Les prédictions The Strike Out 2019 : L’American League

Après presque deux semaines de compétition, les premières tendances émergent. Slumps et départs en fanfares, surprises ou révélations, il est l’heure de se mouiller! Alors bien entendu, il reste 150 matchs à jouer et il est encore impossible de dégager les vérités, individuelles et collectives, qui dessineront le portrait de cette saison 2019. Comme chaque année, The Strike Out revient avec sa boule de cristal pour vous livrer ses pronostiques concernant les futurs lauréats. MVP, Cy Young, Rookie of the Year et Manager de l’année, tout y passe, avec d’abord ce focus sur l’American League. Un petit conseil en passant, vous pouvez vider votre PEL dessus feriez mieux de vous abstenir de nous suivre et prendre tout ceci avec un poil de recul pour ne pas nous tomber dessus à la moindre contre performance d’un joueur qui va suivre. Voici le moment où TSO se transforme en Madame Irma avec un objectif simple et affiché : faire mieux que son pitoyable 3 sur 8 des deux saisons passées et enfin atteindre la barre des 50% ! 

American League MVP 

J-Sé Gray : Mike Trout (OF/Los Angeles Angels)

Mike Trout, LE phénomène ! Si les Mookie Betts, Altuve and co sont capables de lui voler la vedette sur une année, personne dans le grand show ne peut rivaliser avec Trout sur la durée. Le visage du baseball ? C’est lui. Le plus gros contrat de l’histoire du sport ? C’est lui. Le frappeur présent dans notre bio Twitter depuis 2015 ? C’est encore lui ! Puissant, complet, rapide et adroit, le « Kiiiiid » comme on le surnomme, a toujours un coup d’avance. Il voit plus vite, frappe plus fort, lance plus loin et anticipe mieux que le reste de la Ligue. Il incarne à la perfection le « five tool player » d’aujourd’hui et n’a jamais fait pire que 4e dans la course au MVP. Le 3e sacre est au bout du chemin.

Bastien LeGrom : Mitch Haniger (OF/Cleveland Indians)

Arrivé à Seattle en 2017 avec un statut de rookie encore intact, Mitch Haniger a connu une montée en puissance spectaculaire depuis ses débuts dans l’état de Washington, terminant 2018 à la 11e place au classement du MVP. Précis et puissant au bâton (.285 ; 26HR ; 93RBI l’an dernier), précieux en défense et capable de voler les buts à l’occasion, Haniger a encore quelques progrès à faire dans tous les domaines mais, à 28 ans, le champ droit des Mariners apprend vite et apprend bien. Capable d’attirer de nombreux buts sur balles mais trop souvent retiré sur prises l’an dernier, on attend de lui encore plus de régularité et un peu plus de patience afin d’assumer pleinement ce rôle de leader qui est désormais le sien au sein à Seattle. De là à finir 2019 dans la peau d’un MVP ? Le pari est risqué et je l’assume pleinement, mais un Mitch Haniger capable de faire les quelques ajustements qui lui manquent pour passer le palier supérieur sera(it) un joueur capable de venir s’asseoir à la table des meilleurs batteurs de l’American League.

Martin Keuchel : Mookie Betts (OF/Boston Red Sox)

Boston a réalisé l’une, si ce n’est, la meilleure saison de sa (longue histoire) avec 108 victoires et le titre suprême. Et pour réaliser cela, la franchise a pu compter sur son attaque, sans doute la plus effrayante et complète de la MLB. Et le fer de lance de cette équipe n’est autre que Mookie Betts. Après plusieurs très belles saisons, Mookie Betts est parvenu à encore hausser son niveau de jeu pour nous sortir une cuvée 2018 tout simplement… incroyable. Avec une moyenne au bâton de .346 (meilleur total de MLB), 32HR ; 80RBI ; 129 points marqués (meilleur total de MLB) et 30 bases volées, il a été étincelant. Mais le plus délicieux, c’est qu’il a réalisé cela en position de leadoff, c’est à dire en position de premier batteur de l’alignement. L’effectif de Boston n’a pas changé et il devrait une nouvelle fois étaler son talent en tête de cette équipe.

