieurs raisons. D’abord son talent mais aussi car c’est un local et qu’il est prêt à être raisonnable sur la signature de son contrat. Mais ce choix reste complètement incompréhensible puisqu’en deuxième position un certain Justin Verlander sera pris par les Tigers, tout content de récupérer ce futur Hall of Famer.

Au final entre 2004 et 2007, Bush affichera une moyenne de .217 à la batte, mais plus que ses problèmes sur les terrains, ce sont ses problèmes en dehors qui marqueront sa carrière. Avec notamment des problèmes d’alcool récurrent (et la cause des renvois avec les Padres et les Blue Jays) et une incarcération après avoir tué quelqu’un au volant alors qu’il était sous l’emprise de l’alcool.

Néanmoins, sur une note plus positive, après après purgé sa peine et suivi une cure, il a connu le bonheur de connaître la MLB sous la tunique des Rangers et en tant que pitcher, lui l’arrêt court de formation, avec au passage deux belles saisons (2015-2016).

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