Marion Jeterette : Alex Bregman (3B-SS/Houston Astros)

Alex Bregman a fêté de la plus belle façon son 25e anniversaire il y a quelques jours avec un home-run, son premier hit de la saison 2019. Il y en aura beaucoup d’autres dans les prochaines semaines, c’est certain!

Le 3B de Houston (SS en cas de besoin) a réalisé en 2018 la plus belle saison de sa carrière qui lui a valu sa première sélection au All-Star Game. Auteur d’une ligne de stats impeccable (.286/.394/.532 ; 31HR ; 51 doubles ; 103RBI), Bregman a terminé 5e au vote de AL MVP. Je prends le pari qu’il va grimper de plusieurs échelons et même jusqu’en haut du classement cette année. Ses débuts remontent seulement à juillet 2016 et pourtant il fait preuve d’un sang-froid à toute épreuve. La preuve? Ses perfs en postseason : 6HR en deux saisons… et pas contre des peintres : Chris Sale (X2), Clayton Kershaw, Corey Kluber, Trevor Bauer et Kenley Jansen! Alors que Houston vise une 3e saison consécutif à 100 victoires ou plus et s’affiche en candidat très sérieux au titre suprême, A-Breg jouera l’esprit tranquille après avoir signé sa prolongation de contrat (5 ans, 100 M$).

American League Cy Young 

J-Sé Gray : Chris Sale (Boston Red Sox)

Tel Noël ou Halloween, j’ai l’impression de revenir en avril chaque année avec le même refrain à base de « cette année c’est la bonne » ou « Chris Sale sera Cy Young ». L’an passé, je m’étais engagé à conserver ce choix tant que le « Condor » n’obtiendrait pas la récompense ultime. Un trophée que le longiligne ace de Boston convoite depuis 7 ans avec une ribambelle de places d’honneurs : 6e en 2012, 5e en 2013, 3e en 2014, 4e en 2015, 5e en 2016, 2e en 2017 et 4e l’an passé ! « Stickman » tourne autour depuis trop longtemps pour ne pas fondre sur sa proie un jour ou l’autre tel le rapace qu’il incarne. Avec une pression retombée suite au sacre des Red Sox et un esprit totalement libéré après avoir posté sa meilleure moyenne en carrière en tant que starter (2.11 ERA), Sale doit ENFIN régler la saison régulière de A à Z sans interruption. Et mettre fin à ce cynique marronnier qui dure depuis trop longtemps.

Bastien LeGrom : Trevor Bauer (Cleveland Indians)

Dans l’ombre titanesque de Corey Kluber, Trevor Bauer pourrait presque passer inaperçu… Pourtant, à 28 ans, le droitier californien arrive à maturité, et il est déterminé à s’imposer comme le meilleur au monde. Votre avis ? il s’en fout. Les recommandations de ses coachs ? Il s’en fout. La pression ? Il s’en fout. Grande gueule, fantasque, incontrôlable et parfois insupportable, Bauer est surtout un monstre de travail avec une approche de son jeu aussi unique que scientifique. Et attention, car il vient de passer l’hiver dans un centre d’entrainement ultra-sophistiqué, à travailler d’arrache-pied pour améliorer encore son arsenal de lancers et passer la dernière étape. Après une année 2018 déjà scintillante (175.1 IP ; 12-6 ; 2.21 ERA ; 1.089 WHIP ; 2.44 FIP), et récompensée par une 6e place au classement du Cy Young, Trevor Bauer a faim et il ne laissera personne, lanceur ou batteur, se mettre sur son chemin.

Martin Keuchel : Justin Verlander (Houston Astros)

Deuxième au vote du CY en 2018, Justin Verlander avait tout pourtant pour être un parfait lauréat. Malheureseument, il est tombé sur une saison stratosphérique de Blake Snell pour lui chiper le trophée. Mais la force de l’ace des Astros, c’est sa régularité. Et 2019 devrait fortement ressembler à 2018. La saison dernière, il a débuté 34 matchs (n°1 en AL avec son coéquipier Keuchel), pour un ERA de 2.52 en 214 manches, avec 290K (n°1 là encore en AL). Éblouissant! D’ailleurs, éblouissant, c’est ce qu’il est depuis son arrivée dans le Texas à l’été 2017. Élément clé de la folle course au titre cette année-là, il a été récompensé de ses performances puisqu’il a signé un nouveau contrat avec Houston de 66M sur deux ans. Et même âgé de 36 ans, il vaut chaque dollars.

Marion Jeterette : Corey Kluber (Cleveland Indians)

Mon collègue Bastien parle « d’ombre titanesque » et bien je confirme : Corey Kluber est un TITAN! Déjà double vainqueur du trophée de AL Cy Young en 2014 et 2017, je mise sur le triplé pour l’Ace de Cleveland. Alors oui, la rotation kiffante des Indians pourrait jouer en sa défaveur puisqu’on attend aussi une grosse saison de Bauer, Carrasco et Clevinger et les votants pourraient être tentés de voir ailleurs. Mais oui Kluber sera très clairement dans la discussion dans la lignée de sa saison dernière : 20 victoires (seul Snell a fait mieux en MLB avec 21) pour 215 manches lancées (n°1 en AL). Il n’est jamais sorti du Top 5 en nombre de K depuis 2014, cet homme est une machine!

American League Rookie of the Year

J-Sé Gray : Yusei Kikuchi (SP/Seattle Mariners)

Si vous avez suivi l’avant-saison où les adieux d’Ichiro Suzuki au Japon, vous en avez forcément entendu parler. Dans la lignée des Ichiro, Matsui, Iwakuma, Darvish, Uehara, Matsuzaka, Tanaka, ou plus récemment Ohtani, il est le dernier représentant d’une longue lignée. La liste est sans fin tant le Japon regorge de talents incroyables et envoie années après années ses plus belles pépites en Amérique. Sur les 3 dernières saisons, Kikuchi a récolté 497K et affiche une ERA de 2.77 en 8 ans avec les Seibu Lion en NPB (Nippon Professional Baseball). Qu’on se le dise, Kikuchi appartient bien à la caste des « étoiles d’Asie », ces magiciens venus tout droit du pays du soleil levant. Le dernier « samouraï » venu du Japon a tout pour suivre le chemin tracé l’an passé par Ohtani.

Bastien LeGrom : Kyle Tucker (OF/Houston Astros)

Il devrait être la prochaine petite merveille à éclore en provenance du riche farm-system des Houston Astros, et nul doute que les Texans sauront faire une place de choix à Kyle Tucker dans un line-up déjà très chargé. Car le jeune homme a un talent fou. Renvoyé en Minors au terme du Spring Training pour travailler sur quelques « ajustements », le champ extérieur est ambitieux : il reste sur deux saisons avec plus de 20HR et 20 vols de buts dans les Ligues Mineures et une saison de très grande facture l’an dernier en AAA (.332/.400 /.590 ; 24HR ; 93RBI ; 20SB avec Fresno).  Tucker est prêt à monter d’un cran et prouver son talent au plus haut niveau dès cette saison, et quand l’on voit le pedigree des top prospects lancés par les Houston Astros ces dernières saisons, on serait surpris de ne pas voir le jeune outfielder floridien se placer parmi les meilleurs débutants d’American League d’ici le mois d’octobre.

Martin Keuchel : Eloy Jimenez (OF/Chicago White Sox)

Attendu comme le Messie par les fans des White Sox, Eloy Jimenez est censé être le moteur du retour au premier plan de la franchise. Et pour cause, pièce principale du trade avec les Cubs pour José Quintana (Fans des Cubbies, on respire un grand coup), Jimenez n’a cessé d’éblouir les Ligues Mineures. Il affiche ainsi une moyenne de 31% en carrière ainsi que 65HR (dont 22 sur la seule année 2018) et 281 RBI. Une feuille de stats tellement impressionnante que le club a décidé de faire confiance au jeune joueur dès le début de cette saison 2019. Et il devrait bien leur rendre ….

Marion Jeterette : Vladimir Guerrero Jr. (3B/Toronto Blue Jays)

J’avais déjà fait du joueur de Toronto mon Rookie de l’année en 2018 … Problème, il n’a pas joué de la saison! Cette fois pas de blague les Canadiens, on aligne rapidement le prospect le plus attendu depuis un certain Bryce Harper! Vous commencez à connaître l’histoire de ce gamin de 20 ans (depuis le mois dernier), né à Montréal là où son papa de Hall of Famer faisait des merveilles sous le maillot des Expos. A défaut de débuter dans la grande Ligue l’an dernier, Junior (joueur de 3B) a explosé les compteurs en Mineures (de la Fall League en AAA) : .381/.437/.636 ; 20HR ; 78RBI en 95 matchs ; 37BB et 38K seulement! Observateurs et spectateurs avaient les yeux braqués sur lui lors du dernier camp des Blue Jays et il faut bien reconnaitre qu’il a un peu souffert (4 hits et 3K en 19AB) avant de se blesser. Sa rééducation se passe bien. Il débutera la saison à Buffalo en AAA avant de débuter ENFIN chez les grands et là attention messieurs, dames, ça va bombarder dans tous les sens!

American League Manager of the Year

J-Sé Gray : Kevin Cash (Tampa Bay Rays) 

Sur le banc des Rays depuis 2015 et le départ de la légende Joe Maddon, l’ex-catcher MLB a réussi l’an passé à mener son groupe aux 90 victoires. Une première à Tampa Bay depuis 2013. Au-delà de cette stat, c’est surtout l’impression générale laissée qui a séduit les observateurs. Son équipe a produit un des baseballs les plus innovant avec notamment l’invention du « opener », la stratégie de l’ouvreur. Le Floridien a construit une équipe intrigante à voir jouer avec un budget dérisoire de 70 M$ (29e MLB). 3e du vote l’an passé derrière Melvin et Cora, Kevin Cash pourrait bien – en cas de nouvelle saison réussie avec pourquoi pas un ticket en wild card – devenir le premier Manager des Rays à décrocher le Graal depuis un certain… Joe Maddon.

Bastien LeGrom : Scott Servais (Seattle Mariners)

Pour sa quatrième saison en charge des Seattle Mariners, Scott Servais est peut-être bien à la tête de l’effectif le plus complet qui lui ait été donné depuis son arrivée à Safeco Field, malgré les apparences et malgré les départs de tous ses All-Stars. Plus de grands noms, mais un squad homogène et plein de talent, un farm-system revigoré et une matière malléable et idéale pour lancer les bases d’un nouveau projet. Proche de ses joueurs, grand motivateur, Scott Servais semble avoir les armes nécessaires pour ramener les Mariners aux portes de la postseason, pour la première fois depuis 2001. S’il semble difficile d’imaginer Seattle aller titiller le Big 4, les Mariners font partie des quelques équipes qui peuvent nourrir l’ambition de peser dans la course à la Wild Card. Dans la lignée de mes autres prédictions un peu risquées, je vais faire le pari des 90 victoires et de la qualification pour Seattle, et d’un trophée de manager de l’année bien mérité pour Scott Servais.

Martin Keuchel : AJ Hinch (Houston Astros)

Aussi étonnant que cela puisse paraître, AJ Hinch n’a jamais remporté le moindre trophée de Manager de l’année depuis sa prise de fonction en 2015. Pourtant sous sa direction, le club de Houston a écrasé l’AL West restant sur deux titres de division, une bague de champion et deux saisons à plus de 100 victoires! En 2019, H-Town est encore parti pour sortir une grosse saison et il serait de bon gout de finalement récompenser le travail du coach de l’une des meilleures équipes de la MLB depuis au moins 3 ans.

Marion Jeterette : Terry Francona (Cleveland Indians)

On l’a vu en parlant du CY Young Award, la rotation des Indians est monstrueuse (Kluber, Bauer, Carrasco, Clevinger). L’alignement est également impressionant avec en têtes d’affiche Francisco Lindor (38HR ; 92RBI ; 25SB) et José Ramirez (39HR  ; 105RBI ; 34SB). Avec de joueurs, on pourrait croire que c’est facile de faire des résultats, mais n’oublions pas l’importance du Manager pour faire fonctionner tout ça. Francona est à Cleveland depuis 2013, saison à l’issue de laquelle il a remporté le trophée de coach de l’année, même chose en 2016 marqué par l’échec au Game 7 des World Series. Même si les Indians n’ont pas le même statut en ce début de saison que des Yankees, Astros, Red Sox… il ne faut pas les écarter aussi vite de la course au titre de l’American League.

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